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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 12:43

Notre collectif AIR-SANTE-CLIMAT composé de médecins, de chercheurs et de responsables associatifs a pour objectif d’alerter sur l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé et de proposer des solutions pour améliorer la qualité́ de l’air.  Notre combat est celui de la vérité scientifique.

Cette tribune a été adressée à tous les Préfets et aux Ministères de l’Intérieur, de la Santé, de l’Agriculture, de la Transition écologique et au Premier Ministre.

https://www.asef-asso.fr/actualite/tribune-du-collectif-air-sante-climat-la-pollution-de-lair-comme-vecteur-du-covid-19/

Dans le contexte sanitaire lié à l’épidémie Covid-19 que nous traversons, notre collectif AIR-SANTE-CLIMAT se doit de vous alerter rapidement sur la nécessité  de  limiter drastiquement  les épandages agricoles  afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus.

La pollution de l’air, en plus de fragiliser notre système immunitaire et de nous rendre plus sensibles aux infections notamment virales,permet également une meilleure diffusion et donc une meilleure transmission des agents pathogènes tels que le coronavirus

Cela est connu depuis longtemps pour le SARS et les virus de la bronchiolite mais a également été récemment démontré pour le coronavirus en Italie avec davantage de transmission et de propagation du virus en fonction des taux de particules fines. Les particules fines servent donc de vecteur, de transporteur au virus qui se déplace d’autant plus facilement lorsque l’air est chargé de particules fines. 

Fort heureusement les mesures de confinement font coup double à la fois en limitant le risque de transmission entre les individus mais également en diminuant la pollution notamment aux particules fines du trafic routier et ainsi les effets sanitaires associés.

Néanmoins, comme on le voit actuellement dans de nombreux départements français le printemps est la période d’épandage agricole, grand pourvoyeur de particules fines.

En effet, lors des épandages, le gaz ammoniac (NH3) va, en passant dans l’atmosphère, réagir avec les oxyde d’azote (NOx) pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium

Tous les ans, à la même période, les épandages agricoles sont responsables de pics de pollution printaniers durant les mois de mars à mai

Ces particules printanières sont, de par leur composition, moins toxiques que des particules de combustion issues par exemple du trafic routier néanmoins elles vont également servir de vecteur de transmission au virus.

Ces particules peuvent voyager sur plusieurs kilomètres et donc transporter également le virus sur de longues distances!

On ne choisit pas l’air que l’on respire, et il est possible dans chaque département de protéger les populations de ce risque supplémentaire de contamination au Covid-19 en limitant drastiquement les épandages agricoles, et en imposant des alternatives moins émettrices de NH3 dans l’air (technique d’enfouissement de l’engrais).

 

Professeur Isabella Annesi-Maesano, Directrice de recherche INSERM  / Directrice d’équipe labellisée INSERM et Sorbonne Université EPAR ; 

Docteur Mallory Guyon, Collectif Environnement Santé 74 ;

Docteur Thomas Bourdrel, Collectif Strasbourg Respire 

Docteur Gilles Dixsaut, Fondation du souffle contre les maladies respiratoires 

Docteur Pierre Souvet, Association Santé Environnement France (ASEF) ;

Docteur Jean-Baptiste Renard, Directeur de recherche LPC2E-CNRS 

Guillaume Muller, association Val-de-Marne en Transition.

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14 mai 2020 4 14 /05 /mai /2020 15:09

Le robot arroseur fonctionne à distance, via le Bluetooth du téléphone portable. Le prototype du jeune Landivisien Yann Kerhervé, élève au lycée du Léon à Landivisiau (Finistère) passionné de jardinage, a été primé par la revue Science et Vie junior.

Ouest-France

 

Lorsqu’on a 15 ans, comment concilier son amour du jardinage avec une passion de la programmation informatique et de la domotique, tout en accordant le temps nécessaire aux travaux scolaires ? Yann Kerhervé, en classe de seconde au lycée du Léon à Landivisiau (Finistère), a trouvé la solution en inventant un « Arros’Heure ». Il en déclenche le fonctionnement grâce au Bluetooth du portable posé sur son bureau. Et peut-être bientôt pendant les vacances, à partir de tout point du globe, grâce à Internet et au Wifi.

 

 

Ce petit appareil d’arrosage automatique lui a notamment valu de décrocher le premier prix du concours mensuel de la revueScience et Vie junior ! Avec à la clé, une dotation de 1 000 €, dont il va dépenser une partie pour se payer une imprimante 3D destinée à améliorer les boîtiers de son invention. Il a, bien entendu, déposé un certificat à l’Institut de la propriété industrielle.

 

Il pourrait être de nouveau à l’honneur à la fin de l’année, lors de la sélection des trois meilleurs inventeurs de l’année 2020. Avec une remise des prix au Palais de la découverte à Paris.

