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23 septembre 2017 6 23 /09 /septembre /2017 08:52

La revue La Nature de 1917 est essentiellement consacrée à la guerre. Témoin cet article :

 

 

Un lecteur indigné a ajouté ce commentaire :

 

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21 septembre 2017 4 21 /09 /septembre /2017 18:56

 

Le printemps a parfois d'étranges couleurs. Une photo publiée par une association agréée de protection de l'environnement du Finistère montre un champ dont le couvert végétal est d'un orange éclatant. La légende qui l'accompagne précise que cette photo n'a pas été prise pendant la canicule de l'été 2003 mais dans un mois d'avril bien arrosé.


 

Pourquoi cette couleur ?


 

Ce champ a la particularité d’être situé à proximité des sources de l'Élorn, la rivière qui alimente l’agglomération brestoise en eau potable ainsi que la majorité de la population du Nord-Finistère (300.000 habitants). Directive Cadre Européenne oblige, dans cette région en excédent structurel de nitrates dans les rivières, les exploitants agricoles doivent semer un couvert végétal pendant l’hiver pour capter les excédents de nitrates présents dans leur sol.


 

Au printemps ce couvert doit laisser la place au maïs qui bientôt absorbera les mètres cubes de lisier accumulés pendant l’hiver et qui déborde des fosses. Il faut donc le détruire. Comment ? Par un moyen mécanique respectueux de l’environnement ? Ce serait trop demander. Place au Roundope* qui vous nettoie tout cela en un seul passage et tant pis pour la pollution de l’air et de l’eau.


 

D’où ces couleurs lumineuses des champs de Bretagne en ce beau printemps.


 

*Note : Les militants locaux ont pris l'habitude de désigner par "Roundope" toute espèce de mélange à base de glyphosate utilisé comme désherbant. Toute ressemblance avec une marque connue, ajoutent-ils, ne serait pas totalement fortuite.


 

La folie du Roundope, dont le glyphosate est le produit actif, a été contagieuse. Ce sont les services de l'équipement qui en aspergeaient les bords des routes. Ce sont les employés communaux qui le pulvérisaient sur les trottoirs, y compris au ras des cours de récréation et des aires de jeu. Il a fallu la pression persistance des associations de protection de l'environnement pour que la pratique régresse. Grâce à leur action, les mêmes qui hier arrosaient copieusement leurs espaces publics de désherbants divers, affichent aujourd'hui des panneaux dont le décor, agrémenté de fleurs, d'abeilles et de papillons, fait savoir au visiteur que les pesticides sont désormais bannis de leur commune.


 

Mais les dealers de dope glyphosatée ne renoncent pas si facilement.


 

Le Roundope ça suffit !


 

Ce jour d'avril 2008, de nombreux lecteurs matinaux de leur quotidien préféré, ont eu du mal à avaler leur première tasse de café : sur une demi page ils pouvaient découvrir un placard publicitaire de la société Monsanto en faveur de son produit phare, le Roundup. Celui-ci avait clairement pour cible les "jardiniers du dimanche".

 


 

Le placard publicitaire annonçait d'entrée la couleur : "Encore un week-end perdu a arracher les mauvaises herbes. Il suffit d'oublier un fragment de racine pour devoir tout recommencer. Et si vous demandiez un coup de main à Roundup, le complice de votre tranquillité ? "


 

L'opération était habile et le vocabulaire bien choisi : faire de chaque amateur de jardinage un "complice". Ceci à condition qu'aucun d'entre-eux n'ait la curiosité de lire l'étiquette du produit sur laquelle il lui est recommandé :


 

  • de ne pas pulvériser quand il y a du vent.

  • de ne pas traiter par temps de pluie.

  • de ne pas traiter en plein hiver ni par temps très sec.

  • de ne pas traiter par grande chaleur.

  • de ne pas traiter à moins de 5 mètres d'un point d'eau ou de bouches d'eau pluviale ou d'eaux usées.

  • d'éloigner les enfants et les animaux domestiques de la zone traitée pendant environ 6 heures.

  • de porter une tenue recouvrant intégralement le corps avec gants et bottes.

  • de rincer trois fois son matériel après application sans faire de rejet dans les eaux usées.


 

Résumons : ne pas utiliser quand il pleut ou quand il fait sec, quand il fait chaud ou quand il fait froid. Ne pas oublier les gants, les bottes, le masque, la tenue de cosmonaute. Séquestrer les enfants et les animaux. Bref, quel est le jardinier, sachant lire une notice et soucieux de sa santé, de celle de ses proches et surtout de sa "tranquillité" pendant le week-end, qui pourrait avoir envie d'utiliser un tel produit !


 

Parmi les lecteurs de ce pavé publicitaire, les plus scandalisés étaient certainement les militants de l’association "Eau et Rivières de Bretagne" qui s'étaient fortement engagés dans la lutte contre les publicités mensongères des marchands de phytotoxiques. Pour ces militants la nouvelle publicité de Monsanto, producteur du Roundup, constituait une incroyable provocation.


 

En juillet 2001, l'association avait porté plainte pour publicité mensongère, à l’encontre des dirigeants de la société : dans plusieurs campagnes publicitaires télévisuelles ainsi que sur les emballages de ses produits, Monsanto affirmait que le Roundup était « 100 % biodégradable, respectait l’environnement, et était sans danger pour l’homme » ! Un procès-verbal d'infraction avait été dressé par la Direction de la Concurrence et de la Consommation.

 


 

Aux États-Unis, dès 1996, Monsanto avait dû abandonner cette publicité à la suite d’une procédure judiciaire engagée par le procureur général de l’État de New-York. Cette publicité avait, hélas, eu le temps d'atteindre son objectif et permis le développement des ventes du désherbant qui représentaient alors environ 60 % du marché.


 

En France, l'affaire était traitée par le tribunal correctionnel de Lyon. Le 26 janvier 2007, il condamnait, deux responsables des sociétés Monsanto et Scotts France, pour publicité mensongère sur les pesticides de la marque commerciale "Roundup". En plus de l'amende 15 000 euros, les deux sociétés étaient condamnées à verser des dommages et intérêts aux deux associations, Eau & Rivières de Bretagne et CLCV (Consommation Logement Cadre de Vie), qui s’étaient constituées partie civile.


Monsanto ayant fait appel de cette décision, le jugement définitif, n'était pas encore rendu au moment où passait cette publicité qui, cette fois, se gardait bien de déclarer que le Roundup "protégeait" l'environnement. Seul, sous forme de provocation, un gentil "toutou" à l'angle du placard publicitaire rappelait la précédente campagne dans laquelle l'animal était sensé traiter au Roundup la plante qui avait poussé au dessus de l'os qu'il convoitait.


 

La sanction était finalement confirmée par un arrêt du 9 octobre 2009 de la chambre criminelle de la cour de cassation. Selon les magistrats, le mensonge publicitaire résultait d’une "présentation qui élude le danger potentiel du produit par l’utilisation de mots rassurants et induit le consommateur en erreur en diminuant le souci de précaution et de prévention qui devraient normalement l’inciter à une consommation prudente". L'affaire était donc entendue, grâce à l'action des associations, le Roundup ne pourrait plus se présenter comme inoffensif et de surcroît "biodégradable".


 

Côté scientifiques, d'autres "lanceurs d'alerte" avaient pris le relais.


 

Dangereux le Roundope ?


 

On connaît le combat du biologiste Gilles-Eric Séralini pour faire connaître ses travaux et ceux de son équipe sur la nocivité du Roundup. Dans leur première étude, publiée en 2007, les biologistes ont voulu voir quels étaient les effets du pesticide sur des cellules embryonnaires mises en culture. Ils constataient que, même à des doses considérées comme non toxiques, le produit empêchait la formation d’hormones sexuelles essentielles au bon développement du fœtus, de ses os et de son sexe. On connaît les pressions et interventions multiples pour combattre et dénaturer les résultats obtenus et la ténacité du chercheur à défendre sa méthode et à exiger que les études réalisées par les industriels pour la mise en marché du produit soient rendues publiques.


 

D'autres chercheurs, agissant par d'autres voies, avaient eux-mêmes trouvé des résultats analogues.


 

 

Fin juin 2007, le titre d'un article du journal Le Télégramme, diffusé en Bretagne, ne pouvait qu'attirer le regard : "Santé, Un herbicide hautement cancérigène". Le professeur Robert Bellé de la station biologique de Roscoff rendait compte des travaux qu'il menait avec son équipe sur des cellules d'oursins. Pourquoi l'oursin ? Les travaux menés à Roscoff, comme d'autres ailleurs, ont démontré que le génome de l'oursin est très proche de celui de l'homme. L’oursin, dont la femelle pond des millions d’œufs, est un modèle idéal d’étude de la fécondation et du développement embryonnaire. Les chercheurs l'utilisent donc comme matériau d'expérience. L'article évoque prudemment "l'herbicide le plus répandu en Occident". Chacun aura reconnu le Roundope.


 

Conclusion ? "Ce produit est cancérigène parce qu’il engendre un dysfonctionnement du point de surveillance de l’ADN. Le composant actif qu’il contient, dénommé glyphosate, n’est pas le seul élément toxique de cet herbicide. Ce sont les produits de formulation l’accompagnant qui rendent l’ensemble particulièrement dangereux pour la santé. Pour être efficace, le glyphosate doit pénétrer dans les cellules des plantes. L’herbicide, dont nous parlons, est composé d’une formule qui le permet, affectant l’ADN par la même occasion".


 

L'Association "Santé Environnement France" qui regroupe près de 2500 médecins donne la liste de 10 adjuvants de formulations de pesticides à base de glyphosate. Dans la liste de leurs effets toxiques, on note : réactions allergiques, dommages génétiques, problèmes thyroïdiens, réduction de la fertilité, tumeurs de la peau, cancers...


 

Des cancers ? Quels cancers ?


 

"Dès qu’elles seront possibles, les études épidémiologiques permettront de démontrer l’incidence de ce produit sur les différents types de cancer." affirmait l'équipe du Docteur Bellé "En particulier sur les cancers des voies respiratoires puisque le produit pulvérisé contient la formulation à des concentrations très supérieures (500 à 2.500 fois plus) à celles qui engendrent le dysfonctionnement du point de surveillance de l’ADN."


 

Ainsi le propos nous ramène à la pollution de l'air par les pesticides.


 

Ce Roundope que l'on respire.


 

Les publications françaises sont peu nombreuses concernant la présence des pesticides dans l'air. Le glyphosate, pourtant "l'herbicide le plus répandu en Occident", et son produit de dégradation tout aussi nocif, l'AMPA, sont particulièrement absents des quelques rares études qui ont été réalisées. La puissance du groupe Monsanto qui produit le Roundup y serait-elle pour quelque chose ?


 

Aux USA, une étude menée dans l'état du Mississippi, montrait que le glyphosate, largement utilisé sur les cultures OGM, se retrouvait dans 86% des échantillons d'air et dans 77% de ceux d'eau de pluie recueillis. En Europe l'association des "Amis de la Terre" fait état de tests menés dans 17 pays européens sur des prélèvements d'urine. Ils montrent que 43,9 % des échantillons contiennent des traces de ce produit chimique. Preuve d'une pollution généralisée : tous les volontaires qui ont donné ces échantillons vivent en ville et aucun d'entre eux n'a utilisé, ni manipulé de produits à base de glyphosate dans la période précédent les tests.

 

En dehors de son aspect cancérigène, le glyphosate, comme la plupart des pesticides, est soupçonné de perturber le système endocrinien, ce qui peut avoir des conséquences irréversibles à certaines phases du développement de l'enfant pendant et après la grossesse. Mais il faut franchir l'Atlantique pour en avoir quelques échos. Les Amis de la Terre rapportent que dans les secteurs d'Amérique du Sud où est cultivé le soja transgénique arrosé au glyphosate, le nombre de malformations congénitales a augmenté. Au Paraguay on constatait que les femmes qui vivent à moins d'un kilomètre des champs sur lesquels le pesticide est épandu, ont plus de deux fois plus de risques d'avoir des bébés mal-formés. En Équateur et en Colombie, où des herbicides à base de glyphosate ont été utilisés pour contrôler la production de cocaïne, il y avait un taux plus élevé d'altérations génétiques et de fausses-couches durant la saison d'épandage. Retour en France. Des études analogues sont faites, en Bretagne, sur l'effet de la contamination par un herbicide, sur des femmes enceintes et sur les enfants qu'elles mettent au monde. Mais, hélas, cet herbicide n'est pas le glyphosate. Ces études portent sur l'atrazine, un pesticide actuellement interdit et que le Roundup a remplacé. N'aurait-il pas été plus utile d'étudier la contamination par le pesticide aujourd'hui le plus utilisé et dont on sait déjà qu'il pollue l'air, les sols, les rivières, les nappes souterraines et les baies côtières. Mais veut-on vraiment savoir ?

 

Enfin le réveil ?

