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9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 19:11
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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 12:31

Un article, dont l'actualité est brûlante, publié par le Courrier de l'Unesco en 1958, à l'occasion de la remise, à Bertrand Russell, du Prix Kalinga de vulgarisation scientifique.

 

Il fut un temps où les savants considéraient avec dédain ceux qui tentaient de rendre leurs travaux accessibles à un large  public. Mais, dans le monde actuel, une telle attitude n'est plus possible. Les découvertes de la science moderne ont mis entre les mains des gouvernements une puissance sans précédent dont ils peuvent user pour le bien ou pour le mal. Si les hommes d'Etat qui détiennent cette puissance n'ont pas au moins une notion élémentaire de sa nature, il n'est guère probable qu'ils sauront l'utiliser avec sagesse. Et, dans les pays démocratiques, une certaine formation scientifique est nécessaire, non seulement aux hommes d'Etat, mais aussi au grand public.

 

Faire acquérir cette formation au plus grand nombre n'est pas chose facile. Ceux qui savent effectivement servir de trait d'union entre les techniciens et le public accomplissent une tâche qui est nécessaire non seulement pour le bien-être de l'homme, mais simplement pour sa survie. Je crois que l'on devrait faire beaucoup plus dans ce sens, pour assurer l'éducation de ceux qui ne se destinent pas à devenir des spécialistes scientifiques. Le Prix Kalinga rend un immense service à la société, en encourageant ceux qui s'attaquent à cette entreprise difficile.

 

Dans mon pays, et, à un moindre degré, dans d'autres pays de l'Occident, on considère en général par suite d'un regrettable appauvrissement de la tradition de la Renaissance que la « culture » est essentiellement littéraire, historique et artistique. Un homme n'est pas considéré comme inculte s'il ignore tout de l'euvre de Galilée, de Descartes et de leurs successeurs. Je suis convaincu que tout le programme d'enseignement général devrait comprendre un cour d'histoire de la science du xvrr siècle à nos jours, et donner un aperçu des connaissances scientifiques modernes, dans la mesure où celles-ci peuvent être exposées sans faire appel à des notions techniques. Tant que ces connaissances sont réservées aux spécialistes, il n'est guère possible aux nations de diriger leurs affaires avec sagesse.

 

Il existe deux façons très différentes .d'évaluer les réalisations humaines : on peut les évaluer d'après ce que l'on considère comme leur excellence intrinsèque ; on peut aussi les évaluer en fonction de leur efficacité en tant que facteurs d'une transformation de la vie et des institutions humaines. Je ne prétends pas que l'un de ces procédés d'évaluation soit préférable à l'autre.

 

Je veux seulement faire remarquer qu'ils donnent des échelles de valeur très différentes. Si Homère et Eschyle n'avaient pas existé, si Dante et Shakespeare n'avaient pas écrit un seul vers, si Bach et Beethoven étaient restés silencieux, la vie quotidienne de la plupart de nos contemporains serait à peu près ce qu'elle est. Mais, si Pythagore, Galilée et James Watt n'avaient pas existé, la vie quotidienne, non seulement des Américains et des Européens de l'Ouest, mais aussi des paysans indiens, russes et chinois serait profondément différente. Or, ces transformations profondes ne font que commencer. Elles affecteront certainement l'avenir encore plus qu'elles n'affectent le présent.

 

Actuellement, la technique scientifique progresse à la façon d'une vague de chars d'assaut qui auraient perdu leurs conducteurs : aveuglément, impitoyablement, sans idée, ni objectif. La principale raison en est que les hommes qui se préoccupent des valeurs humaines, qui cherchent à rendre la vie digne d'être vécue, vivent encore en imagination dans le vieux monde pré-industriel, ce monde qui nous a été rendu familier et aimable par la littérature de la Grèce et par les chefs-d' que nous admirons à juste titre des poètes, des artistes et des compositeurs, de l'ère pré-industrielle.

 

Ce divorce entre la science et la « culture », est un phénomène moderne. Platon et Aristote avaient un profond respect pour ce que de leurs temps on connaissait de la science. Le Renaissance s'est autant préoccupée de rénover la science que l'art et la littérature. Léonard de Vinci a consacré plus d'énergie à la science qu'à la peinture. C'est aux architectes de la Renaissance que l'on doit la théorie géométrique de la perspective. Pendant tout le xviir siècle, de grands efforts ont été entrepris pour faire connaître au public les travaux de Newton et de ses contemporains. Mais à partir du début du xix° siècle, les concepts et les méthodes scientifiques deviennent de plus en plus abstrus, et toute tentative pour les rendre intelligibles au plus grand nombre apparaît de plus en plus illusoire. La théorie et la pratique de la physique nucléaire moderne ont révélé brutalement qu'une ignorance totale du monde de la science n'est plus compatible avec la survie de l'humanité.

