Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 20:39

https://www.arte.tv/fr/videos/073938-000-A/l-homme-a-mange-la-terre/

De la révolution industrielle à aujourd’hui, un décryptage minutieux de la course au développement qui a marqué le point de départ de l’ère de l'anthropocène (ou l'ère de l'être humain) et de la déterioration continue de la planète.

Quelque 1 400 milliards de tonnes de CO2 sont aujourd’hui prisonnières de la basse atmosphère. Réchauffement climatique, déforestation, inondations, épuisement des ressources, pollutions, déchets radioactifs... : en deux siècles, la course au progrès et à la croissance a durablement altéré la planète, la crise environnementale se doublant d’une rupture géologique, avec l’avènement de l’ère anthropocène. Portée par l’exploitation des énergies fossiles – du charbon de la révolution industrielle en Angleterre au "tout-pétrole" de la domination économique des États-Unis –, l’industrialisation et ses corollaires, taylorisme et colonialisme, entraînent une exponentielle production de masse. Un processus qu’accélère la Première Guerre mondiale, les firmes chimiques mobilisées pour tuer l’ennemi se reconvertissant dans la destruction du vivant avec les herbicides, insecticides et fertilisants de l’agriculture intensive. Alors que l’urbanisation s’étend, la voiture, qui sonne le glas du tramway, se généralise, et l’Amérique s’inspire du modèle autoroutier nazi. La Seconde Guerre mondiale engendre une nouvelle organisation du travail, laquelle devient la norme, et annonce l’ère nucléaire de la guerre froide. Dans sa démesure, l’homme rêve déjà d’usages civils de l’atome (y compris pour l’abattement de montagnes et la dissolution des calottes glaciaires !). Le plastique et le béton deviennent les piliers de la consommation de masse, dévoreuse de matières premières et antidote à la contestation sociale, jusqu’à la révolution numérique.

Liaisons dangereuses
En balayant, avec de formidables archives issues du monde entier, deux siècles de progrès jusqu’à l’ère du big data, le film remonte aux sources de la crise écologique, en interrogeant avec précision les enjeux scientifiques, économiques et politiques qui y ont conduit. Fourmillant d’informations, il éclaire l’histoire de cette marche folle, et les liaisons dangereuses entre industries militaire et civile. Entre capitalisme et mondialisation imposés par les grandes puissances, un décryptage passionnant du basculement dans l’anthropocène, funeste asservissement de la nature par l’homme.

Réalisation : Jean-Robert Viallet

Pays : France

Année : 2019

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 11:21

Dans son nouveau rapport, l'IPBES dénonce la «marchandisation» de la nature présente dans les politiques publiques.

Le dernier rapport de l'IPBES, approuvé par 139 États, dénonce la manière «marchande» dont la nature est considérée dans les décisions politiques et économiques.

 

Seulement trois jours après son rapport avertissant que la surexploitation des espèces sauvages menace le bien-être de milliards d'êtres humains, l'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) publie une étude critique explorant la manière dont la nature est prise en compte dans les politiques publiques. Souvent présenté comme le «GIEC de la biodiversité», l'organisme indépendant fournit des évaluations scientifiques sur l'état de la planète depuis 2012.

 

Depuis quatre ans et avec 82 scientifiques et experts renommés, la plateforme a analysé plus de 13.000 études mondiales sur le sujet. La conclusion principale est «un message simple», selon le Professeur Unai Pascual, économiste de l'environnement du BC3 (Basque Centre for Climate Change) et co-président de la session de l'IPBES. «Ne pas tenir compte de toutes les différentes valeurs que les gens associent à la nature provoque une crise mondiale de la biodiversité», affirme-t-il. Mais quelles sont ces valeurs et comment peut-on les intégrer au processus décisionnel ?

 

Quatre types de valeurs

Selon le Pr. Unai Pascual, «la nature est perçue comme une usine fournissant de la nourriture, de l'eau et de l'énergie, le tout gratuitement. Mais elle entretient aussi notre santé, notre identité, et nous y sommes liés de plusieurs manières». Cette perception déshumanisée est à la source du problème puisqu'elle est «marchande» : impossible de refléter nos besoins non-économiques à l'intérieur. En motivant la croissance économique et en se reposant uniquement sur l'indicateur du PIB (Produit intérieur brut), les gouvernements entretiennent une vision incomplète de la nature et «c'est pourquoi nous sommes dans ce pétrin», explique-t-il.