 

Le 20 mars 2015, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) basée à Lyon, spécialisée dans le cancer qui a étudié l’ensemble de recherches scientifiques menées sur les effets de cette substance, a estimé qu'il existe suffisamment de preuves pour définir le glyphosate cancérogène chez les animaux. En laboratoire, des modifications chromosomiques ont été constatées, ainsi que des tumeurs au pancréas, aux reins et un risque accru de cancer de la peau. Réaction en France ? Allait-on enfin interdire ce produit comme on a interdit l'atrazine, le lindane ? "La France doit être à l'offensive sur l'arrêt des pesticides" déclarait La ministre de l'Ecologie Ségolène Royal. Offensive ? Pas un mot sur l'usage agricole mais, fidèle à sa technique des effets d'annonce intempestifs suivis d'une retraite immédiate, elle faisait savoir que, à compter du premier janvier 2018, l'accès aux produits phytosanitaires "pour les jardiniers amateurs" ne pourra se faire que "par l'intermédiaire d'un vendeur certifié". Pas d'interdiction donc, ni dans les champs ni dans les jardins, mais trois ans accordés pour faire ses provisions en libre-service, trois ans pour oublier les propos de la ministre et trois ans pour permettre à Monsanto d'organiser sa riposte. Ce que l'entreprise à entrepris immédiatement.

 

Prudent, le CIRC s'était contenté de classer le glyphosate comme cancérogène "probable" sur l'homme. Cependant les preuves existent, et les études de Séralini , de Bellé et d'autres chercheurs en Suède, aux USA et au Canada l'ont montré, qu’il accroît fortement le risque de développer certains types de cancer.


 

Refusant d'attendre que le constat de milliers de morts par cancer amène le classement en "cancérogène certain" du glyphosate, plusieurs organisations, et entre autres la ligue contre le cancer, ont demandé l'interdiction de ce pesticide. On a attendu de constater les effets de l'atrazine sur les femmes enceintes et leurs enfants pour l'interdire. Le même laxisme concernant le glyphosate serait criminel.

 
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20 septembre 2017 3 20 /09 /septembre /2017 07:12

ENS Eduscol

Extraits

Afin d'illustrer l'originalité et l'intérêt de cet ouvrage, nous vous proposons le sommaire et l'extrait"Lavoisier : de l’offensive antiphlogistique
aux trois états de la matière"
 en pdf :

Sommaire & Lavoisier : de l’offensive antiphlogistique aux trois états de la matière

 

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Le Télégramme

Pourquoi une histoire de l'oxygène? 
La chimie est une science très ancienne. Écrire son histoire, c'est très compliqué et ça a déjà été fait. Je me suis donc intéressé à l'oxygène, dont la découverte a annoncé l'avènement de la chimie moderne. Lorsque Lavoisier nomme pour la première fois l'oxygène et l'intègre à sa nomenclature, en1787, c'est un moment de rupture dans l'histoire de la chimie. Car, cette découverte met à mal deux traditions qui jusque-là avaient le monopole. Il y avait d'abord la tradition grecque des quatre éléments: l'eau, l'air, la terre et le feu. Or,Lavoisier met en évidence la notion de gaz et montre que l'air que l'on respire est un mélange de plusieurs gaz.

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Nord Littoral

Ça nous fait de l’air !

La formule chimique O2 fait désormais partie de notre langage courant, mais sait-on vraiment ce qu’elle signifie ? Ce livre de l’enseignant Gérard Borvon nous en dit plus à son sujet. Il suit le parcours de l’oxygène, depuis les grimoires des alchimistes jusqu’aux laboratoires des chimistes, avant qu’il n’investisse notre environnement quotidien.

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Comité de lecture médiathèque Arcueil.

http://www.mediatheque-arcueil.fr/c...

Histoire de l’oxygène de l’a chimie à la chimie - Gérard Borvon, VuibertRetour ligne automatique

Un documentaire facile à lire. Il parle d’oxygène et de chimie pour comprendre la nature et les propriétés de la matière. L’histoire de la chimie débute avec la découverte du feu qui est la première source d’énergie. On trouve les trois piliers de la chimie : la chimie organique, la chimie minérale et la biochimie. L’oxygène c’est la vie on ne peut s’en passer. Grâce à la chimie on a trouvé les quatre éléments le Feu, Air, Eau, et la Terre.

On trouve aussi les formules comme (H2O hydrogène oxygène) et CO2 (gaz carbonique). Ces quatre éléments représentent en moyenne 96% de la masse d’un corps humain. D’abord vient l’oxygène à 65% c’est dire son importance dans notre existence. Il est suivi du carbone à 18,5% de l’hydrogène à 9,5%et les minéraux ne représentent que 3,5% de la masse. Grâce à la chimie on a découvre L’ADN, ARN et les acides nucléaires. On trouve que Le mot alchimie qui vient de l’arabe :الكيمياء , al-kīmiyā. Ce livre est important pour connaitre le rôle d’oxygène dans notre santé, aussi pour savoir quelle est la relation entre l’oxygène et la chimie. On trouve le grand homme de la chimie comme, Antoine Lavoisier père de la chimie moderne, Jabir ibn Hayyan , Aboubakr Mohammed Ibne Zakariya Al razi , Aristo qui fut un grande philosophie aussi. On trouve la naissance de l’alchimie qu’est nait à Alexandrie vers le IX siècle avant J-C. La chimie est parfois appelée la science centrale car elle se connecte avec la physique qui est aussi une science naturelle, ainsi que l’astronomie, la géologie, la biologie et la mathématique.

Youssouf Oumouri

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Bibliothèque municipale de Lyon

Gérard Borvon propose avec cet ouvrage une approche assez différente de ce qui se fait traditionnellement en histoire des sciences, très portée sur les personnes, et se penche directement sur l’objet étudié plutôt que sur l’étudiant ou sur l’étude. L’oxygène est évoqué tous les jours, à mots couverts, quand on évoque les problèmes de l’eau (H2O) ou de la pollution de l’air (CO2), mais aussi quand on parle de vie ou de liberté, le grand bol d’oxygène nous dégage les bronches et est devenu un symbole non plus seulement chimique mais qui s’est diffusé dans toutes les couches et tous les aspects de nos cultures. Un livre clair, écrit avec une certaine légèreté, et qui remonte au IIIe siècle avant JC et Empédocle ou Platon pour arriver à Jean-Michel Jarre en passant par les creusets des alchimistes, Lavoisier ou Mendeleïev. Une multitude de récits particuliers qui s’entrecroisent pour donner une image pleinement culturelle d’un élément qui n’est jamais resté confiné dans les laboratoires.

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Voir sur : Le choix des bibliothécaires.

1) Qui êtes-vous ?

J’ai été enseignant en sciences physique-chimie en lycée et formateur en histoire des sciences à l’Institut de formation des maîtres (IUFM) de Bretagne. Je suis l’auteur d’articles et d’ouvrages visant à diffuser la culture scientifique dont cette "Histoire de l’Oxygène, de l’alchimie à la chimie" et une "Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron" chez Vuibert.

2) Quel est le thème central de ce livre ?

A une époque où les formules chimiques, O2, H2O, CO2... se sont échappées des traités de chimie et des livres scolaires pour se mêler au vocabulaire de notre quotidien, présenter une histoire de l’oxygène, foisonnante de récits qui, depuis l’antiquité grecque en passant par les alchimistes et les premiers chimistes, se côtoient, s’opposent et se mêlent. Au travers du personnage central de l’oxygène, comme fil conducteur, tracer l’histoire d’une chimie qui n’est pas seulement affaire de laboratoires et d’industrie, mais élément à part entière de la culture humaine.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

"Le mot doit faire naître l’idée", déclarait Lavoisier. Incontestablement le mot "oxygène" fait naître des idées.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

"Donnez-moi de l’Oxygène", la chanson de Diane Dufresne mais aussi naturellement "Oxygène" de Jean-Michel Jarre.

5) Qu’aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

La conviction que les scientifiques des époques passées nous ont transmis, à travers leur parcours humain, le contenu et le style de leurs écrits, une culture dont l’influence dans notre inconscient est bien plus forte qu’on l’imagine parfois et qui est, comme la littérature, l’art, la musique... une part entière de la culture humaine.

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L’actualité Chimique revue de la Société Chimique de France

Le commentaire commence bien :

"D’une érudition de bon aloi, cet ouvrage nous entraîne dans l’aventure de l’invention de la science et de l’esprit scientifique depuis Empédocle et en compagnie des grands alchimistes, en prenant l’histoire de l’oxygène comme fil conducteur. De nombreuses citations et gravures originales agrémentent cette étude qui a le mérite d’éclairer des connaissances souvent peu ou mal traitées. Les apports respectifs, liés à leur personnalité et leur environnement, de Priestley, Scheele et Lavoisier, sont plus subtilement analysés qu’à l’ordinaire (quoique le rôle de Madame Lavoisier soit, bien sûr, escamoté !). On apprécie, par exemple, qu’il soit précisé que la charge de fermier général ait été sollicitée par Lavoisier, non par cupidité, mais pour installer et alimenter un laboratoire « moderne ».

La discussion sur l’importance du langage dans l’émergence et le développement de la science est particulièrement pertinente et dépasse largement la question de la chimie. Celle de la paternité d’une découverte, ouvrant sur celle de la brevetabilité, concept actuellement fort débattu, aurait pu être illustrée par l’intéressante pièce de théâtre de Carl Djerassi et Roald Hoffmann, Oxygène. Il est dommage que Georges Claude et l’importance des gaz dans l’industrie contemporaine soient oubliés, et on aurait aimé que la métallurgie ne soit pas considérée comme la seule industrie ayant changé le monde ; le verre, la faïence l’ont fait tout autant."

Mais attendons la suite :

"Après avoir justement rappelé (p. 201) que l’oxygène a été le premier polluant produit par l’activité du vivant (et tout en reconnaissant qu’on lui doit d’être !), Gérard Borvon exécute en quelques phrases sans appel « l’industrie chimique et son activisme auprès des pouvoirs publics pour contrer toute tentative visant à limiter l’impact de ses produits sur l’environnement et la santé. » Il fait l’impasse sur tout ce que la chimie a apporté comme amélioration dans notre vie quotidienne, son apport à l’augmentation remarquable de notre longévité, et balaie d’un revers de plume l’initiative « Responsible care » (en France « Engagement de progrès »), antérieure à l’action autoritaire REACH. Par contre, il ne manque pas de l’accuser du scandale, réel, du Médiator, alors que le trou d’ozone et les pluies acides, certes moins médiatiques ces derniers temps, auraient peut-être été plus illustratifs du sujet traité ! Et pourquoi ne pas invoquer la mortalité routière (l’automobile est pleine de chimie !), l’agriculture et l’alimentation, etc. comme si la Nature avait attendu l’Homme pour produire poisons et venins ! Pour paraphraser Esope, et n’en déplaise à certains, la chimie comme la langue est la meilleure et la pire des choses, et les nuisances, diffuses ou non, sont de la responsabilité de chacun et non d’une divinité maléfique, fût-elle la chimie.

Pour terminer sur une note aimable, et puisque l’auteur ne rechigne pas à convoquer littérature et musique avec Jean-Michel Jarre par exemple, pourquoi ne pas avoir fait référence à Jules Verne et à son roman, mis en opéra par Offenbach, Docteur Ox, dans lequel avec son assistant Ygène il s’interroge : « La vertu, le courage, le talent, l’esprit, l’imagination… ne seraient-ils qu’une question d’oxygène ? ». Voilà qui aurait été moins polémique, mais bien intéressant à noter !

R. Agnès Jacquesy"

Commentaire de l’auteur :

Je dois reconnaître à R. Agnès Jacquesy une lecture attentive mais aussi quelque peu sélective.

Sa conclusion, qu’elle reconnaît sévère car elle souhaite, dit-elle, terminer par une "note aimable", pose le problème du lien entre l’activité scientifique et son application industrielle.

L’industrie chimique est la première à regretter son déficit d’image, faut-il entraîner toute la chimie et l’ensemble des chimistes dans ce désamour ? Ou faut-il, comme j’ai tenté de le faire, présenter une chimie qui ne soit pas seulement "affaire de laboratoires et d’industrie, mais élément à part entière de la culture humaine" ?

Est-ce vraiment "exécuter" l’industrie chimique que de signaler les efforts de ses représentants pour s’opposer à des normes qui limiteraient l’impact de ses produits sur l’environnement et la santé humaine ?

Ai-je vraiment ignoré "les pesticides largement répandus et dont on connaît aujourd’hui les effets dévastateurs sur l’environnement et la santé humaine, les sacs plastiques qui s’accumulent en ilots flottants dans les océans et étouffent dauphins ou tortues Luth, les boues toxiques déversées dans les décharges africaines, les composants de l’électronique dont on se débarrasse dans les pays de l’Afrique et de l’Asie et qui empoisonnent les enfants qui les brûlent pour en extraire les métaux" (p 206)

Merci à R. Agnès Jacquesy pour son rappel de Jules Verne et de son docteur Ox. Mais l’image de ce "savant fou" et de son oxygène provoquant l’agressivité ne serait-elle pas elle-même jugée trop "agressive" par les représentants de l’industrie chimique ?

Quant à Georges Claude, faudra-t-il dissimuler, pour ne pas "exécuter" l’industrie chimique française, que l’homme de l’Air Liquide est aussi le propagandiste d’extrême droite condamné en 1945 pour fait de collaboration avec l’occupant ?

 

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Lu sur ATHENA

 

Athena - Revue - Portail de la Recherche et des Technologies en Wallonie

L’ histoire de l’oxygène est celle de l’élément le plus répandu sur Terre. Rappelons qu’il représente 47,3% de sa masse ! L’azote est l’autre constituant principal du mélange gazeux qu’est l’air. Mais contrairement à l’azote, l’oxygène (gaz incolore, inodore et insipide) est très réactif et utilisé. Il réagit par oxydation et combustion exothermiques avec quasiment tous les autres corps simples (mis à part les gaz rares).