Le jardinage, Yann le pratique depuis son plus jeune âge, grâce à son grand-père maternel. Il est d’ailleurs le seul de la famille à cultiver cette passion pour les légumes du potager familial !

 

Durant l’été dernier, le collégien, qui venait de passer trois années à suivre les séances hebdomadaires du club de robotique monté par Erwan Tréguer, enseignant au collège Kerzourat à Landivisiau (club qui a décroché le premier prix régional au concours national 2020 « Course en cours »), a pensé qu’il pouvait éviter les opérations d’arrosage grâce au savoir acquis lors de son cursus collégien, en matière de programmation informatique et de domotique.

 

Une application pour gérer l’arrosage

Quelques lectures, une carte programmable Arduino, équipée d’un microcontrôleur permettant de commander des actionneurs, des capteurs à ultrasons permettant de mesurer la hauteur d’eau de pluie dans un bac récepteur, un moteur asynchrone pour actionner un robinet quart de tour… Et le tour était joué !

 

Restait (seulement !) au jeune inventeur à mettre en relation toutes les informations recueillies (hauteur d’eau et température extérieure) pour faire fonctionner le servomoteur selon un temps prédéfini, fermer ou rouvrir le robinet sur 24 heures…

Grâce au Bluetooth, une application – créée par le Landivisien, tout aussi spécialiste de l’informatique que de l’électronique et la domotique – permet de savoir s’il faut arroser ou non, laisser faire automatiquement ou manuellement pendant une durée de 30 minutes à 3 heures.

Un dossier de 20 pages

Le dossier de 20 pages réalisé par le collégien aura séduit le jury de Science et Vie junior.

 

Yann estime que son prototype ne lui aura pas coûté plus de 40 €. D’autant plus que les cadeaux d’anniversaire ou de fin d’année ont été faciles à trouver : des composants électroniques tout simplement !

Le jeune homme, qui suit cette année 1 h 30 de sciences numériques et techniques au lycée du Léon, ne devrait pas s’arrêter en si bon chemin. Son rêve de devenir officier de la marine marchande pourrait d’ailleurs s’accompagner, s’il se réalise, de quelques inventions qui ne resteraient pas seulement des prototypes…

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 08:54

https://youtu.be/w3qbkV-SdxQ

Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.Certes.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 14:37
 

© Étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes

 

Les étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes analysent, dans une web-série, les impacts du changement climatique en Bretagne. Au centre des préoccupations: le probable manque d’eau. Sécheresse, pollution... L'inquiétude enfle à mesure que le climat se réchauffe.

Par les étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes (avec T.P.)


Avec sa réputation de région pluvieuse, difficile d’imaginer que la Bretagne pourrait se retrouver à court d’eau d’ici à 2040. Pourtant, le réchauffement climatique s’accompagnera de son lot de sécheresses, fortes pluies et montée du niveau de la mer. Ces phénomènes auront pour conséquence la mise en péril des réserves d’eau de la région.

Les Bretons auront-ils assez d’eau en 2040 ? La réponse dans « En quête d’eau », une web-série de quatre épisodes réalisée par les étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes.

 

Les réserves d'eau potable menacées


Le premier épisode d’ « En quête d’eau » explique les phénomènes qui toucheront la Bretagne dans quelques années.

" Il y a fort à parier qu’à l’avenir, dans les années 2040-2050, on soit en situation de sécheresse tous les deux ou trois ans " , alerte le météorologue Franck Baraer.

Cette hausse des températures aura un impact direct sur nos cours d’eau, qui verront leur taux d’évaporation augmenter de façon non négligeable. Pour la Bretagne, cela pourrait être désastreux, car la région tire 75 % de son eau potable à partir des cours d’eau, rivières et retenues, appelées « eaux de surface ». Si rien n'est fait pour trouver de nouvelles sources d'eau, nos réserves diminueront.

 



Des besoins en eau accrus


Le deuxième épisode aborde la question de la ressource. Avec une activité économique plus importante et des Bretons plus nombreux dans les années à venir, la demande va grimper. Si la tendance se poursuit, la Bretagne aura besoin de 320 millions de mètres cubes d’eau annuels en 2040, contre 284 millions en 2017.

Dans le même temps, à cause du changement climatique, la quantité d’eau disponible en Bretagne sera, elle, sur une tendance à la baisse. Pour gérer ce décalage, chacun devra y mette du sien, de l’initiative locale aux changements globaux :

" Tout le monde est concerné, explique Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Giec. Il n'y a pas un seul secteur d'activité qui puisse se dire 'Le réchauffement climatique n'est pas mon affaire' ", prévient-il.
 