 

Pour faire simple, l'IPBES classe les valeurs en quatre catégories : vivre «de», «avec», «dans» et «comme» son environnement. Sans objectif commun, ces visions peuvent entrer en conflit et mener à de mauvais choix politiques et économiques. Le Pr. Pascual nous donne un exemple concret : lors de la création de «zones naturelles protégées», les décideurs valorisent la nature seulement pour ses atouts matériels, sans considérer l'attachement émotionnel des communautés locales. Souvent, leur point de vue nuancé est exclu du processus décisionnel, ce qui empêche la conservation optimale de l'espace naturel.

 

 

Quatre points de levier

Au-delà de l'explication, le rapport de l'IPBES propose des solutions clés en main aux États en «quatre points à actionner ensemble d'une manière intelligente». D'abord, «le plus basique, reconnaître la diversité des valeurs». Ensuite, «inclure cette diversité dans les décisions», puis «transformer les politiques existantes». Le dernier, et sans doute «le plus profond et qui prendra le plus de temps : changer le modèle social, nos objectifs communs de vie». Le document est donc adressé à tous les acteurs de la société, même les citoyens.

 

Quant à l'efficacité des mesures, bien qu'il n'existe pas de solution miracle, l'avancée est déjà considérable : «139 États ont reconnu qu'ils devaient changer, et nous nous en assurerons». C'est au travers de cette légitimité que l'IPBES compte se distinguer : «chaque mot, chaque phrase a été approuvée». Dès sa publication, de nombreux membres de la communauté internationale n'ont pas manqué de soutenir le rapport. En tête de liste la directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay, le directeur général de l'UNEP Inger Andersen, ou encore l'administrateur de l'UNDP Achim Steiner.

 

 

Le rapport de l'IPBES paraît à un moment critique, quelques mois seulement avant la COP15 sur la biodiversité qui se tiendra en décembre à Montréal. Selon le Pr. Pascual, de nombreux collaborateurs ont d'ores et déjà annoncé vouloir l'utiliser pour défendre leurs positions, décisives pour fixer les objectifs de développement durable à l'horizon 2050. «Il y aura forcément un impact, nous verrons dans quelle mesure», affirme-t-il.

 


 

Partager cet article
Repost0
30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 15:27

 

 

https://www.brut.media/fr/nature/le-discours-de-revolte-des-jeunes-diplomes-de-polytechnique-fc1e73b2-369f-4f75-8ab5-e28edc69dda5

 

“Il est urgent d’entamer un virage radical, de sortir des rails sur lesquels nous installent insidieusement notre diplôme et notre réseau.” À peine diplômés, des élèves de l’école Polytechnique à Paris ont profité de leur cérémonie pour alerter sur les dangers, notamment écologiques, de leur futur métier. “Tenter de résoudre à la marge des problèmes sans jamais remettre en cause les postulats de base du système dans lequel nous vivons ne suffira plus”, explique Jean-Baptiste, diplômé de l’École. Le message de Toni Morrison aux diplômées du Wellesley College

“Face à l’urgence écologique, que doit-on faire ? Déserter, comme l’ont proposé des camarades d’Agro, ou agir de l’intérieur ?”, se questionne Angel. Il y a quelques mois, des étudiants d’AgroParisTech essayaient eux aussi d'alerter sur l’impact écologique de leur industrie. Aujourd’hui, les élèves de Polytechnique s'adressent directement aux anciens membres de l’école. Ils les encouragent notamment à prendre davantage position sur les questions environnementales et sociales. “Nous ne pourrons relever le défi écologique qu’avec l’implication active des décideurs économiques et politiques. Alumnis de l’École polytechnique, nous nous tournons vers vous. Engagez-vous, faites véritablement vôtre cette posture d’humilité et de remise en question. Rappelez-vous-en : notre objectif doit être de servir l’intérêt général. Cette responsabilité, c’est aussi la vôtre.”

Partager cet article
Repost0
29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 14:33

 

Arte

 

Depuis 1990, la population d’insectes aurait chuté de 75 % en Europe. Aussi captivante qu’alarmante, cette enquête internationale pointe le rôle des néonicotinoïdes, des insecticides neurotoxiques, dans le désastre écologique en cours. 