Pensons à la genèse et à la fabrication des acides, oxydes, aciers, soudures, produits de blanchiment, appareils respiratoires et de lutte contre l’hypoxie, épurateurs d’eau, etc. L’oxygène joue donc un rôle majeur en chimie, dans notre vie quotidienne et dans la vie tout court par la respiration !

Et la chimie n’est pas uniquement affaire de formules et d’équations. Cette passionnante histoire, qui nous mène de l’Extrême-Orient à l’Europe en passant par l’Égypte et le Monde arabe, est foisonnante de récits. Au temps des alchimistes, de leurs fourneaux, cornues, alambics et autres grimoires, ce savoir sentait le soufre et le poison.

Aujourd’hui, les formules O2, H2O et CO2 se sont échappées des laboratoires et livres scolaires, pour se mêler au vocabulaire courant. Il suffit de les taper dans un moteur de recherche Internet pour voir les résultats… Elles sont l’aboutissement d’une histoire ancienne et mouvementée, racontée avec force détails par Gérard Borvon pour qui l’oxygène, c’est « le nouvel élixir… devenu symbole de la vie du corps et de l’esprit ».

Ce livre est l’occasion de tracer, à grands traits, une histoire de la chimie et d’en rappeler utilement quelques fondamentaux. Les philosophes grecs du 5e siècle avant notre ère - Empédocle, puis Platon et Aristote - parlent des 4 éléments :Retour ligne automatique
l’air, l’eau, le feu et la terre, en vigueur jusqu’au 18e siècle ! L’histoire nous mène ensuite dans les laboratoires des alchimistes jusqu’au 17e siècle. Au 18e, nous rencontrons les premiers véritables chimistes : Stahl, Macquer, Priestley, Scheele, Cavendish…, avant d’arriver à la « révolution lavoisienne ».

Lavoisier, fondateur (des bases et de la nomenclature) de la chimie moderne - démontre en 1775 que la substance préparée par Priestley et Scheele est le 2e corps simple constituant l’air, avec l’azote. Il le nommera « oxygène » (du grec oxus, acide, et genein, engendrer).

En 1783, il découvre aussi que c’est le 2e élément de l’eau, après l’hydrogène. L’oxygène est conçu par Lavoisier comme le pilier d’une science analytique et académique, la chimie - capable, par sa rigueur, de rivaliser avec la physique et les mathématiques, dépouillée de la magie de l’alchimie et du phlogistique (principe ou fluide du feu s’insinuant lors de la combustion).

Le tout sera décrit avec clarté et rigueur dans son célèbre Traité élémentaire de Chimie, publié en 1789.

L’oxygène deviendra source d’inspiration artistique (littéraire, poétique, picturale, musicale,…) et l’objet de nouveaux mythes. La chimie est souvent perçue comme menaçante, car dangereuse.

Le récit évoque cette chimie, tant décriée, qui cherche d’abord à interroger et respecter la nature et qui n’est pas seulement l’affaire de laboratoires et d’industrie, mais élément du bien-être et de la culture humaine. -

Texte : Christiane De Craecker-Dussart 

c.decraecker@skynet.be

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   Une conférence avec AMELYCOR.

 

 

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19 septembre 2017 2 19 /09 /septembre /2017 12:00

Lu sur La Recherche

 

Qu'il soit sous forme de charbon, de pétrole ou de gaz, le carbone a révolutionné notre quotidien depuis plus de deux siècles. Émis en fortes quantités sous forme de CO2 dans l'atmosphère, il a aussi perturbé le climat de la Terre. L'auteur retrace l'histoire de cet élément et de ses utilisations depuis la Grèce antique jusqu'à nos jours.

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Espace Sciences Rennes.

Le carbone et le dioxyde de carbone sont indispensables à la vie sur Terre. L’auteur raconte leur quête par les scientifiques. Leurs usages : d’abord pour la chimie des essences végétales puis comme source d’énergie avec le charbon et le pétrole à partir des 19e et 20e siècles. Mais interviennent aujourd’hui les conséquences sur l’environnement : pollution et réchauffement climatique.

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Hérault Tribune.

 

Histoire du carbone et CO2 - Gérard Borvon

 

Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…, coupable : le dioxyde de carbone. Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

L'auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu'aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l'importance du carbone et celle du CO2. L'ouvrage décrit ensuite la naissance d'une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu'elle ne s'applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd'hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique. Seront-ils entendus ?

Auteur:

Gérard Borvon a été enseignant de physique-chimie en lycée et formateur en histoire des sciences à l'IUFM de Bretagne. Auteur de nombreux travaux visant à diffuser la culture scientifique, il a déjà publié chez Vuibert une Histoire de l'électricité, de l'ambre à l'électron (2009) et une Histoire de l'oxygène, de l'alchimie à la chimie (2012).

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Lu sur Babelio.

 

L'auteur présente d'abord les étapes de la découverte du carbone par les scientifiques, depuis Empédocle (grec présocratique - de moins 490 à moins 430 av. JC environ), pour qui l'univers matériel était constitué de 4 éléments : l'eau, la terre, le feu et l'éther ou l'air. 
Ce n'est que relativement récemment que l'élément carbone fut isolé et identifié, et que les scientifiques comprirent son rôle vital (cycles végétatifs, constitution de l'ADN…).
Outre les théories des chercheurs à propos de la matière, leurs expériences et raisonnements sont exposés dans cet ouvrage, ceci de manière très compréhensible, y compris pour les non scientifiques.

Le bois, d'origine carbonée, fut l'une des premières sources d'énergie exploitée par l'homme, pour se chauffer, cuire ses aliments, travailler des métaux… Il céda en partie la place à son dérivé, le charbon de bois, qui permet d'atteindre de plus hautes températures. Puis le charbon sortit de terre… avant que le pétrole ne coule à flots ! Nous nous enfumons donc depuis des décennies, et la planète avec, d'autant plus que la population humaine croît et adopte des modes de vie de plus en plus énergivores. 
N'en déplaise aux climato-sceptiques, des gaz à effet de serre se sont accumulés dans l'atmosphère et continuent à y être rejetés massivement du fait des activités humaines, ce qui impacte le climat de manière dangereuse. 
Les matières premières carbonées ne sont pas seulement source d'énergie, elles servent aussi de matériaux pour les chimistes. J'ai été surpris de (re)découvrir que la chimie du bois et des végétaux - qui reviennent au goût du jour pour des raisons environnementales - a précédé la carbochimie et l'omniprésente pétrochimie. Les liens entre sciences fondamentales et sciences appliquées sont mis en évidence par des exemples de techniques utilisées quotidiennement. le carbone est indéniablement utile mais l'abus est néfaste pour tous.
A partir de l'exemple de cet élément, l'auteur élargit la réflexion à la place des sciences dans nos sociétés, aux bienfaits et méfaits auxquels elles donnent naissance. Cette dernière partie m'a moins intéressé que le coeur du sujet annoncé en titre.

Je recommande cet ouvrage à tous, qui présente l'histoire du carbone et du CO2, de manière documentée et vulgarisée... Que la réflexion sur nos sociétés et modes de vie se poursuive, sinon tant pis pour nos descendants, s'il en reste… 😥

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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 14:07

2000 ans d'histoire.

Patrice Gélinet a consacré son émission de mercredi 9 décembre 2009 à l’histoire de l’électricité.

 

Invité : Gérard Borvon pour son livre publié chez Vuibert, "Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron"


 

 

 

« Il est un agent puissant, obéissant, qui se plie à tous les usages : il m’éclaire, il m’échauffe, il est l’âme de mes appareils mécaniques. Cet agent, c’est l’électricité. »

Jules Verne Vingt Mille Lieues sous les mers

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Pendant des milliers d’années, l’humanité s’est contentée d’observer sans les comprendre les manifestations de ce qui allait devenir sa première source d’énergie. Emerveillés par les aurores boréales, ou terrorisés par la foudre, qui n’était croyaient-ils que l’expression de la colère des dieux, les hommes ont mis des siècles à comprendre et à domestiquer l’électricité pour qu’elle les éclaire, les réchauffe, leur permette de se déplacer, de communiquer, et pour faire tourner leurs machines. En 1780, un savant italien, Luigi Galvani, avait même réussi à faire bouger des cadavres de grenouille en y faisant passer de l’électricité. C’était l’époque où elle n’était encore qu’un objet de curiosité dans les salons du XVIII° siècle.

 

Ecouter l’émission

 

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La marche des sciences. La fée électricité,

sur France Culture.

 

De Thalès, fasciné par l'ambre et sa force d'attraction, à l'électricité de demain, l'énergie électrique a toujours été au coeur des préoccupations humaines. Aujourd'hui, loin des craintes premières des hommes face à la foudre et aux éclairs, c'est l'avenir de la planète, et la position de l'homme dans cet environnement en souffrance, qui font progresser la place et l'image de l'électricité dans la vie de chacun. De nouvelles voies ont été explorées, des énergies renouvelables proposées. De l'hydroélectricité à l'électricité verte obtenue à partir de déchets industriels et agricoles, en passant par les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, la géothermie, le solaire hydraulique et les énergies marines, ces filières d'énergie « propre » commencent à se faire une place au côté de l'électricité traditionnelle, sans toutefois la détrôner.

 

De l'ambre à l'électron, cette histoire de l'électricité mérite que l'on s'y attarde, car si l'électricité est devenue pour tous un droit inaliénable, et s'affiche comme l'énergie de demain, elle le doit à des hommes, amateurs ou scientifiques reconnus, à des expériences heureuses ou hasardeuses, et à des erreurs aussi, sans parler du hasard omniprésent dans l'histoire des sciences.

 

Un parcours que nous vous proposons de retracer, aujourd'hui, en direct du studio 167 de France Culture, en compagnie de Gérard Borvon, ancien professeur de physique, formateur en Histoire des sciences techniques dans les IUFM (institut universitaire de formation des maîtres), et auteur du livre « Histoire de l'électricité, de l'ambre à l'électron », paru chez Vuibert à l'automne 2009. Et avec lui, Patrice Carré, qui a signé en 1991, avec Alain Beltran, un livre intitulé « La fée et la servante », paru chez Belin. Il est spécialiste de l'histoire culturelle et sociale des réseaux.

 

 

Aurélie Luneau

 

Ecouter l'émission

 

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Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron sur "Les années lumière" de Radio Canada.

 

Gérard Borvon a publié Histoire de l'électricité, de l'ambre à l'électron aux éditions Vuibert. Il y fait le récit de l'évolution de l'électricité, curiosité de la Grèce antique devenue une ressource essentielle à notre civilisation.

 

 

Ecouter l'émission

 

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Semences de Curieux est une émission animée par Jacques Olivier sur la radio belge RTBF.

 

Par définition, les sciences sont toujours en mouvement. Semences de Curieux se propose d’en suivre la marche en les mettant en perspective, entre les acquis du passé et les questions en suspens avec leur enjeu pour demain.

 

 


 

Pour réécouter les deux émissions voir :

 

 

1ere émission

 

2eme émission

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Athena. Recherche et d é v e l o p p e m e n t

t e c h n o l o g i q u e ... ... 2010 Le mag’ scientifique

 

 

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Bulletin de l'Union des Physiciens.

 

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La Recherche

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Il était une fois l’électricité. De l’ambre à la lumière.

 

"Il y aurait bien des façons de raconter l’histoire de l’humanité ; mais il est certain que depuis le jour où l’un de nos ancêtres inconnu s’est emparé d’une flamme, l’histoire de l’humanité se confond avec celle de la domestication des énergies. Et parmi celles-ci, l’énergie électrique tient une place de premier plan.L’Histoire de l’électricité, c’est une histoire vieille comme le monde - ou presque : tout a commencé au sixième siècle avant Jésus-Christ, lorsque Thalès de Milet a découvert qu’en frottant un morceau d’ambre sur une peau de mouton, l’ambre se chargeait d’électricité statique... L’ambre : elektron en grec - l’électricité était née."

Voir la vidéo

Une recherche documentaire intéressante. Des images animées attractives.

Parfois, hélas, quelques raccourcis hasardeux (Thalès n’a pas nommé l’électricité Elektron, mot qui est simplement le nom grec de l’ambre - Nollet ne distinguait pas deux sortes d’électricité, la découverte est de Dufay).

Éclairant cependant.

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Les commentaires sur Amazon.

 
Cet ouvrage est un exemple de ce que devrait être la vulgarisation de la science au sens noble de vulgarisation: action de rendre accessible aux non spécialistes la quête inlassable et collective du génie humain pour arracher à une nature terriblement complexe ses secrets
J'ai commandé ce livre car je suis professeur des écoles et je dois réaliser une séquence sur l'électricité.
Ce livre est très intéressant et très bien fourni. Enfin un moyen de connaitre véritablement l'histoire de l'électricité !

De plus, le livre est arrivé en très bon état et très rapidement.
 
Ce livre permet d'appréhender clairement les différents concepts historiques qui ont permis d'élaborer la théorie actuelle de l’électricité.
Je le recommande particulièrement à tous ceux qui ont été rebutés au cours de leur scolarité par l'enseignement de cette matière.Vous comprendrez par exemple pourquoi la charge de l'électron est négative et non positive, d’où vient les signes + et -...et beaucoup de chose qui ne sont malheureusement pas enseignées au collège ou au lycée.
Merci à l'auteur.
L'histoire de l'électricité est très bien racontée par Gérard Borvon. Ce livre n'est pas du tout rigide et formel, il se lit très bien et c'est ce qui fait qu'on retient plus de choses ! Les anecdotes y sont très bien rapportées et on s'amuse à les lire. Ce livre casse la malheureuse idée rigide et complexe que l'on peut avoir des sciences, on apprend en s'amusant et ça réconcilie les gens avec la physique.