La Bretagne en quête de cours d'eau de qualité


Cette ressource en eau potable menacée par les sécheresses, il va en outre falloir se la partager entre de plus en plus d’habitants… Le constat dressé dans les deux premiers épisodes d’ « En quête d’eau » est sans appel : la gestion de l’eau sera un enjeu central en Bretagne dans les années à venir face aux effets du réchauffement climatique. Pourtant, ce dernier n’est pas le seul à mettre en péril notre approvisionnement.

Ce troisième épisode nous place face à un constat inquiétant : en Bretagne, près de 60 % des cours d’eau et rivières sont en mauvais état écologique ou chimique. Et la dépollution de ces cours d’eau demande du temps.

" À l’échelle de la Bretagne, on n’y arrivera pas, on part de trop bas. "

Thierry Burlot, vice-président de la région Bretagne, est catégorique : dépolluer la totalité des rivières bretonnes avant 2027, comme l’impose la directive-cadre européenne sur l’eau, sera impossible.
 



Des pratiques agricoles à repenser


Parmi les substances présentes dans les cours d'eaux bretons, on retrouve notamment des produits issus des activités agricoles : nitrates, phosphore, résidus de pesticides... Selon les associations de protection de l’environnement, la préservation des rivières dans lesquelles la Bretagne puise son eau potable doit passer par un changement des pratiques de l’agriculture conventionnelle. Mais pour beaucoup d’agriculteurs, une inflexion brutale de leurs modes de production est difficilement envisageable.

" C’est d’autant plus injuste de simplement pointer du doigt les agriculteurs que ça correspond à des choix politiques et économiques " , nuance Yannick Nadesan, président de la Collectivité Eau du Bassin Rennais.

Pour savoir quels changements sont possibles, et qui doit les impulser, rendez-vous dans le dernier épisode de la web-série « En quête d’eau ».
 


Cette web-série s'insère dans une grande enquête sur l’impact du réchauffement climatique en Bretagne à l'horizon 2040.

« +1,5°C », la Bretagne dans l'urgence climatique

+1,5°C à la surface de la terre à l’horizon 2040. Ce degré supplémentaire pourrait bien changer notre mode de vie.

Nous sommes quatorze étudiant·e·s en journalisme à Sciences Po Rennes et, pendant trois mois, nous avons mené l’enquête. Nous avons sillonné la Bretagne, de Guipry-Messac à Brest, de l’Île-Tudy à Saint-Malo, nous vous avons rencontré·e·s pour comprendre comment l’on vit l’impact du réchauffement climatique aujourd’hui, et comment on le vivra demain.

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 13:57

Dominique Agniel nous fait le cadeau de proposer son film en lecture libre pendant cette période de confinement coronavirus.

https://www.youtube.com/watch?v=38OjYPAXxL8

 

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20 février 2020 4 20 /02 /février /2020 12:51

Faisant le constat de l’inaction des gouvernements face à l’urgence écologique et climatique, plus de 1000 scientifiques de toutes disciplines appellent les citoyens à la désobéissance civile et au développement d’alternatives. Ils exhortent les responsables politiques à changer radicalement notre modèle économique et productif et à prendre au sérieux les propositions de la Convention citoyenne sur le climat.

https://rebellionscientifiques.wordpress.com/

Appel aux scientifiques de Bretagne : soutenez la lutte contre la centrale à gaz de Landivisiau.

Texte de l’appel

Nous, soussignés, représentons des disciplines et domaines académiques différents. Les vues que nous exprimons ici nous engagent et n’engagent pas les institutions pour lesquelles nous travaillons. Quels que soient nos domaines d’expertise, nous faisons tous le même constat : depuis des décennies, les gouvernements successifs ont été incapables de mettre en place des actions fortes et rapides pour faire face à la crise climatique et environnementale dont l’urgence croît tous les jours. Cette inertie ne peut plus être tolérée.

Les observations scientifiques sont incontestables et les catastrophes se déroulent sous nos yeux. Nous sommes en train de vivre la 6e extinction de masse, plusieurs dizaines d’espèces disparaissent chaque jour, et les niveaux de pollution sont alarmants à tous points de vue (plastiques, pesticides, nitrates, métaux lourds…).

Pour ne parler que du climat, nous avons déjà dépassé le 1°C de température supplémentaire par rapport à l’ère préindustrielle, et la concentration de CO2 dans l’atmosphère n’a jamais été aussi élevée depuis plusieurs millions d’années. Selon le rapport de suivi des émissions 2019 du Programme des Nations unies pour l’environnement et le développement (PNUE), les engagements pris par les pays dans le cadre de l’accord de Paris de 2015 nous placent sur une trajectoire d’au moins +3°C d’ici 2100, et ce à supposer qu’ils soient respectés. L’objectif de limiter le réchauffement sous les +1,5°C est désormais hors d’atteinte à moins de diminuer les émissions mondiales de 7,6% par an, alors qu’elles ont augmenté de 1,5% par an au cours des dix dernières années. Chaque degré supplémentaire renforce le risque de dépasser des points de basculement provoquant une cascade de conséquences irréversibles (effondrement de la banquise, dégel du pergélisol, ralentissement des courants océaniques…). Les études préparatoires au prochain rapport du GIEC (CNRS-CEA-Météo France) suggèrent que les rapports précédents ont sous-estimé l’ampleur des changements déjà enclenchés. Un réchauffement global de plus de 5°C ne peut plus être exclu si l’emballement actuel des émissions de gaz à effet de serre se poursuit. À ces niveaux de température, l’habitabilité de la France serait remise en question par des niveaux de température et d’humidité provoquant le décès par hyperthermie.