 

Il y a trente ans, les automobilistes devaient s’arrêter régulièrement pour nettoyer les impacts sur leur pare-brise. Depuis, 75 % des insectes auraient disparu en Europe, menaçant la survie de nombreux écosystèmes. "C’est la pire extinction de masse que la planète ait vécue", alerte l’entomologiste américain Jonathan Lundgren. Mais comment expliquer cet effondrement ? Le principal coupable serait à chercher du côté des néonicotinoïdes. Apparus au Japon dans les années 1990, ces insecticides dits "systémiques", souvent utilisés en traitement préventif des semences, se propagent dans toute la plante pour la protéger des ravageurs. Plus efficaces que les pesticides pulvérisés, ils ont été massivement adoptés par les agriculteurs. Leur marché, détenu par une poignée de multinationales (Syngenta, Bayer-Monsanto, BASF), pèserait ainsi entre 3 et 4 milliards de dollars à l’échelle planétaire. Dans le même temps, les études scientifiques s’accumulent pour dénoncer les ravages de ces neurotoxiques. Pollinisateurs ou rouages essentiels de la chaîne alimentaire, les insectes s'éteignent à une vitesse record, affectant en cascade les populations d’oiseaux, de poissons et d'amphibiens. La santé humaine serait elle aussi menacée : perturbateurs endocriniens potentiels, les néonicotinoïdes, dont on retrouve des résidus sur les aliments d’origine végétale, sont soupçonnés de causer certains cancers et d’altérer le neurodéveloppement dès le stade fœtal. Pressions sur les chercheurs, les décideurs politiques et les autorités de régulation, financement d'études favorables à leurs produits, tests d'homologation biaisés : de leur côté, les lobbies de l'agrochimie brouillent les pistes pour entretenir l'immobilisme. Après les avoir interdits en 2018, la France a réautorisé provisoirement les néonicotinoïdes pour le traitement des betteraves sucrières. 

 

Alternatives convaincantes
 

De la Somme aux États-Unis en passant par l’Allemagne, la Belgique ou le Japon, ce documentaire, fondé sur l’enquête de Stéphane Foucart Et le monde devint silencieux – Comment l’agrochimie a détruit les insectes (Éditions du Seuil, 2019), retrace l’histoire des néonicotinoïdes et décrypte leurs effets en compagnie d’une foule de spécialistes : chercheurs, journalistes, représentants d’ONG environnementales, eurodéputé, agriculteur et apicultrice… Étayé de chiffres alarmants, le film met également en lumière les stratégies des industriels pour préserver leurs profits, tout en s’arrêtant sur des alternatives convaincantes : dans la plaine du Pô, en Italie, l’ingénieur agronome Lorenzo Furlan a mis en place un fonds mutuel permettant de compenser les éventuelles – et très rares – pertes de rendement causées par la réduction des pesticides. Ponctuée de fascinantes images d’insectes observés au microscope, cette enquête s’affirme aussi comme une ode à la splendeur du vivant menacé. 

Partager cet article
Repost0
27 juin 2022 1 27 /06 /juin /2022 14:37

L’école Polytechnique organisait la remise de diplômes de ses trois dernières promotions, ce vendredi 24 et samedi 25 juin. Chacune d’entre elles a souhaité mettre en garde contre l’urgence climatique, en appelant notamment à la sobriété.

 

Des étudiants de l’école polytechnique en uniforme, dans l’un des amphithéâtres du campus de Saclay, à Palaiseau (Essonne).

 

Des étudiants de l’école polytechnique en uniforme, dans l’un des amphithéâtres du campus de Saclay, à Palaiseau (Essonne). | PHOTO D’ILLUSTRATION : COLLECTIONS ÉCOLE POLYTECHNIQUE / JÉRÉMY BARANDE / WIKIMEDIA COMMONS (CC BY-SA 3)

 

 
 
 

Les promotions des années 2015, 2016 et 2017 de l’école Polytechnique étaient mises à l’honneur, ce vendredi 24 et samedi 25 juin 2022. Retardée à cause du Covid, leurs remises de diplômes ont dû patienter un peu avant de pouvoir se tenir dans les grands amphithéâtres du campus, sur le plateau de Saclay, à Palaiseau (Essonne). Pourtant, c’est la mine grave que plusieurs d’entre eux ont pris la parole, pour alerter sur l’urgence climatique. Une décision partagée par les trois promotions, et qui n’est pas sans rappeler les discours de diplômés d’AgroParisTech et d’HEC.

 

Lire aussi : Formée à HEC, elle profite de sa remise de diplôme pour alerter sur l’urgence climatique

 

Un constat : « L’urgence climatique est là »

 

« Nous n’avons plus le temps de nous donner bonne conscience ou de nous voiler la face », a ainsi lancé l’un des nouveaux diplômés. « Nous devons résoudre en trente ans le défi écologique, un défi dont l’enjeu est la possibilité même de soutenir la vie », assenait une autre, avant notamment de lister les menaces qui guettent l’humanité : « Effondrement de la biodiversité […], dérèglements des écosystèmes, famines, guerres… »

 

Ces discours, « d’une radicalité inédite dans l’histoire de l’institution », expliquent les trois promotions dans un communiqué, ont été notamment motivés par « l’immobilisme climatique » de l’école Polytechnique.

