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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 10:30

 

 

L'Année internationale de la lumière est une initiative globale vise à sensibiliser les citoyens du monde entier sur l'importance, dans leur vie quotidienne, de la lumière et des technologies qui y sont associées tels que l'optique. La Lumière et ses technologies participent pleinement au développement de la société. C'est une occasion unique d'inspirer, d'éduquer et de connecter à l'échelle mondiale.


Le 20 décembre 2013, L'Assemblée générale des Nations Unies (ONU), à sa 68e session, a proclamé 2015 comme l'Année internationale de la lumière et des technologies fondées sur la lumière (AIL 2015).

 

Cette année internationale est le fruit de l'initiative d'un grand consortium d'organismes scientifiques en partenariat avec l'UNESCO. Ce consortium regroupe de nombreux acteurs, y compris la communauté scientifique, le monde de l'enseignement, les plates-formes technologiques, les organisations à but non lucratif et des partenaires du secteur privé.

 

En proclamant une année internationale mettant l'accent sur le thème de la lumière et de ses applications, les Nations Unies ont reconnu l'importance de la sensibilisation mondiale sur la façon dont la lumière et les technologies qui y sont fondées peuvent promouvoir le développement durable et apporter des solutions aux défis mondiaux que sont l'énergie, l'éducation,l'agriculture et la santé. La lumière joue un rôle essentiel dans notre vie quotidienne et est une discipline transversale cruciale de la science au 21e siècle. Elle a révolutionné la médecine, a ouvert la communication internationale via Internet, et continue d'être un vecteur important qui lie à la fois les aspects culturels, économiques et politiques de la société mondiale.

 

Liens: 

Année internationale de la lumière (en anglais)

Site web de l'Année internationale de la lumière 2015 (en anglais)

 

Pages thématiques: 

Les sciences au service d’un avenir durable

Investir dans les sciences, la technologie et l'innovation

Renforcement des capacités dans les sciences et l’ingénierie

Les sciences au service de la société

Les sciences au service d’un avenir durable

Renforcement des capacités dans les sciences et l’ingénierie

Investir dans les sciences, la technologie et l'innovation

Les sciences au service de la société

 

Voir sur ce site

 

 

 

Huyghens, Young, Fresnel, Maxwell, la lumière et l'électricité.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 09:42

 

Une série de textes pour en parler.

 

Paris 1900. Le Palais de l'électricité. Thierry Paquot.

 

Paul Morand se souvient de sa visite, il avait douze ans, « On est saisi d’un
vertige mondial ; on marche de surprise en surprise ; on tient l’univers dans
sa main ; on se trouve pris dans un réseau d’évocations mythiques, de mo-
numents impossibles, dans un maelström de progrès, dans une étreinte d’al-
liances, parmi les cacophonies de diphtongues bizarres, de mots indéchif-
frables »
 
                On y trouve tout, mais le bâtiment qui a, semble-t-il, marqué le
plus l’esprit des contemporains est le Palais de l’Électricité. Après les pa-
villons des divers pays qui rivalisent d’ingéniosité et d’excentricité, les
stands des industries ou encore les nombreuses attractions, « c’est alors, écrit
Paul Morand, que retentit un rire étrange, crépitant, condensé : celui de la
Fée Électricité ; autant que la Morphine dans les boudoirs de 1900, elle
triomphe à l’Exposition ; elle naît du ciel, comme les vrais rois. » Mais qu’est-
ce que l’Électricité (avec un « e » majuscule, s’il vous plaît !) ? « Elle est le
progrès, la poésie des humbles et des riches ; elle prodigue l’illumination ;
elle est le grand Signal ; elle écrase, aussitôt née, l’acétylène. À l’Exposition,
on la jette par les fenêtres. Les femmes sont des fleurs à ampoule. Les fleurs
à ampoule sont des femmes. » Mais encore ? « L’Électricité, on l’accumule,
on la condense, on la transforme, on la met en bouteilles, on la tend en fils,
on l’enroule en bobines, puis on la décharge sous l’eau, sur les fontaines, on
l’émancipe sur les toits, on la déchaîne dans les arbres ; c’est le fléau, c’est
la religion de 1900. » Le jeune Paul Morand est tourneboulé par tant de force,
de mystère, d’immatérialité qui se dégagent de cette si nouvelle énergie. Certes,
en 1881, se tenait à Paris, l’Exposition Internationale d’Électricité, fréquentée
par 900 000 visiteurs, mais en vingt ans les améliorations des divers procé-
dés qui produisent et diffusent de l’électricité se sont considérablement so-
phistiqués, de même que se sont démultipliés ses différents usages, et mal-
gré un climat relativement constant d’électromania, l’Exposition de 1900
va l’imposer comme symbole suprême du Progrès et de la Modernité.
 
 
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à voir au musée d'Orsay

 

Situé à l'extrémité de l'esplanade du Champ de Mars, en face de la tour Eiffel, le palais de l'Electricité était le "clou" de l'Exposition universelle de 1900. Oeuvre d'Eugène Hénard, architecte et théoricien connu pour ses projets de transformation de Paris, le palais abritait dans son hall de fer et de verre diverses applications de l'électricité. Il servait également à alimenter les autres pavillons. Dans l'Annuaire de l'Exposition de 1900, on peut d'ailleurs lire : "Que le palais de l'Electricité vienne, pour une cause ou pour une autre, à s'arrêter et, toute l'Exposition s'arrête avec lui […]. Dans le palais de l'Electricité se fabrique, en effet, toute l'énergie nécessaire à l'éclairage et à la marche des organes divers de l'Exposition".

Le gigantesque château d'eau de l'architecte Edmond Paulin faisait office de façade. Il s'agissait d'un étonnant décor découpé et aérien : "un diadème, un éventail ouvert, la queue d'un paon faisant la roue". De son centre jaillissait une immense cascade, tandis qu'au sommet dominait Le Génie de l'électricité, une statue haute de plus de six mètres. La nuit, cet ensemble scintillait de milliers de feux multicolores.

Cette étonnante construction a reçu l'approbation du ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes en 1898 par l'intermédiaire de ce dessin. Il nous transmet l'état définitif des deux palais.

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Dans la revue La Nature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Camille Saint-Saëns : cantate "Le Feu Céleste"

 

 

Une commande pour l'exposition de 1900

 

Tout est conquis dans la Nature ;

Au ciel restait à conquérir

La flamme redoutable et pure ,

Le feu qui fait vivre et mourir !

Aigle s'envolant de son aire

Volta lui ravit le tonnerre

Et l'apporte à l'Humanité.

Par lui la foudre est enchaînée

Et s'appelle Electricité.

 

(Armand Sylvestre)

 

 

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 06:42

Par Gérard Borvon.

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L'oxygène, l'azote, l'hydrogène, le carbone sont incontestablement la plus belle création de Lavoisier et des réformateurs français.

 

Il n'est pas nécessaire d'être un chimiste averti pour savoir que ces éléments sont à la base de cette chimie des êtres vivants que l'on nomme "organique". Carbone, hydrogène et oxygène sont les constituants uniques des glucides (les sucres) et des lipides (les graisses). L'azote s'ajoute à ces trois éléments pour former les protides (les protéines).

 

Ces quatre éléments représentent en moyenne 96% de la masse d'un corps humain. D'abord vient l'oxygène : 65%. C'est dire son importance dans notre existence. Il est suivi du carbone (18,5%), de l'hydrogène (9,5%) et de l'azote (3,5%). Les minéraux n'y représentent que 3,5% de la masse.

 

Lavoisier et le début d'une chimie organique.

 

L'étude des corps organiques est un nouveau chapitre à ajouter à l'œuvre de Lavoisier. On trouve le compte rendu des ses travaux dans plusieurs mémoires de l'Académie des Sciences ainsi que dans son traité élémentaire de Chimie (1789).

 

La lecture en est aisée. Ces textes témoignent de deux siècles de continuité entre la chimie des réformateurs français et celle que nous pratiquons encore. Ils pourraient constituer une excellente introduction à l'enseignement de la chimie organique.

 

"Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à trois… l'hydrogène, l'oxygène et le carbone. Je les appelle constitutifs, parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de végétaux sans eux" écrit Lavoisier dans le chapitre de son Traité intitulé : "De la décomposition des Matières végétales et animales par l'action du feu".

 

Des plantes étant portées à un degré de chaleur qui "n'excède pas beaucoup celle de l'eau bouillante", il observe une combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène qui les composent pour donner de l'eau. Pendant le même temps, une partie du carbone se lie à l'hydrogène pour former ce que Lavoisier appelle une "huile volatile" (nous dirions un hydrocarbure). Le reste du carbone se retrouve dans la cornue sous forme d'un résidu solide.

 

Un feu plus vif donnera du gaz acide carbonique (du CO2) et de l'hydrogène. Ainsi, dit-il, la chaleur suffira pour renverser "l'échafaudage de combinaisons" constituant le corps initial et pour en créer de nouvelles.

 

A côté des trois éléments C, H, O qu'il désigne comme "constitutifs", Lavoisier a su voir que certaines plantes qu'il décrit comme "crucifères" contiennent de l'azote et que leur "distillation" peut mener à l'ammoniaque. Il sait aussi que les matières animales "sont composées à peu près des mêmes principes que les plantes crucifères… mais qu'elles contiennent plus d'hydrogène et plus d'azote" que celles-ci.

