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31 janvier 2016 7 31 /01 /janvier /2016 16:43

 

 

Je relis à nouveau ce matin une lettre de Paris reçue de Mathieu le Goff, l'ami de mes années Navarre, qui a trop aimé l'agitation de la ville pour envisager un retour au Pays. Il a trouvé à s'y employer comme clerc d'un notaire connu. Une place idéale pour recueillir toutes les rumeurs de la ville. On n'y parle en ce moment que de Benjamin Franklin m'écrit-il. Il y arrive auréolé de la gloire de l'inventeur du paratonnerre. L'affaire avait fait grand bruit à Paris. Buffon et ses amis avaient été les premiers à réaliser, à Marly, l'expérience de la foudre captée dans le but, disait-on, de discréditer l'abbé Nollet en valorisant les thèses de Franklin auquel il s'opposait, et à travers lui s'attaquer à Réaumur et à ses partisans, dont il était, dans la querelle opposant newtoniens et cartésiens.

 

Mon oncle Mazéas qui en tenait pour le clan de Buffon, de Voltaire et des newtoniens avait été directement acteur des premières expériences sur le paratonnerre. Je me souviens encore de la fougue avec laquelle je défendais ses thèses au Collège de Navarre étant minoritaire au milieu des mes condisciples acquis à celles de l'abbé Nollet, notre professeur de physique. Si j'admirais l'art avec lequel ce dernier menait ses expériences, il me semblait confus dès qu'il s'agissait de théoriser, en particulier dans le domaine de l'électricité.

 

Dans ces joutes oratoires, je recevais le soutien résolu de mon compatriote Mathieu le Goff originaire de cette ville de Pont-Labbé dont il se plaisait à rappeler le passé rebelle. Son soutien était d'ailleurs autant mêlé d'arrières pensées politiques que de raisons scientifiques. Combien de fois ne m'a-t-il pas attiré dans ces réunions où entre étudiants et après moultes libations nous construisions un utopique nouveau monde.

 

Paris continuait à s'agiter, m'écrivait-il, et plus que Franklin, le physicien, c'était l'insurgé américain, porteur d'idées aussi révolutionnaires que l'était sa physique, qui était fêté. Il y avait fait connaître la "Déclaration d'Indépendance des treize États Unis d'Amérique réunis en Congrès le 4 juillet 1776". Le texte circulait dans les salons parisiens, traduit et recopié de main en main. Il m'en avait recopié le passage que, selon lui, je devais méditer.

 

"Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu'une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l'abolir et d'établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l'organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l'expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu'à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu'une longue suite d'abus et d'usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit, il est de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future."

 

Que d'idées en si peu de mots. Que de nuits d'insomnies allais-je m'infliger à les méditer.

 

Naissons-nous égaux ? Qui pourrait le croire. Quand je regagne la chambre que me loue le maître-serrurier Bruslé au dessus du quartier de Pontaniou je suis témoin en permanence de l'arrogance affichée des jeunes gardes-marine tous imbus de leur sang bleu. Il ne fait pas bon de croiser leurs bandes dans les rues du  quartier de Recouvrance où ils passent de tripot en tripot. Même la brave ménagère chargée de provisions et d'enfants risquerait de rouler dans la fange si elle ne s'était pas suffisamment hâtée, à leur goût, de s'écarter du haut du pavé. Leur jeu le plus prisé est de provoquer en duel, en les insultants, les officiers de plume à qui il reprochent leur origine bourgeoise. Même si mon uniforme de chirurgien me procure une relative immunité, je ne les croise pas sans précautions.

 

Qui sont les despotes sinon ces apprentis tyrans ? Et pourtant, je l'ai constaté, c'est parmi eux que l'on rencontre les plus chauds partisans d'une guerre aux côtés des "insurgents" américains. Que leur importent les "droits de l'homme" quand ils pensent que leur simple naissance leur donne le droit d'opprimer leurs contemporains. Est-ce dans le respect du droit reconnu à chacun à la vie, à la liberté, au bonheur qu'ils entendent mener un équipage à la souffrance et à la mort dans les combats ? C'est dès le sein de leur nourrice qu'on leur apprend que seule la terreur permet de diriger les hommes.

 

Se révolter devant ces "abus" et ces "usurpations" ? Le bagne de Brest, ce "chef d’œuvre" que Choquet Lindu a construit il y a un peu plus de vingt ans, compte des centaines de ces hommes que la moindre protestation a condamnés au travail forcé. Combien, lors de mes visites pour les soigner, m'ont fait part de leur triste vie, soulagés de rencontrer enfin une oreille attentive.

 

Et que sait-on de cette guerre d'Amérique. Des nouvelles reçues d'Angleterre de mon ami Stephen Abbott rencontré à Cambridge où j'avais accompagné mon oncle, je savais surtout que le conflit avait pour origine des désaccords douaniers. Aux dires de Stephen les prétentions de la métropole anglaises qui entendait se réserver le commerce du thé et exigeait l'exclusivité des échanges avec ses colonies étaient à vrai dire excessives. Mais quels liens entre les droits du commerce et ceux de l'Homme ?

 

Pourtant la force des termes de cette Déclaration d'Indépendance révèle bien autre chose qu'une simple revendication marchande. La pensée de D'Alembert, de Diderot, de Voltaire transpire dans ces lignes. Y a-t-il parmi ceux qui, à Brest, encouragent l'entrée en guerre de la France au côté des Américains insurgés, des hommes qui voient dans cette guerre une marche vers la liberté et l'égalité ?

 

 

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Gérard Borvon - dans Romans
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10 janvier 2016 7 10 /01 /janvier /2016 11:10

 

Le mardi 10 novembre 2015, dans les locaux de l’université de Rennes 1 à Beaulieu, s’est déroulé un événement exceptionnel :

 

La reconstitution de la manipulation des époux Curie, faite en 1898, permettant de « voir la radioactivité ».

 

Les petits-enfants Curie, Hélène Langevin-Joliot et Pierre Joliot, ont marqué, par leur présence et par leurs chaleureuses prises de parole, l’intérêt de cette reconstitution, intérêt tant historique que scientifique.

 

L’un des appareils utilisés ( conçu par Pierre Curie) fut acheté en 1900 par la faculté des sciences de Rennes, place Pasteur… ce qui montre que Rennes suivait de près la science en évolution.

 

L’ensemble de ces instruments sont des pièces remarquables des collections scientifiques de Beaulieu.

 

Ils ont été patiemment remis en état de fonctionnement par Dominique Bernard, Julie Priser, aidés de manière déterminante par Bernard Pipelet, talentueux restaurateur d’instruments scientifiques.

 

Florence Riou a saisi les moments clés de cette démonstration et, dans un magnifique montage, nous la fait revivre en la situant bien dans l’histoire des connaissances de la radioactivité. Pour cela elle utilise des photos des fonds Musée Curie et association Joliot-Curie.

 

 

Voir la vidéo sur : http://www.rennesensciences.fr/l-experience-curie-reconstituee-a119770946

 

L'association "Rennes en Sciences, Place Pasteur" qui a été à l'origine de cette reconstitution milite pour le développement de la culture scientifique et technique dans sa ville et en particulier pour la création d'un musée des sciences dans les locaux de l'ancienne faculté des sciences, Place Pasteur.

 

voir son site : http://www.rennesensciences.fr/

 

_______________________________________________________________________________


 En complément on peut voir sur ce site :

 

Henri Becquerel, Marie Curie : la découverte de la radioactivité.

 

extrait de "Lhistoire de l'électricité, de l'ambre à l'électron. Gérard Borvon, Vuibert"

 

Voir sur le site de l'Académie des sciences la note de Marie Curie présentée par Lipmann le 12 avril 1898

 

Voir la notice Pierre Curie de L'académie des sciences.

 

Pour faire le tour de la question : la publication de Philippe Moulinié et Soraya Boudia.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 janvier 2016 6 02 /01 /janvier /2016 12:57

La ville de Landerneau était, au 19ème siècle, une cité active sur le plan industriel. Les entrepeneurs, souvent extérieurs à la région, y trouvaient une main-d'oeuvre abondante et bon marché à proximité du débouché de la ville de Brest. Ce sont ces industriels qui se succédaient à la tête de la ville dans les fonctions de maires ou de conseillers municipaux. Pour l'instruction de leurs cadres ou la distraction de leurs familles, ils avaient créé une bibliothèque municipale largement dotée. On y trouvait en particulier un nombre important de revues de vulgarisation scientifique : les "causeries scientifiques" de Henri de Parville, "L'année scientifique" de Louis Figuier et "La Nature" de Gaston Tissandier.

 

1985. Un siècle s'est écoulé. La ville de Landerneau ne disposait plus d'une biblothèque municipale (elle attendra encore quelques années). Professeur de physique au lycée et utilisant l'histoire des sciences dans mon enseignement, j'avais participé à une exposition organisée par l'adjointe à la culture sur l'histoire de l'électricité. Celle-ci avait bénéficié du prêt par le "Palais de la Découverte" du matériel de démonstration des expériences d'électrostatique qui font son succès. L'occasion se présentait de faire connaître le landernéen Guillaume Mazéas et ses apports dans le domaine de l'électricité.

 

Ces circonstances amenaient l'adjointe à la culture à me faire savoir que les livres de la vieille bibliothèque étaient entreposés dans le grenier de la mairie. Ayant obtenu que les livres scientifiques soient transférés au centre des archives de la ville qui se trouvait alors au manoir de Keranden, dans un parc situé à quelques dizaines de mètres du lycée, j'y menais régulièrement mes classes pour des recherches en histoire des sciences.

 

L'ouvrage le plus attractif était "La Nature", en particulier par ses illustrations. Nous disposions des revues publiées entre 1878 et 1914. Chaque année les compilations des classes issues de cette revue étaient pésentées dans un fascicule sous le titre de "Les sciences il y a 100 ans". Aujourd'hui toutes ces revues sont publiées sur le site de Conservatoire des Arts et Métiers que nous mettons en lien.

 

Je souhaite présenter ici les fiches réalisées chaque année notant les articles particulièrement remarqués par les élèves car pouvant donner lieu à des liens avec les programmes des classes et les préoccupations du moment. Cependant nous invitons chacune et chacun à consulter la totalité des tables des matières pour y déceler quelques autres perles.

 

Année 1878 premier semestre.

 

p160 : Le téléphone de M. Graham Bell. Suite Page 337 et 355.

p 304 : Téléphone de M. Trouvé.

p 230 : lumière produite par l'électricité.

p 289 : Lumière produite par l'électricité - suite-

p 257 : Phonographe d'Edison.

p 401 : Le phonographe et l'aérophone - Un interview de Edison.

p 312 : Les indigènes de la Nouvelle-Calédonie. suite page 347.

p 369 : Les wagons à voile.

 

Année 1878 deuxième semestre.

 

p 13 : Statue de la Liberté de New-York.

p 40 : Nouveau phonographe à mouvement d'horlogerie.

p 80 : Albert Dürer.

p 119 : marteau pilon du Creusot.

p 218 ; 228 ; 326 ; 354 : L'air et le vide. Le baromètre à eau.

p 273 ; 289 : expériences de physiologie graphique par Marey.

p 47 : origine du natron.

p 171 : Les Aïnos du Japon.

p 179 : spectres magnétiques.

p 186 : le phare d'Ar Men

p321 : le mégaphone d'Edison.

 

Année 1879. Premier semestre.

 

p 23 : les allures dun cheval (photos de Muybridge).

p54 : lettre de Marey à Muybridge.

p 246 : Lettre de Muybridge à Marey où il décrit son dispositif - 30 chambres noires disposés à 12 pouces les unes des autres

p 102 : du somnenbulisme et du magnétisme (hypnotisme, Charcot)

p 133 : le praxinoscope de Reynaud.

p 289 : crayon voltaïque de Edison (voir fax)

p 274 ; p 315 : champ d'expérience de Grignon.

p 362 : les instruments de Lavoisier :

p 199 : choix du premier méridien.

p 222 : photographie en couleur de M. Cros

p 28 : éclairage électrique à Paris

p 97 : éclairage électrique à Londres.

p 182 : compressibilité des gaz.

p 321 : le plus petit bateau à vapeur du monde.

p 331 : mort de Pilâtre des Rozier.

 

Année 1879. Deuxième trimestre.