 

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France Culture. La Méthode Scientifique.

par Nicolas Martin.

Faut-il réhabiliter Nicolas tesla ?

 

 

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16 septembre 2017 6 16 /09 /septembre /2017 12:41

 

Par Gérard Borvon

Utopie ! Le mot supposé tuer toute idée de changement. Du bio dans les cantines, vous rêvez ? Des villes, des routes, des champs, des jardins, sans désherbants chimiques, vous y croyez ? Trier ses déchets, recycler, composter dans son jardin ou au pied de son HLM, et quoi encore ? Oublier sa voiture, covoiturer, isoler son habitat, produire localement son énergie, qui allez-vous convaincre ?

Et pourtant tout cela entre, peu à peu et en douceur, dans le quotidien. Se nourrir en toute confiance, respirer un air qui ne nuise pas à sa santé, un air sans pesticides et sans particules fines, oui, c’est possible.

Des villes, des routes, des champs, des jardins, sans pesticides.

Faut-il encore rappeler les chiffres ? Les 30% à 75% des pesticides épandus qui se retrouvent dans l’air que nous respirons. Nous savons qu’ils contaminent déjà toute le planète et que certains le feront pendant des siècles. Qui peut imaginer de poursuivre leur usage ? Pouvons-nous laisser ce cadeau empoisonné à nos descendants ? Les promesses régulièrement repoussées de "réduction" ne trompent plus personne, l’objectif doit être leur suppression. Et ceci n’est pas une nouvelle "utopie", la voie est déjà ouverte.

Il semble déjà loin le temps des pionniers de l’agriculture biologique. Les modestes étals des agriculteurs bios sur les marchés se sont étoffés et multipliés. Les magasins bios, aux étagères bricolées par leurs premiers sociétaires-coopérateurs, ont laissé la place à des commerces spacieux, ayant pignon sur rue, que les grandes surfaces se sont empressées d’imiter, ajoutant un îlot "bio, solidaire, équitable" à leur océan de produits issus de l’agrochimie subventionnée. Des municipalités même ne craignent plus de se faire les promoteurs du bio.

L’exemple est encore trop rare en France mais il mérite d’être cité. A Lons le Saunier la cuisine centrale, établissement public géré par un syndicat intercommunal, sert 5000 repas par jour : 3000 scolaires (70 écoles), 1000 hospitaliers, 300 personnes âgées, 200 entreprises et 500 sur place, dans lesquels il y a 25% de produits bios issus de circuits courts.

Dans les années 90 la commune avait constaté une augmentation alarmante du taux de nitrate dans les eaux de la ville. Plutôt que de construire une usine de traitement des eaux, la municipalité et son maire Jacques Pélissard s’étaient adressés aux agriculteurs présents sur les champs captants alimentant la commune pour leur proposer de se convertir au blé bio. En échange la municipalité s’était engagée à acheter une partie de cette production en produisant du pain bio. Puis ce furent des yaourts et des fromages (depuis 2007, 100% des yaourts consommés par les enfants sont bio). Ensuite un jeune producteur de pommes de terre aidé à se lancer. Au total 14 tonnes de pommes de terre, des carottes, des navets, des choux, des radis, des betteraves produits localement et en bio sont transformés dans la cuisine centrale. Enfin la ville s’est intéressée à la valorisation de la filière d’élevage de la race locale, la Montbéliarde en achetant 200 bêtes par an à 45 éleveurs (100% de la viande consommée) à un prix supérieur au prix du marché. Le service souhaite introduire progressivement encore plus de produits bio en privilégiant les filières locales.

En France, la progression est déjà réelle et se lit dans les chiffres. De 3600 producteurs bios en 1995, leur nombre a dépassé le seuil des 25000 en 2013 avec une progression particulièrement forte (+104%) entre 2007 et 2012. Les surfaces cultivées passant dans le même temps de cent vint mille à un million d’hectares avec une progression de 85% dans les cinq dernières années. Certes, la production bio ne représente encore que 2,5% du marché mais la progression de 10% par an est régulière. Même progression du côté des consommateurs avec une croissance de 10% par an de 1999 à 2005 et un doublement entre 2007 et 2012.

Chez les bios la petite entreprise ne "connaît pas la crise". Pas de barrages sur les routes et d’édifices publics incendiés quand les Russes arrêtent d’importer du porc français ou quand l’Arabie Saoudite décide de ne plus manger de poulets nourris au soja transgénique brésilien et poussés aux antibiotiques. Il est vrai que le "bio" ne prétend pas nourrir la Planète entière et maintenir la France sur le podium des exportateurs mondiaux en compagnie des USA, de la Hollande et du Brésil. Son credo c’est la proximité, le plus court chemin du champ à la fourchette. Mais si les "bios" du monde entier, producteurs et distributeurs, aspirent d’abord à nourrir, chez eux, la part de l’humanité au sein de laquelle ils vivent, cela ne les empêche pas d’échanger leurs productions, de façon équitable et au moindre coût environnemental, avec celles cultivées sur d’autres terres et sous d’autres cieux .

La Planète et le bio.

Une "Conférence internationale sur l’agriculture biologique et la sécurité alimentaire", s’est tenue à Rome en mai 2007 dans le cadre de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’Alimentation et l’Agriculture). L’objectif de ses travaux était "de déterminer de quelle manière l’agriculture biologique pourrait contribuer à l’émergence d’un nouveau paradigme de la sécurité alimentaire". Son rapport final a jeté un pavé dans la marre.

Une phrase en a été retenue :  " Une conversion planétaire à l’agriculture biologique, sans défrichement de zones sauvages à des fins agricoles et sans utilisation d’engrais azotés, déboucherait sur une offre de produits agricoles de l’ordre de 2640 à 4380 kilocalories par personne et par jour ".

Sachant qu’il est admis qu’une ration calorique jugée suffisante varie, suivant la personne et son activité, entre 2000 et 3500 calories par jour, il n’est pas exagéré de traduire la phrase par : "l’agriculture biologique pourrait nourrir la planète". Même si l’expression a déclenché le tir de barrage de tous les tenants d’une agriculture dopée à la chimie, l’ensemble du rapport prouvait bien, en effet, avec sagesse et pondération, que l’hypothèse d’un passage généralisé au bio était réaliste et qu’une sortie rapide du système industriel actuel était, non seulement indispensable, mais surtout possible.

La sortie est indispensable  : le rapport mettait d’abord en lumière l’échec du système actuel dans une introduction qui mérite d’être largement citée.

"Les travaux de la Conférence se sont inscrits dans le cadre du débat sur le caractère paradoxal du système alimentaire dans son ensemble, l’objectif étant de déterminer de quelle manière l’agriculture biologique pourrait contribuer à l’émergence d’un nouveau paradigme de la sécurité alimentaire. Concrètement, le paradoxe qui caractérise le système alimentaire tient aux aspects suivants :


. les approvisionnements alimentaires mondiaux sont suffisants, mais 850 millions de personnes souffrent de la faim ;

. l’utilisation d’intrants agricoles chimiques n’a cessé d’augmenter ces 20 dernières années, mais la productivité du secteur céréalier est en constant recul ;

. le coût des intrants agricoles est en augmentation, alors que le coût des produits agricoles de base diminue régulièrement depuis 50 ans ;

. on peut aujourd’hui avoir accès facilement et rapidement à un grand volume de connaissance grâce aux technologies de l’information, alors que, dans le même temps, les maladies liées à la malnutrition ne cessent de gagner du terrain ;

. les systèmes alimentaires de type industriel ont un coût environnemental et social qui menace la sécurité alimentaire (décès professionnels dus à des empoisonnements aux pesticides, suicides d’agriculteurs endettés, disparition de millions d’emplois dans les zones rurales)."

La sortie est possible :

Rappelons la question initiale proposée à la réflexion de la Conférence

"Reconnaissant qu’il convient d’augmenter la productivité agricole de 56 pour cent d’ici à 2030, la Conférence a évalué dans quelle mesure l’agriculture biologique était à même de proposer un système de substitution permettant de corriger ce paradoxe en renforçant la santé du système agricole grâce à des améliorations dans les domaines suivants : accès à la nourriture ; technologies adéquates ; efficience économique ; suffisance nutritionnelle ; qualité de l’environnement et équité sociale."

Et voyons ses conclusions :

. L’agriculture biologique peut contribuer à la sécurité alimentaire, mais sa capacité à affirmer son rôle dépend en grande partie de l’existence d’une véritable volonté politique.

. L’agriculture biologique peut atténuer les effets des nouveaux problèmes, comme les changements climatiques, grâce à des mesures comme la fixation améliorée du carbone du sol.

. Elle propose également des solutions pratiques en matière d’adaptation aux effets des changements climatiques. L’agriculture biologique permet de renforcer la sécurité hydrique dans plusieurs domaines : qualité de l’eau potable, diminution des besoins en irrigation des sols biologiques et augmentation des rendements dans des conditions de stress hydrique dû à la variabilité climatique.

. L’agriculture biologique permet de protéger l’agrobiodiversité et d’en garantir une utilisation durable.

. L’agriculture biologique renforce la suffisance nutritionnelle, grâce à une diversification accrue des aliments biologiques, qui sont plus riches en micronutriments.

. L’agriculture biologique stimule le développement rural, en créant des revenus et des emplois dans des zones où les populations n’ont d’autre choix que de recourir à la main-d’œuvre, aux ressources et aux connaissances locales.

. L’agriculture biologique établit un lien entre les objectifs économiques et les objectifs environnementaux et sociaux.

 

Le bio, une agriculture savante.

Peut-être est-il utile de rappeler que l’agriculture biologique n’est pas une agriculture conventionnelle qui se contenterait d’abandonner subitement les pesticides et les engrais. Interrogé par le groupement des agriculteurs bios de Bretagne (GAB), Marc Dufumier, Ingénieur agronome et professeur émérite à AgroParisTech, définissait l’agriculture bio comme "un système d’agriculture savante".

Une agriculture savante issue, comme la plupart des sciences, d’une longue tradition empirique. "Nous ne proposons pas de retourner à l’âge de pierre" déclarait Marc Dufumier en introduction à son exposé, "mais ce n’est pas inutile de regarder dans le rétroviseur, de retrouver des variétés anciennes, de se ré-intéresser à la microbiologie des sols, de s’intéresser aux pratiques associées comme l’agroforesterie". Il expliquait alors comment il avait entamé sa carrière comme coopérant dans les pays du Sud, d’abord à Madagascar, puis au Venezuela et au Laos en restant deux à trois ans dans chaque pays. Il y avait observé la façon dont les paysanneries pratiquaient des agricultures complexes, souvent bio, sans le dire ou le savoir, car tout simplement ils n’avaient pas les moyens d’acheter des intrants chimiques.

Ce sont ces agricultures très savantes qui lui ont, dit-il "plus appris en agronomie, là-bas sur place, que dans mon institut d’origine. Et c’est de là que j’ai découvert qu’on pouvait aller vers des systèmes intensément écologiques", c’est à dire "une utilisation intensive de toutes les énergies renouvelables, un usage raisonnable des énergies fossiles et zéro agro-toxiques". Aujourd’hui, ajoute Marc Dufumier, "il faut penser une agriculture qui ne tue pas".

C’est ce savoir que recherchent également les agronomes qui, dans les Antilles, s’efforcent de découvrir les secrets des jardins créoles. Ces jardins où on cherche "à utiliser de manière intensive l’énergie solaire et le carbone du CO2 atmosphérique pour fabriquer notre énergie alimentaire, à utiliser de manière intensive l’azote de l’air pour fabriquer des protéines avec des légumineuses".

Une agriculture déjà savante avant la chimie.

Savante était déjà la pratique agricole développée et popularisée par ces agronomes de la fin du 19ème siècle tel Théophile de Pompéry. Propriétaire et agriculteur dans la commune du Faou dans le Finistère, membre de "l’Association bretonne" créée en 1843 pour "hâter le développement des progrès agricoles de la Bretagne et former un centre d’études et de relations". Fouriériste convaincu, républicain sous le Second Empire, il s’était attaché à améliorer les assolements, à utiliser au mieux les fumiers et à amender la terre de ce squelette d’algue calcaire, richesse des fonds marins bretons : le maërl. Cette expérience il avait cherché à la partager dans un ouvrage Français-breton sous le titre de "Nouveau guide du cultivateur breton – Quelennou var Labour pe gonnidegues an douar". La dédicace de l’ouvrage s’adressait à ses voisins, les agriculteurs de sa commune qui l’avaient accompagné dans ses expériences. Faites partager votre savoir, leur disait-il.

"Vous avez adopté les instruments aratoires perfectionnés, abandonné l’ancien mode de culture, en usage parmi vous, pour lui substituer une méthode raisonnée, qui diminue vos labeurs et augmente les produits du sol. Cependant , des hommes qui ne peuvent vous connaître, parce qu’ils n’ont jamais vécu parmi vous, vous accusent de vous complaire dans la routine et d’être rebelles à toute idée de progrès et d’améliorations. Vous continuerez à démentir, par vos judicieuses innovations, ces injustes reproches, et à donner d’utiles exemples aux autres populations agricoles, qui ne tarderont pas à vous suivre dans la carrière féconde que vous leur tracez".