 

Que dire de plus ? Chacun sait, aujourd'hui, que Lavoisier avait vu juste. Oxygène, Carbone, hydrogène et azote sont biens les composants essentiels du vivant, la plus forte proportion d'azote étant la caractéristique des tissus animaux.

 

Si le feu, la chaleur, constituent une méthode radicale d'analyse des corps organiques, Lavoisier en utilise également de plus douces. En particulier certaines que les alchimistes, déjà, pratiquaient : la fermentation et la putréfaction. Celles-ci sont perçues comme des réactions purement chimiques en une époque où Pasteur n'a pas encore révélé le rôle des micro-organismes vivants.

 

Une "loi" ou un "principe" ?

 

Lavoisier étudie, en particulier, la fermentation du jus de raisin qui conduit à ce qu'il désigne par le terme d'alkool, un mot nouveau, promis, lui aussi, à un bel avenir, et qu'il dit avoir emprunté aux arabes. Cette opération, dit-il, "est une des plus frappantes et des plus extraordinaires de toutes celles que la Chimie nous présente".

 

On sait que, lors de cette fermentation, du gaz carbonique se dégage et que, simultanément, le sucre du jus de raisin se transforme en alcool éthylique, cet "esprit de vin" qu'une simple distillation permet de recueillir.

 

L'extraordinaire dans cette réaction, nous dit Lavoisier, est de constater qu'un "corps doux" comme le jus de raisin puisse se transformer "en deux substances si différentes, dont l'une est combustible (l'alcool), l'autre éminemment incombustible (le dioxyde de carbone)".

 

"D'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit inflammable qui se forme". C'est pour répondre à cette interrogation que Lavoisier énonce la fameuse phrase dont certains commentateurs ont voulu faire une "loi de Lavoisier" :

 

"On voit que pour arriver à la solution de ces deux questions, il fallait d'abord connaître l'analyse et la nature du corps susceptible de fermenter, et les produits de la fermentation ; car rien ne se crée, ni dans les opérations de l'art, ni dans celles de la nature, et l'on peut poser en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l'opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu'il n'y a que des changements, des modifications."

 

C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences en Chimie : on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité ou équation entre les principes des corps qu'on examine, et ceux qu'on en retire par l'analyse." (traité élémentaire de chimie p 141)

 

Alors une "loi" de Lavoisier ? Non, mais le texte d'un excellent pédagogue qui sait exposer l'un des principes sur lesquels il appuie les méthodes de sa discipline.

 

Ce principe, il l'applique, en particulier, dans l'étude de ce qu'il désigne comme des "radicaux" organiques. Il analyse et il nomme les radicaux malique, citrique, oxalique, acétique, succinique, benzoïque, gallique, lactique, formique, tous issus d'organismes végétaux ou animaux. Ils sont déjà, pour la plupart, anciennement connus mais Lavoisier sera le premier à en donner la composition en mettant en œuvre tous les moyens d'analyse dont il dispose mais surtout en utilisant l'instrument essentiel : la balance.

 

Fort logiquement Lavoisier et Séguin, qui l'aide dans ses expériences, s'interrogent ensuite sur les réactions chimiques mises en œuvre au sein des êtres vivants eux-mêmes.

 

Lavoisier, Séguin et la chimie de la vie.

 

Expérience de Séguin-Lavoisier

 

Armand-Jean-François Séguin (1767-1835) est un chimiste qui fera fortune dans le tannage chimique des cuirs réalisés dans une manufacture installée sur une île de la Seine qui porte aujourd'hui son nom. Industrie d'une première importance au moment où il faut équiper les soldats de la République, puis de l'Empire, en souliers et autres articles divers.

 

Le mémoire qu'il signe avec Lavoisier et qui est publié dans les Mémoires de l'Académie des Sciences pour l'année 1789 sur "la respiration des animaux" est resté célèbre, en particulier par son caractère spectaculaire.

 

On y parle logiquement de l'oxygène sous son aspect "air vital".

 

"La respiration est une des fonctions les plus importantes de l’économie animale, et, en général, elle ne peut être quelque temps suspendue sans que la mort en soit une suite inévitable. Cependant, jusqu’à ces derniers temps, on a complètement ignoré quel est son usage, quels sont ses effets ; et tout ce qui est relatif à la respiration était au nombre de ces secrets que la nature semblait s’être réservés."

 

Lever un des plus importants secrets de la Nature ! Telle est l'ambition de ce mémoire qui s'emploie d'abord à montrer l'importance des récentes découvertes de Lavoisier.

 

Si les auteurs rappellent les travaux de leurs prédécesseurs, Boyle, Hales, Black et Priestley, c'est, surtout, pour stigmatiser ces "chimistes sectateurs de la doctrine de Stahl" dont ils sont les représentants les plus connus, et pour, encore une fois, dénoncer leur chimérique Phlogistique.

 

Lavoisier, dans un mémoire publié en 1785, avait déjà pu annoncer que la respiration les animaux libérait, à la fois, du gaz carbonique et de l'eau. L'expérimentation avait d'abord été menée sur des cochons d'Inde, premiers cobayes à faire leur entrée au laboratoire. "Ces animaux sont doux, la nature ne leur a donné aucun moyen de nuire, expliquent les auteurs. Ils sont d’une constitution robuste, faciles à nourrir ; ils supportent longtemps la faim et la soif ; enfin ils sont assez gros pour produire en très-peu de temps des altérations sensibles dans l’air qu’ils respirent.".

 

Le modèle de la respiration, dont ces animaux ont permis la description, est, pour ces deux observateurs, celui d'une combustion :

 

"Dans la respiration, comme dans la combustion, c’est l’air de l’atmosphère qui fournit l’oxygène et le calorique ; mais, comme dans la respiration c’est la substance même de l’animal, c’est le sang qui fournit le combustible, si les animaux ne réparaient pas habituellement par les aliments ce qu’ils perdent par la respiration, l’huile manquerait bientôt à la lampe, et l’animal périrait, comme une lampe s’éteint lorsqu’elle manque de nourriture."

 

Cette hypothèse inspire à ses auteurs des accents lyriques :

 

"On dirait que cette analogie qui existe entre la combustion et la respiration n’avait point échappé aux poètes, on plutôt aux philosophes de l’antiquité, dont ils étaient les interprètes et les organes. Ce feu dérobé du ciel, ce flambeau de Prométhée, ne présente pas seulement une idée ingénieuse et poétique, c’est la peinture fidèle des opérations de la nature, du moins pour les animaux qui respirent : on peut donc dire, avec les anciens, que le flambeau de la vie s’allume au moment où l’enfant respire pour la première fois, et qu’il ne s’éteint qu’à sa mort."

 

L'oxygène, aliment du flambeau de Prométhée, transmettant aux hommes à la fois la vie et le savoir… Un nouveau mythe est déjà en marche.

 

Les auteurs s'engagent alors dans une série d'expériences qui feront naître chez eux des réflexions d'ordre social adaptées à la période.

 

Du fonctionnement du corps humain à celui de la société, ou de l'oxygène à la révolution.

 

Le compagnon de Lavoisier est un homme résolu. "Quelque pénibles, quelque désagréables, quelque dangereuses même que fussent les expériences auxquelles il fallait se livrer, M. Seguin a désiré qu’elles se fissent toutes sur lui-même", écrit Lavoisier dans son compte-rendu.

 

Différentes situations sont testées depuis le repos absolu jusqu'à un effort soutenu en passant par les périodes de digestion. On mesure l'air consommé et le rythme cardiaque. Des lois semblent lier ces données à l'effort réalisé :

 

"ces lois sont même assez constantes, pour qu’en appliquant un homme à un exercice pénible, et en observant l’accélération qui résulte dans le cours de la circulation, on puisse en conclure à quel poids, élevé à une hauteur déterminée, répond la somme des efforts qu’il a faits pendant le temps de l’expérience".

 

On notera avec intérêt cette proposition nouvelle d'une équivalence entre "énergie biochimique" et "énergie mécanique".

 

Et voilà que l'étude de la respiration devient matière à réflexion sur la révolution sociale ! Souvenons-nous de la date de cette publication : 1789. Il n'est pas sans intérêt de suivre Lavoisier sur le chemin de traverse qu'il emprunte en marge de ses réflexions scientifiques, même s'il nous écarte pour un moment de ce qui est notre sujet principal.

 

"Tant que nous n’avons considéré dans la respiration que la seule consommation de l’air, le sort du riche et celui du pauvre était le même ; car l’air appartient également à tous et ne coûte rien à personne ; l’homme de peine qui travaille davantage jouit même plus complètement de ce bienfait de la nature. Mais maintenant que l’expérience nous apprend que la respiration est une véritable combustion, qui consume à chaque instant une portion de la substance de l’individu ; que cette consommation est d’autant plus grande que la circulation et la respiration sont plus accélérées, qu’elle augmente à proportion que l’individu mène une vie plus laborieuse et plus active, une foule de considérations morales naissent comme d’elles-mêmes de ces résultats de la physique.