 

« La technologie ne va pas nous sauver »

 

Ce discours a été pensé pour toucher le grand public, confie en marge de sa remise de diplôme Charly, l’un des membres de la promotion 2015, qui travaille désormais pour une entreprise de conseil. « Même si nous, polytechniciens, sommes bercés dans une foi en la rationalité en la science et la technique, nous voyons bien qu’il n’y aura pas de solution miracle, que la technologie ne va pas nous sauver. »

 

« Non, l’essor de l’hydrogène vert, des batteries longue durée, des biocarburants et de la capture carbone ne suffiront pas à éviter un réchauffement [de la planète, NdlR] de 4 °C et l’effondrement du vivant, déclarait également une polytechnicienne. Nous qui sommes « câblés » pour rationaliser, nous ne pouvons pas le nier. »

 

Pour plus de sobriété écologique

 

En écho, les trois promotions ont lancé un appel à la « sobriété », c’est-à-dire à la diminution de la consommation d’énergie et de ressources naturelles. « Le constat est clair, nous devons diminuer nos consommations matérielles, surtout nous, les plus privilégiés », estimait ainsi l’une des oratrices. Un appel pour un changement radical des modes de vie et de productions, mais aussi de la manière de consommer, de se déplacer.

 

Cet appel à la sobriété a été mesuré en amont, explique Élie, un membre de la promotion 2015, désormais doctorant au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) : « Sortant de Polytechnique, on sait bien qu’on a un statut privilégié. On est bien conscient que c’est à nous de réfléchir à notre statut et de faire les efforts en premier. »

 

Des propos qui rappellent ceux de cette polytechnicienne, lors de sa remise de diplôme : « Avoir pu bénéficier d’études supérieures payées, c’est une chance incroyable. Une chance qui nous donne la possibilité, le devoir, de réfléchir : à quel bénéfice est-ce que j’emploie aujourd’hui ces privilèges ? »

Les épisodes de fortes chaleurs vous inquiètent-ils ?
 

 

Une institution « devant réfléchir à la notion de bien public »

 

Certains nouveaux diplômés ont également adressé des critiques à l’école Polytechnique, coupable selon eux de ne plus avoir l’intérêt général au cœur de son système. « Il y a une vraie ambivalence dans le récit de l’école, explique Élie. D’un côté, elle est au service de l’État et du bien commun [sa devise est d’ailleurs « Pour la Patrie, les Sciences et la Gloire », NdlR], mais cela n’empêche de grandes entreprises d’avoir leur siège au conseil d’administration. Ou encore à l’école de nous faire rencontrer des cabinets de conseils. On sait la chance qu’on a de faire partie de cette institution, on souhaiterait juste qu’elle réfléchisse de nouveau à la notion d’intérêt général. »

La devise de l’école Polytechnique, sur la façade du pavillon Joffre, au Jardin Carré, à Paris | PHOTO D’ILLUSTRATION : ΒΕΡΝΑΡΔ / WIKIMEDIA COMMONS (CC BY-SA 3.0)

 

Selon lui, le modèle de réussite proposé par l’école tendrait à ignorer l’urgence écologique et sociale, ainsi que la responsabilité qu’elle peut avoir dans son aggravation et dans les réponses à y apporter.

 

Pour autant, chaque promotion a souhaité éclairer leur prise de parole avec un message positif. Pour Élie, il s’agit de proposer un nouveau « récit », composé par les étudiants d’AgroParisTech, d’HEC et de Polytechnique. « On doit également montrer qu’il y a des façons multiples de s’engager, et que ces approches complémentaires sont positives. »

 

Pour Charly, voir que « partout, des gens s’engagent », ça ne peut être que le début d’un mouvement positif, qui « permettra d’échanger, de grandir ensemble, de voir comment on peut évoluer collectivement et faire changer les choses. »

Partager cet article
Repost0
19 juin 2022 7 19 /06 /juin /2022 19:22

Bertrand Wolff, professeur de sciences physiques à Rennes au lycée Émile Zola de 1976 à 2006 s'est attaché à la mise en valeur de la très riche collection d'instruments scientifiques anciens conservés dans ce lycée. Dans le n°5 de la revue "Les cahiers de Rennes en sciences", il met en lumière un pionnier oublié de l'énergie solaire, Augustin Mouchot, qui a été professeur de mathématiques au lycée de Rennes de février 1862 à octobre 1864.