 

p 79 : four à combustible des résidus.

p 81 : éclairage au gaz.

p 112 : accident de Mme Blanchard.

p 140 : labourage par l'électricité.

p 143 : les origines du feu.

p 331 : les martyrs de la science (Denis Papin).

p 372 : une expérience d'électricité au 18ème siècle (enfant suspendu).

p 411 : les nouveaux wagons-restaurants en Angleterre.

p 419 : les buveurs d'opium en Angleterre.

p 420 : ferments nitriques des sols.

p 13 ; p 49 :  projet du canal de Panama.

p 53 : illusion d'optique.

p 66 : radiomètre de Crookes.

p 111 : le crâne de Descartes.

p 186 : fous ou criminels ?

p 208 : le canot de papier.

p 318 : un article de Plateau.

p 373 : rail sans fin.

p 410 : travail maximum disponible dans les piles.

p 414 : essai de mécanique chimique par Berthelot.

 

Année 1880. Premier semestre.

 

p 44 : un jouet scientifique, l'électrophore Peiffer.

p 127 : la statue de Galvani à Bologne.

p 186 : l'état radiant de la matière. Expérience de Crookes.

p 282 : expériences de Crookes (pourquoi les rayons partent-ils du pôle négatif uniquement ? )

p 259 : histoire de la machine à vapeur.

p 12 ; p 18 : fabication de la soude par le bicarbonate d'ammoniaque.

p 110 : conférence de Crookes sur la matière radiante.

p 144 : la lampe de Edison.

p 62 : action de la température sur la nitrification des sols.

p 359 : les grandes usines électriques de Paris.

p 147 : praxinoscope théatre

p 167 : nouveaux procédés de fabrication de l'acier.

p179 : éclairage électrique Siemens.

p 305 : l'emmagasinement de l'électricité. pile secondaire Planté chargée par machine gramme.

p 374 : industrie de la potasse.

 

Année 1880. Deuxième semestre.

 

p 7 ; p 71 : la physique sans appareils.

p 54 : la lampe de Edison.

p 75 : de l'aimant en médecine.

p 78 : le prix volta.

p 184 : Phénakistocope de Plateau.

p 243 : les grands produits chimiques brôme et iode.

p 307 : une visite à M. Graham Bell.

p 270 ; p 273 ; p 319 ; p 341; p 398 : photophone.

p 375 : conservatoire des Arts et Métiers.

p 381 : superphosphate de chaux.

p 389 : le moteur à pétrole Brayton.

 

Année 1881. Premier semestre.

 

p 98 : l'exposition internationale d'électricité à Paris en 1881.

p 146 : les unités électriques.

p 177 : l'ascenceur électrique de Werner Siemens.

p 197 : compteur totalisateur électrique.

p 205 : l'électricité domestique.

p 246 : le montage des piles électriques (exercices possibles).

p 251 : le machine dynamo-électrique d'Edison.

p 270 : publication du journal l'Electricien.

p 338 : pile secondaire de M. Faure (voir 1871 machine Gramme).

p 330 : la force et la lumière par l'électricité.

p 406 : les phénomènes d'hypnotisme.

p 35 : la lampe électrique de Swan.

p 96 : machine dynamo-électrique  de Wallace-Farmer.

p 286 : relation entre les unités électriques, thermiques et mécaniques.

p 328 : jardins maraichers flottants.

p 119 : la physique sans appareils.

p 132 : la grande lunette d'Hevelius.

p 221 : appareil à rendre des silhouettes.

p 271 : nouvel engrais.

p 165 : analyse microscopique de l'eau.

 

Année 1881. Deuxième semestre.

 

p 1 : tunnels et ponts de la Manche.

p 19 : le bateau électrique.

p 113 : Henri Sainte-Claire Deville.

p 155 : aiguillage SNCF.

p 200 : l'exposition d'électricité (vue d'ensemble).

p 209 : l'exposition d'électricité (machine de Van Marum).

p 210. un précurseur de Galvani ( Swammerdam)

p 211 : les mesures françaises et étrangères.

p 232 : l'exposition d'électricité (le musée avec le matériel de Volta).

p 332 : électricité - le musée rétrspectif - table d'Ampère.

p 257 : l'exposition d'électricité (théatrophone).

p 278 : l'exposition d'électricité (générateurs).

p 263 ; p 282 ; p 302 ; p 318 : le congrès international des électriciens (définition des unités).

p 289 : le tramway électrique.

p 305 : le vélocipède unicycle.

p 279 ; p 310 ; p 375 ; p 406 : l'exposition d'électricité (éclairage électrique).

p 320 : appareil pour la préparation continue des gaz.

p 394 : la distribition d'électricité.

p 396 : le laboratoire de l'électricien.

p 15 : un nouveau légule : la soja.

p 219 : l'électricité et ses applications.

p 10 : l'éclairage électrique à Londres.

p  22 : l'agriculture algérienne. hymne à la colonisation.

p 38 : sur la puissance d'emmaganisement des accumulateurs électriques.

p 47 : la puissance motrice dans le monde entier.

p 52 : nouvelle machine dynamo-électrique Gramme.

p 94 : l'emploi de la lumière électrique.

p 104 : l'éclairage électrique système Brush.

p 135 : l'éclairage électrique par incandescence Maxim.

p 161 : plan de l'exposition internationale d'électricité.

p 340 : petits moteurs électriques (machine à coudre).

 


Année 1882. Premier semestre.

 

p 5 : la photographie à la lumière électrique.

p 8 : ascencion de Charles et Robert (ballon à hydrogène).

p 30 : l'avenir de la mécanique électrique.

p 6 ; p 42 ; p74 : la distribution de l'électricité - les transformateurs.

p 71 : l'enseignement par les jeux (zootrope avec le disque et les chevaux).

p 107 : notre consommation de blé.

p 147 : l'émigration aux Etats Unis.

p 193 : les coupeurs de têtes.

p 194 : la mesure du travail.

p 260 : la jumelle photographique.

p 252 : appareils d'électrothérapie.

p 273 : pile électrique de laboratoire et d'appartement

p 276 : les photographies instantannées de Muybridge (dispositif de prise de vue).

p 296 : un nouveau bateau à vapeur.

p 303 : rendement des accumulateurs.

p 305 : traversée de la Manche en ballon.

p 326 : le fusil photographique de Marey.

p 363 : utilisation du mouvement de la mer pour produire de l'énergie électrique.

p 369 : Charles-Robert Darwin (sa mort).

p 384 : nouveaux accumulateurs électriques.

p 391 : construction d'un moteur électrique léger.

 

Année 1882. Deuxième semestre.

 

p 19 : la netteté de la photographie des roues de charette.

p 38 : le syllabaire "vei".

p 64 : phénakistiscope de projection.

p 115 : la photographie en mouvement (Marey)

p 161 : tricycle à vapeur.

p 171 : éclairage électrique.

p 193 : imprimerie solaire.

p 218 : appareil à produire de l'hydrogène.

p 256 : saut périlleux par Muybridge.

p 258 : mort de Leclanché.

p 289 : l'éclairage à Paris.

p 357 : praxinoscope de projection.

p 369 : nouvelle machine dynamo-électrique.

 

Année 1883. Premier semestre.

 

p10 : les héros du travail.

p 18 : le coesium

p 99 : les moulins de marée (projet sur la Rance)

p 101 : le chauffage par l'acétate de soude cristallisé.

p 117 : Eclairage électrique des forges et ateliers de Saint Denis.

p 125 : les moulins à vent.

p 143 : un vélocipède à vapeur.

p188 : nouveaux galvanomètres.

p 193 : le viaduc de Garabit en France.

p 279 : électricité pratique.

p 293 : le patinage à voile.

p 332 : les compteurs d'électricité et d'énergie.

p 359 : exposition de tricycles.

p 363 : pile au bichromate de potasse.

p 387 : la production du feu (origine de la svastika)

p 401 : lançage du viaduc de Garabit.

 

Année 1883. Deuxième semestre.

p35 : le langage des électriciens.

p145 : l'observatoire du bureau international des poids et mesures.

p 158 : le téléphone et la morale.

p 291 : nouvel appareil pour la fabrication du gaz hydrogène.

p 47 : brouillard extraordinaire.

p59 : acide carbonique dans l'atmosphère.

p 35 : le vol des oiseaux (Marey).

p245 : les anesthsiques des jongleurs (Aîssaouas...)

p 71 : les progrès de l'agriculture.

 

à suivre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Gérard Borvon - dans Documents
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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 14:05

 

CO2, Elixir ou poison ? Telle est la question à laquelle j'ai tenté de répondre dans "L'histoire du Carbone et du CO2", le livre que j'ai publié chez Vuibert. 

 

J'y notais que la diabolisation actuelle du dioxyde de carbone, ennemi numéro un du climat,  n'est qu'un élément d'une question plus générale : faut-il avoir peur de la chimie ? (titre du livre de Bernadette Bensaude-Vincent, Seuil, 2005). Ou plus généralement, faut-il avoir peur des sciences ?

 

Question douloureuse pour qui a la passion des sciences, de leur histoire, de la soif de connaître mais aussi de rêver qu'elles alimentent, de la façon dont elles contribuent à libérer les humains des vieilles peurs et des vieilles douleurs. Et pourtant la question est d'une brûlante actualité : les "sciences" font peur.

 

Un débat à la Sorbonne.

 

En mars 2013, s'est tenue à la Sorbonne une table ronde retransmise, par France-Culture, dans le cadre de l'émission "Science publique". Son thème : "La science est-elle le problème ou la solution ? ".

 

Michel Alberganti, l'animateur, rappelait le contexte :

 

"Nous n’aurions pas eu l’idée de débattre d’un tel sujet il y a cent ans, ni même, sans doute, 50 ans, ni, peut-être, 30 ans. Mais en 1986, il y a 27 ans, s’est produite la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Et c’est peut-être à ce moment, plus encore qu’après la bombe atomique, que le doute a commencé à s’installer. Pour la première fois, une activité civile fondée sur la science et la technologie engendrait un drame humain de très grande ampleur. Avant même cet événement traumatisant, René Dumont avait plaidé en faveur des thèses qui allaient fonder le mouvement écologiste ".

 

Débattre de la science et de la vie il y a cent ans ?

 

Ayons la curiosité d'y aller voir. C'est justement il y a cent ans, le 1er avril 2013, que paraissait le premier numéro d'une revue promise à un long succès : "La Science et la Vie", devenu "Science et Vie".

 

Côté "Vie", on pouvait y lire un article sur "Les grands chirurgiens français d'aujourd'hui" ou encore, et déjà, un article sur "La répression des fraudes alimentaire". Mais, dès les premières pages de la revue le lecteur était invité à suivre "La naissance, la vie et la mort d'un canon". La couverture de la revue représentait d'ailleurs l'usinage de ce fameux canon, avec, au premier plan, un officier, sabre au côté, surveillant l'opération.

 

 

Poursuivant leur lecture jusqu'aux dernières pages, un lecteur ou une lectrice, pouvaient y lire un article de Gabriel Lippmann, prix Nobel de Physique en 1908. Celui-ci, sous le titre "La science et la vie", entendait montrer comment "la science joue dans notre vie un rôle immense" et à quel point "elle fait essentiellement partie de notre avenir comme de notre passé".

 

L'invention de la roue, du bateau, de l'imprimerie, ont, écrivait-il, "créé l'époque moderne". Mais il y ajoutait la poudre :

 

"Car il n'est pas jusqu'à l'artillerie qui ne soit un instrument de progrès, j'allais dire de paix et de progrès, à condition qu'elle soit de plus en plus savante".

 

Le discours était dans l'esprit du temps : la science devait être au service de la guerre et la guerre au service de l'industrie, du commerce… et de la science ! La démonstration qu'en faisait Lippmann mérite qu'on y jette un coup d'œil.

 

"Le boulet rond et le canon de bois, écrivait-il, ont suffit pour détruire le morcellement féodal et donner l'essor aux grandes nations. Aujourd'hui nous sommes plus avancés : nous avons une technique si perfectionnée que pour en tirer parti et surtout pour les perfectionner davantage, ce qui devient pour chacun une nécessité, il faut à chaque pays une foule de soldats suffisamment intelligents, d'officiers instruits, et par conséquent de corps savants et des écoles de haut enseignement bien organisées.

 

De plus, tout cela coûte horriblement cher, même en temps de paix. Aussi faut-il, pour porter le fardeau croissant des milliards, des revenus considérables ; c'est-à-dire une forte industrie ; c'est-à-dire un grand nombre d'industriels éclairés, de commerçants qui comprennent leur siècle ; il faut, en un mot, une classe bourgeoise cultivée".

 

Oui la science était alors la solution : celle dont avaient besoin les capitalismes européens en lutte pour leur hégémonie. A ce texte effarant d'un "savant", mettant la science au service du massacre qui allait, dans peu de temps, engloutir des millions d'hommes, il faut opposer le "discours à la jeunesse" de Jaurès, lu le 10 juillet 1903 devant les élèves du lycée d'Albi et la célèbre phrase :

 

"L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement".