 

Par quelle fatalité arrive-t-il que l’homme pauvre, qui vit du travail de ses bras, qui est obligé de déployer pour sa subsistance tout ce que la nature lui a donné de forces, consomme plus que l’homme oisif, tandis que ce dernier a moins besoin de réparer ? Pourquoi, par un contraste choquant, l’homme riche jouit-il d’une abondance qui ne lui est pas physiquement nécessaire et qui semblait destinée pour l’homme laborieux ?

 

Gardons-nous cependant de calomnier la nature, et de l’accuser des fautes qui tiennent sans doute à nos institutions sociales et qui peut-être en sont inséparables. Contentons-nous de bénir la philosophie et l’humanité, qui se réunissent pour nous promettre des institutions sages, qui tendront à rapprocher les fortunes de l’égalité, à augmenter le prix du travail, à lui assurer sa juste récompense, à présenter à toutes les classes de la société, et surtout aux classes indigentes, plus de jouissances et plus de bonheur."

 

Lavoisier, qui siège avec le Tiers-Etat à l'Assemblée de l'Orléanais, y a présenté plusieurs mémoires pour la création d'une caisse de bienfaisance en faveur des vieillards ainsi que pour celle d'ateliers de charité. Il est aussi l'auteur d'un mémoire, au ton particulièrement radical, qu'il présente devant l'Académie des sciences "sur les encouragements qu'il est nécessaire d'accorder à l'agriculture".

 

Il y dénonce "l'arbitraire de la taille, qui humilie le contribuable… les corvées plus humiliantes encore que la taille et qui réduisent les sujets du Roi à la condition de serfs… les champarts, les dîmes inféodées, les dîmes ecclésiastiques, qui enlèvent dans quelques cantons plus de moitié et quelquefois la totalité du produit net de la culture… la forme vicieuse de la plupart des perceptions établies sur les consommations… les visites domiciliaires relatives aux droits d'aides, de gabelles et de tabac ; visites qui entraînent la violation du domicile, des recherches inhumaines et indécentes, qui portent la désolation dans les familles… la banalité des moulins, qui s'oppose à la perfection de la mouture, qui met le peuple des campagnes à la merci de l'avidité et du monopole des meuniers, qui fait manger une nourriture de mauvaise qualité à plus de la moitié du royaume, enfin qui occasionne une perte d'un sixième au moins dans les farines que le mauvais moulage ne permet pas de séparer d'avec le son… le droit de parcours, qui subsiste encore dans une partie du royaume, qui s'oppose à la clôture des terres, à la destruction des jachères, qui oblige de sacrifier les regains et une partie des engrais, qui ôte aux cultivateurs tout intérêt d'améliorer, qui tend à communiquer, à répandre et à propager les maladies épizootiques, enfin qui défonce les terres par le piétinement des bestiaux".

 

Il faudrait réformer dit-il, mais, déjà, il semble savoir que "les institutions sages" qu'il souhaite ne sont probablement déjà plus à l'ordre du jour.

 

"Faisons des vœux surtout pour que l’enthousiasme et l’exagération qui s’emparent si facilement des hommes réunis en assemblées nombreuses, pour que les passions humaines qui entraînent la multitude si souvent contre son propre intérêt, et qui comprennent dans leur tourbillon le sage et le philosophe comme les autres hommes, ne renversent pas un ouvrage entrepris dans de si belles vues, et ne détruisent pas l’espérance de la patrie."

 

L'homme de la "révolution chimique", celui qu'on accusait de dragonnades intellectuelles est également le fermier général accusé de ruiner le peuple. Parmi tous ses confrères chimistes, il sera le seul à être englouti par le tourbillon de la révolution sociale. Il ne revendiquait cependant, du moins l'affirme-t-il, que de poursuivre son action dans le silence de son laboratoire.

 

"Nous terminerons ce mémoire par une réflexion consolante. Il n’est pas indispensable, pour bien mériter de l’humanité et pour payer son tribut à la patrie, d’être appelé à ces fonctions publiques et éclatantes qui concourent à l’organisation et à la régénération des empires. Le physicien peut aussi, dans le silence de son laboratoire et de son cabinet, exercer des fonctions patriotiques ; il peut espérer, par ses travaux, de diminuer la masse des maux qui affligent l’espèce humaine ; d’augmenter ses jouissances et son bonheur, et n’eût-il contribué, par les routes nouvelles qu’il s’est ouvertes, qu’à prolonger de quelques années, de quelques jours même, la vie moyenne des hommes, il pourrait aspirer aussi au titre glorieux de bienfaiteur de l’humanité."

 

Prolonger la vie des hommes ? Le propos nous ramène à l'oxygène. La découverte de son rôle essentiel, dans l'air, ne pourrait-elle y contribuer ?

 

"On conçoit comment les altérations survenues à l’air qui nous environne peuvent être la cause de maladies endémiques, des fièvres d’hôpitaux et de prisons, comment le grand air, une respiration plus libre, un changement de genre de vie sont souvent, pour ces dernières maladies, le remède le plus efficace."

 

Propos qui annoncent ces aériums, préventoriums, sanatoriums dans lesquels l'oxygène sera présenté comme le premier des remèdes contre le mal du siècle industriel à venir : la tuberculose.

 

Pour Lavoisier, incontestablement, "l'oxygène, c'est la vie". Mais la vie pouvait-elle naître sans l'hydrogène, sans l'azote sans le carbone ? La chimie et la biologie, dans leur progression, prouveront que ce sont bien ces quatre éléments qui peuvent, chacun, revendiquer une part essentielle dans la création et le fonctionnement des êtres vivants. Et d'abord le carbone.

 

A la base des êtres vivants : le carbone.

 

Si le nom de l'oxygène est indissociable de celui de Lavoisier, avoir donné son nom au carbone, en avoir montré le rôle dans la réduction des métaux, avoir décrit sa combustion, avoir découvert la nature réelle du "gaz carbonique", et surtout avoir révélé l'importance de ce corps dans les organismes vivants, est un pas qui pourrait être considéré comme encore plus important.

 

Le charbon, terreux, noir, n'est toujours rien d'autre, pour les contemporains de Lavoisier, qu'un simple combustible. Comment imaginer qu'il puisse se trouver dans ce gaz incolore, cet "air fixe" dont la propriété la plus connue était d'empêcher toute combustion. Que penser de la constatation faite par Lavoisier et Seguin que nous produisons, dans nos poumons, ce gaz que Lavoisier a baptisé du nom de "carbonique" mais qui était encore qualifié de "méphitique" à cause de sa redoutable propriété d'ôter la vie à ceux qui le respiraient.

 

Comment, par ailleurs, accepter la présence de charbon, synonyme de noirceur, dans la craie la plus blanche ?

 

Aujourd'hui encore le mot "carbonisé", synonyme d'une régression ramenant à l'état le plus vil, celui de charbon, n'a pas bonne presse.

 

Pourtant nous sommes carbone et sans cet élément essentiel nous n'existerions pas. La découverte de la photosynthèse a révélé à quel point le modique pourcentage de gaz carbonique dans l'air est le moteur de la vie terrestre. Il n'y est qu'à l'état de traces (de l'ordre de 0,02% du volume de l'atmosphère avant le début de l'aire industrielle) et même si le taux approche du double aujourd'hui, avec les problèmes que l'ont sait, ce pourcentage reste minime. Et pourtant c'est bien le cycle du carbone qui rythme la vie terrestre.

 

Comme celle de l'oxygène, il faudrait écrire cette histoire du carbone qui le montrerait passant de l'état de simple combustible à celui de constituant essentiel des molécules "organiques", celles produites par les organes vivants mais aussi celles créées par l'homme et qui constituent la multitude des produits de synthèse qui peuplent notre univers moderne. Il faudra encore attendre pour décrire les usages, prometteurs ou inquiétants, de ses formes récemment découvertes : fullerènes, nanotubes, graphène. Il faudra y associer l'histoire des atomes de la même famille comme celle du silicium, banal composant de la silice des roches et des sables, devenu support de l'électronique moderne et base d'une forme d'intelligence artificielle ou encore matériau des panneaux photovoltaïques transformant, de façon simple et élégante, l'énergie reçue du soleil en énergie électrique.

 

Cette histoire, nous nous contentons, ici, de l'avoir évoquée comme nous pouvons le faire de celle de l'azote.

 

L'Azote, bien ou mal nommé ?

 

"Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz de priver de la vie les animaux qui le respirent : nous l'avons donc nommé azote, de l'α privatif des Grecs, & de ζωὴ, vie, ainsi la partie non respirable de l'air sera le gaz azotique"

 

Ainsi s'exprimait Lavoisier dans le chapitre consacré aux "Noms génériques et particuliers des fluides aériformes" de son Traité élémentaire de chimie (1789).

 

"Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentait quelque chose d'extraordinaire, ajoute-t-il, mais c'est le sort de tous les noms nouveaux ; ce n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons d'ailleurs cherché longtemps un meilleur, sans qu'il nous ait été possible de le rencontrer : nous avions été d'abord de le nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences de M Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre dans la composition de l'alkali volatil ou gaz ammoniaque : mais d'un autre côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes constitutifs des autres alkalis : il est d'ailleurs prouvé qu'il entre également dans la combinaison de l'acide nitrique ; on aurait donc été tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène... nous n'avons pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'azote et de gaz azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz".

 

Priver de la vie… L'azote peut le faire de multiples façons.