 

Le texte ci-dessus reproduit dans sa presque totalité l'allocution prononcée par Bertrand Russell au cours de la cérémonie de remise du Prix Kalinga, le 28 janvier, à la Maison de l'Unesco.

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2007: "Les élites dirigeantes sont incultes. Formées en économie, en ingénierie, en politique, elles sont souvent ignorantes en sciences et quasi toujours dépourvues de la moindre notion d'écologie." (Hervé Kempf, Comment les riches détruisent: la Planète, Seuil, 2007.)

Dérèglement climatique, pollution de l'air, de l'eau, des sols... Les alertes des scientifiques se multiplient au même rythme que les colloques et Sommets internationaux, COP21, COP22, COP23... Aujourd'hui les "élites dirigeantes" savent mais elles regardent ailleurs, se contentant d'occuper les médias par des discours anesthésiants.

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27 janvier 2021 3 27 /01 /janvier /2021 12:35

3 septembre.

 

Le combat d'Ouessant ne s'est pas arrêté pour moi avec le retour de l'escadre à Brest. Je suis chaque jour occupé à soigner tous ceux qui ont survécu à leurs blessures et sont recueillis à l'hôpital de fortune installé dans l'ancien séminaire des jésuites. Pour mon premier baptême du feu, l'horreur a été au rendez-vous au delà de l'imaginable. Le chirurgien major Etienne Billard avait cherché à me préparer en me décrivant les blessures que j'aurais à affronter, ce sang qui inonderait l'infirmerie, ces mourants et leur plaintes auxquelles il nous faudra être sourds. J'étais pourtant loin d'imaginer la réalité qui m'attendait.

 

Dès la première décharge les premiers blessés nous sont arrivés. L'obligation d'agir  vite, de ne pas hésiter à trancher tel bras, telle jambe, de recoudre à vif telle plaie ouverte m'avait alors rapidement anesthésié. Seul le geste comptait. C'est en remontant à l'air libre, quand le navire a été à l'ancre dans la rade de Brest, que j'ai découvert le pont ravagé, les morts récents qui n'avaient pas été immergés dans la mer d'Iroise et qu'on avait regroupés au pied des mâts et les blessés remontés de l'infirmerie dont le regard me suivait attendant de moi le miracle que je savais ne pas pouvoir leur promettre.

 

C'est la lettre reçue de Paris de Mathieu le Goff, mon camarade du collège de Navarre, qui m'amène à confier au papier les quelques réflexions qu'elle m'inspire. Il me fait savoir que la nouvelle du combat avait été rapportée à Paris par le Duc de Chartes qui s'y était présenté en vainqueur. Son triomphe n'a été qu'éphémère quand des officiers arrivés à Paris ont donné du combat un tout autre récit. Le retard du Duc à une manoeuvre décisive avait en réalité privé l'escadre française d'une victoire incontestable et permis à l'Anglais de s'échapper. Ce que Mathieu ne savait pas c'est, qu'à Brest, le Duc était maudit par les officiers comme par les hommes d'équipage. Non seulement la faute impardonnable du Duc était connue mais pour l'en disculper quatre capitaines étaient convoqués devant le conseil de guerre pour en répondre.

 

Il me revenait de mon côté un étrange évènement. L'officier que j'avais reconnu comme étant l'homme que j'avais vu habillé en civil à Poullaouen pendant la visite de la mine de plomb argentifère, avait eu pendant le combat un étonnant comportement. Plusieurs fois il était descendu dans l'infirmerie porteur de blessés. Sa place n'était-elle pas à la manoeuvre sur le pont ? Plus tard, alors que je faisais le tour des derniers blessés en passe d'être descendus à terre, je l'ai vu venir vers moi. Ma curiosité étant trop forte, je l'ai abordé en breton et lui ai demandé s'il se souvenait de notre rencontre. L'étonnement, qu'il n'a pas pu cacher, d'être ainsi découvert, m'a bien amusé. Il a dû m'avouer, toujours en breton, qu'il n'était aucunement officier de marine mais commissaire de police au service du roi. Sa mission était de s'assurer de la protection du Duc mais le ton employé ne me semblait pas particulièrement enthousiaste. Je ne serais pas étonné d'apprendre qu'il aura été parmi ces officiers venus apporter au roi et au ministre de la marine, de Sartine, un rapport plus véridique.