 

Oublié Augustin Mouchot ? La machine qu'il a construite est quant à elle est régulièrement rappelée.

 

 

Alors que le recours à l'énergie scolaire apparaît de plus en plus comme un nécessité pour lutter contre le dérèglement climatique, l'article de Bertrand Wolff nous révèle les préoccupations d'un scientifique conscient, dès 1869, des limites de l'usage des énergies fossiles et annonçant le nécessaire recours, dans l'avenir, au travail des "agents naturels".

 

 

Nous ne reprendrons pas ici l'ensemble du texte de Bertrand Wolff que l'on peut commander sur le site de l'association. Il a, entre autres mérites, celui de nous proposer des liens vers des sites internet que nous pouvons consulter.

 

 

Sur gallica :

Le soleil fascine mais reste un mystère. Source de chaleur, il peut aussi être transformé en énergie mécanique, électrique ou chimique. A la fin du 19ème siècle, ces transformations de l’énergie radiante du soleil sont l’objet d’études d’un professeur de mathématiques, Augustin Mouchot.

https://gallica.bnf.fr/blog/06082020/utiliser-les-rayons-du-soleil-des-appareils-daugustin-mouchot-aux-premiers-panneaux?mode=desktop

 

 

Sur la Nature :

 

La diffusion de la force, La machine solaire de M. Mouchot.

http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY28.6/106/100/432/8/421

 

Utilisation de la chaleur du soleil. Imprimerie solaire.

http://cnum.cnam.fr/CGI/fpage.cgi?4KY28.19/197/100/432/8/420

 

.

Partager cet article
Repost0
17 juin 2022 5 17 /06 /juin /2022 13:39

Pour cause de pollution et de dérèglement climatique, la bicyclette prend peu à peu la place de la voiture en ville. Il y a un peu plus d'un siècle c'était pourtant la bicyclette (le vélocipède) qui lui avait préparé le chemin. En particulier à partir de l'invention du pneumatique qui lui était destiné.

 

L'âge d'or de la "petite reine".

La bicyclette (le vélocipède) a une histoire ancienne,

 

Mais c'est avec l'avènement du pneumatique qu'elle devient vraiment la "petite reine" de la fin du 19éme siècle. Les premiers pneumatiques ont été mis au point par Dunlop en 1886 en Angleterre.

La première mention apparaît seulement en 1891 en France dans la revue "La Nature". Ils équipent alors un vélocipède.

A suivre : les articles de la revue "La Nature" consacrés à la bicyclette.

 

Premier semestre 1892

Vélocipédie. Bandage pneumatique cloisonné (p.282)

 

Deuxième semestre 1892

Le vélocipède. Aperçu historique (DE SANDERVAL) (p.155)

Vélocipédie. De l'aplomb dans les bicycles (CYP. CHATEAU) (p.353)

 

Premier semestre 1893

 

Premier semestre 1894

Bateau-vélocipède (G. MARESCHAL) (p.1)

Vélocipédie. Les vélodromes ou pistes permanentes (GASTON CORNIÉ) (p.21)

Vélocipédie. Nouveaux genres de vélocipèdes (G. CORNIÉ) (p.123

)La vélocipédie sur rails (L. BAUDRY DE SAUNIER) (p.273)

Compteur kilométrique pour vélocipèdes (C. CHATEAU) (p.341)

 

Deuxième semestre 1894.

Vélocipédie. Bandages pneumatiques (E.-A. MARTEL) (p.106) (Où il est question de Michelin)

Nouveauté vélocipédique (p.302)

 

Premier semestre 1895

Une selle rationnelle pour vélocipédistes (L. BAUDRY DE SAUNIER) (p.115)

Vélocipédie. Bandages pneumatiques en cuir (L. BAUDRY DE SAUNIER) (p.379)

Curiosités cyclistes américaines (p.238)

Le bicycle automobile Millet (L. BAUDRY DE SAUNIER) (p.353)

Histoire des voitures automobiles (GASTON TISSANDIER) (p.375) L

 

Deuxième semestre 1895

 

Et  l'automobile fut.

Les premiers véhicules automobiles ont été des bicyclettes ou des tricycles. Les  premières voitures automobiles à quatre roues ont conservé pendant un moment les roues de leurs ancêtres.