 

Lavoisier qui était régisseur des poudres ne pouvait ignorer que le premier usage du nitre, le salpêtre (nitrate naturel de potassium, KNO3), a été de l'associer au soufre et au charbon pour préparer la poudre noire, ce premier explosif inventé en Chine et largement utilisé dans les guerres du continent européen. L'industrie des explosifs à base de nitrate sera l'une des plus actives du 19ème siècle avec pour aboutissement de cette recherche, la nitrocellulose ou encore la nitroglycérine synthétisée en 1846 par l'Italien Asciano Sobrero et popularisée sous forme de dynamite par l'industriel Alfred Nobel.

 

 

Privatif de vie a donc été et est encore cet azote des explosifs.

 

Mais retenons surtout que l'azote est d'abord source de vie.

 

L'azote, générateur de vie.

 

L'azote, ce sont les acides aminés, composés alliant une fonction acide (-COOH) à une fonction amine (-NH2). Ces molécules sont les constituants nécessaires de toute la machinerie organique en commençant par les muscles mais aussi les hormones et les gènes.

 

Nous ne détaillerons pas ici les mécanismes complexes du vivant décryptés par les biologistes grâce aux outils matériels et conceptuels élaborés par les chimistes, à commencer par Lavoisier. Notons pour conclure, car là est l'essentiel de notre propos, que celui-ci n'a, hélas, pas été très inspiré en donnant à l'Azote son nom de baptême. La nomenclature internationale n'est pas plus heureuse qui en a fait un "générateur de nitre".

 

Mieux aurait valu en faire un "générateur de vie".

 

L'élément universel : l'hydrogène.

 

"Générateur de l'eau", ainsi l'a nommé Lavoisier. Nous avons vu que "générateur des acides", oxygène, lui aurait mieux convenu, car telle est l'une de ses principales fonctions. Mais générateur d'eau, il l'est également. De la même façon il se lie au carbone et à l'azote pour donner l'ensemble des molécules organiques.

 

Le plus petit des atomes, simple proton lié à un électron, n'est pas le moins nécessaire à la vie. Surtout quand on sait qu'il constitue l'essentiel de la matière visible de l'Univers et que c'est le premier germe de tous les atomes qui le peuplent.

 

Mais ceci est une autre histoire.

 

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Voir :

 

Histoire de l’oxygène. De l’alchimie à la chimie.

Suivre le parcours de l’oxygène depuis les grimoires des alchimistes jusqu’aux laboratoires des chimistes, avant qu’il n’investisse notre environnement quotidien.

 

Aujourd’hui, les formules chimiques O2, H2O, CO2,… se sont échappées des traités de chimie et des livres scolaires pour se mêler au vocabulaire de notre quotidien. Parmi eux, l’oxygène, à la fois symbole de vie et nouvel élixir de jouvence, a résolument quitté les laboratoires des chimistes pour devenir source d’inspiration poétique, picturale, musicale et objet de nouveaux mythes.

 

À travers cette histoire de l’oxygène, foisonnante de récits qui se côtoient, s’opposent et se mêlent, l’auteur présente une chimie avant les formules et les équations, et montre qu’elle n’est pas seulement affaire de laboratoires et d’industrie, mais élément à part entière de la culture humaine.

 

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voir aussi :

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

Un livre chez Vuibert.

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…, coupable : le dioxyde de carbone. Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone
et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une
chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?

 

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Gérard Borvon - dans Chimie
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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 09:48

17

 

 

Maquette du dirigeable Trouvé-Tissandier ( La Nature , 13 août 1881, p. 169)

 

Nous avons plusieurs fois rencontré Gustave Trouvé dans nos articles sur l'histoire de l'électricité. En particulier dans celui consacré à l'exposition internationale de Paris en 1881.

 

A l'occasion du 110ème anniversaire de sa mort, l'Académie de Touraine publie, sous la plume de Jacques Cattelin, un article qui pose la question : Gustave Trouvé ne serait-il pas l'Edison Français ?

 

Voir le texte de la communication

 

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 13:02
Rosetta, Philae et le carbone, du Big-bang à l'homo-sapiens.

Fred Hoyles (1915-2001), cosmologiste Britannique, n'imaginait pas le succès de son "big-bang" quand il utilisait cette expression ironique en 1950 pour désigner la théorie qui supposait une expansion de l'univers dont l'origine se situerait à 13,7 milliards d'années de notre ère.

 

Tout aurait donc commencé par un "Big-bang". C'est-à-dire une évolution de l'univers qui débute par un état dans lequel l'espace, le temps, l'énergie seraient une seule et même chose. Même si notre imagination est incapable de nous en donner une représentation, c'est du moins ce que décrivent les équations issues des théories actuelles.

 

 

A partir de cet indicible, l'univers se dilate à une vitesse prodigieuse. Arrive l'instant où se forment les premières particules : des quarks, des électrons, des neutrinos. Elles se combinent bientôt en protons et neutrons cohabitant avec leurs jumeaux d'antimatière qui peu à peu disparaîtront dans un scénario que les chercheurs modernes n'ont pas encore fini d'écrire.

 

Nous sommes alors à quelques milliers d'années de l'origine, la température est "descendue" jusqu'à 10.000 degrés. Apparaît l'atome le plus simple dont le noyau ne comporte qu'un seul proton : l'hydrogène. Vient ensuite l'hélium dont le noyau contient deux protons et deux neutrons. Chaque noyau étant associé à son cortège d'électrons. Les nuages d’hydrogène et d’hélium se refroidissent et se contractent sous l'effet de la gravité en une multitude de grumeaux : les galaxies.

 

Deux milliards d'années se sont passées. Les galaxies elles-mêmes se sont fractionnées en nuages d'hydrogène et d'hélium qui se concentrent à leur tour sous l'action de la gravitation. Leur densité augmente, leur température atteint des millions de degrés. Bientôt les chocs disloquent les atomes d'hydrogène dont les protons se regroupent quatre par quatre pour donner des noyaux d'hélium, libérant au passage d'énormes quantités d'énergie sous la forme d'un flux de particules de lumière : les photons. Ainsi naissent et brillent les premières étoiles.

 

La réserve d'hydrogène s'épuise. Faute de réactifs, le rayonnement de l'étoile fléchit et la gravitation reprend le dessus. Le cœur d'hélium atteint la centaine de millions de degrés. Dans ce formidable "Athanor" commence le rêve des alchimistes. Les noyaux d'hélium se combinent trois par trois pour former du carbone et quatre par quatre pour donner de l'oxygène. Puis se forme l'azote et ainsi naissent les quatre éléments primordiaux, ceux qui seront à l'origine de la vie : H, C, O, N.

 

Nous ne décrirons pas ici la vie mouvementée des étoiles. L'extinction des plus petites sous forme de "naine noire", l'explosion des plus grosses dans l'éclair d'une "supernova" visible même en plein jour. De ces vies naissent tous les éléments qui s'affichent dans les cases du tableau périodique et qui, expulsés lors des feux d'artifice des explosions finales, constituent la poussière interstellaire qui engendrera les planètes.

 

Naissance de la Planète bleue.

 

 

Un nuage d'hydrogène et d'hélium a pris la forme d'une élégante galaxie spirale, notre voie lactée. Parmi les étoiles qui y naissent l'une, de taille raisonnable, est située aux 2/3 de son centre, notre Soleil. Un anneau de poussières stellaires l'entoure. Celles-ci s'agrègent autour des plus gros grains. Ainsi se forment les planètes solaires elles-mêmes entourées d'anneaux et de satellites.

 

Une ségrégation s'établit. Plus proches du soleil sont les planètes telluriques : Mercure, Vénus, Terre, mars. Peu massives, elles ont un sol solide dont les roches sont composées des éléments les plus lourds. Plus loin se trouvent Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, les géantes gazeuses, essentiellement formées d'hydrogène et d'hélium.

 

La Terre, nous dit Stephen Hawking, est une suite de hasards heureux.

 

- Sa distance au soleil lui donne une température compatible avec la présence d'eau liquide.

 

- Son orbite est un cercle presque parfait, ce qui lui procure une température sensiblement constante et uniquement modulée par les saisons résultant de l'inclinaison de son axe de rotation par rapport à son plan orbital. Une orbite plus aplatie provoquerait l'ébullition des océans au moment où la Terre serait la plus proche du soleil et les ferait geler quand la Terre en serait la plus éloignée. Difficile de s'adapter !

 

- Sa masse est juste suffisante pour que la force de gravité lui conserve une atmosphère. Trop faible, elle perdrait ses gaz et aurait un ciel aussi noir que celui de la lune.

 

On sait aujourd'hui que ce hasard n'est pas unique. La traque des planètes orbitant autour de soleils étrangers a été lancée et la liste de celles tout aussi miraculeusement situées devrait s'allonger rapidement. L'hypothèse d'une vie qui pourrait s'y développer, peut-être même suivant le mode terrestre, prend corps. Et pourquoi ne pas rêver : des êtres intelligents, peut-être un jour, capteront les signaux que nous avons commencé à leur adresser.

 

Quand s'assemblent les molécules du vivant.