 

D'étranges confidences aussi de la part d'un officier à présent décédé. Il me disait avoir reçu l'information d'un ami membre de la loge maçonnique active à Brest. Peut-être était-il lui même ce maçon. Le Duc de Chartes affirmait-il, en tant que grand-maître des maçons de France, avait présidé une réunion de la loge brestoise peu de temps avant la bataille. La loge était à Brest essentiellement constituée d'officiers de marine et avait à l'occasion pendant les périodes de paix, accueilli des officiers anglais, maçons de passage. Aux dires de cet officier mourant il aurait été convenu qu'à aucun moment la vie du grand-maître ne pouvait être menacée. De la même façon la volonté d'en découdre avait été très faible du côté anglais dont les officiers était eux mêmes en voie de passer devant leur conseil de guerre croyait-on savoir.  Ce combat, dès le début, n'avait été qu'un simulacre. Un simulacre qui aura fait des centaines de morts et de blessés graves des deux côtés. Indigné, cet officier qui se savait mourant, voulait que quelqu'un le sache, même si dans le même temps il me demandait de garder le secret sur l'auteur de l'information.

 

Que l'information soit vraie ou ne le soit pas, je m'interroge. Pourrais-je longtemps être le jouet des grands de ce monde et consacrer ma vie à tenter de sauver les hommes qu'ils auront décidé de sacrifier pour leur simple gloire ?

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26 janvier 2021 2 26 /01 /janvier /2021 17:26

28 juin 1778.

 

La guerre est là. A peine revenu de l'hôpital du Folgoat où j'ai soigné les blessés de la Belle-Poule, un ordre vient de m'être porté m'enjoignant de rejoindre le bord du Saint-Esprit.

 

Je connais ce bâtiment sur lequel j'ai déjà embarqué pour des manoeuvres dans la rade de Brest. C'est un 80 canons qui a la réputation d'être solide et bon marcheur. Il compte déjà une vingtaine d'années de service mais demeure l'un des meilleurs de la flotte. J'y serai l'adjoint du chirurgien-major Billard.

 

Le Saint-Esprit au combat.

 

Familier des routes de l'Afrique et des Antilles, le Saint-Esprit a été construit pour opérer pendant des semaines, loin de ses bases sans toucher terre. Pour nourrir les 900 membres de l'équipage et des troupes de marine embarquées, il peut emporter pour trois mois de consommation d’eau, six mois de vin, cinq à six mois de vivres, soit plusieurs dizaines de tonnes de biscuits, farine, légumes secs et frais, viande et poisson salé, fromage, huile, vinaigre, sel, sans compter le bétail sur pied qui est abattu au fur et à mesure de la campagne. 

 

Toute cette capacité ne peut que rassurer un officier de santé, à condition d'être bien gérée. Mon oncle Mazéas m'a fait cadeau de "l'essai sur les moyens les plus propres à conserver la santé des gens de mer" qu'il a traduit de l'anglais James Lind, membre du collège royal des médecins d'Edimbourg.  Comment ne pas partager l'ambition de l'auteur qui note que "conserver la santé des gens de mer, c'est entretenir la force, l'activité, le courage, qualités si nécessaires au service du Roi. En effet, il n'y a point d'entreprises difficiles ou dangereuses aux yeux d'un équipage qui jouit d'une parfaite santé ; les plus grands obstacles s'évanouissent alors."  J'ai, hélas, pu constater que notre marine a bien des progrès à faire si elle veut rivaliser, sur le sujet de l'hygiène, avec la flotte britannique. 

 

Le Saint-Esprit est commandé par La Motte-Piquet dont la légende alimente, depuis longtemps déjà, les chroniques brestoises mais aussi celles des rives de la Tamise où sa réputation de redoutable adversaire n'est plus à faire. Il n'est pas un officier ou un matelot qui ne souhaite servir sous ses ordres.