 

Un texte dont l'actualité ne peut nous échapper :

 

"Quoi donc ? La paix nous fuira-t-elle toujours ? [.] J’ose dire, avec des millions d’hommes, que maintenant la grande paix humaine est possible, et si nous le voulons, elle est prochaine. Des forces neuves y travaillent : la démocratie, la science méthodique, l’universel prolétariat solidaire.

 

La guerre devient plus difficile, parce qu’avec les gouvernements libres des démocraties modernes, elle devient à la fois le péril de tous par le service universel, le crime de tous par le suffrage universel.

 

La guerre devient plus difficile parce que la science enveloppe tous les peuples dans un réseau multiplié, dans un tissu plus serré tous les jours de relations, d’échanges, de conventions ; et si le premier effet des découvertes qui abolissent les distances est parfois d’aggraver les froissements, elles créent à la longue une solidarité, une familiarité humaine qui font de la guerre un attentat monstrueux et une sorte de suicide collectif".

 

Dans le siècle qui allait suivre c'est, hélas, le sombre tableau dressé par Lippmann qui allait s'imposer.

 

Débattre il y a cinquante ans ?

 

En 1960 la première bombe atomique française explosait à Reggane, dans le Sahara algérien. Quinze ans plus tôt, le 18 octobre 1945, le général de Gaulle avait signé le décret de création du Commissariat à l'Energie Atomique, le CEA. C'était trois mois après l'explosion des bombes atomiques sur Hiroshima et Nagasaki. La presse avait alors titré sur une victoire de la science, et de la science française en particulier. "L'Amérique vient de révéler au monde une découverte scientifique qui est bien la plus sensationnelle du siècle", annonçait L'Humanité du 8 août 1945.

 

"La libération de l'énergie atomique, problème sur lequel se penchaient dès avant la guerre les physiciens les plus éminents de tous les pays, vient d'être réalisée. Son emploi dans la guerre contre le japon, sous la forme d'une bombe dont la puissance est terrifiante, montre bien que cette découverte change la face de la guerre moderne. Elle peut aussi, dans peu d'années, changer la face économique du monde. Il convient aujourd'hui d'expliquer aussi clairement que possible ce qu'est cette énergie, d'où elle provient, et de situer la part qu'ont prise les savants français, et en particulier Frédéric Joliot-Curie, dans les travaux et les recherches qui ont permis cette conquête monumentale de l'homme".

 

Comme Jaurès en 1905, il fallait un Albert Camus pour sauver l'honneur des intellectuels français.

 

"Le monde est ce qu'il est, c'est-à-dire peu de chose. C'est ce que chacun sait depuis hier grâce au formidable concert que la radio, les journaux et les agences d'information viennent de déclencher au sujet de la bombe atomique", écrivait-il dans l'éditorial du journal Combat de ce même 8 août 1945.

 

"On nous apprend, en effet, au milieu d'une foule de commentaires enthousiastes que n'importe quelle ville d'importance moyenne peut être totalement rasée par une bombe de la grosseur d'un ballon de football. Des journaux américains, anglais et français se répandent en dissertations élégantes sur l'avenir, le passé, les inventeurs, le coût, la vocation pacifique et les effets guerriers, les conséquences politiques et même le caractère indépendant de la bombe atomique. Nous nous résumerons en une phrase : la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l'utilisation intelligente des conquêtes scientifiques.

 

En attendant, il est permis de penser qu'il y a quelque indécence à célébrer ainsi une découverte, qui se met d'abord au service de la plus formidable rage de destruction dont l'homme ait fait preuve depuis des siècles. Que dans un monde livré à tous les déchirements de la violence, incapable d'aucun contrôle, indifférent à la justice et au simple bonheur des hommes, la science se consacre au meurtre organisé, personne sans doute, à moins d'idéalisme impénitent, ne songera à s'en étonner".

 

Oui, c'était bien la science qui s'était consacrée au meurtre organisé. Les promoteurs du projet Manhattan étaient bien des "savants", des "Prix Nobel".

 

Aujourd'hui, tout enseignant qui initie ses élèves aux mystères du noyau atomique, qui explique les phénomènes naturels que sont la radioactivité, la fission et la fusion nucléaire, ne peut chasser de son esprit le fait que la première apparition publique de la science nucléaire a été la mort immédiate et la souffrance prolongée de centaines de milliers de personnes.

 

Pourtant l'aventure de la découverte de la radioactivité mérite d'être enseignée : l'intuition de Becquerel étudiant la phosphorescence de l'uranium, la volonté et l'énergie de Marie Curie découvrant le Polonium puis le Radium, l'enthousiasme de Rutherford, de Bohr et de tous les physiciens qui ont éclairé la structure de l'atome, la pensée révolutionnaire de Einstein établissant le lien entre masse et énergie...

 

C'est encore cette histoire qui nous éclaire sur la nature de l'Univers. Le big-bang, la formation des galaxies, des étoiles, des atomes… Toute cette science qui nous a appris, suivant une expression devenue célèbre, que nous sommes des "poussières d'étoiles", commence avec la découverte, il y a à peine plus d'un siècle, de la radioactivité et des phénomènes nucléaires.

 

Cette science qui vient de nous livrer une "photographie" de l'Univers 380 000 ans après sa naissance nous fait rêver en même temps qu'elle nous invite à mesurer la fragilité de notre existence.

 

Plus près de nous : le soleil dont la lumière est l'autre source de la vie terrestre. C'est encore la physique nucléaire qui nous explique la libération d'énergie provoquée par les phénomènes de "fusion" au cœur de notre étoile. Mais comment en parler sans évoquer la folie humaine qui, en utilisant le même principe, a construit et disséminé les milliers de bombes dont une seule peut, en un instant, déclencher le cataclysme qui anéantira l'essentiel de la vie terrestre ?

 

Peut-on faire oublier le danger en affirmant que le nucléaire c'est aussi une énergie pour la paix.

 

Qui peut être dupe ? Les premières "piles atomiques" ont été construites pour produire les éléments nécessaires aux bombes. Les premiers "réacteurs nucléaires" ont équipé des sous-marins qui n'avaient rien de pacifiques. Les pays qui ont mis en place un programme de centrales électriques nucléaires sont aussi ceux qui avaient pour objectif premier le fabrication de bombes. Ceux qui cherchent à le faire aujourd'hui veulent surtout entrer dans le club fermé des "grands", ceux qui disposent de la menace nucléaire.

Atome pour la paix, nous disait-on. Atome sans danger, voulait-on nous faire croire. Et il y a eu Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en en 1986, Fukushima en 2011. Alors oui, il est temps après un si long silence, que des amoureux des sciences, que des scientifiques disent stop !

 

A l'évidence les temps ont changé et il faut reconnaître que les scientifiques présents à la tribune du colloque de la Sorbonne le prouvaient en exprimant avec force ces "vérités qui dérangent".

 

Lanceurs d'alerte.

 

On y a parlé organisme génétiquement modifiés.

 

Le biologiste Jacques Testard y montrait que le problème n'avait rien de "scientifique" et que bien au contraire la démarche était clairement une "usurpation de la science" : "si on avait demandé à Darwin : "qu’est-ce que vous pensez de l’idée de fabriquer une plante qui va fabriquer son insecticide et donc détruire les insectes". Il aurait dit : "mais c’est stupide. En trois ou quatre ans les insectes auront muté et votre plante ne servira plus à rien. Il faudra en faire une autre et comme il vous faut dix à douze ans pour la fabriquer vous aurez toujours du retard sur la réalité". Donc on n’est pas dans la science."

 

Ailleurs, en Bretagne, des scientifiques lancent d'autres alertes. "OGM et Roundup danger ou pas ?" est le titre d'un article du journal Le Télégramme du 26 février 2013. On y annonce une conférence du professeur Robert Bellé, du laboratoire CNRS de Roscoff. Il avait été, dès 2002, le premier à publier dans la revue Nature, les résultats de son étude sur "la toxicité, à faible dose, des produits à base de Roundup".

 

Le Roundup est massivement utilisé dans la région depuis l'interdiction, en 2003, de l'atrazine. Il colore les champs en jaune-orangé au début du printemps. Il se concentre dans les eaux des rivières mais surtout il imprègne l'air pendant les périodes d'épandage. Le professeur Bellé et son équipe on montré que cet herbicide perturbait à très faible dose, le développement des cellules et était donc un facteur potentiel de cancers et de malformations génitales.

 

Dans la région, on parle également de l'atrazine. Cet herbicide reconnu cancérigène, mutagène et tératogène (provoquant mutations et malformations génétiques), a bien été interdit depuis 2003, mais, faiblement biodégradable, on le trouve encore dans l'air et dans l'eau des rivières. Une équipe de l'INSERM de Rennes (Institut national de la santé et de la recherche médicale) a commencé à en traquer les effet, en Bretagne, chez les femmes enceintes, les nourrissons et les jeunes enfants. Les premiers résultats sont déjà alarmants.

 

"Pesticides durant la grossesse, bébé trinque", titrait le journal Ouest-France en décembre 2009. Les premiers résultats de l'étude avaient été publiés. Chez 95 % des 600 femmes testées, on retrouvait des traces d'insecticide organophosphorés ; chez 30 à 40 %, des traces d'herbicides de la famille de l'atrazine, utilisés dans la culture du maïs, interdite depuis 2003, mais toujours présents dans l'environnement et l'eau. Quel est l'impact sur la grossesse ? L'étude montrait que, même à des niveaux faibles, la présence de triazines (famille de l'atrazine) "augmentait les risques d'anomalie de croissance dans l'utérus, avec un faible poids de naissance, qui pouvait être un handicap pour le développement du bébé, et un périmètre crânien plus petit, ce qui n'est pas bon pour le système nerveux central".

 

Retour à la Sorbonne : on y a parlé effet de serre.

 

La recherche et à l'exploitation des gaz de schiste est le débat du moment. "Ce que je n’aime pas dans les gaz de schiste c’est l’idée que si on les exploite on ne va plus se poser la question de la fin des énergies fossiles puisque le terme annoncé va être reculé non pas de 15 ou 20 ans mais de beaucoup plus" déclarait Etienne Klein, physicien au CEA, "du coup on va envoyer dans l’atmosphère tout le carbone que contient la croûte terrestre. Vous parliez du réchauffement climatique, voilà à mon avis un mauvais exemple de démocratie. Alors que les scientifiques après 40 années de recherches se mettent d’accord, on crée artificiellement une controverse qui permet de justifier un débat et d’entendre sur les ondes et à la télévision toutes sortes de choses qui permettent de ne pas croire ce que nous savons".

 

"Ne pas croire ce que nous savons" est devenu une des attitudes les plus caractéristiques de notre époque et d'habiles manipulateurs, armés d'un discours d'allure scientifique s'emploient à semer le doute.

 

On y a parlé nanotechnologie.

 

Le sujet nous ramène au carbone. La fibre de carbone est la première à avoir révélé ses extraordinaires propriétés. Associée à des résines dans des matériaux composite elle combine légèreté et résistance. Des cannes à pêche jusqu'aux navettes spatiales ses applications se sont multipliées. Plus étranges encore les fullerènes, ces très esthétiques sphères composées d'atomes de carbone. Le premier connu est composé de 20 atomes associés en 12 pentagones et de 20 hexagones. Sa figure ressemblant aux structures géodésiques de l'architecte Fuller, il en a hérité le nom de "fullerène" ou encore celui, plus populaire de "footballène" par analogie avec le ballon de football. Dans la même catégorie on peut ranger les nanotubes et récemment le graphène, couche monoatomique de carbone aux propriétés encore à peine explorées mais qui ajoute à celle des autres matériaux de nouveaux espoirs dans les domaines de l'électronique ou de la photonique. Comment ne pas comprendre l'enthousiasme des physiciennes et physiciens, jeunes pour la plupart, engagés dans ces recherches.

 

Mais comment également ne pas partager les inquiétudes de celles et ceux qui voient ces produits utilisés dans des applications, au mieux inutiles, au pire dangereuses. Car la particularité des fibres et nanoparticules, l'amiante nous l'a appris, est de se concentrer dans les organes humains et d'y provoquer des dommages que seul le temps révèle.

 

"La recherche scientifique est désormais largement orientée en fonction des intérêts du système oligarchique, tandis que les institutions publiques de contrôle de l'activité technique ont été systématiquement affaiblie", constate Hervé Kempf, journaliste au Monde (Fin de l'Occident, naissance du monde, Seuil, 2013). "C'est ainsi que les applications d'un phénomène nouveau sont mises en œuvre avant même que ses lois soient bien comprises. Les technologies dites nouvelles sont introduite dans l'espace commun sans qu'en aient préalablement été pesés les risques et inconvénients. Et quand les choses tournent mal, ce qui est fréquent, comme dans le cas des organismes génétiquement modifiés ou de l'énergie nucléaire, la responsabilité du désastre est supportée par la collectivité et non par les opérateurs privés".