 

Revenons à la Terre. Vers les années 1950 on estimait son atmosphère initiale, constituée quatre milliards d'années plus tôt, comme étant composée de vapeur d'eau, d'hydrogène, de méthane et d'ammoniac. L'eau apporte l'oxygène. Le méthane apporte le carbone, l'ammoniac l'azote. L'hydrogène se présente aussi bien à l'état de simple molécule qu'associé à chacun des trois autres. Les quatre éléments constitutifs des acides aminés sont donc présents dans cette atmosphère. Est-ce suffisant pour produire ces molécules support du vivant?

 

En 1953, Le jeune chimiste Stanley Miller, encore étudiant en thèse, imaginait une expérience rappelant l'œuf de Berthelot. Dans un simple ballon de verre, un dispositif simulant le système "eau-atmosphère primitive" était soumis à l'action d'étincelles électriques reproduisant les éclairs qu'une atmosphère si chargée ne pouvait manquer de provoquer.

 

Après plusieurs jours d'exposition, les parois du ballon présentaient des traces huileuses et l'eau qu'il contenait était devenue brune. Dans cette "soupe primitive" l'étudiant trouvait trois acides aminés. La découverte faisait l'effet d'un coup de tonnerre et l'idée s'imposait : l'origine de la vie est terrestre !

 

Mais bientôt la terre quitte son statut privilégié.

 

Les astronomes ont détecté dans le gaz interstellaire une multitude de molécules composées des quatre éléments du vivant, C, H, O, N. On y trouve essentiellement des molécules de dihydrogène H2, d'eau H2O. On y trouve aussi des molécules construites sur un squelette de carbone : du monoxyde de carbone CO, du méthane CH4, de l'ammoniac NH3, toutes molécules que l'on retrouve dans l'atmosphère initiale de la terre. On y détecte surtout une bonne centaine de molécules particulièrement complexes dont des acides aminés qui se concentrent sur les météorites. Une nouvelle proposition rencontre la faveur des scientifiques : la vie est née de l'espace, la Terre n'ayant été qu'un support fertile !

 

Mais faut-il exclure totalement une origine terrestre ? La Terre, avec ses volcans ou ses sources hydrothermales enfouies dans les fonds océaniques est riche en milieux où pressions et températures peuvent provoquer des synthèses proches de celles naissant dans l'univers stellaire. Il est admis que les acides aminés, produits aussi bien sur terre que dans l'espace, ont trouvé sur notre planète, et en particulier dans ses océans, les conditions des réactions chimiques propices à la naissance de la vie. L'eau est en effet essentielle. Elle concentre les molécules qu'elle reçoit et favorise les occasions de rencontres. Elle protège les nouvelles combinaisons des rayons ultraviolets issus d'un soleil encore particulièrement actif.

 

En quelques centaines de millions d'années les molécules se complexifient, les acides aminés s'assemblent en protéines de plus en plus longues jusqu'à atteindre les millions d'atomes de l'ADN. La vie s'installe dans une atmosphère sans oxygène jusqu'à ce qu'apparaissent les premiers organismes utilisant le rayonnement solaire pour puiser leur carbone dans le gaz carbonique de l'atmosphère en y rejetant un déchet, l'oxygène, qui rend l'atmosphère toxique pour la plupart des organismes vivant alors sur terre.

 

Une autre forme de vie va naître et une longue évolution mènera à l'être humain. Un être humain qui s'interroge encore sur la nature de cette vie qui anime la matière carbonée et sur la suite de hasards qui a fait s'allumer, chez lui, cette conscience qui lui a permis d'imaginer toute cette histoire. Ailleurs, peut-être, sur d'autres planètes tournant autour d'autres soleils, d'autres êtres vivent.

 

Des êtres qui pourraient nous être proches ? Comme Jacques Monod il est difficile de l'imaginer. "L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard", écrivait-il en conclusion de son essai sur le "hasard et la nécessité".

 

Chacune des espèces vivant sur terre est elle-même seule dans "l'immensité indifférente de l'Univers" mais on sait, à présent, que toutes sont interdépendantes. Le hasard les a fait naître mais le hasard n'est plus nécessairement la première cause de leur disparition. Un espèce, l'espèce humaine, est devenue, en moins de deux siècles, le premier des animaux terrestres capable de modifier, profondément, les conditions de la vie sur la planète. Au point d'y menacer l'existence des autres espèces, y compris de la sienne.

 

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Le livre d'où est extrait cet article :

 

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

 

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L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.

 

Seront-ils entendus ?

 

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

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12 Novembre 2014.

 

 

14h20. Au moment où cet article, issu du livre "Histoire du Carbone et du CO2", est retranscrit sur ce site, la sonde Philaë s'approche de la comète Churyumov-Gerasimenko. Bientôt nous devrions en savoir un peu plus sur l'origine de la vie.

 

 

 

En direct du CNES.

Rosetta, Philae et le carbone, du Big-bang à l'homo-sapiens.
Philae devrait s'être posée. Attente anxieuse de son premier signal.

Philae devrait s'être posée. Attente anxieuse de son premier signal.

La tension monte.

La tension monte.

17h05. C'est gané !

17h05. C'est gané !

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 09:12

 

COPENHAGUE, le 2 novembre

 

L’influence de l’homme sur le système climatique est claire et en augmentation, avec des incidences observées sur tous les continents. Si on ne les maîtrise pas, les changements climatiques vont accroître le risque de conséquences graves, généralisées et irréversibles pour l’être humain et les écosystèmes. Nous disposons toutefois d’options pour nous adapter à ces changements et des activités rigoureuses d’atténuation peuvent limiter les conséquences de l’évolution du climat à une gamme gérable, d’où un avenir meilleur et plus viable.

 

Il s’agit là des principales conclusions du Rapport de synthèse publié dimanche par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce rapport condense et intègre les conclusions du cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, produit par plus de 800 scientifiques et publié au cours des 13 derniers mois, qui constitue l’évaluation la plus complète des changements climatiques jamais entreprise.

 

Selon M. R. K. Pachauri, président du GIEC, « Nous avons les moyens de limiter les changements climatiques. Il existe de nombreuses solutions qui permettent un développement économique et humain continu. Nous n’avons besoin que de la volonté d’évoluer, qui, nous l’espérons, sera motivée par la connaissance et par la compréhension de la science des changements climatiques. »

 

Le Rapport de synthèse confirme que de tels changements sont observés dans le monde entier et que le réchauffement du système climatique est sans équivoque. Nombre des changements constatés depuis les années 50 sont sans précédent depuis des dizaines d’années, voire des millénaires. D’après M.Thomas Stocker, coprésident du Groupe de travail I du GIEC, « Selon notre évaluation, l’atmosphère et les océans se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer s’est élevé et la concentration de dioxyde de carbone a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans. »

 

Le Rapport affirme avec une certitude plus grande que les évaluations précédentes que les émissions de gaz à effet de serre et d’autres facteurs anthropiques ont été la cause prédominante du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Les incidences des changements climatiques se sont faites sentir sur l’ensemble des continents et des océans au cours des dernières décennies. Plus les activités humaines perturbent le climat, plus les risques sont élevés.

 

Selon le Rapport, des émissions constantes de gaz à effet de serre vont provoquer un réchauffement supplémentaire et des altérations de longue durée de tous les éléments du système climatique, augmentant ainsi le risque de conséquences vastes et profondes qui toucheront toutes les strates de la société et le milieu naturel.

 

Le Rapport de synthèse indique clairement que de nombreux risques représentent des problèmes particuliers pour les pays les moins développés et les collectivités vulnérables, vu leur capacité limitée d’y faire face.

 

Les personnes marginalisées sur le plan social, économique, culturel, politique, institutionnel ou autre sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques. La limitation des effets des changements climatiques pose des problèmes d’équité et de justice, mais elle est nécessaire pour aboutir à un développement durable et à l’élimination de la pauvreté.

 

Selon M.Pachauri, « Nombre des personnes les plus vulnérables aux changements climatiques ont contribué et contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre. Il ne sera pas possible de faire face à ces changements si des organismes particuliers mettent en avant leurs propres intérêts de façon indépendante. On ne pourra lutter contre les changements climatiques que grâce à des réponses coopératives et notamment à une coopération internationale. »

 

D’après M.Vicente Barros, coprésident du Groupe de travail II du GIEC, « L’adaptation est très importante du fait qu’elle peut être intégrée à la poursuite du développement et qu’elle peut contribuer à nous préparer aux risques, ce à quoi nous nous sommes déjà engagés du point de vue des émissions passées et de l’infrastructure actuelle. »

 

Toutefois, l’adaptation ne suffit pas en elle-même. Des réductions importantes et soutenues des émissions des gaz à effet de serre sont primordiales pour limiter les risques dus aux changements climatiques. Et comme l’atténuation réduit le rythme et l’ampleur du réchauffement, elle accroît, possiblement de plusieurs dizaines d’années, le temps dont nous disposons pour nous adapter à un niveau donné d’évolution du climat. Il existe de nombeux ’atténuation permettant d’aboutir, au cours des décennies à venir, aux réductions importantes des émissions nécessaires pour limiter, avec une probabilité de plus de 66%, le réchauffement à 2°C, objectif fixé par les gouvernements. Cependant, selon le Rapport, si l’on retarde une nouvelle atténuation à 2030, cela accroîtra sensiblement les problèmes techniques, économiques, sociaux et institutionnels que pose la limitation du réchauffement à moins de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici la fin du XXIe siècle.