 

Partager cet article
Repost0
13 juin 2022 1 13 /06 /juin /2022 14:18

https://youtu.be/BY7zclxtOLU

"Nous oserons repenser notre modèle de croissance, nous oserons transformer radicalement nos organisations, tout de suite avec ambition, avec des preuves scientifiques, avec transparence sans mentir et même sans chercher à enjoliver [.]Nous ne pouvons pas nous contenter de décisions faibles pour se donner bonne conscience. Nous ne pouvons pas nous reposer totalement sur la technologie. Nous ne pouvons pas accepter que l'impact biodiversité d'un projet se compte simplement en nombre de ruches dans un joli rapport RSE. Ces exigences peuvent sembler inatteignables mais le train est déjà en marche [.] Ce chemin aujourd'hui seulement emprunté par quelques rebelles de HEC doit devenir et deviendra la norme"

 

En prolongement, Cécile Duflot à la jeunesse sur France Inter : "S'il vous plaît votez".

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/en-toute-subjectivite/en-toute-subjectivite-du-mardi-14-juin-2022-8956018

Je partage ton émotion Cécile mais penses tu qu'une telle invitation suffise ? Pourquoi voter dans un système où le vote n'est devenu qu'un rituel sans aucun effet sinon celui de prolonger la survie d'un système qui nous entraîne vers la catastrophe. Qu'ont obtenu comme radical changement les élues et élus écologistes lors de leurs éphémères passages dans les assemblées parlementaires et dans les ministères.

Ils ne votaient pas les Zadistes de Notre Dame des Landes et pourtant leur victoire restera, comme celle de Plogoff ou du Larzac, un repère dans l'histoire politique de notre époque. Fort heureusement comme tu le soulignes, s'ils ne votent pas ces jeunes activistes, ils agissent. Le message courageux de ces étudiantes et étudiants de Polytechnique, de AgroParistech et maintenant de HEC est en lui même une action d'une portée politique dont les effets se feront sentir dans l'avenir. Elles et ils n'invitent pas à voter mais à agir. Leurs discours, qui démontent de l'intérieur le système pour lequel ils étaient supposés être formatés, tranchent par leur sérieux avec les envolées démagogiques des campagnes électorales que nous venons de subir. Ce sont pourtant en eux-mêmes des actes de rebellions dont on peut penser qu'ils ne resteront pas sans suite.

Evitons de culpabiliser cette jeunesse engagée pour la raison qu'elle ne vote pas. Interrogeons nous plutôt sur les raisons de cette défiance. Ecoutons la surtout et encourageons la pour ses engagements multiples qui sont sa façon à elle de continuer à agir politiquement alors que les institutions ne le permettent plus..

Partager cet article
Repost0
8 juin 2022 3 08 /06 /juin /2022 18:11

Aux confins de la Pologne, de la Tchécoslovaquie et de la Roumanie, l’Ukraine offre un visage ambigu. Est-ce un pays slave qui, face à l’Occident, joue le rôle de sentinelle de l’URSS, centre du monde slave ? Est-ce un pays qui cherche encore son destin personnel ? Une histoire séculaire commune, des langues et une civilisation proches devaient contribuer à lier l’Ukraine au grand frère russe, à l’intégrer à l’ensemble soviétique, mais une succession de tensions témoigne que ce lien et cette intégration sont complexes et pas toujours fraternels. Il y a presque deux décennies que l’on ne se bat plus dans les Carpathes ; il y a presque vingt ans que l’Ukraine est avec la Russie le peuple le plus pesant politiquement de l’Union. Mais, en réalité, qu’est l’Ukraine ?

 

Le Monde diplomatique octobre 1968.

 

https://www.monde-diplomatique.fr/1968/10/CARRERE_D_ENCAUSSE/28596

Partager cet article
Repost0
31 mai 2022 2 31 /05 /mai /2022 17:50

Agir pour le climat.

 

Yamina Saheb

 

Yamina Saheb a travaillé avec Agir pour le climat sur la note “Financing a deep renovation wave: recovery and beyond”. Elle est l’un des principaux auteurs du chapitre sur le bâtiment du dernier rapport du GIEC sur l’atténuation du changement climatique. Dans cet entretien, elle nous donne un aperçu des coulisses du travail du GIEC et nous parle notamment de sa bataille pour imposer le terme de “sobriété” dans le contenu final du rapport et du Résumé à l’intention des décideurs (RID).

 

La communauté scientifique s’accorde-t-elle aujourd’hui pour dire que, sans sobriété, la neutralité carbone est impossible à atteindre ?

 

Malheureusement, il n’y a pas d’accord au niveau de la communauté scientifique sur la nécessité de considérer la sobriété pour faire de la neutralité carbone une réalité.