Les sociétés humaines ne peuvent continuer à ignorer les conséquences de leurs activités sur la planète sans en subir les conséquences, comme l’ont montré de longue date et chaque jour plus clairement de nombreuses études reflétant le consensus scientifique. Si nous persistons dans cette voie, le futur de notre espèce est sombre.

Notre gouvernement se rend complice de cette situation en négligeant le principe de précaution et en ne reconnaissant pas qu’une croissance infinie sur une planète aux ressources finies est tout simplement une impasse. Les objectifs de croissance économique qu’il défend sont en contradiction totale avec le changement radical de modèle économique et productif qu’il est indispensable d’engager sans délai. Les politiques françaises actuelles en matière climatique et de protection de la biodiversité sont très loin d’être à la hauteur des enjeux et de l’urgence auxquels nous faisons face. Loin de confirmer une prétendue opposition entre écologie et justice sociale, le mouvement des gilets jaunes a dénoncé à juste titre l’inconséquence et l’hypocrisie de politiques qui voudraient d’un côté imposer la sobriété aux citoyens tout en promouvant de l’autre un consumérisme débridé et un libéralisme économique inégalitaire et prédateur. Continuer à promouvoir des technologies superflues et énergivores comme la 5G ou la voiture autonome est irresponsable à l’heure où nos modes de vie doivent évoluer vers plus de frugalité et où nos efforts collectifs doivent être concentrés sur la transition écologique et sociale.

L’absence de résultats de cette politique est patente : comme l’a relevé le Haut Conseil pour le climat, le budget d’émissions de gaz à effet de serre fixé par la Stratégie nationale bas carbone française n’a pas été respecté entre 2015 et 2018. En dépit des déclarations de bonnes intentions, l’empreinte carbone par habitant de la France (incluant les émissions importées) reste aujourd’hui encore supérieure à son niveau de 1995, à 11 tonnes d’équivalent CO2 par habitant et par an, alors qu’elle doit descendre à 2 tonnes d’ici 2050.

La prochaine décennie sera décisive pour limiter l’ampleur des dérèglements à venir. Nous refusons que les jeunes d’aujourd’hui et les générations futures aient à payer les conséquences de la catastrophe sans précédent que nous sommes en train de préparer et dont les effets se font déjà ressentir. Lorsqu’un gouvernement renonce sciemment à sa responsabilité de protéger ses citoyens, il a échoué dans son rôle essentiel.

En conséquence, nous appelons à participer aux actions de désobéissance civile menées par les mouvements écologistes, qu’ils soient historiques (Amis de la Terre, Attac, Confédération paysanne, Greenpeace…) ou formés plus récemment (Action non-violente COP21, Extinction Rebellion, Youth for Climate…). Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales…), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.

Nous demandons par ailleurs aux pouvoirs publics de dire la vérité concernant la gravité et l’urgence de la situation : notre mode de vie actuel et la croissance économique ne sont pas compatibles avec la limitation du dérèglement climatique à des niveaux acceptables. Nous appelons les responsables politiques nationaux comme locaux à prendre des mesures immédiates pour réduire véritablement l’empreinte carbone de la France et stopper l’érosion de la biodiversité. Nous exhortons également l’exécutif et le Parlement à faire passer les enjeux environnementaux avant les intérêts privés en appliquant de manière ambitieuse les propositions issues de la Convention citoyenne pour le climat et en prolongeant son mandat pour lui donner un pouvoir de suivi de leur mise en œuvre.

La liste des signataires :

https://rebellionscientifiques.wordpress.com/les-1000-premier-e-s-signataires/

Signataires de Bretagne et de Ifremer.