 

Retour à la Sorbonne et sur les nanoparticules : "il y a eu un débat qui s’est déroulé dans 18 villes de France par des conférences publiques pendant une période assez longue de six mois" rappelait Etienne Klein. Mais il constatait que seulement 3000 personnes s'étaient déplacées et qu'il n'y avait eu que 30 000 clics sur le site web de la CNDP (la Commission nationale de débat public) donc un intérêt faible. "Ce qu’a montré ce débat également c’est que la technologie c’est l’impensé du politique" ajoutait-il, "puisque pendant ces six mois aucun parti politique ne s’est intéressé au débat".

 

Politique, le mot était lâché.

 

Un problème de démocratie.

 

"Nos politiques ne sont pas du tout à la hauteur de la démocratie qu’ils prétendent diriger" confirmait Jacques Testard, "et s’il n’y a pas plus de monde dans les fameux débats démocratiques c’est simplement que les gens savent bien que cela ne mène à rien. C’est à dire que les jeux sont faits avant qu’on lance le débat". Et le biologiste de rappeler le débat sur la centrale nucléaire EPR de Flamanville en 2006. Alors que le débat était à peine lancé, le premier ministre Dominique de Villepin annonçait : "étant donnée les avancées du débat public en cours, nous allons construire EPR à Flamanville". Cela montre "comment nos politiques prennent au sérieux des débats qu’ils ont eux-mêmes suscités", concluait Jacques Testard.

 

Plus sévère encore, Daniel Andler, mathématicien, professeur de philosophie des sciences et de théorie de la connaissance à l’université Paris-Sorbonne : "nous avons affaire à une classe politique "illiterate". Ils sont illettrés ces gens-là, ils ne travaillent pas. Ils n’étudient pas les dossiers. Le problème, ce n’est pas la science. Le problème c’est vraiment la politique" .

 

Un jugement que semble partager Hervé Kempf : "les élites dirigeantes sont incultes. Formées en économie, en ingénierie, en politique, elles sont souvent ignorantes en science et quasi toujours dépourvues de la moindre notion d'écologie. Le réflexe habituel d'un individu qui manque de connaissances est de négliger voire de mépriser les questions qui relèvent d'une culture qui lui est étrangère, pour privilégier les questions où il est le plus compétent. Les élites agissent de la même manière. D'où, de leur part, une sous-estimation du problème écologique" (Comment les riches détruisent la planète, Seuil, 2007).

 

Illettrés, incultes, ignorants en science… le jugement est sévère et si désamour il y a, c'est visiblement vis-à-vis d'un système qui a oublié le sens du mot "démocratie".

 

Mais cette "inculture" est-elle uniquement celle de nos "élites" ? La façon d'enseigner les sciences n'est-elle pas, elle aussi, une des raisons de l'inculture scientifique de notre société en général ?

 

Cultiver les sciences.

 

En mars 2002, était publié un rapport sur la "Désaffection des étudiants pour les études scientifiques". Présenté par un ancien président de l'Académie des sciences, il répondait à une demande du ministère de l'Education Nationale et synthétisait les contributions de sommités du monde des sciences et de l'éducation.

 

Le constat n'était pas nouveau et avait déjà alimenté de nombreux débats : depuis plusieurs années les lycéens et étudiants boudaient les disciplines scientifiques et particulièrement la physique et la chimie. Diagnostic : enseignements qui mériteraient d'être "rendus plus attrayants" car consistant "trop souvent en un "pensum" pour les élèves", fossé culturel entre sciences humaines et sciences "dures". La difficulté des études et la "faible attractivité des carrières scientifiques en terme de salaires" est aussi notée mais on n'oublie pas la "faute aux médias" :

 

"la Science et la Technologie sont présentées dans les médias, et surtout dans la presse, essentiellement comme étant la source de problèmes : on ne parle que rarement de la première pour montrer que son rôle est toujours nécessaire pour révéler et comprendre ces problèmes, ni de la seconde pour dire qu'elle seule peut apporter des solutions, lesquelles sont ensuite mises en oeuvre, ou ne le sont pas…"

 

Les rédacteurs du rapport croyaient-ils vraiment réhabiliter la science en affirmant qu'elle avait pour rôle pour révéler et comprendre les problèmes qu'elle avait elle-même créés ?

 

"On oublie, se défendaient-ils, qu'Internet ou le téléphone portable sont des conséquences du travail de physiciens, et les immenses succès de la science finissent par créer une sorte de saturation de l'émerveillement – tout en laissant subsister l'inquiétude, p. ex. devant l'absence d'une preuve absolue (évidemment impossible à obtenir) que le téléphone portable ne donne pas de tumeurs cérébrales…"

 

Présenter internet et le téléphone portable comme un "immense succès de la science" n'est-ce pas justement la meilleure façon de dénaturer la science et particulièrement la physique. Qu'y a-t-il de science dans le téléphone portable et qu'y a-t-il d'anti-science dans les inquiétudes des personnes habitant à proximité des antennes relai qui se multiplient ?

 

Les rédacteurs du rapport sont plus judicieux quand ils rappellent que parmi les atouts méritant d'être mieux exploités il y a le fait que "la pratique de la science est une activité ludique par excellence" même s'ils constatent que "malheureusement, ceci ne se révèle que tard…"

 

Et justement, là est le problème. Pourquoi faudrait-il accepter que le côté ludique des sciences ne se révèlent que tard ?

 

Et surtout croit-on vraiment répondre au problème en appliquant la proposition n°7 de la liste des 18 actions envisagées :

"dans le domaine de l'action dans les médias, étudier la possibilité d'une série de courts clips sur le thème du caractère ludique de la science : "La Science, c'est fun", ou "La Science, c'est le pied"…"

 

Les bonnes émissions de "culture scientifique" existent déjà dans les programmes radiophoniques et télévisés. Il existe de nombreuses revues de culture scientifique de bonne qualité qui ont la faveur des lecteurs. Les musées des sciences sont de plus en plus " didactiques" tout en renforçant leur approche "ludique". Le Palais de la Découverte, à Paris, est un ancêtre qui n'a pas pris de rides. Des figures de "savants" s'illustrent avec éclats et alimentent un discours qui fait encore rêver, du médiatique Hubert Reeves qui nous fait voyager à travers les étoiles jusqu'à Serge Haroche, récent prix Nobel, qui nous invite à découvrir les mystères du plus profonds de la matière. Certains médias savent faire aimer la science.

 

Le problème est le fossé qui se creuse de plus en plus entre cette image brillante et l'ennui qui se distille trop souvent dans les cours de sciences, au lycée comme à la faculté.

 

Il ne saurait être question d'analyser ici les multiples causes de cette désaffection. Pour ce qui est de la physique et de la chimie, en classes scientifiques, on peut au moins noter la modification incessante des programmes. Chaque nouvelle génération d'inspecteurs généraux et chaque nouveau ministre de l'éducation, semblant vouloir apporter sa touche de "fun" au programme précédent, il en résulte un édifice incohérent que les enseignants de base ont bien du mal à faire tenir debout. Noter aussi le "bachotage" renforcé par cette mode stupide, lancée par les médias et reprise par les ministères de l'éducation, qui consiste à noter les lycées en fonction de leur pourcentage de reçus au baccalauréat. Au dessous de 90% l'établissement est cloué au pilori. Pour y parvenir la méthode est simple : éliminer de l'enseignement tout ce qui n'est pas directement lié à la résolution d'exercices. Comment aimer les sciences avec un tel régime ?

 

Dans une société où chacun reconnaît la place essentielle prise par les sciences et les techniques, la nocivité de la frontière qui sépare l'enseignement "purement littéraire" de l'enseignement "purement scientifique". Pourquoi faut-il absolument priver les littéraires de sciences et les scientifiques de littérature ?

 

Rapide plaidoyer pour l'histoire des sciences.

 

La littérature scientifique ne pourrait-elle pas être un moyen d'amener les "littéraires" aux sciences et les "scientifiques" aux lettres ?

 

En 1926, Paul Langevin, publiait un texte sur "La valeur éducative de l'Histoire des sciences". Critiquant le dogmatisme et le conservatisme des manuels qu'il traitait "d'admirables catéchisme de sciences expérimentale" il leur opposait le style alerte des mémoires originaux. Combien la remarque était juste. Se contenter d'un exposé magistral sur un ancien scientifique ou sur une expérience ancienne peut ne servir à rien d'autre qu'à encombrer encore un peu plus un cours qui ne l'est déjà souvent que trop.

 

Prendre le temps de feuilleter un ouvrage vieux d'un ou deux siècles, lire de la science dans une prose ancienne, reproduire si possible les manipulations décrites, ont une tout autre dimension.

 

Où trouver ces ouvrages ? On ne sait pas assez que nombre de bibliothèques municipales, y compris de petites villes, ont dans leurs réserves des ouvrages du 18ème siècle arrachés par les révolutionnaires aux châteaux et aux monastères. Moins rares encore sont les revues scientifiques comme La Nature, l'Année scientifique, les Causeries scientifiques… auxquelles étaient abonnées les bibliothèques des municipalités des petites villes industrielles du 19ème siècle. Les rechercher est déjà une première démarche mais aujourd'hui ont les trouve largement numérisées et accessibles sur internet. Mention spéciale pour le site du Conservatoire des Arts et Métiers (http://cnum.cnam.fr/), celui de l'Académie des Sciences (http://www.academie-sciences.fr/) où ceux spécialisés sur Ampère (www.ampere.cnrs.fr) ou Lavoisier (www.cnrs.fr/lavoisier).

 

Nous ne prétendrons pas ici proposer, avec l'histoire des sciences, "le" remède au désamour dont souffre l'enseignement scientifique, d'autant plus que cette désaffection a essentiellement des causes extérieures à l'enseignement. Mais qui pourrait nous reprocher d'en avoir évoqué l'intérêt sur un site consacré à l'histoire des sciences.

 

Puisque nous avons évoqué internet, nous pouvons aussi noter à quel point cet outil offre une possibilité de "recyclage" pour celles et ceux qui, mesurant la force et l'intérêt des sciences, ne veulent pas en laisser l'usage aux seuls technocrates.

 

 

Les sciences remède à la technocratie ?

 

Si les sciences sont une espèce menacée, il semble qu'elles aient trouvé refuge dans la niche écologique constituée par les associations que l'on peut regrouper sous le terme "d'associations de protection de l'environnement" ou "d'associations écologistes". Chaque région en compte plusieurs dont on ne peut mettre en doute la qualité scientifique des expertises de la plupart. Il est même courant que des services publics leur sous-traite des études scientifiques "de terrain". La pratique s'est à ce point généralisée que le rapport de 2002 sur la "Désaffection des étudiants pour les études scientifiques" souhaite explicitement les enrôler dans son dispositif de revalorisation de l'enseignement scientifique officiel.

 

"Création sur la Toile d'un portail attrayant réservé aux sites de culture scientifique et technique, aux activités des Musées et des Clubs Scientifiques, Cafés des Sciences et associations de ce domaine, des Cafés des Sciences Juniors traitant pour les lycéens de sujets du type "Sciences et Citoyens", des sites étrangers voisins (notamment des sites francophones), des Expo-Sciences, etc.

 

Valorisation dans les établissements scolaires des activités des Ateliers de Science, par leur reconnaissance institutionnelle et par un soutien financier. Les établissements scolaires et universitaires devraient être le lieu normal d'exercice des activités des Clubs scientifiques, des Associations, etc. La circulaire du 21 mars 2001 donne à ce sujet des orientations précieuses. Dans le même ordre d'idées, l'implication directe et institutionnelle des établissements dans les activités de culture scientifique et technique organisées localement (Camps de vacances scientifiques, fêtes scientifiques, visites de Musées scientifiques, manifestations diverses) devrait être encouragée et favorisée."

 

Si ces associations occupent un terrain didactique abandonné par l'éducation nationale, beaucoup d'entre elles, et en particulier les plus importantes, se sont créées par la nécessité d'opposer un discours scientifique à une atteinte locale ou généralisée à leur environnement naturel ou humain. Elles peuvent être animées par des scientifiques professionnels, enseignants, chercheurs… mais le plus souvent par des autodidactes dont le bagage scientifique met à mal bien des "experts" officiels. Elles créent leurs "laboratoires indépendants" employant des ingénieurs et techniciens dotés des diplômes délivrés par l'Université. Elles ont leurs propres juristes qui se sont souvent formés au travers de luttes de terrain. Elles savent rechercher sur internet les sources fiables et échanger avec d'autres leurs propres productions.