Judicieuses innovations ? C’était un temps où un "catéchisme agricole à l’usage de la jeunesse bretonne" apprenait à ceux-ci à distinguer les "terres froides" des "terres chaudes", leur enseignait la façon de semer les ajoncs et le genêt avec le seigle et l’avoine sur les brûlis d’écobuage pour nourrir les chevaux et les troupeaux et comment installer étables et écuries pour un meilleur confort et une meilleure productivité des animaux. Un temps ou des conférenciers expliquaient, en langue bretonne, l’intérêt de cultiver du trèfle blanc pour l’ajouter au fourrage habituel et enrichir en azote le sol des prairies. Un temps ou un réseau serré de voies ferrées secondaires amenait vers la Bretagne intérieure le sable coquiller nécessaire à l’amendement des terres pauvres pendant que, dans la riche "ceinture dorée" des côtes du nord Finistère, productrice des primeurs expédiés par wagons entiers à Paris, des agronomes analysaient avec précision la valeur nutritive des goémons utilisés comme engrais.

Une ambiance de progrès agricole, construit sur les ressources locales, commençait alors à se manifester dans toutes les régions françaises avant que la guerre ne vienne faucher dans les tranchées le meilleur de leur jeunesse rurale. C’est alors que l’industrie des nitrates massivement développée pour la fabrication d’explosifs est venue chercher un débouché dans l’agriculture. Les utiliser étant alors présenté comme le nouveau devoir patriotique de l’agriculteur. Un phénomène qui s’est accéléré après la deuxième guerre mondiale et le débarquement massif des nitrates de l’industrie de guerre américaine à bord de ces "liberty ships" dont l’un, ’l’Ocean Liberty", est venu exploser en rade de Brest en Juillet 1947 faisant 33 morts, des centaines de blessés et détruisant des quartiers entiers d’une ville qui commençait à peine à se redresser de ses ruines. Marée de nitrates auxquels sont venus s’ajouter les pesticides, dérivés des armes chimiques, dont les tranchées de la première guerre mondiale et les camps d’extermination nazis nous rappellent la sinistre origine.

Le temps du retour à l’agronomie.

La pression était forte. Peu d’agriculteurs ont choisi de prendre une autre voie, celle d’une agriculture sans chimie. Ces résistants font, à présent, figure de pionniers. Peu nombreux aux débuts, obligés de se serrer les coudes, ils ont su aller au devant des autres résistants de la société de consommation, tous ces protecteurs d’espaces naturels, ces empêcheurs de bétonner en rond, ces créateurs d’écoles bilingues, ces semeurs de solidarités locales et planétaires. Des magasins coopératifs se sont montés, des marchés se sont mis à revivre. Le phénomène est resté discret jusqu’au moment où ont éclaté les crises de la vache folle et des poulets à la dioxine. Les bios sont aujourd’hui dépassés par la demande. Ceux qui les regardaient avec suspicion reconnaissent enfin leur capacité technique et leur clairvoyance économique. La grande distribution s’y cherche de nouveaux créneaux. Les chambres d’agriculture, les syndicats agricoles majoritaires, les groupements de producteurs ne boudent plus ceux qu’ils traitaient encore il y a peu de temps de "jardiniers" et se sentent obligés d’accrocher un wagon "bio" à leur train productiviste.

Si les bios d’aujourd’hui retrouvent, souvent sans en être conscients, une partie des savoirs anciens, leurs méthodes sont loin d’être archaïques. Le tracteur, utilisé de façon conviviale, ne leur fait pas peur pas plus que internet et l’informatique. Plus savante est leur technique que celle qui consiste à cultiver, année après année, le même maïs consommateur d’engrais industriels, de lisier et de pesticides sur le même sol privé de matière organique et de vie biologique.

Signe d’un intérêt retrouvé, l’agriculture biologique commence à réinvestir les écoles et lycées agricoles. Témoin ce dossier sur le site du ministère de l’agriculture : "Ambition Bio 2017, un nouvel horizon pour la bio ! Apprendre autrement, la bio dans l’enseignement agricole". L’agriculture bio y revendique sa place dans l’enseignement : "Pour plus d’agriculture biologique, il faut davantage d’agriculteurs formés aux méthodes de l’agriculture biologique ! Dans cette équation mathématique somme toute très logique, l’enseignement agricole joue un rôle primordial. Dans les exploitations agricoles des établissements, où les élèves, apprentis et stagiaires acquièrent les gestes et les méthodes qu’ils utiliseront en tant que professionnels, l’agriculture biologique est bien présente ! "

Entre 2007 et 2012 le nombre d’exploitations scolaires ayant au moins un atelier de production bio a été multiplié par 3, ce qui porte à 54% le nombre d’établissements touchés par le bio dont 11% totalement bios. De nombreux enseignants s’en félicitent : l’agronomie a retrouvé toute sa place dans l’enseignement agricole. Exemple pour les plus jeunes, l’agriculteur bio se déclare "bien dans sa peau" et de plus en plus nombreux sont celles et ceux qui veulent les rejoindre, même si le métier nécessite un engagement permanent. Bonne nouvelle.

Personne ne peut ignorer la place essentielle des agriculteurs. Ils nous nourrissent, ils entretiennent l’espace rural, naturel et domestiqué. Pourtant, globalement, leur nombre diminue année après année. Au rythme de 3% par an, les petites et moyennes exploitations disparaissent au profit des grandes structures. Le rapport de la Conférence de la FAO de mai 2007 rappelle le coût social, pour les agriculteurs, de cette évolution : "décès professionnels dus à des empoisonnements aux pesticides, suicides d’agriculteurs endettés, disparition de millions d’emplois dans les zones rurales". Les dettes, le travail difficile, les crises de production, la pollution, la culpabilisation, constituent le lot de nombreux producteurs. De plus en plus nombreux sont ceux qui souhaiteraient sortir d’un système piloté, en amont et en aval, par l’industrie agroalimentaire, les grandes chaînes de distribution et des "coopératives" qui, ayant oublié leur fonction première, participent à leur exploitation. N’y aurait-il pas de politique plus salutaire que celle qui consisterait à aider à se reconvertir au bio les agriculteurs conventionnels qui le souhaitent et à libérer des terres pour les jeunes qui veulent s’installer.



On en parle dans :

 

RESPIRER TUE. Un livre pour s’informer et agir contre la pollution de l’air.

 

cliquer sur l’image pour agrandir.

 

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 15:35

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

Un livre chez Vuibert.

 

feuilleter

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole.

 

Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?


contact : gerard.borvon@wanadoo.fr

02 98 85 12 30


L’introduction :

 

CO2, fatal ou vital ?

 

« CO2 - Élixir de vie et tueur du climat » est le titre d’une exposition présentée au musée Naturama de Aarau en Suisse à la charnière des années 2012 et 2013.

 

Élixir… le mot est fort. Il a été emprunté à l’arabe médiéval « al iksīr » désignant la liqueur d’immortalité des alchimistes ou la pierre philosophale supposée transformer le plomb en or.

 

Dans une première partie nous choisirons ce côté lumineux de l’histoire.
 

Nous découvrirons la suite de tâtonnements, de réussites et aussi parfois d’échecs, qui a fait prendre conscience de l’existence et du rôle de cet « élixir », le dioxyde de carbone et de ce joyau minéral, le carbone.

 

Tueur de climat. Qui peut encore le nier ? Et qui peut refuser de voir que la dangereuse augmentation du CO2 dans l’atmosphère, loin d’être une malédiction portée par ce gaz, est le résultat de l’emballement d’un monde industriel développé qui gaspille les ressources fossiles accumulées sur la planète au cours de millions d’années et les disperse sous forme d’objets inutiles et de polluants multiples.

 

Élixir ou poison, amour ou désamour… Le carbone et le dioxyde de carbone sont symboliques de cette chimie aux deux visages qui sont aussi ceux de la science en général.

 

D’une part, une science « pour comprendre », qui enthousiasme les scientifiques comme les esprits curieux par ses extraordinaires avancées dans la connaissance des phénomènes naturels. Une science qui donne la liberté de penser le monde en dehors des dogmes et qui, en même temps, peut apporter du confort à la vie quotidienne de chacune et chacun.

 

De l’autre côté, une science au service d’une « croissance infinie », décrétée par un système économique qui impose ses choix techniques et politiques. Une science et une technique dont les bénéfices pour la société sont de plus en plus occultés par les nuisances sociales et environnementales qu’elles provoquent.

 

Qui s’intéresse à l’histoire des sciences et des techniques ne peut échapper à ce double sentiment :

 

- L’émerveillement devant l’ingéniosité de l’esprit humain et les constructions intellectuelles et matérielles qu’il met en oeuvre pour comprendre son environnement et améliorer son cadre de vie.

 

- La lucidité devant le redoutable pouvoir des sciences et des techniques entre les mains de ceux pour qui elles représentent d’abord un outil pour posséder ou dominer.

 

À travers cette histoire du carbone et du CO2, nous n’échapperons pas à ces allers et retours.

 

Depuis l’Antiquité grecque jusqu’à Lavoisier nous suivrons une science dans laquelle nous serons tentés de ne reconnaître que la curiosité de l’enfance et l’enthousiasme de l’adolescence. Cette première partie nous apprendra ce que sont le carbone et le CO2 et comment ils contribuent à la vie sur cette planète.

 

Nous verrons ensuite une accélération extraordinaire des connaissances scientifiques et une multiplication de leurs applications techniques, au cours d’un xixe siècle qui s’achève avec les ondes électromagnétiques, les rayons X, la radioactivité, les premières automobiles, etc. Viendra ensuite le xxe siècle qui exploitera ces découvertes, pour le confort des sociétés développées, en même temps que se développeront leurs usages les plus redoutables.

 

Un développement qui amène à s’interroger sur la fonction des sciences dans nos sociétés. Car les scientifiques en font eux-mêmes le constat : alors qu’elle est depuis longtemps un indiscutable synonyme de progrès, à la fois pour les connaissances et pour la vie quotidienne, un désamour s’installe entre la science et la société.

 

C’est dans ces moments de doute qu’un retour aux sources peut faire revivre, à travers les écrits des auteurs des époques antérieures, les élans et les joies des premiers succès. Peut-être trouverons-nous également, dans ces expériences passées, des aides pour imaginer un nouvel avenir des sciences dans une société qui fonctionnerait sur d’autres bases que celles d’une croissance matérielle effrénée.

 

Note : nous avons choisi de scinder ce texte en cinq parties qui s’enchaînent mais qui pourraient également se lire de façon séparée.


 


Table des matières

 

CO2, fatal ou vital ?.

 

Première partie. D’Empédocle à Lavoisier, des quatre éléments à la naissance du carbone.

 

Au début étaient les quatre éléments. (voir)

Un modèle d’une grande puissance évocatrice.

Des quatre éléments aux quatre humeurs.

L’intermédiaire alchimique.

 

Jean-Baptiste Van Helmont, l’eau, la croissance des végétaux
et le « gas silvestre ». (voir)

L’alchimiste blasphémateur.

Les Anciens se sont trompés : il n’existe qu’un seul élément !.

Lavoisier et la contestation de la transmutation de l’eau en terre.

Au sujet du « gas silvestre » et de la naissance du mot « gaz ».

Hommage rendu à Van Helmont : l’adoption du mot « gaz ».

 

Georg Ernst Stahl, de l’élément feu jusqu’au phlogistique. (voir)

De l’alchimie à la chimie.

Du « principe sulfureux » au « principe inflammable » : le phlogistique.

Le charbon et les métallurgistes.

Un modèle diffusé par les chimistes français.

Quand Lavoisier était encore phlogisticien.

 

La course aux airs.

Stephen Hales (1677-1761). Quand l’air se transforme en pierre !. (voir)

Joseph Black (1728-1799) et l’air fixe.(voir)

Henry Cavendish (1731-1810), de l’air fixe à l’air inflammable
et autres airs factices.(voir)

Joseph Priestley (1733-1804), air fixe, air nitreux, air déphlogistiqué
et autres airs.(voir)

Les plantes ne fonctionnent pas comme prévu !.

Priestley mesure l’importance de l’observation..

Priestley et l’air fixe : poison ou remède ?.

Vraiment bizarre ?.

 

Priestley, Scheele, Lavoisier. De l’air déphlogistiqué à l’air du feu
et à l’oxygène. . .

Priestley (1733-1804), le phlogistique et l’air déphlogistiqué.

Carl Wilhelm Scheele (1742-1786) et l’air du feu.

Lavoisier (1743-1794), de l’air vital au principe oxygine et à l’oxygène.

1774-1777 : l’air est un mélange de deux fluides.

1777 : le phlogistique n’existe pas.

Quand l’air vital devient « air acidifiant » : le principe oxygine.

Quand naît l’oxygène.

 

Lavoisier. De l’air fixe à l’acide crayeux aériforme
et au gaz carbonique. . .

Quand l’air fixe devient acide crayeux aériforme..

De l’acide crayeux aériforme à l’acide charbonneux.

Quand l’acide charbonneux devient gaz acide carbonique
et quand naît le carbone.

 

De l’offensive anticarbone à la victoire de CO2.

Une réception « nuancée » de la part des académiciens français.

Des mots durs, barbares, qui choquent l’oreille. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

La guerre est déclarée.