 

Aujourd’hui, pratiquement tous les scénarios qui visent la neutralité carbone intègrent des émissions négatives impliquant des solutions de capture et de stockage du CO2. Or les auteurs de ces scénarios savent eux-mêmes que ces solutions ne peuvent pas être mises en œuvre à grande échelle. Un exemple : le scénario Net Zero emissions (NZE) de l’AIE est basé sur des émissions négatives, y compris celles captées directement dans l’air. L’AIE prévoit que les émissions captées directement dans l’air seront de l’ordre de 85 MtCO2 en 2030 et de 980 MtCO2 en 2050 contre 0,01 MtCO2 en 2019. Nous devons donc multiplier par 8 500 la capacité de captage direct des émissions en 8 ans et par 98 000 d’ici à 2050…

 

Les 700 scénarios répertoriés dans le 3ème volet du rapport du GIEC et qui visent un objectif de température aligné sur l’accord de Paris intègrent tous (sauf un) la notion d’émissions négatives parce qu’ils ne réduisent pas suffisamment la demande en énergie et autres matières premières. Nous nous retrouvons dans cette situation parce que ceux qui produisent ces scénarios n’envisagent la réduction de la demande qu’à travers l’efficacité énergétique, or l’efficacité énergétique ne réduit pas la demande en ressources. Au mieux, si les politiques d’efficacité énergétique sont ambitieuses et bien mises en œuvre, ce qui est loin d’être le cas, et si les technologies sont bien faites et que l’industrie ne triche pas (comme ce fut le cas avec le scandale de Volkswagen),  la consommation d’énergie peut être réduite.

 

Réduire, ou plutôt éviter la demande en énergie et autres matières premières, nécessite la mise en place de politiques de sobriété, qui vont au-delà de la sobriété énergétique telle que pensée en France.

 

La sobriété est défendue par une partie de la communauté scientifique qui n’est pas dominante. Pour capter à la fois les effets de la sobriété et de l’efficacité et parler de réduction, ces représentants considèrent qu’il faudrait revenir aux principes fondamentaux de la physique et traduire en politiques les 1er et 2e principes de la thermodynamique. Le postulat selon lequel la neutralité carbone ne serait pas atteignable sans sobriété n’est donc pas généralisé. 

 

Ce sur quoi on s’accorde, en revanche, c’est que les scénarios à énergies négatives, intégrant la capture et le stockage du carbone, ne sont pas très viables parce que nous n’avons ni les technologies, ni les politiques requises pour leur mise en application à l’échelle de nos besoins de réduction d’émissions carbonées. Il y a également toute la question de l’acceptabilité de ces solutions qui est rarement abordée par ceux et celles qui les intègrent dans leurs scénarios.

 

La couverture du dernier rapport du GIEC

 

Vous avez travaillé sur le chapitre “Bâtiment” du dernier volet du rapport du GIEC, ainsi que sur le Résumé à l’intention des décideurs (RID). Comment le terme de “sufficiency” (mot retenu par les anglophones pour désigner la sobriété) s’est-il imposé dans ces publications ?

 

La notion de sobriété, vulgarisée en France grâce à l’association négaWatt, est assez peu connue à l’international : il a fallu argumenter avec les co-auteurs, et il y a eu quelques réticences au moment de soumettre le Résumé à l’intention des décideurs (RID) à l’approbation des délégations. 

 

J’ai dû expliquer ce qu’était la sobriété et j’ai été challengée par mes pairs au cours du processus de rédaction. La perception caricaturale de la sobriété synonyme de “retour à la lampe à huile” existant également parmi la communauté scientifique, j’ai dû travailler mon argumentaire en allant puiser dans d’autres disciplines scientifiques que la mienne pour expliquer et appuyer le concept.

 

Le premier texte politique connu introduisant le terme de “sufficiency” nous vient de Thaïlande, dans une publication parue dans les années 1990 et basée sur le texte “Philosophie d’une économie sobre” écrit dans les années 70 par Bhumibol Adulyadej, le Roi thaï d’alors. Le premier texte de loi, et le seul à ce jour, incluant le terme de sobriété est la Loi Française n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015, c’est encore très récent !

 

L’association négaWatt a fait du bon boulot sur la sobriété mais, jusqu’à l’année dernière, elle n’avait travaillé que sur le volet énergétique. Par ailleurs, ses publications n’ont pas été traduites en anglais, son travail est donc inconnu à l’international. Sur le plan de la conceptualisation, le travail le plus complet sur la sobriété est celui de Thomas Princen, bien résumé dans son livre intitulé The Logic of Sufficiency (La logique de la sobriété). 