 

C'est la Criirad (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité), et non pas un service d'état, qui a informé les populations concernées de la nature et des risques des retombées radioactives après Tchernobyl et qui aide les ONG japonaises à s'équiper après la catastrophe de Fukushima. Le Criigen (Comité de Recherche et d'Information Indépendantes sur le Génie génétique) s'est créé sur le même principe.

 

Ces associations ont une caractéristique commune : elles ne rejettent pas les sciences. Bien au contraire la plupart de leurs animatrices et animateurs affichent leur amour des sciences. C'est par l'enrichissement de leur réflexion scientifique qu'elles entendent combattre les choix technocratiques qu'on leur impose.

 

Noter aussi que ce sont essentiellement les associations, la "société civile", qui soutiennent ces lanceurs d'alerte scientifiques regroupés dans le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'sur l'évolution du climat). Ce sont elles qui, pour l'essentiel, popularisent leurs conclusions et propositions.

 

"Une autre science est possible ! " est le titre d'un récent ouvrage de la philosophe des sciences, Isabelle Stengers. Les germes de la "science civilisée" pour laquelle elle plaide sont peut-être déjà en œuvre dans ces groupes de scientifiques et dans ces associations.

 

 

 

 

 

 

 

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 10:14

L'histoire des sciences et des techniques peut aussi se traiter au présent. En décembre 2015 de nombreux scientifiques seront mis à contribution dans le cadre de la COP21 qui se tiendra à Paris. Parmi ceux-ci Paul Tréguer, océanographe.

 

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Un article intéressant dans le télégramme du 24 octobre 2015.

 

Paul Tréguer, océanographe, y explique que pour lutter contre le réchauffement climatique, ” il faudrait limiter l’émission de gaz à effet de serre, mener un plan d’énergies renouvelables, s’engager dans les plans d’isolation des logements et favoriser des transports plus réalistes et donc moins producteurs de CO2″.

 

Un programme que nous ne pouvons qu’approuver, cependant, la question qui s’imposait en toute logique et que le journaliste auteur de l’article a “oublié” de lui poser est : “Que pensez vous, dans ce cas, du projet de centrale électrique à gaz à Landivisiau ? ”

 

On aurait aimé entendre la réponse de Paul Tréguer qui, au moment de la lutte de Plogoff, était l’un des principaux rédacteurs du “projet alter breton” qui programmait pour 2015, et de façon très réaliste, une Bretagne “sans pétrole et sans nucléaire”.

 

L’article, pour autant, mérite la lecture. Dans les propos repris en titre, Paul Tréguer ose enfin y énoncer clairement ce que personne ne semble vouloir accepter de voir : il n’y a pas que dans le Pacifique que des îles risquent d’être submergées !

 

 

 

Professeur émérite à l’Université de Bretagne occidentale (UBO), l’océanographe Paul Tréguer est membre de l’Académie européenne des sciences, laquelle organise, mardi et mercredi, à Brest, un symposium autour du changement climatique, une manifestation en lien avec la Cop 21.

 

Pourquoi organiser un symposium sur « Les impacts du changement climatique sur l’océan, l’économie, la production de nourriture, la santé humaine et les traités internationaux » ?

 

Tous les ans, l’Académie européenne organise un événement. Cette année, et dans la perspective de la Conférence mondiale de Paris sur le climat (Cop 21), nous avons décidé de programmer un symposium sur les impacts du changement climatique. Et la ville de Brest a été retenue, en raison de la compétence internationalement reconnue des partenaires scientifiques brestois et de l’engagement financier et humain de l’UBO. Le symposium est labellisé Cop 21.


Le réchauffement de la planète a-t-il des conséquences sur les océans ?

 

Il faut savoir que l’océan est le premier régulateur du climat de la planète terre. Quand le climat est déréglé, on assiste à des impacts directs sur le fonctionnement de l’océan et de l’écosystème marin. Si l’océan se réchauffe, on constatera une réduction des ressources nutritives des couches de surface, du phytoplancton et donc du poisson. D’autre part, et d’ici la fin du siècle, il y a un risque de ralentissement du Gulf Stream si les émissions de gaz à effet de serre continuent au rythme actuel. Et si Le Gulf Stream ralentit, on risque de connaître une modification importante du climat de l’Europe occidentale, dont, bien sûr, la Bretagne.

 

Des espèces de poissons sont-elles menacées ?

 

Oui, bien sûr. Dans l’Atlantique-Nord, prenez l’exemple du cabillaud (ou morue). Le réchauffement général de la température a provoqué le déplacement de copépodes, ces petits crustacés planctoniques dont se nourrissent les larves de cabillaud. Comme les larves se déplacent au gré des courants, il y a une remontée vers le nord. Et là, les larves de cabillaud n’ont plus trouvé leur nourriture favorite. Conséquence : la production de larves s’est effondrée. La baisse de la population de cabillauds est donc due, non seulement à la surexploitation, mais aussi au réchauffement climatique.

 

Des scientifiques sont formels : avec la montée des eaux, causée par le changement climatique, la Bretagne pourrait devenir une île dans 5.000 ans. Qu’en pensez-vous ?

 

Aucune prédiction sérieuse du genre ne peut être faite. Il est impossible d’établir un tel scénario à 5.000 ans. D’ailleurs, je ne pense pas que ce soit réaliste. En revanche, nous pouvons parler de ce qui s’est passé, il y a 20.000 ans, au maximum glaciaire, où le niveau des eaux était de 100 à 120 m plus bas qu’aujourd’hui. Une époque où Ouessant n’était pas une île et où on pouvait y aller à pied. Ce que l’on sait, aujourd’hui, c’est qu’à l’échelle de quelques décennies, on peut prédire la montée générale du niveau des eaux. C’est ainsi que l’île de Sein est menacée de submersion, d’ici la fin du siècle, si on continue le régime actuel de réchauffement. [——–][/——–]

 

 

 

 

Lors de la Cop 21, pensez-vous que les 195 pays participants trouveront un accord et s’engageront à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en vue de limiter le réchauffement en dessous de deux degrés ?

 

La Cop 21 demeure une étape importante mais vous dire qu’elle aboutira à des mesures qui seront parfaites, je ne le crois pas. Il faut donc mener des actions sur deux lignes différentes, dont l’une, auprès des gouvernements et ce, même si des lobbies sont derrière pour empêcher une mesure qui défavorisait les activités traditionnelles comme la production d’énergie par les centrales à charbon, le transport… Il faut aussi que les citoyens se mobilisent pour peser sur l’action des gouvernements en vue d’aller dans le bon sens. En fait, je ne fais pas partie de ceux qui croient qu’une signature ou qu’une réunion internationale va sauver la planète. C’est plutôt une action continue des gouvernements et un changement des comportements des citoyens qui pourront le faire.

 

Si vous étiez ministre de l’Environnement, quelle serait votre première mesure ?

 

Je ne suis pas ministre de l’Environnement. Je ne suis donc pas soumis aux lobbies. C’est toute la différence entre un ministre et un scientifique. Cependant, il faudrait limiter l’émission de gaz à effet de serre, mener un plan d’énergies renouvelables, s’engager dans les plans d’isolation des logements et favoriser des transports plus réalistes et donc moins producteurs de CO2.

 

Trouvez-vous normal que l’on ait supprimé la ligne maritime Saint-Nazaire ? Gijon, en septembre 2014, car elle n’était pas rentable ?

 

C’est tout le problème qui existe entre les intérêts financiers et ce que souhaitent les citoyens et les scientifiques. C’est dommage, car le transport par la mer est nettement moins polluant que par la route. Mais le système économique a ses propres lois.

 

Lundi, le gouvernement a annoncé un plan pour relancer le fret fluvial. Vous y croyez ?

 

Oui, j’y crois. C’est une excellente initiative car elle va dans le bon sens. C’est un transport très peu énergétique, par rapport aux camions et autres véhicules.

 

Les projets de parc éoliens offshore sont-ils une solution ou de la poudre aux yeux ?

 

Si on veut moins de gaz à effet de serre, on n’a pas d’autre choix que de s’équiper avec ce type de système. C’est une voie dans laquelle plusieurs pays se sont déjà lancés, il y a bien longtemps : la Grande-Bretagne, la Norvège, les Pays-Bas, la Belgique, l’Espagne…

 

Quelle conclusion allez-vous tirer du symposium ?

 

Tout d’abord, une déclaration de Brest. Une disposition va être votée. En substance, elle s’articulera sur trois points : 1/L’influence de l’homme sur le système climatique est devenue incontestable. 2/L’accélération du changement climatique va conforter la probabilité d’un impact grave sur le système naturel et sur les ressources exploitées par l’homme. 3/Il y a une nécessité impérieuse de s’accorder au niveau mondial, sur des objectifs ambitieux en vue d’atténuer le changement climatique et de prendre des mesures appropriées.

 

Pratique

Symposium mardi et mercredi, au Quartz à Brest. Entrée libre. Inscriptions au préalable au 02.98.33.52.73 ou 02.98.33.54.40.

Le Télégramme
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C’était en 1980. Paul Tréguer et le projet alter breton.

 

 

Extrait de “Plogoff, un combat pour demain” :

 

“Se passer du nucléaire et même du pétrole sans revenir à la bougie, telle est la proposition du plan “Alter” breton rendu public à quelques jours du début de l’enquête d’utilité publique. Le projet, initié à l’échelle de toute la France par le “groupe de Bellevue” (un groupe de chercheurs pluridisciplinaires et de militants proches du PSU), comprend autant de volets qu’il y a de régions.

Celui qui concerne la Bretagne est le premier à être publié. Lors de sa présentation, à Audierne le 6 janvier1980, Paul Tréguer chercheur au CNEXO et Annie Le Gall, ingénieur agronome le présentent comme un “message d’espoir pour tous ceux qui craignent l’avènement du nucléaire”. L’équipe de rédacteurs regroupe des chercheurs de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS), de l’institut d’études marines (IEM), du Centre national pour l’exploitation des océans (CNEXO), de l’Université de Bretagne occidentale (UBO).

” Il est temps décidément de tuer des mythes qui ont la vie dure”, annoncent ses auteurs en introduction, et en particulier celui du “modèle de développement industriel” qui apporterait le bonheur à l’humanité. Ce modèle de société “à l’américaine”, transforme l’ensemble des secteurs de l’économie pour réaliser un objectif : la croissance par la production massive de biens industriels. On produit et on vend n’importe quoi pourvu que ça rapporte. Qu’importe si les matières s’épuisent, si certaines régions sont véritablement laminées par ce rouleau compresseur…”

Pour apporter à la Bretagne l’énergie dont elle a besoin, ils ont exploré quatre voies principales : l’énergie marémotrice (13%), la biomasse (44%), les éoliennes (21%), le solaire (22%).

L’objectif n’est pas uniquement technique. Ce qui est “révolutionnaire” dans le projet ALTER, explique Paul Tréguer, “ce ne sont pas tant les éoliennes sur nos côtes ni les chauffe-eau solaires sur nos toits, mais bien le projet de société que ces techniques sous-entendent”. Une société capable de satisfaire à ses besoins tout en stabilisant sa consommation. Une société qui ne fasse pas de la consommation de biens périssables un critère de réussite sociale. Une société qui s’affirme solidaire de tous les peuples du monde.

Un projet “ALTER-mondialiste” en quelque sorte.”

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 08:58

12 décembre 1914. La revue La Nature reprend ses publications un moment interrompues. La revue s'adresse à ses lecteurs :

 

"nous orienterons résolument nos articles vers l'actualité qui prime toutes les autres : la guerre,"

 

 

1915. La guerre est bien installée. Une guerre qui a mis tous les moyens scientifiques, techniques, économiques, développés pendant tout le 19ème siècle, au service de la destruction mutuelle. Peut-être mieux que dans les livres d'histoire écrits ultérieurement, c'est dans les revues de vulgarisation scientifique de l'époque que se lit la réalité de la guerre.

 

Premiers élements dans la revue "La Nature" de l'année 1915 (premier et deuxième semestre).

 

Premier semestre : une table des matières édifiante (extraits).

 

ARMEMENT

Destruction systématique des ponts (Capitaine...) (p.1)

Le général Shrapnel (J. BOYER) (p.12)

Le fusil allemand (J. BOYER) (p.28)

Faillite de la fortification permanente (J. N.) (p.46)

A quels efforts résiste le métal d'un canon (p.52)

Machines allemandes à creuser les tranchées (M. BOUSQUET) (p.118)

 

Canons, obusiers et mortiers.