Oubliez ces carbonates, ces carbures….

Et pourtant carbone, carbonique et carbonates se sont imposés.

Symboles et équations chimiques.

 

O2 et CO2 : le jour et la nuit des plantes. . . (voir)

Charles Bonnet et l’alimentation des plantes par leurs feuilles. . . . . . . .

Jan Ingenhousz : le soleil rythme la vie des végétaux.

La vie nocturne des plantes.

Comme les animaux, jour et nuit, les plantes respirent.

Senebier, ou comment les plantes s’alimentent.

Lavoisier et l’apport de la chimie.

Aujourd’hui.

Et avant-hier ?.

 

O2, CO2 et la respiration des animaux. . .

Lavoisier et la respiration animale.

Savoir mesurer la chaleur.

Après l’unité, l’appareil de mesure. .

Les cochons d’Inde et la respiration.

Lavoisier, Seguin et la respiration humaine.

 

Deuxième partie. Quand la chimie était verte. . .

 

Quand la chimie naissait des plantes. . . (voir)

Distiller les bois, les feuilles, les graines, les racines.

Les produits précieux des résines.

Une résine élastique : le caoutchouc.

Retour aux sources.

 

Au sujet des charbonniers et du charbon de bois. . .

L’antiquité du charbon de bois.

L’industrie métallurgique et la grande époque des charbonniers.

Les chimistes et le charbon.

Lavoisier, le charbon et la poudre noire.

Coup d’oeil sur le charbon de bois aujourd’hui.

Mais alors, où est le problème ?.

 

Du bois pour les gazogènes. . .

Philippe Lebon invente le gazogène.

Gazogène à bois, le retour.

Retour aux sources ?.

 

Des plastiques sans houille et sans pétrole. . . (voir)

Du coton-poudre au collodion.

Du collodion au Celluloïd.

Le succès de la soie artificielle.

Et aujourd’hui ?.

 

Troisième partie. Quand le charbon sort de terre. . .


Le charbon et la vapeur au siècle de l’industrie. . . (voir)

Avec Denis Papin, le siècle de la vapeur commence en Angleterre.

Newcomen, Watt : de la « pompe à feu » à la machine à vapeur.

En France, de la révolution sociale à la révolution industrielle.

Le versant noir du progrès.

De la mine aux tranchées.

La colonisation, l’autre guerre.

 

Quand le gaz de houille éclairait la ville. . . (voir)

Les pionniers britanniques.

L’éclairage au gaz en France.

Quand les « becs de gaz » investissent le paysage urbain.

Le gaz menacé par l’électricité.

La lumière électrique à Châteaulin quand Paris l’attend encore :
beau symbole !.

 

Le goudron de houille et le grand oeuvre des chimistes du 19ème siècle. (voir)

Le merveilleux goudron.

L’affaire de la garance.

La conquête de l’indigo.

La suprématie allemande.

Une industrie « précieuse pendant la guerre ».

 

Quatrième partie. Asphalte, bitume et pétrole.

 

Asphalte, bitume et pétrole avant l’automobile. (voir)

Asphalte et bitume sous Louis XV.

L’asphalte dans les villes de la Belle Époque.

Le pétrole, huile de la pierre.

Quand le pétrole était un médicament.

Quel usage pour ce pétrole ?.

Le pétrole du Caucase.

Le pétrole d’Amérique.

Et en Europe ?.

Le pétrole dans le monde en 1889.

La querelle des plutoniens et des neptuniens.

 

Premiers pipe-lines, premiers pétroliers, premières raffineries,
premiers accidents.

Le pétrole, un produit d’avenir ?.

 

Et l’automobile fut. (voir)

L’automobile et la vapeur.

Quand la fée électricité animait les tramways, les fiacres et les
automobiles.

L’autre moteur.

La victoire du pétrole.

1900 : le big-bang automobile.

 

Le pétrole d’après.

 

Pour conclure.

 

Le carbone et la vie. (voir)

La chimie devient « organique ».

De la synthèse organique à la génétique.

Le carbone, du big-bang à l’Homo sapiens.

Naissance de la Planète bleue.

Quand s’assemblent les molécules du vivant.

 

La science face au désamour. (voir)

Un débat à la Sorbonne.

Débattre de la science et de la vie il y a cent ans ?.

Débattre il y a cinquante ans ?.

Lanceurs d’alerte.

Retour à la Sorbonne.

Un problème de démocratie.

Cultiver les sciences.

Rapide plaidoyer pour l’histoire des sciences.

Les sciences, remède à la technocratie ?.


Bibliographie.

 

Index des noms propres.

 

_______________________________________________________________________

 

Où le trouver :

 

* Catalogue SUDOC  http://www.sudoc.fr/171894286

 

* Catalogue http://www.worldcat.org/title/histoire-du-carbone-et-du-co2/oclc/859443343

 

* http://www.espace-sciences.org/explorer/idees-lecture/histoire-du-carbone-et-du-co2

 

* Mines Paristech : http://rocks.ensmp.fr/cgi-bin/koha/opac-detail.pl?biblionumber=160978

 

* Musée d'Histoire des Sciences Genève : http://www.ville-ge.ch/mhs/pdf/bib_acq_mhs_2013.pdf

 

* Centre universitaire de Mila-Alger : http://www.centre-univ-mila.dz/a/bibliotheque/pages/Accueil/pdf/chimie-fr.pdf

 

* http://cibleplus.ulb.ac.be/recorddetails/996965?1

 

* Université du Québec à Chicoutimi : http://decouverte.uquebec.ca/primo_library/libweb/action/search.do?fn=search&ct=search&vid=UQAC&vl%28freeText0%29=231101191X

 

* Université Laval Québec : http://decouverte.uquebec.ca/primo_library/libweb/action/search.do?fn=search&ct=search&vid=UQAC&vl%28freeText0%29=231101191X

 

*   http://lms01.harvard.edu/F/GME5YUYRLCGEC89S3MAKG5QIU4BF6NICF8NUUFL5GP36QLJXSB-15237?func=full-set-set&set_number=080151&set_entry=000001&format=999

 

* http://searchworks.stanford.edu/view/10757176

 

* Cité des Sciences et de l'industrie Paris :

http://med.cite-sciences.fr/F/7H1H5U8NIVK4X9N3C3BSHDN6S223NGNBRS1F2977QFA3JHCE79-02992?func=full-set-set&set_number=632093&set_entry=000001&format=999

 

*   http://catalogue.bpi.fr/tout/document?search_group=g1&filter=&sort_value=relevance&search_type=keyword&search_input=borvon%20gerard&page=1&page_size=50&log_ctx=async_search&search_operator1=AND&search_input2=&search_type2=keyword&search_operator2=AND&search_input3=&search_type3=keyword&index=4

 

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Gérard Borvon - dans Chimie
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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 13:04

Robida, dans son ouvrage "Le 20ème siècle, la vie électrique", publié en 1890, nous décrit un monde soumis à des pollutions diverses. Eau et air pollués, malbouffe... il ne manque que l'effet de serre et le réchauffement climatique.

 

L'air et l'eau pollués.

Cliquer sur l'image pour agrandir.

 

La malbouffe.

La chimie envahissante.

 

1913. Encore la malbouffe.

23 ans plus tard, le 1er avril 1913, paraissait le premier numéro d'une revue promise à un long succès : "La Science et la Vie", devenu "Science et Vie".

 

On pouvait y lire un article sur "La répression des fraudes alimentaire", avec une citation du professeur et académicien Paul Brouardel :

 

"Quand un homme a pris le matin, à son premier déjeuner, du lait conservé par l'aldéhyde formique, quand il a mangé à midi une tranche de jambon contenant du borax, accompagnée d'épinards verdis par du sulfate cuivre, quand il a arrosé cela d'une demi-bouteille de vin fuchsiné ou plâtré à l'excès, et cela pendant vingt ans, comment voulez-vous que cet homme ait encore un estomac ? ". 

 

Mais Robida n'avait pas prévu l'effet de serre et le dérèglement climatique.

 

Souvenons nous que nous sommes en 1954. Relisons Robida.

 

" La science moderne a mis tout récemment aux mains de l'homme de puissants moyens d'action pour l'aider dans sa lutte contre les éléments, contre la dure saison, contre cet hiver dont il fallait naguère subir avec résignation toutes les rigueurs, en se serrant et se calfeutrant chez soi, au coin de son feu.

 

Aujourd'hui les observatoires ne se contentent plus d'enregistrer passivement les variations atmosphériques ; outillés contre pour la lutte contre les variations intempestives, ils agissent et ils corrigent autant que faire se peut les désordres de la nature.

 

Quand les aquilons farouches nous soufflent le froid des banquises polaires, nos électriciens dirigent contre les courants aériens du Nord des contre-courants plus forts qui les englobent dans un noyau de cyclone factice et les amènent se réchauffer au dessus des Saharas d'Afrique ou d'Asie, qu'ils fécondent en passant par des pluies torrentielles.

 

Ainsi ont été reconquis à l'agriculture les Saharas divers, d'Afrique, d'Asie et d'Océanie ; ainsi ont été fécondés les sables de Nubie et les brûlantes Arabies.

 

De même, lorsque le soleil d'été surchauffe nos plaines et fait bouillir douloureusement le sang et la cervelle des pauvres humains, paysans ou citadins, des courants factices viennent établir entre nous et les mers glaciales une circulation atmosphérique rafraîchissante.

 

Les fantaisies de l'atmosphère, si nuisibles ou si désastreuses parfois, l'homme ne les subit plus comme une fatalité contre laquelle aucune lutte n'est possible. L'homme n'est plus l'humble insecte, timide, effaré, sans défense devant le déchaînement des forces brutales de la Nature, courbant la tête sous le joug et supportant tristement aussi bien l'horreur régulière des interminables hivers que les bouleversements tempêtueux et les cyclones. 

 

Les rôles sont inversés, c'est à la Nature domptée aujourd'hui de se plier sous la volonté réfléchie de l'Homme" 

 

Inondations, incendies et cyclones dévastateurs... La Nature rappelle avec violence à  l'Homme du 21ème siècle, "humble insecte, timide, effaré", qu'elle ne se laisse pas si facilement dompter.

 

 

 

 

 
 

 

 

 

 
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25 août 2017 5 25 /08 /août /2017 12:38

"Connais premièrement la quadruple racine de toute choses : Zeus aux feux lumineux, Héra mère de vie, et puis Aidônéus, Nestis enfin, aux pleurs dont les mortels s'abreuvent"

 

Ainsi parlait Empédocle.

 

Empédocle (-490 ; -430), né dans la ville grecque d'Agrigente en Sicile, ne peut laisser indifférent. D'abord par la forme poétique des fragments qui nous sont parvenus de ses paroles. Par leur contenu ensuite. 

 

La légende a surtout retenu sa mort. Il aurait choisi dit-on de se jeter dans l'Etna ne laissant en témoignage, sur le bord du cratère, que ses sandales. Des sandales "d'airain" précise même la légende. Le mythe a alimenté une abondante littérature. Dans "La psychanalyse du feu", Bachelard, appelant la mythologie grecque à son secours ne pouvait manquer de rencontrer Empédocle.

 

Bachelard et le "complexe d'Empédocle".

 

Dans le chapitre intitulé "Feu et rêverie, le complexe d'Empédocle", Bachelard explore la "rêverie au coin du feu".  "Le feu enfermé dans le foyer fut sans doute pour l’homme le premier sujet de rêverie, le symbole du repos, l’invitation au repos. On ne conçoit guère une philosophie du repos sans une rêverie devant les bûches qui flambent".

 

Il nous entraîne alors dans la contemplation de l'enfant devant la cheminée "les coudes aux genoux et la tête dans les mains". Puis, rompant avec cette image,  il poursuit :

 

"Mais la rêverie au coin du feu a des axes plus philosophiques. Le feu est pour l’homme qui le contemple un exemple de prompt devenir et un exemple de devenir circonstancié. Moins monotone et moins abstrait que l’eau qui coule, plus prompt même à croître et à changer que l’oiseau au nid surveillé chaque jour dans le buisson, le feu suggère le désir de changer, de brusquer le temps, de porter toute la vie à son terme, à son au-delà. Alors la rêverie est vraiment prenante et dramatique ; elle amplifie le destin humain ; elle relie le petit au grand, le foyer au volcan, la vie d’une bûche et la vie d’un monde. L’être fasciné entend l’appel du bûcher. Pour lui, la destruction est plus qu’un changement, c’est un renouvellement.

 

Cette rêverie très spéciale et pourtant très générale détermine un véritable complexe où s’unissent l’amour et le respect du feu, l’instinct de vivre et l’instinct de mourir. Pour être rapide, on pourrait l’appeler le complexe d’Empédocle."

 

Il est certain qu'Empédocle a transmis à Bachelard son talent poétique. Se serait-il reconnu dans cette "rêverie très spéciale", dans cette lutte entre instinct de vivre et instinct de mourir dont Bachelard l'a fait le porte flambeau ?

 

Qui pourrait l'affirmer ?

 

Naissance des quatre éléments.

 

Mais revenons à Empédocle et aux dieux, Zeus, Héra, Aidônéus, Nestis. Que penser des "quadruples racines de toutes choses" dont ils sont les dépositaires et qu'il nous somme de connaître. Faut-il nous engager dans le dédale des dieux grecs, de leur généalogie, de leur vie et de leurs pouvoirs pour interpréter cette si poétique injonction ? Fort heureusement, Empédocle a lui-même décrypté son message. 