Juliet Abadie, Ecologie, ATER, Université de Bretagne Occidentale UBO

 

Béatrice Alexandre, Science de l’éducation, Doctorante, Université Rennes 2

 

David ar Rouz, Traductologie et sciences du langage, Enseignant-chercheur, Université Rennes 2

 

Jean-Baptiste Bahers, Aménagement, Chargé de recherche, UMR Espaces et sociétés ESO, CNRS, Université de Nantes

 

Jérôme Baudrier, Halieutique, Ingénieur, Ifremer (Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer)

 

Catherine Belin, Environnement littoral, Ingénieur retraitée, Ifremer

 

Sylvain Bourdier, Energies marines, Ingénieur de recherche, Centrale Nantes

 

Katell Chantreau, Sciences de l’éducation et de la formation, Doctorante, Université Rennes 2 (CREAD)

 

Nathan Cogné, Geologie, Ingénieur, Géosciences Rennes

 

Mélanie Congretel, Socioécologie, Maîtresse de conférences, Université Rennes 2

 

Amelia Curd, Ecologie marine, Ingénieur, Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (IFREMER)

 

Damien Delaunay, Sciences halieutiques, Ingénieur, Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer)

 

Mathieu Doray, Ecologie marine, Chercheur, Ifremer

 

Stanislas Dubois, Océanographie, Chercheur, Institut Français de Recherche pour l’Exploitation durable de la Mer IFREMER

 

Maria Immaculada Fabregas, Linguistique romane , Professeur des universités, UNIVERSITÉ BRETAGNE SUD

 

Elias Ganivet, Science de l’environnement, Doctorant, CNRS/Université de Rennes

 

Marwan Johra, Mécanique-robotique, Doctorant, Institut National des Sciences Appliquées de Rennes, INSA Rennes

 

Valérie Marchal-Gaillard, Didactique des sciences, Doctorante, Université de Bretagne Occidentale UBO

 

Jean-Michel Mégret, Sciences de l’éducation, Doctorant, Université Rennes2

 

Laurence Miossec, Biologie marine, Retraitée, Institut Français de recherche pour l’exploitation de la mer Ifremer

 

Julien Normand, Biologie, Cadre de recherche, Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer IFREMER

 

Anne-Laure Pailloux, Géographie, Post-doctorante, Université Bretagne Sud (UBS)

 

Delphine Pierre, Cartographie, hydrographie, IFREMER

 

Marc Poujol, Sciences de la terre, Maître de conférences, Université Rennes 1

 

Olivier Ridoux, Informatique, Professeur, Université de Rennes 1 – IRISA

 

Samuel Toucanne, Paléoclimatologie, Chercheur, Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer – IFREMER

 

Verena Trenkel, Chercheur, Institut Français de Recherche pour l’Exploitation de la Mer (Ifremer)

 

Mouvements écologistes

Action non-violente COP21 : site officiel, page Facebook

Extinction Rebellion France : site officiel, page Facebook

Youth for Climate France : site officiel, page Facebook

Les Amis de la Terre France : site officiel, page Facebook

Attac France : site officiel, page Facebook

Confédération paysanne : site officiel, page Facebook

Greenpeace France : site officiel, page Facebook

Alternatiba : site officiel, page Facebook

Villes en transition : site officiel

Initiative Super local : site officiel, page Facebook

Appels précédents de scientifiques

« Scientists’ Warning: A Second Notice » : avertissement de 15 000 scientifiques du monde entier dans BioScience 25 ans après le premier appel, décembre 2017.

« Scientists’ Warning of a Climate Emergency » : avertissement de 11 000 scientifiques du monde entier dans BioScience, novembre 2019.

« Climat : « Nous en appelons aux décideurs politiques » » : tribune de 700 scientifiques français dans Libération, 7 septembre 2018.

« Facts about our ecological crisis are incontrovertible. We must take action » : appel de 94 scientifiques britanniques dans The Guardian, 26 octobre 2018.

« Act now to prevent an environmental catastrophe » : appel de 94 scientifiques, politiciens et activistes de tous pays dans The Guardian, 9 décembre 2018.

« Nous, scientifiques, ferons aussi la grève scolaire du 15 mars » : tribune de 260 universitaires suisses, français et belges dans Le Monde et Le Temps, 20 février 2019.

« La mobilisation mondiale du 15 mars, lancée par la jeunesse, doit nous interpeller et nous faire réagir » : tribune d’universitaires membres de l’Atécopol dans Le Monde, 5 mars 2019.

« Nous déclarons notre soutien à Extinction Rebellion » : lettre ouverte de 81 scientifiques suisses et 220 citoyens suisses dans Le Temps, 21 octobre 2019.

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 09:57

J’avais trente ans et je n’ai rien oublié nous dit le journaliste Théo Le Diouron dans un article de Ouest-France.

cliquer sur les images pour agrandir

 

 

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 13:00

Par Gérard Borvon

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Lors de la COP 21 le public à retenu le nom de plusieurs intervenants à juste titre médiatisés. On a peu parlé de celui qui a été véritablement le pionnier de la prise de conscience des causes du dérèglement climatique : Claude Lorius.

 

"On recherche jeunes chercheurs pour participer aux campagnes organisées pour l’Année géophysique internationale".