 

Canons, obusiers et mortiers (J. NETTER) (p.121)

Les explosifs (H. LE CHATELIER) (p.128)

La démolition des obus non éclatés (H. VICNERON) (p.151)

Ce qu'on savait de l'artillerie lourde allemande avant la guerre (LUCIEN FOURNIER) (p.179)

Généralités sur les fusées d'obus (X...) (p.185)

Du feu grégeois aux compositions incendiaires modernes (A. C.) (p.212)

Dynamite et gommes explosives (A. CHAPLET) (p.226)

Les chiens de guerre (C. LATOUR) (p.229)

Les divers systèmes de mitrailleuses étrangères (X...) (p.275)

Les projecteurs (X...) (p.281)

 

 

La lutte contre les vapeurs aspyxiantes.

 

La lutte contre les vapeurs asphyxiantes (Drs D. et O.) (p.338)

Le cheval de guerre en 1915 (E. TROUESSART) (p.393)

Une bombe parisienne (R. DONCIÈRES) (p.423)

Portée des projecteurs de guerre (p.93)

Portée des projecteurs de guerre (p.118)

 

CONDITIONS ÉCONOMIQUES DE LA GUERRE

La raréfaction du cuivre en Allemagne (L. D. L.) (p.23)

La question de l'or en Allemagne (p.37)

Grandes usines allemandes de produits chimiques (p.76)

Répercussion de la guerre sur le prix de la vie (L. D. L.) (p.127)

La contrebande de guerre (L. FOURNIER) (p.147)

L'industrie française pendant les guerres de la Révolution et de l'Empire (A. CHAPLET) (p.163)

L'industrie pharmaceutique française et la concurrence allemande (JACQUES BOYER) (p.195)

Fabrication des pyroxyles (A. CHAPLET) (p.204)

Le bétail en Allemagne (LUCIEN FOURNIER) (p.239)

L'industrie chimique et la guerre (A. C.) (p.270)

Nos grandes industries du Nord (L. DE LAUNAY) (p.289)

 

Fabrication du sucre pendant la guerre.

 

Fabrication du sucre pendant la guerre (JACQUES BOYER) (p.290)

Les grandes usines métallurgiques de Witkowitz (Autriche) (J. DE LA CERISAIE) (p.300)

Les produits du sol allemand (LUCIEN FOURNIER) (p.303)

L'exploitation des terres rares du Brésil enlevée aux Allemands (JACQUES BOYER) (p.324)

L'industrie houillère (L. DE LAUNAY) (p.329)

Manutention des céréales dans les ports anglais (H. VÉRON) (p.334)

L'industrie du fer (L. DE LAUNAY) (p361)

Standards (HENRY LE CHATELIER) (p.421)

Conserves de viande du camp retranché de Paris (p.13)

La ration du soldat (p.150)

Alimentation des armées en campagne (p.229)

Les conserves des armées en campagne (p.274)

 

CONDITIONS ETHNIQUES ET GÉOGRAPHIQUES DE LA GUERRE

La défense des Dardanelles (p.4)

L'industrie pétrolifère en Roumanie (V. FORBIN) (p.7)

 

Les troupes indiennes au front.

 

Les troupes indiennes au front (V. FORBIN) (p.17)

L'attaque de Douvres (J. D'IZIER) (p.26)

Le Sinaï, pays de mines et passage d'armées (L. DE LAUNAY) (p.38)

La défense du canal de Kiel (G. BLANCHON) (p.49)

Zeebrugge, base maritime contre l'Angleterre (R. BONNIN) (p.53)

Les chemins de fer allemands (V. CAMBON) (p.57)

Pola (E.-A. MARTEL) (p.65)

Les Roumains de Bukovine (L. DE LAUNAY) (p.93)

Les communications télégraphiques mondiales (L. BAYETTE) (p.137)

Les ports allemands de la Baltique (R. BONNIN) (p.154)

Le Rhin (VICTOR CAMBON) (p.169)

La Pologne stratégique (E.-A. MARTEL) (p.176)

Les ports allemands de la mer du Nord (R. BONNIN) (p.188)

 

Les cosaques.

 

Les Cosaques (V. FORBIN) (p.201)

Les chemins de fer anglais pendant la guerre (p.240)

Le port de Rotterdam (VICTOR CAMBON) (p.265)

Les Français à Lemnos (L. DE LAUNAY) (p.285)

Le camp retranché de Metz (LUCIEN FOURNIER) (p.313)

L'Allemagne et la télégraphie sans fil (p.340)

Les colonies allemandes en Afrique (R. BONNIN) (p.345)

Les Portes-de-Fer (L. DE LAUNAY) (p.350)

La frontière austro-italienne (P. SALLIOR) (p.372)

Comment on opère un débarquement (P. S.) (p.383)

L'armée moderne : son organisation (p.390)

Essen et le bassin métallurgique de la Ruhr (V. CAMBON) (p.397)

 

CHIMIE

Imperméabilisation des tissus (p.151)

 

MÉDECINE ET HYGIÈNE

 

Vêtements ingénieux pour nos soldats.

 

Vêtements ingénieux pour nos soldats (A. CHAPLET) (p.14)

Les vaccins (H. ROGER) (p.69)

Les péniches ambulances (R. MERLE) (p.72)

La valeur calorifuge des tissus (A. CHAPLET) (p.75)

Les microbes mobilisés (H. COUPIN) (p.79)

Hygiène dans l'armée russe (V. FORBIN) (p.167)

Plus chaud que la laine et aussi plus léger (HENRI COUPIN) (p.214)

La médecine militaire dans l'antiquité et les temps modernes (NORBERT LALLIÉ) (p.217)

 

La recherche des projectiles dans l'organisme.

 

La recherche des projectiles dans l'organisme (JACQUES BOYER) (p.241)

Guerres et épidémies (Dr A. MARTINET) (p.318)

Comment on dose les rayons X (ERNEST COUSTET) (p.341)

Laboratoire de vaccination antityphique de l'armée (BENOIT-BAZILLE) (p.377)

Application de la balance électromagnétique de Hughes à la chirurgie militaire (p.12)

Imperméabilisation des vêtements militaires (p.12)

Sous-vêtement militaire (p.13)

Désinfection des effets (p.79)

Entraînement du phosphore dans les plaies (p.79)

Traitement des plaies de guerre (p.93)

Culture pour le diagnostic rapide de la typhoïde (p.136)

Sur les poussières microbiennes (p.136)

Traitement des blessures des nerfs (p.136)

Bactériologie de la gangrène gazeuse (p.182)

Électro-magnétisme employé au déplacement des projectiles dans les tissus (p.213)

Traitement des hydarthroses et hémarthroses par des injections d'oxygène (p.213)

La gangrène gazeuse (p.214)

Destruction d'une partie du cerveau sans trouble appréciable (p.294)

Épuration de l'eau de boisson par l'hypochlorite de calcium (p.295)

Localisation des projectiles (p.295)

Appareil prothétique à mouvements coordonnés pour amputés de la cuisse (p.317)

 

GÉOGRAPHIE. -- ETHNOGRAPHIE. ARCHÉOLOGIE

L'astronomie babylonienne et la science allemande (L. DE LAUNAY) (p.141)

 

HISTOIRE NATURELLE. -- ZOOLOGIE. -- BIOLOGIE

La guerre chez les fourmis (H. COUPIN) (p.62)

Chicorée de guerre (HENRI COUPIN) (p.182)

Confitures de guerre (HENRI COUPIN) (p.327)

Sous-marins microscopiques (HENRI COUPIN) (p.358)

 

 

Les mouches prussiennes (HENRI COUPIN) (p.420)

 

MARINE

Comment on peut se défendre contre les sous-marins (DU VERSEAU) (p.20)

La guerre navale en 1914 (E. BERTIN) (p.81)

La guerre navale en 1914 (E. BERTIN) (p.97)

Les mines marines (DU VERSEAU) (p.162)

Les croiseurs auxiliaires (Commandant P...) (p.211)

La navigation sous-marine autrefois (LÉOPOLD REVERCHON) (p.228)

 

La chauffe au pétrole dans la marine.

 

La chauffe au pétrole dans la marine (HENRI VÉRON) (p.233)

 

Le sous-marin.

 

Le sous-marin (G. BLANCHON) (p.249)

Ravitaillement des navires en haute mer par câble transporteur (R. RONNIN) (p.306)

La marine italienne (E. BERTIN) (p.384)

Le sous-marin de M. Simon Lake (LUCIEN FOURNIER) (p.405)

Les périscopes de sous-marins (E. COUSTET) (p.409)

Transport des mines marines par les courants (p.182)

La distance maxima franchissable par les sous-marins (p.295)

 

MÉCANIQUE

Rupture d'une grue flottante de construction allemande (BOUREUIL) (p.287)

Les moteurs des navires de la marine marchande anglaise (p.289)

 

NAVIGATION AÉRIENNE

 

Nouvelle unité de la flotte aérienne française : le Tissandier.

 

Nouvelle unité de la flotte aérienne française : le Tissandier (p.24)

L'atterrissage nocturne des avions (L. FOURNIER) (p.27)

Nouvelle usine à hydrogène (J. BOYER) (p.144)

Qu'est-ce qu'un zeppelin? (L. FOURNIER) (p.224)

Un nouvel obus contre les dirigeables (L. F.) (p.261)

Appareils photographiques des zeppelins et des aviatiks (PERROTIN) (p.262)

" Le Taube des Invalides " (LUCIEN FOURNIER) (p.272)

Les ballons cerfs-volants (LUCIEN FOURNIER) (p.411)

 

PHYSIQUE

Sur l'épreuve des lunettes d'approche (p.61)

 

DIVERS

 

L'influence de la guerre sur la faune.

 

L'influence de la guerre sur la faune (J. TROUESSART) (p.33)

Mèches et cordeaux combustibles (A. CHAPLET) (p.35)

Le reportage photographique (E. COUSTET) (p.42)

Souvenirs de l'avant-guerre (V. FORBIN) (p.77)

 

Deuxième semestre :

 

Le détail que nous avons donné du premier est une invitation à consulter le deuxième.

 

Exemples :

 

 

Les nouveaux casques de l'armée française

Biplan Voisin armé d'une mitrailleuse.

 

_____________________________________________________________________

 

On peut lire aussi :

La Science, la vie et la guerre en 1914.

 

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 08:01

Est-il besoin de rappeler que la chimie n’est pas une science née avec le pétrole ni une science née dans les pays du monde industriel. La houille et le pétrole ne lui ont fourni ses matériaux que depuis à peine plus de deux siècles. Pendant les millénaires précédents, seul le monde vivant, et essentiellement les végétaux, donnaient lieu à une pratique "chimique".

 

Nous parlerons ici de cette chimie dont la matière première était totalement "renouvelable" car extraite du monde végétal. Des alambics, sortaient les parfums et les remèdes issus d’épices et de plantes aromatiques du monde entier. Les meules des charbonniers fournissaient le charbon de bois utile à l’industrie. Plus tard le bois alimentera les gazogènes qui équiperont certains véhicules et la cellulose, son constituant principal, sera même à l’origine des premières fibres synthétiques.

 

Ainsi, par apports successifs, la chimie du carbone et de ses composés était déjà bien construite quand la houille et le pétrole sont venus l’investir.

 

Les populations néolithiques, cultivatrices et bâtisseuses de dolmens et d’allées couvertes, comme, ensuite, les Celtes, aux druides cueilleurs du gui, avaient vraisemblablement une bonne connaissance des plantes qui guérissaient (ou de celles qui tuaient) et savaient en préparer des potions ou des baumes. Les jardins des monastères médiévaux en avaient conservé la tradition. Certains, devenus lieux touristiques, la perpétuent.

 

Dans le monde européen, les remèdes les plus réputés empruntaient leurs savoirs aux arabes qui en tenaient une bonne part de l’ancienne Egypte ou de la Chine avec laquelle ils commerçaient. Les multiples plantes et épices rapportées d’Asie étaient à l’origine de recettes culinaires mais aussi de préparations médicales. Le médecin et biologiste arabe Abu Muhammad Ibn al-Baïtar (1190-1248) décrivait ainsi 1400 de ces plantes dans un ouvrage traduit et utilisé pendant tout le moyen-âge européen. La distillation de ces plantes rares a contribué à la popularité de l’alchimie.

 

Notons que, outre son nom, l’origine arabe de l’alchimie se manifeste dans notre vocabulaire contemporain par quelques mots rescapés : alcool, élixir … et surtout par le nom d’un instrument majeur : l’alambic.

 

Distiller les bois, les feuilles, les graines, les racines.