 

D’après M.Youba Sokona, coprésident du Groupe de travail III du GIEC, « Il est possible, sur le plan technique, de passer à une économie à faible teneur en carbone. Mais ce qui manque, ce sont des politiques et des institutions appropriées. Plus nous attendrons pour prendre des dispositions, plus l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de ceux-ci coûteront cher. »

 

Selon le Rapport de synthèse, les évaluations quant au prix de l’atténuation varient, mais la croissance économique mondiale n’en serait pas affectée outre mesure. Dans les scénarios prévoyant une situation inchangée, la consommation – indicateur indirect de la croissance économique – continuera d’augmenter de 1,6 à 3 % par an au cours du XXIe siècle. Une atténuation ambitieuse permettrait de réduire ce taux de 0,06 point de pourcentage.

 

D’après M.Sokona, « Par comparaison avec le risque imminent d’une évolution irréversible due aux changements climatiques, les risques de l’atténuation sont gérables. »

 

Ces évaluations économiques du prix de l’atténuation ne tiennent compte ni des avantages d’une réduction des changements climatiques, ni des nombreux bénéfices secondaires en matière de santé, de conditions de vie et de développement.

 

Selon M.Pachauri, « La justification scientifique de la priorité à accorder aux mesures de lutte contre l’évolution du climat est plus claire que jamais. Nous disposons de peu de temps avant que la conjoncture permettant de limiter le réchauffement à 2°C ne prenne fin. Pour que nous ayons une bonne chance de rester au-dessous de 2°C à un prix gérable, nos émissions, sur le plan mondial, devraient diminuer de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et tomber à zéro ou moins d’ici 2100. Nous avons cette possibilité, et le choix nous incombe. »

 

Une évaluation globale.

 

Le Rapport de synthèse, rédigé sous la direction de M.R.K.Pachauri, président du GIEC, forme la pierre angulaire du cinquième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts. Les trois premiers volumes, fondés sur les grandes lignes approuvées en octobre 2009 par les 195 gouvernements membres du GIEC, ont été publiés au cours des 14 derniers mois : The Physical Science Basis (Les bases scientifiques physiques) en septembre 2013, Impacts, Adaptation and Vulnerability (Conséquences, adaptation et vulnérabilité) en mars 2014, et Mitigation of Climate Change (L’atténuation des changements climatiques) en avril 2014.

 

Les rapports du GIEC sont le fruit des nombreuses années de labeur de toute la communauté scientifique qui fait des recherches sur les changements climatiques. Plus de 830auteurs coordonnateurs principaux, auteurs principaux et réviseurs représentant plus de 80 pays et ayant diverses opinions et compétences scientifiques, techniques et socio-économiques ont produit l’apport des trois groupes de travail, soutenus par plus de 1000 contributeurs et par plus de 2000 réviseurs experts, lors d’un processus répétitif d’examen et de révision. Les auteurs ont évalué plus de 30 000 documents scientifiques pour produire le cinquième Rapport d’évaluation. Une soixantaine d’auteurs et d’éditeurs appartenant au Bureau du GIEC et aux équipes d’auteurs des groupes de travail ont participé à la rédaction du Rapport de synthèse. Ils ont pu accomplir leur œuvre grâce à l’apport et au dévouement du Service d’appui technique au Rapport de synthèse.

 

M.Pachauri a déclaré : « Je tiens à remercier les centaines d’experts de la communauté scientifique mondiale qui ont fait don de leur temps et de leur compétence pour produire l’évaluation la plus exhaustive de l’évolution du climat produite à ce jour. J’espère que ce rapport va répondre aux besoins des gouvernements du monde entier et servir de base scientifique aux négociateurs qui s’efforceront de conclure un nouvel accord mondial sur le climat. »

 

 

 

 

On parle du changement climatique dans :

 

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

 

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L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.

 

Seront-ils entendus ?

 

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 15:59

Les produits contenant des nanoparticules envahissent de plus en plus vite notre quotidien. Rappelons qu’1 nanomètre est 1000 millions de fois plus petit qu’un mètre. Ces nouvelles nano molécules hightech sont développées dans de nombreux domaines. En métallurgie, en chimie comme en biologie et ainsi, aussi, dans leurs utilisations médicales. C’est à ces dernières que nous nous intéressons. Souvent, les ingénieurs en recherche et développement qui inventent de nouvelles applications des Nanos sont commercialisés sans le moindre contrôle, au mépris de la réglementation qui les oblige à tester la toxicité des substances avant de les vendre. Or, il s’avère que ces nanoparticules sont souvent redoutables – elles sont si petites que certaines peuvent traverser tous les organes, jouer avec notre ADN et provoquer de nombreux dégâts. Or on peut dire, sans exagération, que cette opération « nano », menée à l’échelle planétaire, souvent avec le pire cynisme, continue de se déployer pour capter des profits mirobolants au détriment de notre santé.

 

Continent sciences par Stéphane Deligeorges

 

Invité : Roger Lenglet, Philosophe, journaliste

 

Ecouter l’émission

 

 

http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-quand-le-nocif-se-fait-nanometrique-2014-10-27


Le livre :

 

Les produits contenant des nanoparticules envahissent notre quotidien. Invisibles à l’oeil nu, ces nouvelles molécules hightech laissent parfois deviner leur présence par les accroches publicitaires : aliments aux “saveurs inédites”, “cosmétiques agissant plus en profondeur”, “sous-vêtements antibactériens”, fours et réfrigérateurs “autonettoyants”, articles de sports “plus performants”, et armes plus destructrices…

 

Sans cesse, les ingénieurs en recherche et développement inventent de nouvelles applications des nanos qui sont commercialisées sans le moindre contrôle, au mépris de la réglementation les obligeant à tester la toxicité des substances avant de les vendre. Or, il s’avère que ces nanoparticules sont souvent redoutables – elles sont si petites que certaines peuvent traverser tous les organes, jouer avec notre ADN et provoquer de nombreux dégâts.

 

Grâce à son enquête aussi rigoureuse qu’explosive, Roger Lenglet a retrouvé les principaux acteurs des nanotechnologies. Il livre ici leurs secrets et les dessous de cette opération menée à l’échelle planétaire qui, avec le pire cynisme, continue de se déployer pour capter des profits mirobolants au détriment de notre santé.

 

Avec ce premier livre en français sur la toxicité des nanoparticules, Roger Lenglet tente de prévenir un nouveau scandale sanitaire d’une ampleur inimaginable.

 

Pour voir des extraits.


La vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=TM8wumsICxI

 

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Ecouter sur France Culture :

 

Terre à terre par Ruth Stégassy. Les Nanotoxiques

 

Avec Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation auteur de "Nanotoxiques.

 

 

 

 


On parle aussi des nanoparticules dans :

 

Histoire du carbone et du CO2. De l’origine de la vie jusqu’au dérèglement climatique.

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses...

 

Coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

Un livre chez Vuibert.

 

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L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux

scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.

Seront-ils entendus ?

 

Voir l’introduction et la table des matières

 

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 08:35

Salon de l'automobile, octobre 2014. Ségolène Royal, ministre de l'écologie, est venue y faire la publicité de la voiture électrique. "J'avais un temps d'avance" affirme-t-elle, parlant de son expérimentation en Poitou-Charentes.

 

Un temps d'avance ? Vraiment ? Retour en 1881.

 


Les expositions internationales constituent ces grands rendez-vous du 19ème siècle entre les états du monde "développé". Chacun y expose sa puissance technique et économique dans une rivalité qui s’affirme vouloir n’être que "pacifique". L’électricité y prend naturellement toute sa place. C’est le cas à Londres en 1862, à Paris en 1867 et 1878, à Vienne en 1875 et à Philadelphie en 1876. Mais l’exposition de 1881, à Paris, est une innovation.

 

Initiée par Adolphe Cochery (1819-1900), ministre des Postes et Télégraphes, c’est la première fois qu’une exposition internationale est entièrement consacrée à l’électricité et à ses applications. Cette rencontre prendra une importance particulière avec l’organisation, pendant l’exposition, du premier congrès international des électriciens.


Les moteurs électriques y sont spectaculairement illustrés par leur application à la locomotion. Le premier Tramway électrique fait ainsi son apparition à Paris. Il circule entre la place de la Concorde et le Palais de l’Industrie. Avec le téléphone et les lampes à incandescence c’est la plus belle attraction de l’exposition.

 


 

Premier tramway électrique à Paris

 

Visionnaire, Edouard Hospitalier imagine dans la revue La Nature (1882, premier semestre)  l’usage à venir des accumulateurs dans des véhicules électriques individuels :

 

"Les études sont dirigées aujourd’hui du côté des accumulateurs, et l’on peut espérer que, on sera arrivé à les construire assez légers pour pouvoir faire fonctionner des véhicules pendant quelques heures à l’aide de l’électricité emmagasinée. Il sera facile alors d’établir en certains points de la capitale de véritables relais où l’on viendra recharger les accumulateurs en les branchant sur la canalisation générale de la distribution. On aura ainsi réalisé le cheval de fiacre électrique et la nourriture électrique.

 

Nous n’en sommes pas encore là au point de vue de la pratique, mais combien d’années encore cette utopie mettra-t-elle à devenir une réalité."