 

C'est cette annonce, lue un jour de 1955 sur les murs de la Faculté de Besançon, qui allait fixer son goût pour le Grand Sud, nous renseigne sa biographie sur le site du CNRS.

 

C'est lui qui a le premier l'idée d'étudier l'évolution du climat en analysant les bulles d'air enfermées dans des carottes de glace.

 

En 2015, un film lui est consacré par Luc Jacquet dont le journal du CNRS rend compte. Son titre : 'La glace et le ciel".

 

 

Voir la vidéo.

 

 

Nous invitons chacune et chacun à consulter ces sites ainsi que celui de Claude Lorius lui-même.

 

Nous en retiendrons cette parole d'un scientifique engagé :

 

"Il est urgent de répondre à l’alerte lancée, il y a trente ans, en déchiffrant l’histoire de notre environnement dans les glaces de l’Antarctique : l’Homme est devenu un acteur majeur dans l’évolution du climat, liée à la hausse incontrôlée des émissions de gaz à effet de serre détériorant les conditions de vie sur notre planète. Agissons dès maintenant tous ensemble pour relever ce défi.


Pour rendre vivable notre planète, les actions à entreprendre au niveau international sont nombreuses tout comme les choix à faire : par exemple privilégier les sources d’énergies peu polluantes, une agriculture plus respectueuse de l’environnement, des transports avec le train qui remplace la voiture.


Et puis il y a des nécessités plus ambitieuses : réduire les inégalités et pourvoir aux besoins des plus pauvres, faire que tous aient accès à l’éducation mais aussi que chacun d’entre nous s’engage.


Et moi, comme vous, qu’allons-nous faire ?"

 

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En janvier 2011, Claude Lorius était l'invité de Ruth Stégassy sur Terre à Terre.

Après de la publication de son livre : Voyage dans l'anthropocène.

 

Un livre sans concession, à lire absolument.

 

 

Un mot :

Crépuscule : lueur atmosphérique due à la diffusion de la lumière solaire lorsque le soleil vient de se coucher ( crépuscule du soir) ou va se lever (crépuscule du matin). Larousse.

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5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 19:06

 

Le réchauffement planétaire impacte sur le cycle hydrologique, c’est une certitude admise par l’ensemble de la communauté internationale scientifique.

 

Cependant les conséquences, leur ampleur et leur durée sont difficiles à mesurer avec précision. En cause : les interactions de l’homme sur le cycle de l’eau se cumulent avec les effets du changement climatique.

De même, les masses d’eau comme les mers, les océans et les grands réservoirs d’eau douce (nappes phréatiques) se caractérisent par une grande inertie : les effets se mesurent donc sur le long terme et sont difficiles à estimer sur des échelles de temps courtes.

Les études et observations réalisées notamment par le Groupe d’Experts intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC) permettent cependant de dégager des grandes tendances.

  • Une grande partie du dioxyde de carbone anthropique que nous émettons reste actif dans l’atmosphère pendant des temps très longs.
  • Le système climatique terrestre possède une inertie élevée (essentiellement due à l’océan) de telle sorte que, lorsqu’il est perturbé, il met de nombreux millénaires à s’ajuster, par exemple en température.

Conséquence du réchauffement climatique sur le cycle de l’eau: l’augmentation de la sécheresse dans de nombreuses régions du globe, en durée et sur des territoires de plus en plus vastes. Méditerranée, Afrique Australe, Asie du Sud, Sahel connaissent des sécheresses plus longues et plus intenses. Ces sécheresses sont observées depuis les années 1970. (2)

Les régions désertiques, à de rares exceptions près (désert de Gobi en Chine) sont concernées. Un phénomène à ne pas sous-estimer : contrairement aux idées reçues, les régions désertiques sont des écosystèmes qui abritent une faune et flore variées ainsi que des populations humaines.

L’impact de la sécheresse sur les zones désertiques aura des conséquences sur les zones limitrophes. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUE) prévoit des diminutions des précipitations de 5% à 15 % dans la majorité des zones désertiques du globe.

Certaines régions arides disposent de réserves d’eau constituées par l’apport de grands fleuves, la diminution prévue de cet apport est un facteur aggravant de la raréfaction des précipitations sur la ressource en eau. (2)

L’une des conséquences de la sécheresse et du réchauffement est d’épuiser les ressources d’eau profondes. Les populations exposées doivent recourir aux eaux de surface qui sont insalubres.

A l’inverse, les précipitations accrues dans certaines régions du monde mettent à mal les installations de traitement de l’eau (stations d’épuration) qui répandent les matières fécales et conduisent à une augmentation des maladies véhiculées par l’eau comme le choléra et la diarrhée.  (3)

Le réchauffement climatique n’impacte pas seulement la ressource en eau salubre, il favorise aussi les maladies liées à l’eau comme le paludisme ou la dengue qui voient leur zone géographique s’élargir. (3)

A l’inverse des régions subtropicales, les régions situées dans l’hémisphère nord verront leurs précipitations augmenter. Des précipitations plus importantes sont déjà observées sur le continent américain, en Europe du Nord, en Asie Centrale et en Asie du Nord.