 

"La description des nouveaux fourneaux Philosophiques ou Art distillatoire, par le moyen duquel sont tirés les Esprits, Huiles, Fleurs, et autres Médicaments : par une voie aisée et avec grand profit, des Végétaux, Animaux et Minéraux. Avec leur usage, tant dans la Chymie que dans la médecine. Mis en lumière en faveur des Amateurs de la Vérité", est le titre d’un ouvrage dont l’auteur, Johann Rudolf Glauber (1604-1670) est un personnage charnière entre alchimistes et chimistes.

 

Né en Bavière, à Karlstadt sur le Main, il est le fils d’un barbier à une époque où ces honorables artisans, en plus de couper la barbe, étaient à la fois dentistes et chirurgiens. Ayant quitté l’école jeune, il se forme auprès des apothicaires pour s’installer lui-même comme pharmacien à Amsterdam où il fait fortune en commercialisant un remède de son invention, le célèbre "sel de Glauber" ou "sel admirable", préconisé comme laxatif, un des traitements majeurs de l’époque avec la saignée.

 

 

Le titre de son ouvrage n’est pas mensonger. Les instruments qu’il décrit resteront pratiquement inchangés jusqu’à la fin du 18ème siècle. Ses modes opératoires sont indiqués avec une réelle précision. Telle sa méthode pour extraire "la quintessence des végétaux". La méthode habituelle consiste à extraire les essences par l’eau portée à ébullition. Les huiles et alcools volatils s’en dégagent et sont condensés à travers le serpentin d’un vase réfrigérant, généralement un tonneau dans lequel circule un courant d’eau.


Manière de distiller. Glauber, La description des nouveaux fourneaux Philosophiques ou Art distillatoire, 1659.


La méthode convient, nous dit Glauber, pour les plantes de peu de prix mais son rendement est faible. Aussi en propose-t-il une autre plus efficace pour les épices rares importées du lointain Orient ou des Amériques.

 

"Je veux, dit-il, montrer une autre voie pour distiller les huiles des épices et autres choses précieuses ; ce qui se fait avec l’esprit de sel, par lequel toute l’huile est tirée hors sans rien perdre, ce qui se fait ainsi : emplis une cucurbite de cannelle, ou autre bois, ou semence, sur quoi tu mettras autant d’esprit de sel qu’il suffise pour couvrir le bois, alors place le avec son alambic sur le sable, et lui donne feu par degré, afin que l’esprit de sel bouille, et toute l’huile distillera avec un peu de flegme, car l’esprit de sel par son acrimonie pénètre le bois, et affranchit l’huile afin qu’elle distille mieux et plus aisément".

 

Notons le corps distillé, la cannelle. C’est réellement une épice qu’on ne doit pas gaspiller car elle vaut son poids d’or. Au début du 17ème siècle son commerce était assuré par les Portugais qui occupaient alors l’île de Ceylan mais à l’époque où Glauber en décrit la distillation ceux-ci ont été chassés par les Hollandais qui en détiennent le monopole. La cannelle, le clou de girofle, le poivre, la muscade, seront, en effet, l’objet d’une sanglante guerre des épices qui opposera longtemps, Portugais, Hollandais, Français et Britanniques.

 

Valmont-Bomare, dans son Dictionnaire Raisonné Universel d’Histoire naturelle (1791) consacre à la cannelle plusieurs pages. (voir p.676).

 

Il en décrit la récolte :

 

"Dans la saison où la sève est abondante, et où les arbres commencent à fleurir, on détache l’écorce des petits cannelliers de trois ans : on jette l’écorce extérieure qui est épaisse, grise et raboteuse. On coupe par lames, longues de trois à quatre pieds, l’écorce intérieure qui est mince ; on l’expose au soleil et elle s’y roule d’elle-même de la grosseur du doigt ; sa couleur est un jaune rougeâtre ; son goût est âcre, piquant, mais agréable et aromatique ; son odeur est très suave et très pénétrante."

 

Il exalte la richesse des produits de sa distillation et leurs usages :

 

" Toutes les parties du cannellier sont utiles : son écorce, sa racine, son tronc, ses tiges, ses feuilles, ses fleurs et son fruit. On en tire des eaux distillées, des sels volatils, du camphre, du suif ou de la cire, des huiles précieuses : l’on en compose des sirops, des pastilles, des essences odoriférantes, d’autres qui convertissent en hypocras toutes sortes de vins, ou sont la base de ces épices suaves qui entrent dans la confection de nos ragoûts : en un mot le cannellier est le roi des arbres à tous égards".

 

Qui pourrait nier l’intérêt de la distillation après une telle description ?

 

Moins noble que la distillation des épices : la distillation des résines.

 

Les produits précieux des résines.

 

A la fin du 18ème siècle, la récolte et le traitement de la résine de pin étaient la source d’une importante industrie.

 

"Il n’y a point de Province dans le royaume, écrit Valmont-Bomare, qui fournisse autant d’espèces de résine de pin, que la province de Guyenne ; cet arbre y croît dans les landes arides et sablonneuses, qui s’étendent depuis Bayonne jusque dans le pays de Médoc, et d’autre part depuis le bord de la mer jusqu’au rivage de la Garonne. L’espèce de pin de ces lieux est le grand et le petit pin maritime. Le suc résineux qui en découle depuis le mois de mai et le mois de septembre dans les auges, et qui par conséquent est très pur, se nomme galipot ". (Dictionnaire d’Histoire Naturelle, 1791)

 

La distillation de cette résine procurait de l’essence de térébenthine (20%) et de la colophane (80%). Le premier produit est un excellent solvant des huiles, graisses et cires, très utile pour les vernis et peintures. La colophane est connue pour ses propriétés adhésives. Sans elle l’archet d’un violon ne sortirait aucun son de la corde frottée. Ces corps entraient aussi dans la composition de remèdes divers qui pouvaient avoir une certaine efficacité. La chimie moderne nous apprend, en effet, que la résine de pin est riche en composés organiques de la famille des terpènes, corps connus comme antibiotiques et anti-inflammatoires.

 

Le goudron est un autre produit des pins et sapins. Son nom est, lui aussi, issu de l’arabe. Il s’obtient par distillation de l’ensemble du bois de pin dans des enceintes closes. Au fur et à mesure que le bois se transforme en charbon de bois, le goudron s’écoule au fond du fourneau et est conduit, liquide, jusqu’à des barils qui servent à son transport vers les ports où il est massivement utilisé pour enduire les cordages et le bois des bateaux. A Partir de savants mélanges avec de la résine ou des graisses on en prépare également des brais et des poix. Les flottes du 18ème siècle en consomment des quantités impressionnantes. Ce goudron naturel a progressivement cédé la place au goudron de houille mais certains producteurs de charbon de bois en commercialisent encore de faibles quantités.

 

Nous pourrions aussi citer des résines plus exotiques comme celles dont le mélange composait l’encens et dont le commerce était florissant.

 

Ne pas oublier la sève de l’Hévéa.

 

Une résine élastique : le caoutchouc.

 

C’est par Charles Marie de La Condamine (1701-1774) que les Français apprennent l’existence de cette gomme dont l’importance sera si grande à la fin du 19ème siècle. Ce scientifique et explorateur avait été chargé par l’Académie des Sciences de conduire une expédition au nord du Pérou afin de mesurer la longueur d’un arc du méridien terrestre au voisinage de l’équateur. L’objectif étant, rappelons-le, de déterminer la forme exacte de la terre.

 

Après avoir mené à bien l’expédition, il décidait de rejoindre Cayenne en descendant l’Amazone afin d’en dresser la carte. Le récit de son voyage, publié dans le Recueil des Mémoires de l’Académie des sciences pour l’année 1745 (voir page 430), est un vrai roman d’aventure.

 

Entre diverses observations, il y décrivait une résine élastique appelée Cahuchu dont il nous précisait que la prononciation devait être cahoutchouc. Cette résine pouvait servir à faire des torches mais son intérêt résidait dans une propriété bien plus remarquable :

 

"Quand elle est fraiche, on lui donne avec des moules la forme qu’on veut, elle est impénétrable à la pluie ; mais ce qui la rend plus remarquable, c’est sa grande élasticité. On en fait des bouteilles qui ne sont pas fragiles, des bottes, des boules creuses qui s’aplatissent quand on les presse et qui, dès qu’elles ne sont plus gênées, reprennent leur première figure. Les Portugais du Parà ont appris des Omaguas à faire avec la même matière des pompes ou seringues qui n’ont pas besoin de piston : elles ont la forme de poire creuses, percées d’un petit trou à leur extrémité, où ils adaptent une canule de bois : on les remplit d’eau, et en les pressant lorsqu’elles sont pleines, elles font l’effet d’une seringue ordinaire. Ce meuble est fort en usage chez les Omaguas. Quand ils s’assemblent entr’eux pour quelque fête, le maître de la maison ne manque pas d’en présenter par une politesse à chacun des conviés, et son usage précède toujours parmi eux les repas de cérémonie"

 

Valmont-Bomare (1791) explique que "cette bizarre coutume a fait nommer par les Portugais de la colonie du Para, l’arbre qui produit cette résine, Pao de xinringa, bois de seringue ou seringat". Les collecteurs de latex en ont hérité le nom de seringueiros !

 

Retenons ainsi la contribution des Omaguas d’Amazonie à l’équipement de nos modernes laboratoires chimiques ou biologiques au travers des "poires de caoutchouc" si utiles pour en équiper les pipettes qui servent aux prélèvements ou pour les compte-gouttes des flacons.

 

A la fin du 18ème siècle les chimistes européens se sont emparés du produit. Valmont-Bomare fait le catalogue des multiples essais pour utiliser et transformer la sève de cet arbre que les "naturels du pays appellent hhévé" et dont le nom a été transmis en France sous la forme hévéa. Il cite, en particulier le chimiste Macquer. C’est un ami de Charles de La Condamine auquel il succède à l’Académie des Sciences. Après de multiples essais il a pu constater que le caoutchouc pouvait être dissout dans l’éther pour constituer un vernis qui se figeait sous forme d’un film élastique. L’une de ses plus belles réussites : les tuyaux de caoutchouc dont on fait un si multiple usage aujourd’hui.

 

La méthode ? Il faut fabriquer un petit cylindre de cire de la grosseur d’une plume à écrire, "enduire sa surface de plusieurs couches de résine dissoute, et lorsque cette résine a pris de la consistance, la plonger avec son moule dans l’eau bouillante : la cire fond, et il ne reste plus que le tube".

 

Qui a déjà été dans un laboratoire de chimie connaît l’importance des tubes de caoutchouc pour relier les éléments de verre de façon étanche. L’opération à partir de "luts" divers était alors l’un des casse-tête des chimistes. Valmont-Bomare en présente un usage tout aussi prometteur :

 

"on s’en est servi avec beaucoup de succès pour faire des sondes, qui par leur souplesse et leur flexibilité sont bien préférables à celles qu’on a été obligés de faire jusqu’à présent avec des métaux… Ces sondes, capables d’évacuer la vessie dans les cas où les secours ordinaires sont toujours douloureux et dangereux, ne sauveraient-elles pas la vie et ne prolongeraient-elles pas les jours d’un grand nombre de malades qui périssent faute d’un pareil instrument ? "

 

 

Au début du 19ème siècle le caoutchouc devient un produit d’usage massif grâce à deux méthodes de traitement. Dans les années 1820, l’Ecossais Charles Macintosh prépare un tissu imperméable en l’imbibant de caoutchouc dissout dans du naphte bouillant. Son tissu remplace rapidement la "toile cirée". En 1842, c’est l’Américain Charles Goodyear qui trouve le moyen de stabiliser le caoutchouc par un traitement au soufre, la vulcanisation. Il peut alors équiper les roues de vélocipèdes puis des voitures automobiles, surtout après que l’Ecossais John Boyd Dunlop aura inventé le pneumatique en 1888 et que Edouard et André Michelin auront inventé les chambres à air et le pneu démontable en 1891.

 

Avec l’avènement de l’automobile la demande en caoutchouc explose. La culture de l’Hévéa, diffusée dans toutes les régions tropicales, deviendra rapidement l’une des sources importantes de revenu des colonies d’Amérique, d’Afrique et d’Asie. La richesse accumulée par les pays colonisateurs aura pour pendant l’exploitation impitoyable des populations locales.

 

Un résultat que, ni les tribus Omaguas, ni Charles de La Condamine, le visiteur qu’ils avaient si chaleureusement accueilli et à qui ils avaient livré leurs secrets, n’avaient certainement imaginé.

 

Retour aux sources.

 

L’extraction de molécules inédites dans les plantes, en particulier celles de milieux hostiles, pour des applications médicales est devenue une activité importante des laboratoires de chimie. Qui pourrait nier son intérêt. Les plantes ont fabriqué elles-mêmes les molécules nécessaires à leur protection contre les agressions de leur milieu de vie, certaines d’entre elles peuvent nous soigner.