 

Le dialogue étant une forme prisée dans le monde grec, il s'adresse à "Pausanias, fils du prudent Anchitos".

 

"Ecoute d'abord les quatre racines de toutes choses, le feu, l'eau, la terre et l'éther immensément haut ; c'est de là que provient tout ce qui a été, est et sera".

 

Tout a été dit. Platon, Aristote et la majorité des lettrés des siècles à venir ne feront que commenter, développer ou agrémenter la proposition. Seule modification, l'air remplaçant l'éther.

 

Chez les anciens grecs, Ether est d'abord un dieu à la généalogie complexe qui, entre autres attributions personnifie le ciel. Plus tard l'éther sera la matière emplissant les espaces au delà de la lune (supralunaires) occupés par les astres et les dieux immortels tandis que, dans les parties inférieures de l'univers (sublunaires), se trouvera l'air respiré par les mortels. Les "quatre racines de toute chose" deviendront alors : le feu, l'air, l'eau et la terre.

 

Mais Empédocle ne peut ignorer que, bien avant lui, Thalès de Millet (VII° - VII° siècle av JC) considérait l'eau comme premier et seul élément. Que pour Anaximène (-585 ; -525), cet unique élément était l'air et que pour Héraclite d'Ephèse (-544 ; -480) le feu était le principe de toute chose. Aussi en appelle-t-il aux dieux et aux muses pour trancher le différent entre lui et ces autres prétendants.

 

"Détournez, ô dieux, cette folie de ma langue, faites couler une source pure de mes lèvres sanctifiées. Et toi, vierge au bras blanc, Muse que poursuivent tant de prétendants, je ne demande que ce qu'il est permis d'entendre aux éphémères humains. Prends les rênes du char sous les auspices de la piété. Le désir des fleurs brillantes de la gloire, que je pourrais cueillir auprès des mortels, ne me fera pas dire ce qui est défendu".

 
 
Empédocle ne peut en douter : les dieux l'ont jugé seul digne de recevoir leur message.
 
 
 
Rien ne se crée, rien ne disparaît, tout se transforme.
 
Et ce message est :
 
 
"Il n'y a pas de naissance d'aucune des choses mortelles, il n'y a pas de fin par la mort funeste, il n'y a que mélange et dissociation de mélange".
 
 
Pas de naissance, pas de fin... A l'évidence, bien avant Lavoisier était énoncée la "loi de conservation de la matière" qui lui a été faussement attribuée.
 
 
Et pour être plus précis :
 
 
"Allons, considère ce qui confirma mes premières paroles, vois s'il y a, dans ce que j'ai dit, quelque forme omise : le soleil, brillant à voir source de toute chaleur. L'éther épandu que baignent les blanches lueurs, la pluie, sombre et froide entre toutes choses, la terre d'où provient tout ce qui est solide et pesant.
 
 
Dans la Haine, ils sont tous isolés et défigurés, mais l'Amour les réunit par un désir réciproque.
 
 
C'est d'eux que se forme tout ce qui a été, est ou sera jamais, que poussent les arbres, les hommes et les femmes, les bêtes, les oiseaux, les poissons que l'eau nourrit, et les dieux à la longue vie, à qui appartiennent les suprêmes honneurs. Tous ces êtres sont ces mêmes choses, qui circulent au travers les unes des autres, apparaissent sous divers aspects, que la dissociation fait varier".
 
 
"Mélange et dissociation" préfigurent déjà synthèse et analyse. Noter les agents de ces transformation : l'Amour et la Haine.
 
 
C'est par l'Affinité que les chimistes du 18ème siècle ainsi que leurs successeurs du siècle suivant désignaient l'attirance entre deux corps chimiques et leur tendance à se combiner pour créer un corps nouveau. Amour, Affinité, même dans le vocabulaire de la chimie, les mots et les idées qu'ils illustrent, naissent, disparaissent pour renaître transformés.
 
 
Ainsi en est il de la théorie des quatre éléments d'Empédocle. Plus de deux millénaires plus tard elle inspire encore les philosophes, les poètes, les artistes et même parfois les scientifiques.
 
__________________________________________________________________
 
Note de lecture :
 
 
Pour rencontrer Empédocle il me fallait un guide. J'ai choisi de suivre Paul Tannery.
 
 
 
 
"Il y a dix ans que ce livre est commencé" écrit-il en introduction. "j'en ai poursuivi l'écriture au milieu des occupations d'un métier qui ne le favorisait guère, et, en même temps, je me laissais aller à consacrer de plus en plus mes loisirs à des recherches spéciales touchant à l'histoire des mathématiques".
 
 
Paul Tannery (1843-1904) n'est pas un helléniste universitaire. C'est un polytechnicien, ingénieur des tabacs. C'est d'ailleurs ainsi qu'il signe son livre : "Paul Tannery, Directeur des Tabacs de Lot-et-Garonne" Tonneins le 7 juin 1887. Ce qui n'empêche pas qu'il soit considéré, aujourd'hui, comme un des premiers historiens des sciences.
 
 
Paul Tannery n'est pas un enfant de Tonneins, village du Lot-et-Garonne. Il n'y est pas né. Sa tombe ne s'y trouve pas. Il n'y est pas cité parmi les personnalité locale. C'est pourtant dans ce village qu'un inspecteur des tabacs a réalisé une oeuvre magistrale.
 
__________________________________________________________________
 
 
Une librairie à Besançon.
 
 
Besançon est une ville où il fait bon flâner. Le promeneur ne peut manquer de remarquer, dans la rue principale, une librairie au nom étrange : "Les sandales d'Empédocle".
 
Le site internet de la librairie nous explique : 
 
Claire Grimal fonde sa librairie en 1973 au 138 de la Grande Rue à Besançon. Elle a été formée par Francois Maspéro éditeur engagé et libraire parisien à  La joie de Lire. Elle est la fille de l’historien de l’antiquité Pierre Grimal et de la critique littéraire Claude Edmonde Magny. En baptisant la librairie « les Sandales d’Empédocle » titre d’un de ses essais, Claire rend hommage à sa mère.
 

 

Pour en savoir un peu plus sur l'auteure : 
 
" Pour elle, une oeuvre, loin d'être une fin en soi-même, fait partie d'une expérience qui dépasse infiniment la littérature, et qu'elle n'hésite pas à appeler une "expérience spirituelle" : d'où cette métaphore des sandales d'Empédocle pour désigner la production de l'esprit. De même qu"Empédocle abandonna ses sandales sur les pentes de l'Etna avant de se lancer dans sa dernière aventure, de même tout livre, pour Claude Edmonde Magny, n'est qu'une simple trace, un repère, un témoignage de la vie spirituelle de son auteur."
 
 
 
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Gérard Borvon - dans Chimie
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24 août 2017 4 24 /08 /août /2017 13:21

Jean-Baptiste Van-Helmont (1579-1644) est né à Bruxelles, alors ville des Pays-Bas espagnols. Après des études de philosophie à l'université du duché de Brabant, il étudie l'astronomie, l'algèbre, la géométrie. Il se tourne ensuite vers la médecine dont il obtient le diplôme en 1599. Rejetant les enseignements de Hippocrate et de Galien, il s'inspire de la médecine pratiquée par Paracelse (1493-1541) faisant intervenir des remèdes essentiellement issus du monde minéral.

Van Helmont, qui se disait "philosophe par le feu", occupe une part capitale, soulignée par Lavoisier, dans la naissance de la chimie académique. Pourtant c'est d'abord un adepte de la pensée alchimique. Ce qui lui vaudra, en 1634, d'être inquiété par l'Inquisition, très active dans cette possession espagnole.

L'alchimiste blasphémateur.

La raison officielle de ce procès pour "hérésie, blasphème, impiété et magie", est l'une de ses publications, "De magnetica", où il est fait mention d'un remède attribué à Paracelse, "l'onguent des armes" (unguentum armarium).

Si un homme est blessé et que l'on possède l'arme responsable, il suffira d'enduire celle-ci de cet onguent pour que le blessé, même séparé d'une très grande distance, guérisse. L'onguent n'est évidemment pas ordinaire. Pour le préparer il faut deux onces d'usnea, la mousse qui se forme sur un crâne humain exposé à l'air. Ajoutez autant de graisse humaine et de poudre de momie. Diluez par une demi-once de sang humain, de l'huile de lin, de la térébenthine. Rajoutez, pour la consistance, une once de l'argile fine appelée bol d'Arménie et qui sert à lisser le bois et les parchemins avant dorure.

Un remède préparé avec un tel raffinement ne pouvait être qu'efficace. Il n'est effectivement pas mis en doute par la majorité des praticiens du moment. Mais comment est-il supposé agir ? Van Helmont fait partie de ces partisans d'une "magie naturelle" qui, sans refuser l'existence de phénomènes étranges, cherche à les expliquer par des raisons "physiques" et non pas mystiques. Concernant l'action à distance de l'onguent armaire, elle s'expliquerait par l'existence, chez les hommes et les animaux, d'un "magnétisme animal" qui aurait son siège dans le sang. Chez l'homme cette force se serait assoupie mais elle pourrait être réactivée par la seule volonté et l'imagination et agir ainsi sur un objet ou une personne éloignés, comme la Terre le fait sur la boussole.

Extravagant ? Près de deux siècles plus tard, en plein siècle des lumières, le médecin allemand Franz-Anton Mesmer fera renaître le "magnétisme animal" et attirera la bonne société européenne autour de ses "baquets". Il faudra un rapport des académiciens français, et parmi eux Lavoisier, pour mettre à mal la pratique et constater que l'imagination peut guérir mais que "le magnétisme sans imagination ne peut rien".

Ce n'est donc pas ce type de croyance, largement partagée par la société savante de l'époque, qui pouvait mettre en alerte le tribunal de l'Inquisition. Plus inquiétante était la prétention de Van Helmont d'étendre le raisonnement aux guérisons miraculeuses, en particulier celles provoquées par les reliques. Celles-ci conserveraient des traces de leur magnétisme animal qui serait réactivé par la foi des croyants. Avec une telle explication, Dieu et les Saints agiraient suivant les lois de la Nature et y perdraient leur pouvoir surnaturel.

La citation à paraître du tribunal de l'Inquisition était sur ce point explicite, le "De Magnetica" de Van Helmont était rempli "d'une quasi-infinité d'exemples pris au domaine même de la magie diabolique qui sont présentés comme naturels […] Il recouvre tout de ténèbres à tel point que l'on ne peut distinguer l'opération de Dieu, de la nature et du diable…"

Inquiétant aussi le fait que ces alchimistes de la fin du XVème siècle dissimulaient leur doctrine sous les mots des évangiles. "N'est-ce pas un blasphème d'appliquer le mystère de notre foi a des affaires chimiques" interrogeait l'un des juges du tribunal ecclésiastique.

Etant issu d'une famille de notables, Van Helmont échappera au sort de Giordano Bruno à Rome (1600) et de Lucilio Vanini à Toulouse (1619), tous deux condamnés au bucher pour hérétisme. Il ne finira pas, non plus, sa vie, comme Galilée, dans une prison ecclésiastique.

Son tempérament "hérétique" continuera à se manifester par son refus de l'orthodoxie jusque dans ses opinions chimiques. Ce sont elles qui nous ramènent, après cette digression, au sujet principal de notre récit qui est la traque de ce corps qu'un jour nous désignerons par la formule CO2.

Les anciens se sont trompés : il n'existe qu'un seul élément !

L'ensemble des œuvres de Van Helmont a été publié en 1648 par son fils François-Mercure (1614-1698) lui-même médecin et alchimiste. Elles sont traduites en 1670 à Lyon, par Jean le Conte sous le titre "Œuvres de Jean Baptiste Van Helmont traitant des principes de médecine et de physique pour la guérison assurée des maladies". Elles se signalent par une violente opposition à la théorie des quatre éléments de Platon et Aristote qui est encore, à cette époque, à la base de toute réflexion sur la matière ainsi que le fondement de la médecine issue de Hippocrate et Galien. Les Ecoles et "leur" Aristote, tels sont les ennemis qu'il entend combattre.

"Les Anciens, dit-il, ont établi les quatre éléments pour fondement de la nature, & attribuent toutes leurs opérations aux qualités et aux complexions qui résultent de leur mélange." Mais objecte-t-il " L'honneur de dieu, ni l'exigence des hommes, ne demandaient pas qu'il y eût de la guerre, du divorce, ni du combat entre les éléments ; ni qu'ils se dussent mourir, ni transmuer les uns aux autres et encore moins se détruire violemment".

Aussi ajoute-t-il : "Comme cette doctrine a été nourrie et continuée dans les écoles de siècle en siècle, pour l'enseignement de la jeunesse au préjudice des mortels, aussi faut-il tâcher d'en réprimer l'abus afin qu'on puisse dorénavant reconnaître les erreurs qui se sont glissées par-là envers la cause des maladies."

Pour Van Helmont, ce ne sont pas quatre mais un seul élément qui génère l'ensemble des corps. Tous, animaux, végétaux et minéraux sont faits uniquement d'eau !

Tous les corps, dit-il, qu'on a cru être mixte, "de quelque nature qu'ils puissent être, opaques ou transparents, solides ou liquides, semblables ou dissemblables (comme pierre, soufre, métal, miel, cire, huile, cerveau, cartilages, bois, écorce, feuilles, etc.) sont matériellement composés de l'eau simple et peuvent être totalement réduits en eau insipide sans qu'il y reste la moindre chose du monde de terrestre".