Ces précipitations ont pour conséquence un ruissellement plus important, qui impacte à son tour les écosystèmes et génère inondations et glissements de terrain. La disponibilité de cette eau dépend de la capacité de l’homme à la retenir.

Le réchauffement augmente la contamination de l’eau douce par l’eau de mer

Sur ce dernier, les réserves d’eau douce ne sont pas isolées de l’eau de mer (porosité des roches). Par effet de vase communiquant, le prélèvement en eau douce se traduit par la contamination de l’eau douce par l’eau de mer. Le réchauffement de la planète qui se traduit par la fonte des glaces et l’élévation du niveau des mers vient renforcer ce phénomène. (1)

La moitié de la population mondiale vit à moins de 60 kilomètres des côtes et 8 des 10 plus grandes villes de la planète sont situées sur le littoral.

Le réchauffement climatique a pour conséquence la fonte des glaces sur les pôles mais aussi des glaciers. Ces derniers jouent un rôle de tampon en captant de l’eau douce qui est ensuite restituée graduellement aux écosystèmes pendant la période sèche.

Tout comme l’augmentation des précipitations dans les hautes latitudes, la disparition des glaciers entraîne une augmentation du débit des cours d’eau et nécessite des infrastructures pour capter et stocker l’eau potable, infrastructures qui ne sont actuellement pas disponibles.

Les lacs et rivières voient la température moyenne des eaux de surface et des eaux profondes augmenter. Cette augmentation modifie l’équilibre chimique et biologique de l’eau : sa qualité diminue et impacte la quantité d’eau disponible pour la consommation humaine ainsi que les écosystèmes liés.

L’augmentation des précipitations accroît l’érosion et la mobilité des polluants

Le ruissellement provoqué par les précipitations accrues dans les hautes latitudes provoque une érosion dommageable aux écosystèmes et dangereuse pour les populations humaines (glissements de terrain). Il rend aussi les polluants plus mobiles : ces derniers arrivent désormais jusqu’aux aquifères souterrains.

L’intensité des précipitations rend aussi la gestion de l’eau par l’homme plus complexe en saturant les systèmes de récupération et de traitement des eaux usées.(1)

L’accentuation ou la diminution des précipitations dans les différentes régions du globe conduit à un cercle vicieux : propagation des polluants dans un cas ou concentration dans l’autre.(1)

Les effets du dérèglement climatique ont de multiples conséquences présentes ou futures sur le traitement de l’eau domestique.  L’augmentation de la température des eaux à l’état naturel peut favoriser le développement de germes et de bactéries. En cas de contamination, le processus de désinfection actuel pourrait devenir inadapté.

Les épisodes soudains de fortes précipitations, comme nous en avons connu ces dernières années, peuvent également mettre à mal les réseaux d’assainissement et excédant leurs capacités. Des mesures temporaires peuvent être prises au niveau local si les normes de potabilité ne sont pas atteintes.

Enfin, notre accès à l’eau potable dépend de prélèvements effectués dans les nappes souterraines et les rivières. Si le niveau d’eau disponible venait à baisser dans ces milieux, la quantité d’eau potable disponible pour l’usage domestique pourrait devenir insuffisante pour couvrir les besoins de l’ensemble de la population.

De plus, le volume d’eau dépollué rejeté dans les rivières correspond à leurs capacités de dilution actuelles, des variations importantes de débit pourraient rompre cet équilibre et rendre les cours d’eau plus vulnérables aux pollutions.

 

Sources :

  • GIEC
  • Fond des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF)
  • Programme des Nations Unies pour le développement (PNUE)
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15 décembre 2019 7 15 /12 /décembre /2019 17:21

L’Homme est la Nature
prenant conscience d’elle-même.

 

Cette Phrase annonce la préface du premier tome de "L'homme et la terre" de Elisée Reclus publié en 1905 année de sa mort. Phrase qui m'avait étonné chez celui qui est considéré comme l'un des premiers écologistes. De quel homme parle-t-il ? De celui qui vient de faire entrer la nature terrestre dans cet anthropocène de tous les dangers ?  

 

Cette phrase était-elle de lui, citait-il un autre auteur, ou l'idée était-elle dans l'air du temps ? Avant de lire Elisée Reclus, je l'avais déjà trouvée presque mot pour mot, avec le même étonnement et le même sentiment critique, chez Friedrich Engels en introduction de sa "Dialectique de la Nature" rédigée vers 1875 mais publiée après sa mort en 1925 et que j'ai retrouvée dans une publication des Editions Sociales datée de 1971.