 

Combien d’années ? E. Hospitalier, comme ses contemporains, était certain que l’électricité était l’énergie de leur avenir et avec elle la locomotion électrique. (voir l'histoire des voitures électriques)

 

C’était compter sans le pétrole dont on commençait seulement à imaginer l’usage possible dans ces moteurs à explosion dont le premier brevet avait été déposé par les frères Niépce en 1807 à un moment où ils qui ne disposaient pas encore du combustible idéal (leur prototype fonctionnait à la poudre de lycopode, spores d’un champignon). Un siècle plus tard, effet de serre et épuisement des ressources combinés, l’idée de la voiture électrique intéresse à nouveau pouvoirs publics et industriels.

 

Encore faut-il que la production d'électricité ne soit pas elle même source de pollution. Or dans le même temps où la ministre de l'écologie faisait la promotion de la voiture électrique, elle déclarait son attachement aux centrales nucléaires qu'elle considérait comme "un acquis et un atout" considérant par ailleurs que "le nucléaire est le socle de la politique énergétique de notre pays".

 

La voiture électrique ne serait-elle alors qu'un alibi pour la poursuite de la politique nucléaire de la France ?

 

 

 

Au siècle de l'avant pétrole, la "transition énergétique" vers l'électricité signifiait la sortie du tout-charbon et le recours aux énergies issues de la "Nature", celles qu'aujourd'hui, dans notre époque marchande, nous désignons comme "renouvelables".

 

Louis Figuier, rendant compte de l’exposition de 1881 dans L’année Scientifique de 1882, expose ses propositions : utiliser les énergies des chutes d’eau, des marées, des fleuves.

 

"Créer de l’électricité par la force primitive, transporter cette électricité à distance au moyen d’un fil, et à cette distance changer de nouveau cette électricité en mouvement… des forces naturelles aujourd’hui perdues pourraient être utilisées en les transportant à une distance plus ou moins grande.

 

Il y a par exemple, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les Apennins, dans les Andes, d’immenses chutes d’eau qui pourraient produire de grands effets mécaniques, et qui sont perdues parce que l’on n’a pas le moyen de les utiliser sur place. Transportez cette force du pied des Alpes, par exemple, jusque dans une usine située à 20 ou 30 kilomètres, et vous disposerez ainsi d’une puissance qui était perdue, qui ne sera pas assurément gratuite, mais qui sera un accroissement de votre énergie mécanique.

 

Les marées sont une force naturelle immense, mais dont on ne peut tirer parti sur les rivages de l’océan. Transformez en électricité, au moyen d’une machine dynamo-électrique, la force mécanique de l’influx marin recueilli sur les côtes, et transportez au loin cette électricité… et vous aurez tiré parti d’une force naturelle qui jusqu’ici n’a jamais pu être utilisée sérieusement…

 

La roue d’un modeste moulin peut même être employée à produire de l’électricité, et cette électricité transporter au loin l’énergie mécanique de la chute d’eau"

 

Nous trouvons dans cette énumération une grande partie des énergies renouvelables que nous exploitons aujourd’hui ou que nous souhaitons exploiter dans l’avenir. En y ajoutant l’énergie du vent et surtout l’énergie solaire on aura complété la panoplie des alternatives aux énergies fossiles qui constitueront une part essentielle de notre futur.


 

Mais pour en revenir à la locomotion, plutôt que de développer un nouveau moyen de déplacement individuel à coup de subventions publiques (1), sans doute faudrait-il consacrer celles-ci en priorité à l'amélioration et au développement des transports collectifs moins coûteux en énergie et à l'isolation de l'habitat.

 

(1) Voir de Hervé Kempf : Loi sur l’énergie : un cadeau de 40 milliards d’euros au lobby de l’auto électrique.

 

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On parle des premières voitures électriques, du règne du tout pétrole et de transition énergétique dans :

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…
 

Coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole.

 

Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?

 

 

pour feuilleter

 

 

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 13:23

Deuxième fils du Duc de Devonshire, Henry Cavendish, reçoit, de son oncle, un riche héritage qui lui permet de constituer un laboratoire bien équipé qu’il utilise avec une rigueur peu commune parmi ses contemporains. ___________________________________________________________

matériel de laboratoire de Cavendish.


En 1766, il présente devant l’Association Royale de Londres une communication sur les airs factices.

 

Son exposé traite de l’air fixe tel que le définit Black, à savoir : "cette espèce particulière d’air factice qui est extrait des substances alcalines par dissolution dans les acides ou par calcination" (Philosophical Transactions, 1766, p141).

 

Si la description de l’air inflammable (notre hydrogène) constitue, par sa nouveauté, la partie la plus remarquable du travail de Cavendish, nous retiendrons qu’il multiplie également les expériences sur l’air fixe. Il l’obtient par l’action de l’esprit de sel (l’acide chlorhydrique) sur le marbre.

 

Il en étudie d’abord la solubilité dans l’eau. Elle est importante. Cette observation sera retenue quand il faudra, ensuite, expliquer la richesse de la vie aquatique. Il constate aussi, entre autres observations, que l’air fixe se dissout plus facilement dans l’eau froide. Une observation qui nous concerne dans cette époque présente où l’augmentation de la température des océans limite leur rôle de "pièges à carbone".

 

En utilisant une vessie animale, Cavendish mesure la densité de l’air fixe. Ayant constaté que l’air ordinaire est 800 fois moins dense que l’eau, il trouve que l’air fixe ne l’est que 511 fois moins. Il en déduit que l’air fixe a une densité de 1,56 par rapport à l’air ordinaire (à comparer à la valeur de 1,52 actuellement admise).

 

Le résultat mérite d’être noté, l’air fixe, plus dense que l’air se concentre donc dans les parties basses des enceintes où il est produit. Ceci explique l’asphyxie des ouvriers dans les fosses d’aisance ou des vignerons dans les cuves mal aérées, ou encore celle des animaux dans les grottes désignées comme "grotte du chien" : c’est au raz du sol que le gaz "méphitique" menace. Cette donnée intéresse également les expérimentateurs qui savent qu’ils peuvent conserver l’air fixe dans un flacon ouvert dont l’ouverture est dirigée vers le haut, disposition commode pour leurs expériences.

 

Toujours attaché à mesurer, Cavendish cherche à déterminer la quantité d’air fixe contenue dans le marbre. Le fort pourcentage de CO2 trouvé (40,7% de la masse) est proche de la valeur admise aujourd’hui.

 

Le marbre et la craie, décomposés par un acide, deviendront ainsi l’une des sources essentielles de la production d’air fixe.

 

C’est ce procédé qui sera utilisé par Priestley pour son étude de l’air fixe.

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pour aller plus loin voir :

 

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…
 

Coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole.

 

Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?

 

 

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Voir aussi :

 

Une brève histoire du CO2. De Van Helmont à Lavoisier.

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Gérard Borvon - dans Chimie
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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 07:20

La COP 21, conférence internationale sur le climat, qui se tiendra à Paris en 2015 mettra à nouveau en évidence la responsabilité de l'augmentation du taux de CO2 dans l'atmosphère dans l'élévation de la température terrestre et le dérèglement climatique.

 

Mais qu'est-ce que ce CO2 ? Sait-on que la connaissance de son existence et de son rôle est récente ?

 

Un livre nous le révèle.

 

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

Un livre chez Vuibert.

 

feuilleter

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole.

 

Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?


contact : gerard.borvon@wanadoo.fr


L’introduction :

 

CO2, fatal ou vital ?

 

« CO2 - Élixir de vie et tueur du climat » est le titre d’une exposition présentée au musée Naturama de Aarau en Suisse à la charnière des années 2012 et 2013.

 

Élixir… le mot est fort. Il a été emprunté à l’arabe médiéval « al iksīr » désignant la liqueur d’immortalité des alchimistes ou la pierre philosophale supposée transformer le plomb en or.

 

Dans une première partie nous choisirons ce côté lumineux de l’histoire.
 

Nous découvrirons la suite de tâtonnements, de réussites et aussi parfois d’échecs, qui a fait prendre conscience de l’existence et du rôle de cet « élixir », le dioxyde de carbone et de ce joyau minéral, le carbone.

 

Tueur de climat. Qui peut encore le nier ? Et qui peut refuser de voir que la dangereuse augmentation du CO2 dans l’atmosphère, loin d’être une malédiction portée par ce gaz, est le résultat de l’emballement d’un monde industriel développé qui gaspille les ressources fossiles accumulées sur la planète au cours de millions d’années et les disperse sous forme d’objets inutiles et de polluants multiples.

 

Élixir ou poison, amour ou désamour… Le carbone et le dioxyde de carbone sont symboliques de cette chimie aux deux visages qui sont aussi ceux de la science en général.

 

D’une part, une science « pour comprendre », qui enthousiasme les scientifiques comme les esprits curieux par ses extraordinaires avancées dans la connaissance des phénomènes naturels. Une science qui donne la liberté de penser le monde en dehors des dogmes et qui, en même temps, peut apporter du confort à la vie quotidienne de chacune et chacun.

 

De l’autre côté, une science au service d’une « croissance infinie », décrétée par un système économique qui impose ses choix techniques et politiques. Une science et une technique dont les bénéfices pour la société sont de plus en plus occultés par les nuisances sociales et environnementales qu’elles provoquent.