 

Il est plus facile de mettre ce terme dans un rapport franco-français que dans un rapport international. Le contexte français a permis d’intégrer le terme dans la loi, mais ça ne veut pas dire qu’il y a eu un travail de fond sur sa conceptualisation et ses implications. Il reste tout un travail de théorisation de la sobriété à faire. Pendant le travail de rédaction du rapport, je suis partie avec mes acquis de scientifique membre de la communauté française, acquis qui ne sont pas forcément défendables à l’international car non soutenus par une conceptualisation scientifique du sujet, ou en tout cas pas suffisants pour défendre le concept. Je suis finalement arrivée à une définition qui est peu critiquable et qui a été acceptée par la communauté scientifique et les délégations au moment de l’approbation du Résumé à l’intention des décideurs (RID). Elle évoluera avec le temps mais aujourd’hui tout le monde accepte cette définition.

 

La définition telle qu’elle apparaît dans le rapport du GIEC :
« Les politiques de sobriété se composent d’un ensemble de mesures et de pratiques du quotidien qui évitent la demande en énergie, matériaux, sols et eau tout en garantissant le bien être de tous dans le respect des limites planétaires ».

 

L’idée de justice sociale et climatique est plus particulièrement développée dans ce rapport du GIEC, pouvez-vous nous en dire plus ?

 

La notion de justice climatique et sociale est présente dans les rapports du GIEC depuis le cycle précédent, mais c’est avec le rapport spécial de 2018, qui met en lumière le budget carbone restant et le poids que les pays du Nord représentent dans les émissions, que la question de la justice climatique s’est posée avec acuité. Ce qui est nouveau dans le dernier volet, c’est qu’on regarde si les politiques mises en œuvre sont justes dans le cadre de ce déséquilibre Nord/Sud.

 

Dans le chapitre bâtiment, nous avons eu beaucoup de remarques et de questions des relecteurs sur la responsabilité des pays du Nord dans la crise climatique, sur le besoin de convergence dans l’accès à la modernité entre le Nord et le Sud ainsi que sur les implications des différents scénarios pour les pays du Sud. J’ai donc dû chercher quelles étaient les implications pour les pays du Sud dans le secteur du bâtiment. Sur la question de la surface habitable par habitant nous avons constaté sans surprise qu’elle est aujourd’hui plus importante dans les pays du Nord que dans les pays du Sud (moyenne par pays) : en Amérique du Nord, elle est environ de 60m² par personne, en Europe, de 40m² et en Afrique, moins de 10m² par personne. Les scénarios de neutralité carbone prévoient une augmentation de ces surfaces en 2050 (parce qu’ils se basent sur une croissance du PIB) et, à ma grande surprise (ou plutôt choc), les inégalités d’aujourd’hui subsistent toujours dans les projections : 64m² pour l’Amérique du Nord, 45m² pour les Européens, et environ 10m² pour les Africains. J’en ai discuté avec d’autres collègues qui ont un profil “nord/sud” comme le mien et nous nous sommes posé la question : pourquoi un Africain accepterait-il un rapport qui projette que les inégalités nord/sud demeurent en 2050 ?

 

Les biais culturels se retrouvent dans la science et par conséquent dans les rapports du GIEC qui font une synthèse de l’état de la recherche. J’en suis arrivée à la conclusion que nous avons besoin de décoloniser la science et les politiques climatiques. Il existe une littérature sur les biais du rapport ex-colonisateur/ex-colonisé qui influence la science mais il faut pousser les auteurs du Nord à travailler et à écrire également sur le sujet. Les travaux de Ferhana Sultana (The Unbearable Heaviness of Climate Coloniality) sont un excellent début pour aborder ces questions.

 

Malheureusement, ces travaux font moins de bruit que la publication de scénarios avec des émissions négatives car ils proviennent d’auteurs du Sud. Hélas, même en 2022, les scientifiques originaires du Sud, même lorsqu’ils sont basés au Nord, ne peuvent pas à eux seuls combattre notre héritage colonial.

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog d'histoire des sciences
  • : Comme l'art ou la littérature,les sciences sont un élément à part entière de la culture humaine. Leur histoire nous éclaire sur le monde contemporain à un moment où les techniques qui en sont issues semblent échapper à la maîtrise humaine. La connaissance de son histoire est aussi la meilleure des façons d'inviter une nouvelle génération à s'engager dans l'aventure de la recherche scientifique.
  • Contact

Recherche

Pages

Liens