 

Citant la publication de Copernic comme l'acte révolutionnaire par lequel la science de la Nature a proclamé son indépendance vis à vis des religions, Engels constate que le développement des sciences avança dès lors à " pas de géant". Et il ajoute :

 

"Il fallait, semble-t-il, démontrer au monde que, désormais, le produit le plus élevé de la matière organique, l'esprit humain, obéissait à une loi du mouvement inverse de celle de la matière organique".

 

Et pour être plus précis, plus loin dans le texte :

 

"A partir des premiers animaux se sont développés essentiellement par différenciation continue, les innombrables classes, ordres, familles, genres et espèce d'animaux, pour aboutir à la forme où le système nerveux atteint son développement le plus complet, celle des vertébrés, et à son tour, en fin de compte, au vertébré dans lequel la nature arrive à la conscience d'elle même : l'homme".

 

Et, en conclusion de cette introduction, après avoir évoqué l'inévitable fin du Soleil et de la Terre, si la Nature, écrit-il :

 

"doit sur terre exterminer un jour, avec une nécessité d'airain, sa floraison suprême, l'esprit pensant, il faut avec la même nécessité que quelque part ailleurs et à une autre heure elle le reproduise"

 

Je me promets, si le temps s'y prête, d'en faire un commentaire avec l'éclairage de notre actualité.

Jeudi 7 mai 2002. Pendant le confinement pour cause coronavirus.

Cette pandémie qui touche l'humanité dans son ensemble est en elle même matière à réflexion sur la place des humains dans la "Nature". S'y ajoute une publication que j'ai sous les yeux : un numéro de Science et Vie de mars 2020 qui titre en couverture "Et si la Terre était vivante... Pourquoi les scientifiques y croient".

Retour sur Engels.

Pourquoi cette irritation en le lisant. Sa présentation de l'évolution ne serait donc pas le résultat de l'adaptation à une suite de hasards naturels mais la mise en oeuvre d'un plan aboutissant à l'homme. Quelle différence avec et les théories du "Dessein intelligent" diffusées par les sectes néo-chrétiennes qui justifient ainsi l'existence d'un dieu créateur ? Ou pour remonter plus en avant, quelle différence avec le démiurge de Platon régnant sur le monde des Idées ?

Et puis cette arrogance : L'homme étant l'aboutissement de l'évolution de la Nature, la naissance de sa "conscience". Quel homme d'abord ? De quel continent, de quelle époque, de quel bagage culturel, de quelle classe sociale ? Cette conscience serait-elle uniquement celle portée  à son plus haut niveau par cette nouvelle catégorie de penseurs, les tenants du "matérialisme historique" ?

Et suprême orgueil : Cette conscience portée par le seul homme terrestre avec la seule nuance matérialiste du "rien ne se perd, rien ne se crée" qui induirait que si l'homme disparaissait cette conscience devrait renaître "quelque part ailleurs et à une autre heure".

 

Plus sobre Reclus, l'anarchiste.

Sans doute sa proposition qui est restée sa marque de fabrique a-t-elle pour objectif de faire comprendre que l'homme n'est pas externe à la Nature mais qu'il n'est qu'un élément de cette Nature. sur laquelle il agit qui le façonne lui même. Il n'en demeure pas moins qu'elle pose questions à un moment où l'humanité prend conscience qu'elle est responsable du bouleversement qui attend la vie sur Terre dans les prochaines décennies.

 

Plus récent : la Terre organisme vivant.

Cet article de Sciences et Vie revient sur "l'hypothèse Gaïa" formulée il y a 50 ans par le très controversé James Lovelock. La Terre serait donc un être vivant.  L'humanité y serait une sorte de système nerveux, apparu tardivement, qui permettrait à cet organisme de se penser et même de se voir. Cet être vivant mérite une identité. Lovelock a le sens de la publicité : ce sera Gaïa, déesse grecque de la Terre.

Plus modestes, les scientifiques nous ont habitués à la notion de biosphère. Mais le mythe n'est pas mort. Je lis : "A l'heure de l'anthropocène, et puisque l'humanité fait partie de Gaïa, Bruno Latour estime même qu'on peut désormais parler d'une Planète consciente d'elle même : une Gaïa 2.0". Car si Gaïa des origines "a opéré pendant toute son histoire sans anticipation ni projet" nous avons aujourd'hui suffisamment d'instruments , de connaissances et de leviers d'action pour que notre planète s'auto-régule par l'intermédiaire des humains dont elle a permis l'apparition.."

Nous en sommes donc là ? Les humains seraient le dernier organe apparu sur cet animal/planète au cours de son évolution : son organe de régulation ! Étrange proposition au moment où les humains apparaissent comme la cause principale de l'extinction de nombreuses espèces et celle du dérèglement du climat. 

 

 

 

 

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