 

J'ai fait mes adieux au Chevalier de Boufflers. Il espérait voir des détachements de son régiment embarqués sur l'un des vaisseaux de l'escadre où serait affecté le duc de Chartres mais il n'en est rien. Il croit savoir que le roi lui même s'y est opposé, celui-ci ayant déjà retardé sa promotion au grade de colonel sous le prétexte, lui a-t-on rapporté, qu'il "n'aime ni les épigrammes ni les vers". "Je suis fou d'aimer la gloire, elle ne veut pas de moi" m'a-t-il confié en me quittant. Il en était d'autant plus affecté qu'il croyait savoir, malgré le secret entourant sa venue, que le Duc serait embarqué sur le Saint-Esprit et que j'aurais ainsi, à nouveau, l'occasion de le croiser après notre escapade aux mines de Poullaouen.

 

 7 juillet.

 

Je suis à bord du saint-Esprit depuis le 29 juin. J'ai pris possession de mon infirmerie. Assez vaste, bien abritée au centre du vaisseau. Le coffre aux remèdes est abondamment pourvu. La présence du Duc à bord y est certainement pour beaucoup. J'ai visité les réserves. A l'évidence nous ne sommes pas partis pour une longue croisière. Le Chevalier avait vu juste, il n'était pas question de débarquer sur le sol anglais.

 

Je n'ai pas manqué d'ouvrage depuis mon arrivée. Comme trop souvent une partie de l'équipage est constituée de malheureux récemment raflés sur les quais et d'autres sortis des prisons. Certains souffrent de fièvres, d'autres présentent des plaies qu'il faut soigner au plus vite. Ils tremblent de froid dans des vêtements souvent en loques et déjà imprégnés de l'eau de mer. Plusieurs se sont déjà blessés dans des manoeuvres qu'ils découvrent à peine. L'infirmerie est leur refuge.

 

Des marins aguerris passent parfois sous le prétexte d'une blessure légère et plus surement pour voir qui les soignera si le besoin s'en fait sentir. Ma réputation m'a suivie depuis l'affaire de la Belle Poule et ils semblent rassurés. Ils nous donnent des nouvelles du pont. La présence du Duc ne les rassure pas. Ils connaissent leurs officiers et leur font confiance, mais que vient faire à leur bord ce commandant sans expérience de la guerre et encore moins de la mer. Qu'avaient à faire sur ce navire les cuisiniers, valets d'office, rôtisseurs et sommeliers qu'il avait embarqués avec lui*.

 

Etant monté sur le pont pour prendre l'air il m'est arrivé d'y croiser le Duc de Chartres entouré de sa Cour. J'ai eu la surprise d'observer, à une distance respectueuse du Duc, le personnage rencontré à Poullaouen lors de la visite de la mine de plomb argentifère. Le bref regard qu'il ma lancé a semblé indiquer que je luis rappelais moi-même quelque chose. Il était alors vêtu d'un costume civil. Je le retrouve ici sous l'uniforme d'un officier bleu. Il est manifestement attentif à ce qui se dit autour de lui. Je me souviens qu'il semblait parfaitement comprendre le parler breton que pratiquent beaucoup de nos marins. Rien de ce qu'ils croient échanger dans le secret de leur langue ne lui échappe. Cette campagne s'entoure de mystère.

 

Nous appareillons dès demain.

 

 

 

 

notes

https://www.histoire-genealogie.com/Les-chirurgiens-navigants-sur-les-navires-du-roi

* Merci à Jean-François Parot historien méticuleux et magnifique narrateur et à son commissaire Le Floch (Le noyer du grand canal)

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26 décembre 2020 6 26 /12 /décembre /2020 12:49

 

Lorsque l’on visite le magnifique musée de l’électricité qui a été aménagé dans la propriété qu’André-Marie Ampère possédait à Poleymieux -aux pieds des Monts d’Or et à quelques lieues de Lyon - on remarque, dans la salle consacrée à l’illustre savant et à sa famille, une plaque sur laquelle figure la mention suivante :
« Le jeune André-Marie AMPERE n’est jamais allé à l’école : guidé par son père, il s’est instruit lui-même à Poleymieux ».

 

Et c’est vrai.

L’homme dont le nom est universellement connu ; celui-là même qui a donné son nom à plusieurs unités fondamentales de l’électricité et de l’électromagnétisme ; le génie des mathématiques, de la chimie et de la physique qui enseignera les mathématiques analytiques à l’école polytechnique, qui sera membre de l’Académie des Sciences et de nombreuses sociétés savantes ; cet homme-là était un parfait autodidacte !