C'était aussi l'opinion de Thalès de Milet (-625; -647) l'un des sept sages de la Grèce antique. Mais Van helmont ne se contente pas de l'affirmer, il le prouve ! Et ceci en faisant appel à l'expérience. Celle-ci présente un lien direct avec notre sujet, elle concerne la croissance des végétaux.

Van Helmont décrit la manière de procéder de "l'Auteur", c'est à dire de lui-même : "Il prit un grand vase de terre, auquel il mit 200 livres de terre desséchée au four qu'il humecta avec de l'eau de pluie. Puis il y planta un tronc de saule qui pesait cinq livres. Cinq années après le saule, qui avait cru en ladite terre, fut arraché et se trouva pesant de 169 livres et environ 3 onces de plus.

Le vaisseau était fort ample, enfoncé en terre, et couvert d'une lame de fer blanc étamé percé, en forme de crible, de force petits trous afin qu'il n'y ait que l'eau de pluie ou l'eau distillée seule (de laquelle la terre du vaisseau était arrosée lorsqu'il en faisait besoin) qui y puisse découler. Les feuilles ne furent point pesées parce que c'était en automne quand les feuilles tombent que l'arbre fut arraché.

Il fit derechef ressécher la terre du vase et la terre ne se trouva diminuée que d'environ deux onces qui s'étaient pu perdre en vidant ou emplissant le vaisseau. Donc il y avait 164 livres de bois, d'écorce et de racines qui étaient venues de l'eau."

De même dit-il "La terre, la fange, la boue, & tout autre corps tangible tirent leur véritable matière de l'eau et retournent en eau tant naturellement que par art".

D'autres observations confortent cette opinion. Les alchimistes, dans leur quête de la Pierre Philosophale et de l'Elixir de longue vie, ont découvert et utilisé les solvants radicaux que sont les acides : l'acide chlorhydrique ou esprit de sel, l'acide sulfurique ou huile de vitriol, l'acide nitrique ou eau forte et enfin "l'eau régale", mélange d'acide sulfurique et d'acide nitrique, capable de dissoudre le métal royal qui résiste aux autres acides : l'or. L'Alkaest, l'acide mythique de Paracelse serait même capable de dissoudre tous les corps. Les pierres, les cailloux, nous dit Von Helmont, "sont convertis en sels par l'Alkaest de Paracelse et finalement réduits en eau élémentaire et insipide. Ce que les Ecoles n'ont pas pu apprendre à cause du mépris qu'elles ont fait de la chimie."

Dans ces premiers temps de la chimie, il n'était pas choquant de voir la dissolution des minéraux et des métaux par les acides interprétée comme un retour à l'état d'eau. A ce sujet il faut remarquer que l'eau de Van Helmont n'est pas ce liquide incolore, inodore et sans saveur que nous connaissons. Voulant expliquer la formation de vapeurs, il précise que pour bien comprendre le processus "il est nécessaire de supposer au corps de l'eau trois principes qui sont le sel, le soufre et le mercure, quoi qu'ils ne soient qu'imaginairement". Son eau sent trop le soufre alchimique pour convaincre les doctes dépositaires des enseignements d'Aristote. Les seuls tolérés par les autorités ecclésiastiques.

Les "écoles" et la doctrine des quatre éléments ont donc survécu à Van Helmont. Cependant sa théorie n'a pas été oubliée. C'est ainsi que, sans aller jusqu'à considérer que tous les corps sont issus de l'eau, l'idée que l'eau pouvait se transformer en terre avait conservé un crédit suffisant pour que, plus de deux siècles plus tard, Lavoisier se sente obligé de prouver le contraire.

Lavoisier et la contestation de la transmutation de l'eau en terre.

"La question de la transmutabilité des éléments les uns dans les autres, et particulièrement celle du changement de l’eau en terre, est trop intéressante pour la physique, elle a été agitée par un trop grand nombre d’auteurs célèbres, pour que je puisse me dispenser, avant d’entrer dans le détail des expériences dont j’ai à rendre compte, de placer ici un abrégé des découvertes successives qui ont été faites en ce genre", écrit-il en introduction à un "Mémoire sur la Nature de l'eau et sur les expériences par lesquelles on a prétendu prouver la possibilité de son changement en terre" publié par l'Académie des sciences en 1770.

 

Le premier auteur qu'il juge nécessaire de citer est Jean-Baptiste van Helmont dont il reconnait qu'il a été le premier à réaliser des "expériences remarquables" sur la végétation. Il rappelle l'expérience du saule, uniquement arrosé par de l'eau de pluie et de l'eau distillée et dont la masse avait augmenté de 164 livres en cinq ans. Il énumère ensuite la longue liste d'expériences analogues. Celles de l'Irlandais Robert Boyle (1627-1691) qui, par la même méthode, avait fait croître des courges et des concombres ou encore des menthes qui, malgré ce traitement, étaient "aussi parfumées que celles qui avaient été nourries en pleine terre". Dans les mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg, on peut même lire qu'un auteur "a semé de l'avoine et du chènevis dans du sable desséché, dans des morceaux de papier déchirés, dans des pièces d'étoffe de laine, dans du foin haché" et que n'ayant humecté ces semences qu'avec de l'eau pure "il a remarqué qu'elles avaient végété aussi promptement, et à peu près aussi heureusement, que celles qui avaient été semées en pleine terre". L'observation ne nous étonnera pas quand on sait que beaucoup des fraises, tomates et autres fruits et légumes qui alimentent aujourd'hui nos marchés sont produits "hors-sol" sur de la laine de roche ou autre support préalablement stérilisé.

 

Lavoisier accepte l'évidence. Les faits observés par des observateurs aussi célèbres sont si constants et si multipliés, qu'on "serait peut-être en droit de conclure", écrit-il, "que la terre qui environne les plantes n'est qu'accidentelle à la végétation, qu'elle ne passe pas dans les filières des végétaux, en un mot, qu'elle ne concourt pas par sa propre substance à l'accroissement des plantes et à la formation de leur partie solide".

 

C'est, clairement exposée par Lavoisier, une des contributions majeures de Van Helmont à la compréhension de la végétation : ce n'est pas de la terre que les plantes tirent leur matière.

 

Cette conclusion rompt avec le sens commun. Pour le laboureur, c'est bien la terre, enrichie de fumier, qui est la nourriture du blé qu'il a semé. Van Helmont prouve le contraire et il faudra attendre le milieu du 19ème siècle pour que l'Allemand Justus von Liebig démontre que, s'il est vrai que la terre a, pour les plantes, essentiellement un rôle de support, elle leur apporte aussi les sels minéraux solubles qui s'y trouvent et qui, même en faible quantité, sont nécessaires à leur croissance. Dans le même temps les biologistes découvrent que la terre est le milieu de vie d'une multitude d'insectes, de vers, de micro-organismes qui sont les intermédiaires indispensables à la croissance des plantes.

Lavoisier qui reconnaît la justesse de l'observation de Van Helmont n'accepte cependant pas l'idée "que l'eau se transforme véritablement en terre par l'opération de la végétation", car, dit-il, cela "répugne même à l'idée qu'on a coutume de se former de l'eau, et, en général de tous les éléments".

 

Il lui faudra encore quelques années pour établir la véritable composition de l'eau, en attendant il souhaite prouver que l'eau ne peut se transformer en terre.

 

D'autres auteurs ont voulu prouver le contraire. Lavoisier cite Robert Boyle qui ayant distillé la même eau 200 fois dans un alambic de verre aurait obtenu "6 dragmes de terre blanche, légère, insipide et indissoluble dans l'eau" à partir de 1 once d'eau, ce qui amenait l'auteur britannique à considérer que l'eau pouvait se transformer en terre.

 

Plutôt que de refaire, comme Boyle, une multitude de distillations, Lavoisier imagine une méthode bien plus commode. C'est, dit-il "en me servant du Pélican des alchimistes". Cet alambic a la particularité d'avoir un col dont l'extrémité s'ouvre dans le corps même de l'appareil, à l'image de l'oiseau mythique qui va chercher dans ses entrailles la nourriture de ses oisillons. Les alchimistes s'en servaient pour de longues "digestions".

 

 

Pélican : les deux branches (D) du chapiteau (B) retourne dans le ventre de la cucurbite (A).

Macquer, Eléments de Chimie Théorique, 1749.

 

Lavoisier, méticuleux, annonce qu'il a commencé cette expérience le 24 octobre 1768. Le chauffage est maintenu pendant plus de 25 jours et Lavoisier dit avoir commencé à désespérer quand, le 20 décembre il aperçoit dans le liquide une quantité importante de "petits corps flottants" qui, en utilisant une loupe apparaissaient comme des lames de terre grisâtre.

 

L'expérience est menée jusqu'au premier février. Lavoisier dispose de balances de grande précision qui lui permettent de constater que le poids de l'ensemble n'a pas varié. Avec un luxe de précautions, il pèse séparément l'eau, le dépôt terreux et le pélican pour observer que le poids de l'eau n'a pas varié. Par contre le poids du pélican a diminué de l'exact poids de la "terre" recueillie.

 

Conclusion : "la terre que MM. Boyle, Eller et Margraff ont retirée de l'eau n'était autre chose que du verre rapproché par évaporation ; de sorte que les expériences dont ces physiciens se sont appuyés, loin de prouver la possibilité du changement d'eau en terre, conduiraient plutôt à penser qu'elle est inaltérable".

 

En quittant Van Helmont et Lavoisier nous savons que c'est l'eau et non la terre qui fait croître les plantes.

 

L'eau seule ? Quand les plantes meurent elles se transforment en une sorte de terre, un terreau. La question reste donc posée : d'où vient la matière qui constitue ce terreau. Car Lavoisier l'a prouvé, ce n'est pas l'eau absorbée par les plantes qui s'est transformée en terre.

 

Nous découvrirons, dans les chapitres à venir, la façon dont chimistes et biologistes ont compris le rôle conjugué de l'eau et de l'air (du moins d'un gaz qui y est présent) dans la croissance des plantes. Van Helmont sera, à nouveau, de ceux qui les mettront sur la voie et ceci par une série d'observations dont Lavoisier, lui-même, reconnaîtra l'importance.

 

Le "gas silvestre", la vraie découverte de Van Helmont.

 

Dans le premier chapitre de ses Opuscules physiques et chimiques datés de 1774, Lavoisier traite "Du fluide élastique désigné sous le nom de spiritus silvestre jusqu'à Paracelse et sous le nom de gas par Van Helmont".

 

Van Helmont observe que tous les corps ne se transforment pas immédiatement en eau. L'exemple le plus remarquable est celui du charbon dont il affirme que, pendant sa combustion, il libère un "esprit sauvage nommé gas". Cet esprit constituerait d'ailleurs l'essentiel du charbon, car, dit-il "soixante deux livres de charbons consumés ne laissent guère plus d'une livre de cendres. Donc les soixante livres de surplus ne seront qu'esprit".

 

Lavoisier relève que ce mot "gas" vient du mot hollandais ghoast qui signifie esprit. Il ajoute que les Anglais "expriment la même idée par le mot ghost et les Allemands par le mot geist".

 

Ce gas silvestre, cet esprit sauvage, Van Helmont le retrouve dans une multitude d'observations. Il se dégage dans les fermentations du vin, de l'hydromel, du pain qui lève. Il s'échappe de la poudre à canon qui s'enflamme.

 

Hélas ce "gas" fait une entrée peu chaleureuse dans l'univers chimique. C'est à lui que Van Helmont attribue, avec justesse, les effets funestes de la grotte du chien dans la région de Naples, les suffocations des ouvriers dans les mines ou des vignerons dans les celliers où le vin fermente.

 

On est étonné, dit Lavoisier, de trouver chez Van Helmont "une infinité de vérités qu'on a coutume de regarder comme plus modernes et on ne peut s'empêcher de reconnaître que Van Helmont avait dit dès lors tout ce que nous savons de mieux sur cette matière". C'est un sentiment qu'une lectrice ou un lecteur, relisant, encore aujourd'hui, les écrits de Van Helmont, ne pourraient que partager.

 

Hommage rendu à Van Helmont : l'adoption du mot gaz.

 

Dans le premier chapitre de son Traité élémentaire de chimie publié en 1789 Lavoisier expose sa conception des trois états de la matière : "presque tous les corps de la Nature sont susceptibles d'exister sous trois états différents ; dans l'état de solidité, dans l'état de liquidité et dans l'état aériforme […] Je désignerai dorénavant ces fluides aériformes sous le nom générique de gaz"

 

Le mot gaz, exotique pour les oreilles françaises des contemporains de Lavoisier, exprimera donc ce troisième état de la matière jusqu'alors défini d'une façon ambiguë par le terme de "aériforme". Il fait, à présent, tellement partie de notre vocabulaire quotidien qu'il est difficile d'imaginer qu'il n'était utilisé, il y a deux siècles, que par quelques chimistes novateurs.

 

Soulignons le encore, avant de le quitter : Van Helmont est une étape importante dans la compréhension du mécanisme de la végétation. Il y montre le rôle fondamental de l'eau et le peu d'intervention de la terre. Surtout, il met en évidence cette émanation qui est la première à laquelle est donnée le nom de gas et qui, nous le verrons, sera reconnu comme un gaz d'importance vitale : le dioxyde de carbone, CO2..

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