 

Qui s’intéresse à l’histoire des sciences et des techniques ne peut échapper à ce double sentiment :

 

- L’émerveillement devant l’ingéniosité de l’esprit humain et les constructions intellectuelles et matérielles qu’il met en oeuvre pour comprendre son environnement et améliorer son cadre de vie.

 

- La lucidité devant le redoutable pouvoir des sciences et des techniques entre les mains de ceux pour qui elles représentent d’abord un outil pour posséder ou dominer.

 

À travers cette histoire du carbone et du CO2, nous n’échapperons pas à ces allers et retours.

 

Depuis l’Antiquité grecque jusqu’à Lavoisier nous suivrons une science dans laquelle nous serons tentés de ne reconnaître que la curiosité de l’enfance et l’enthousiasme de l’adolescence. Cette première partie nous apprendra ce que sont le carbone et le CO2 et comment ils contribuent à la vie sur cette planète.

 

Nous verrons ensuite une accélération extraordinaire des connaissances scientifiques et une multiplication de leurs applications techniques, au cours d’un xixe siècle qui s’achève avec les ondes électromagnétiques, les rayons X, la radioactivité, les premières automobiles, etc. Viendra ensuite le xxe siècle qui exploitera ces découvertes, pour le confort des sociétés développées, en même temps que se développeront leurs usages les plus redoutables.

 

Un développement qui amène à s’interroger sur la fonction des sciences dans nos sociétés. Car les scientifiques en font eux-mêmes le constat : alors qu’elle est depuis longtemps un indiscutable synonyme de progrès, à la fois pour les connaissances et pour la vie quotidienne, un désamour s’installe entre la science et la société.

 

C’est dans ces moments de doute qu’un retour aux sources peut faire revivre, à travers les écrits des auteurs des époques antérieures, les élans et les joies des premiers succès. Peut-être trouverons-nous également, dans ces expériences passées, des aides pour imaginer un nouvel avenir des sciences dans une société qui fonctionnerait sur d’autres bases que celles d’une croissance matérielle effrénée.

 

Note : nous avons choisi de scinder ce texte en cinq parties qui s’enchaînent mais qui pourraient également se lire de façon séparée.


 


Table des matières

 

CO2, fatal ou vital ?.

 

Première partie. D’Empédocle à Lavoisier, des quatre éléments à la naissance du carbone.

 

Au début étaient les quatre éléments.

Un modèle d’une grande puissance évocatrice.

Des quatre éléments aux quatre humeurs.

L’intermédiaire alchimique.

 

Jean-Baptiste Van Helmont, l’eau, la croissance des végétaux
et le « gas silvestre ».

L’alchimiste blasphémateur.

Les Anciens se sont trompés : il n’existe qu’un seul élément !.

Lavoisier et la contestation de la transmutation de l’eau en terre.

Au sujet du « gas silvestre » et de la naissance du mot « gaz ».

Hommage rendu à Van Helmont : l’adoption du mot « gaz ».

 

Georg Ernst Stahl, de l’élément feu jusqu’au phlogistique.

De l’alchimie à la chimie.

Du « principe sulfureux » au « principe inflammable » : le phlogistique.

Le charbon et les métallurgistes.

Un modèle diffusé par les chimistes français.

Quand Lavoisier était encore phlogisticien.

 

La course aux airs.

Stephen Hales (1677-1761). Quand l’air se transforme en pierre !.

Joseph Black (1728-1799) et l’air fixe.

Henry Cavendish (1731-1810), de l’air fixe à l’air inflammable
et autres airs factices.

Joseph Priestley (1733-1804), air fixe, air nitreux, air déphlogistiqué
et autres airs.

Les plantes ne fonctionnent pas comme prévu !.

Priestley mesure l’importance de l’observation..

Priestley et l’air fixe : poison ou remède ?.

Vraiment bizarre ?.

 

Priestley, Scheele, Lavoisier. De l’air déphlogistiqué à l’air du feu
et à l’oxygène. . .

Priestley (1733-1804), le phlogistique et l’air déphlogistiqué.

Carl Wilhelm Scheele (1742-1786) et l’air du feu.

Lavoisier (1743-1794), de l’air vital au principe oxygine et à l’oxygène.

1774-1777 : l’air est un mélange de deux fluides.

1777 : le phlogistique n’existe pas.

Quand l’air vital devient « air acidifiant » : le principe oxygine.

Quand naît l’oxygène.

 

Lavoisier. De l’air fixe à l’acide crayeux aériforme
et au gaz carbonique. . .

Quand l’air fixe devient acide crayeux aériforme..

De l’acide crayeux aériforme à l’acide charbonneux.

Quand l’acide charbonneux devient gaz acide carbonique
et quand naît le carbone.

 

De l’offensive anticarbone à la victoire de CO2.

Une réception « nuancée » de la part des académiciens français.

Des mots durs, barbares, qui choquent l’oreille. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

La guerre est déclarée.

Oubliez ces carbonates, ces carbures….

Et pourtant carbone, carbonique et carbonates se sont imposés.

Symboles et équations chimiques.

 

O2 et CO2 : le jour et la nuit des plantes. . .

Charles Bonnet et l’alimentation des plantes par leurs feuilles. . . . . . . .

Jan Ingenhousz : le soleil rythme la vie des végétaux.

La vie nocturne des plantes.

Comme les animaux, jour et nuit, les plantes respirent.

Senebier, ou comment les plantes s’alimentent.

Lavoisier et l’apport de la chimie.

Aujourd’hui.

Et avant-hier ?.

 

O2, CO2 et la respiration des animaux. . .

Lavoisier et la respiration animale.

Savoir mesurer la chaleur.

Après l’unité, l’appareil de mesure. .

Les cochons d’Inde et la respiration.

Lavoisier, Seguin et la respiration humaine.

 

Deuxième partie. Quand la chimie était verte. . .

 

Quand la chimie naissait des plantes. . .

Distiller les bois, les feuilles, les graines, les racines.

Les produits précieux des résines.

Une résine élastique : le caoutchouc.

Retour aux sources.

 

Au sujet des charbonniers et du charbon de bois. . .

L’antiquité du charbon de bois.

L’industrie métallurgique et la grande époque des charbonniers.

Les chimistes et le charbon.

Lavoisier, le charbon et la poudre noire.

Coup d’oeil sur le charbon de bois aujourd’hui.

Mais alors, où est le problème ?.

 

Du bois pour les gazogènes. . .

Philippe Lebon invente le gazogène.

Gazogène à bois, le retour.

Retour aux sources ?.

 

Des plastiques sans houille et sans pétrole. . .

Du coton-poudre au collodion.

Du collodion au Celluloïd.

Le succès de la soie artificielle.

Et aujourd’hui ?.

 

Troisième partie. Quand le charbon sort de terre. . .


Le charbon et la vapeur au siècle de l’industrie. . .

Avec Denis Papin, le siècle de la vapeur commence en Angleterre.

Newcomen, Watt : de la « pompe à feu » à la machine à vapeur.

En France, de la révolution sociale à la révolution industrielle.

Le versant noir du progrès.

De la mine aux tranchées.

La colonisation, l’autre guerre.

 

Quand le gaz de houille éclairait la ville. . .

Les pionniers britanniques.

L’éclairage au gaz en France.

Quand les « becs de gaz » investissent le paysage urbain.

Le gaz menacé par l’électricité.

La lumière électrique à Châteaulin quand Paris l’attend encore :
beau symbole !.

 

Le goudron de houille et le grand oeuvre des chimistes du xixe siècle.

Le merveilleux goudron.

L’affaire de la garance.

La conquête de l’indigo.

La suprématie allemande.

Une industrie « précieuse pendant la guerre ».

 

Quatrième partie. Asphalte, bitume et pétrole.

 

Asphalte, bitume et pétrole avant l’automobile.

Asphalte et bitume sous Louis XV.

L’asphalte dans les villes de la Belle Époque.

Le pétrole, huile de la pierre.

Quand le pétrole était un médicament.

Quel usage pour ce pétrole ?.

Le pétrole du Caucase.

Le pétrole d’Amérique.

Et en Europe ?.

Le pétrole dans le monde en 1889.

La querelle des plutoniens et des neptuniens.

 

Premiers pipe-lines, premiers pétroliers, premières raffineries,
premiers accidents.

Le pétrole, un produit d’avenir ?.

 

Et l’automobile fut.

L’automobile et la vapeur.

Quand la fée électricité animait les tramways, les fiacres et les
automobiles.

L’autre moteur.

La victoire du pétrole.

1900 : le big-bang automobile.

 

Le pétrole d’après.

 

Pour conclure.

 

Le carbone et la vie.

La chimie devient « organique ».

De la synthèse organique à la génétique.

Le carbone, du big-bang à l’Homo sapiens.

Naissance de la Planète bleue.

Quand s’assemblent les molécules du vivant.

 

La science face au désamour.

Un débat à la Sorbonne.

Débattre de la science et de la vie il y a cent ans ?.

Débattre il y a cinquante ans ?.

Lanceurs d’alerte.

Retour à la Sorbonne.

Un problème de démocratie.

Cultiver les sciences.

Rapide plaidoyer pour l’histoire des sciences.

Les sciences, remède à la technocratie ?.


Bibliographie.

 

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Gérard Borvon - dans Chimie
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