 

 

Dès l’âge de 27 ans, il enseigne les mathématiques, la chimie et la physique à Lyon. A 33 ans, il est nommé Inspecteur-Général de l’Univer-sité et en 1809, il est professeur titulaire à l’Ecole poly-technique.

 

Ampère n’avait que 13 ans quand il avait rédigé son premier livre : un traité des sections coniques dû à sa seule inspiration. Son dernier ouvrage fut une monumentale « Classification des Sciences » dont la publication fut achevée par son fils.

 

L’œuvre scientifique d’Ampère est sans doute l’une des plus vastes qui ait été produite par un autodidacte. En chimie, il eut des vues profondes sur la structure atomique de la matière et il fut le précurseur de la théorie d’Avogadro (Loi d’Avogadro-Ampère). Mais c’est au domaine de l’étude des phénomènes liés à l’électromagnétisme que son nom est le plus intimement lié. Il fut par ailleurs convaincu de l’existence de « courants particulaires » au sein même des atomes, hypothèse qui ne sera confirmée qu’un siècle après sa mort, laquelle survint à Marseille le 10 juin 1836.

 

Passionné de philosophie, ce disciple de Rousseau et des encyclopédistes essayera toute sa vie de trouver la voie du bonheur par l’amélioration de l’homme. C’est ce qu’il nommait la « science de la Félicité Publique ». Et pourtant sa vie privée ne fut qu’une suite de malheurs et de désenchantements.

par Denis Depris

 

   
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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 10:15

Gérard Borvon

Je me souviens de Keranden et des moments que j'y partageais avec mes élèves du lycée de l'Elorn situé à moins d'une encablure. Le manoir abritait alors au rez de chaussée une salle d'exposition très accueillante et à l'étage un service des archives avec de confortables espaces de travail.

 

L'histoire de ces moments de transit pédagogique entre le lycée et le manoir avait commencé quand Françoise Dincuff, alors adjointe au maire chargée de la vie culturelle, m'avait signalé la présence des ouvrages de l'ancienne bibliothèque municipale dans le grenier poussiéreux de la mairie. Connaissant mon intérêt pour l'histoire des sciences, elle croyait y avoir repéré des collections qui pourraient m'intéresser.

 

Elle ne se trompait pas. On y trouvait en particulier un nombre important de revues de vulgarisation scientifique dont "La Nature". Cette revue, très didactique et superbement illustrée, couvrait la période 1878-1914. Elle méritait d'être mise au contact des lycéennes et lycéens pour une approche plus vivante de la science.


 

C'est alors que Marie Pierre Cariou acceptait de recevoir l'ensemble de la collection au service des archives et d'accompagner les élèves dans leurs travaux. Complétant leurs recherches personnelles, le travail de l'année se résumait dans un dossier collectif sous le titre " Les Sciences, il y a 100 ans". Ainsi, année après année, ces lycéennes et lycéens ont découvert les premiers pas de leur actuelle "modernité". Le début de l'éclairage électrique, la découverte des rayons X et de la radioactivité, le cinéma, la radiophonie, les premières voitures... La petite heure de cours qui pouvait y être consacrée chaque semaine ne suffisait pas. Les plus intéressés n'hésitaient pas à retourner au centre des archives pendant leurs heures de loisir. Chacune et chacun savait y être chaleureusement accueilli. Il est rare dans une vie d'enseignant de vivre une expérience d'une telle richesse.

 

Comment ne pas s'en souvenir.

 

voir aussi : http://histoires-de-sciences.over-blog.fr/2016/03/du-phenakistiscope-au-cinematographe.html


 

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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 13:35

Le 23 novembre 2020, a eu lieu une journée d’hommage national à André-Marie Ampère, placée sous le haut patronage de Madame Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation et avec le soutien de ce Ministère.

voir : https://oxi99.com/FXJIDEC30/4F1DA2FAE9F44C9BB91EB03865B6533B.php

 

Ressources documentaire :

 

https://ampere2020.fr/ressources-documentaires-et-pedagogiques/le-monde-de-lelectricite/

  • BELTRAN, Alain. La fée électricité, Paris : Découvertes Gallimard, 1991.
  • BLONDEL, Christine. Histoire de l’électricité, Paris : Pocket, 1994.
  • BORVON, Gérard. Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron, Paris :Vuibert, 2009. Consultable sur overblog
  • FARA, Patricia. An Entertainment for Angels. Electricity in the Enlightenment, Cambridge: Icon Books, 2002.
  • MORUS, Iwan Rhys. Michael Faraday and the Electrical Century, Cambridge: Icon Books, 2004.
  • Thomas Edison, Les Cahiers de Science & Vie, avril 1996n°32.
  • Benjamin Franklin : comment réussit-il à vaincre la foudre ?, Les Cahiers de Science & Vie, août 1995, n° 28.
  • Revue générale de l’électricité, numéro spécial intitulé : « Ampère, André Marie. » n°6 novembre 1922. Consultable sur Gallica:
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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 15:58
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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 10:17

Revue La Nature.

L'article ci-dessus a été cité par un des intervenants aux colloques sur Edmond Becquerel du 7 décembre 2020.

A suivre une intervention sur un pionnier qui rappellera un ancien slogan "faites du solaire, pas du nucléaire"

 

voir la vidéo : https://youtu.be/qicmiJv3iVs?list=PL5UqkzFNKba-2yAtWSsilXzEiIuFPk36A

L'article ci-dessus a été cité par un des intervenants aux colloques sur Edmond Becquerel du 7 décembre 2020.

A suivre une intervention sur un pionnier qui rappellera un ancien slogan "faites du solaire, pas du nucléaire"

 

voir la vidéo : https://youtu.be/qicmiJv3iVs?list=PL5UqkzFNKba-2yAtWSsilXzEiIuFPk36A

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23 novembre 2020 1 23 /11 /novembre /2020 14:14

https://www.arte.tv/fr/videos/093803-001-F/desobeissant-e-s/

 

Face à l'urgence climatique, une frange importante de la jeunesse a fait le choix de la désobéissance civile et de l'action. Le passionnant récit, en immersion, d'une mobilisation sans précédent.

 

Après un été 2018 marqué par la canicule, les incendies et la démission fracassante de Nicolas Hulot, un groupe de jeunes gens, affolés par l'inaction des gouvernements face à la crise climatique, décide d'unir ses forces. Un QG, La Base, est loué en plein Paris. En germe depuis la COP21, une internationale informelle du climat relie différents mouvements de contestation européens : Extinction Rebellion, Ende Gelände, Alternatiba, ANV-COP21… Parmi eux, des jeunes de moins de 30 ans. Certains, comme Élodie et Pauline, ont lâché un poste prestigieux pour se consacrer à un combat qu'ils jugent crucial. Après une première victoire – la pétition baptisée "L'Affaire du siècle" et ses 2 millions de signatures en quinze jours –, les activistes de La Base organisent 134 décrochages de portraits d'Emmanuel Macron dans les mairies, retransmis sur les réseaux sociaux, afin de dénoncer "le vide de sa politique écologique". C’est leur première grande action de désobéissance civile. Le documentaire suit ces "désobéissants" en action et dans l’intimité : des "gilets jaunes" à la pandémie de Covid-19, l’année 2020 va les mettre à l’épreuve.

 

Sentiment d'urgence 


 

Alizée Chiappini et Adèle Flaux captent l'émergence d'une génération qui, à sa façon pragmatique, ouverte et combative, imagine un nouvel engagement citoyen. Fonctionnant en réseau, les militants de La Base n'hésitent pas à traverser la Manche pour prendre des leçons de non-violence chez les cousins britanniques ou à se rapprocher des "gilets jaunes" pour rassembler les luttes sociales et environnementales. Ponctué de moments forts, comme le blocage de La Défense, "la république des pollueurs", face à des cadres ulcérés ou approbateurs, ce récit limpide, parcouru par un sentiment d'urgence, fait vivre de l'intérieur un an et demi d'une mobilisation sans précédent, combat qui vaudra à ses "meneurs", arrestations, gazages et poursuites juridiques. Ce document passionnant tient à la fois du manuel politique et du roman initiatique, l'aventure passant par différentes phases quand l'enthousiasme fait place à la désillusion avant de retrouver un nouveau souffle.

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  • : Le blog d'histoire des sciences
  • : Comme l'art ou la littérature,les sciences sont un élément à part entière de la culture humaine. Leur histoire nous éclaire sur le monde contemporain à un moment où les techniques qui en sont issues semblent échapper à la maîtrise humaine. La connaissance de son histoire est aussi la meilleure des façons d'inviter une nouvelle génération à s'engager dans l'aventure de la recherche scientifique.
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