 

Si l’histoire pouvait en être écrite, il serait passionnant de comprendre par quelle démarche intellectuelle des populations, considérées comme "primitives", ont su elles-mêmes utiliser ces produits comme remèdes. Mais, maintenant que la science sait traduire cette expérience en formules, comment pourrait-on accepter que des groupes industriels puissent prétendre "breveter" à leur profit les molécules ainsi isolées voire même les plantes qui les produisent ?

 

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Voie aussi :

 

Quand la chimie des plastiques était verte.

 

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pour aller plus loin voir :

Histoire du carbone et du CO2.

 

Un livre chez Vuibert.

JPEG - 77.7 ko

Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…

 

Coupable : le dioxyde de carbone. Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone
et celle du CO2.

 

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole.

 

Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.

 

Seront-ils entendus ?

 

pour feuilleter

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Gérard Borvon - dans Chimie
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16 septembre 2015 3 16 /09 /septembre /2015 10:50

Les piles ont un mérite : elles fournissent un courant de façon continue. Elles ont aussi un inconvénient : elles ne permettent pas l’accès à des tensions de plusieurs milliers de volts.

 

Or la médecine reste fidèle à ces chocs électriques qui, même quand ils ne guérissent pas, sont l’affichage d’une supposée haute technicité.

 

C’est pourquoi les machines électrostatiques ont sans cesse été perfectionnées pendant tout le 19ème siècle. La machine de Wimshurst en est le plus bel aboutissement. Dans les années 1880 elle se répand dans tous les cabinets des médecins aussi bien que dans les laboratoires des universités et des lycées où nous la trouvons encore aujourd’hui.


Machine de Wimshurst, dans son coffret, munie de ses accessoires.
La Nature. Revue des sciences et de leurs applications aux arts et à l’industrie. 1887.


La bobine de Ruhmkorff.

 

Un nouvel instrument va bientôt lui faire concurrence : la bobine de Ruhmkorff.

 

Né en Allemagne, Heinrich Daniel Ruhmkorff (1803-1877) vient à Paris pour y apprendre et y exercer le métier de fabricant d’instruments scientifiques de précision. Son chef d’œuvre est la fameuse bobine d’induction qu'il fait connaître en 1851 et à laquelle sera bientôt associé son seul nom, faisant oublier du même coup tous ceux, nombreux, qui y ont apporté leur contribution.

 

 

Une simple pile, alimentant un circuit primaire de quelques spires de gros fil, peut produire une très haute tension à l'extrimité d'un circuit secondaire constitué d'un très long fil fin. Louis Figuier, dans les Merveilles de la Science, en donne la description suivante :

 

" Le corps de la bobine, S, est en carton mince, et les rebords en bois vernis de gomme laque. Sur le cylindre de carton, se trouvent enroulées deux hélices de fil de cuivre, parfaitement isolées. Une de ces hélices est composée de gros fil (d’environ 2 millimètres) ; l’autre, de fil très fin (dans un autre passage Louis Figuier dira qu’il peut atteindre jusqu’à 30 kilomètres de longueur). Les bouts de ces quatre fils sortent des rebords de la bobine par quatre trous a, b, c, d. Les extrémités du fil fin se rendent aux boutons A, B, montés sur des colonnes de verre. Les extrémités du gros fil viennent aboutir à deux petites bornes métalliques, qui communiquent avec les deux pôles de la pile.".


"La bobine de Ruhmkorff."
"Louis Figuier, Les Merveilles de la Science".


Une pièce importante du montage est le "vibreur" qui établit et supprime le courant au primaire. Celui-ci, mis au point par Foucault, comporte une lame portant deux contacts qui plongent dans deux godets de mercure qui ferme le circuit alimentant un électroaimant. Celui-ci attire la lame et ouvre le circuit. Cette ouverture ramenant la lame à sa position initiale, il s’en suit une vibration entretenue qui peut atteindre plusieurs centaines d’ouvertures et de fermetures par seconde. Un condensateur, évitant les étincelles de rupture au primaire, complète le montage.

 

La puissance obtenue est extraordinaire. Des étincelles de plus de trente centimètres peuvent être obtenues au secondaire. Les commotions produites sont d’une extrême violence. Des expérimentateurs peu prudents le vérifieront à leurs dépens. Un collaborateur de Ruhmkorff se trouve ainsi renversé par une décharge qui le laisse dans un état d’extrême faiblesse pendant plusieurs jours. Seules des batteries de bouteilles de Leyde avaient, jusqu’à présent produit de tels effets. Mais, avantage de la bobine de Ruhmkorff sur les bouteilles de Leyde, celle-ci ne se décharge pas et produit des hautes tensions permanentes.

 

Cet instrument sera à l'origine de prestigieuses découvertes : les rayons cathodiques, les rayons X, les ondes hertziennes.

 

En Irlande, un autre scientifique pourrait revendiquer le paternité antérieure d'un instrument équivalent.

 

Nicholas Joseph Callan (1799-1864).

 

Nicholas Joseph Callan est un prêtre et scientifique irlandais. Il est professeur de philosophie naturelle au St Patrick's College de Maynooth proche de Dublin à partir de 1826. Il est connu pour sa bobine d'induction.

 

Ordonné prêtre en 1823, il poursuit ses études à Rome à l'université La Sapienza. Il y prend connaissance des travaux de Galvani et Volta. De retour à Maynooth il pourssuit ses études sur l'électricité. Le principe de la bobine à induction qu'il présente en 1836 est le même que celui de la bobine de Ruhmkorff. Seule la présentation est différente.

 

La bobine à induction de Nicholas Callan

 

Son éloignement des centres scientifiques européens ne lui permettra pas de faire connaître son invention. De son côté Ruhmkorff est un habile constructeur dont l'atelier est à Paris, alors un des centres de la science électrique. Les applications scientifiques ou industrielles de sa bobine y sont immédiatement perçues.

 

Ruhmkorff se voit attribuer, en 1864, le prix Volta. Les 50 000 francs de ce prix, créé par Napoléon après la visite de Volta à Paris pour récompenser la meilleure application de la pile, n’avaient encore jamais été attribués. Rétabli en 1852 par Napoléon III, Ruhmkorff est le premier à le recevoir. La bobine sera donc connue comme "la Bobine de Ruhmkorff".

 

Pour autant ses compatriotes Irlandais n'ont pas oublié Nicholas Callan. Un musée lui est consacré au collège de Maynooth.

 

Musée d'électricité du collège de Maynooth.

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 16:47

L’histoire des sciences ne doit pas être un simple ornement. Utilisée comme un outil pour faire progresser le cours elle évite le piège du dogmatisme qui est à l’opposé de la démarche scientifique dans le même temps qu’elle inscrit les sciences comme une part entière de la culture humaine.

 

On trouvera ici quelques expériences tentant de mettre en oeuvre cette conception.

 

La loi de Boyle-Mariotte.

 

Pour les Français, la loi de compressibilité des gaz qui affirme que le produit du volume d'un gaz par sa pression est une constante ( PxV = constante) est la loi de Mariotte.

 

Pour les Britanniques elle est due à l'Irlandais Boyle.

 

Rendant justice aux deux physiciens, elle est aujourd'hui présentée comme la loi de "Boyle-Mariotte".

 

 

 

En classe avec Mariotte (1620-1684).

 

L'article suivant décrit une expérience menée dans le lycée de l'Elorn à Landerneau par une classe de seconde à une période où la loi de Mariotte était à leur programme. Pour la réaliser les élèves avaient dû fabriquer des règles graduées en pouces et lignes.

 

Depuis cette époque l’utilisation du mercure a été, à juste titre, interdite en classe. Son côté spectaculaire mériterait pourtant qu’elle soit présentée sous forme d’une vidéo.

 

En classe avec MARIOTTE

 

 

Pour la suite du texte : cliquer pour ouvrir.

 

Dessins réalisés par Frédérique Prigent, élève de seconde, pour illustrer l’expérience de Mariotte.

 

Un des problèmes proposés par Mariotte.

L'expérience de Mariotte au lycée de l'Elorn à Landerneau.

Photo de classe autour de l'expérience de Mariotte au lycée de l'Elorn à Landerneau.

Voir aussi l’ouvrage de Mariotte.

 

 

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Robert Boyle (1627-1691)

 

Comme Edme Mariotte, Robert Boyle, physicien et chimiste Irlandais, est un scientifique de première importance.

 

Statue de Robert Boyle à la bibliothèque du Trinity College de Dublin.

 

La pompe à vide qu'il a construite est particulièrement efficace.

 

La pompe à vide de Boyle et ses accessoires.

 

La loi qu'il établit est identique à celle de Mariotte. Il sera cependant le premier à la publier en 1662. A son actif également une première conception atomique de la matière. Ses compatriotes le considèrent, à juste titre, comme l'un des pionniers de la chimie moderne et de la métthode expérimentale en physique.

 

Voir aussi le texte de Boyle.

 

http://www.e-rara.ch/zut/doi/10.3931/e-rara-3814

 

Le tombeau de la mère de Boyle, Catherine Fenton Boyle, à la cathédrale Saint Patrick de Dublin.

 

L'enfant dans la niche au centre est supposé être le jeune Robert Boyle dont le portrait se trouve sur le mur à gauche du tombeau.

 

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 08:40

L’histoire des sciences ne doit pas être un simple ornement. Utilisée comme un outil pour faire progresser le cours elle évite le piège du dogmatisme qui est à l’opposé de la démarche scientifique dans le même temps qu’elle inscrit les sciences comme une part entière de la culture humaine.

 

On trouvera ici quelques expériences tentant de mettre en oeuvre cette conception.

 

Elles ont été publiées dans différentes revues, dont le Bulletin de l’Union des Physiciens.

 

Elles ont également inspiré la publication de trois livres chez Vuibert (voir en fin de l’article).


 

 

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C'est à la bibliothèque de l'ancienne Académie de la Marine à Brest que l'ouvrage de Mariotte où il traite de la compression de l'air m'est tombé entre les mains. L'expérience qu'il proposait m'a étonné à la fois par sa simplicité et son ingéniosité. L'idée d'en faire un exercice pour mes classes m'est apparue comme une évidence.

 

Depuis l’époque de ce premier article l’utilisation du mercure a été, à juste titre, interdite en classe. Son côté spectaculaire mériterait pourtant qu’elle soit présentée sous forme d’une vidéo.

 

Ce travail a fait l'objet d'un article dans le bulletin de l'Union des Physiciens sous le titre :

 

En direct avec MARIOTTE

 

 

cliquer pour ouvrir.

 

 

Dessin réalisé par une élève de seconde pour illustrer l’expérience de Mariotte.

 

Mesures avec la règle graduée en pouces.

 

Une classe bien studieuse.

Noter sur le panneau, en haut à gauche, le compte-rendu de l'expérience.

Photo de classe autour de l'expérience de Mariotte.

 

Voir aussi l’ouvrage de Mariotte.

 

 

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Les oeuvres de Lavoisier étaient à l'évidence une autre source à exploiter. Un article dans le bulletin des Physiciens résume ce travail qui a eu de nombreux prolongements. En particulier dans le livre : "Histoire de l'Oxygène, de l'alchimie à la chimie".

 

1789, dans le laboratoire de LAVOISIER

 

cliquer pour ouvrir.

 

 

 

 

Première étape : introduction du fer incandescent dans le flacon de dioxygène.

Deuxième étape : la pesée au trébuchet.

 

A l'occasion du bicentenaire de la mort de Lavoisier.

 

Cette expérience, riche en rebondissements est également décrite dans l’article "Histoire de la chimie. En classe avec Lavoisier."

 

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Où on découvrira la "Loi de Dufay".

 

Dufay était pour moi un inconnu, comme pour la plupart de mes collègues enseignants, avant que je le découvre dans les Mémoires qu'il a rédigés pour l'Académie des sciences. Il m'a semblé essentiel de le faire connaître. Il m'a aidé, par la même occasion de lever le mystère d'une "cicatrice de la science" : les deux sens du courant électrique.

 

De Dufay à Ampère. Des deux espèces d’électricité aux deux sens du courant électrique.

 

cliquer pour ouvrir.

 

 

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Quand un article de la Nature nous propose "d'enseigner en jouant", l'occasion est trop belle pour que nous la refusions :

 

Des débuts de la photographie aux débuts du cinéma.

 

 

 

 

Du Phénékistiscope au cinématographe. Un moment de physique amusante.

 

cliquer pour ouvrir.

 


Voir encore : 

L'histoire des rayons X par les élèves du lycée de L'Elorn à Landerneau.

 

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On peut lire aussi :

 

Les algues, hier et aujourd’hui.

Une industrie chimique en Bretagne.

 

cliquer pour ouvrir.

Le Nord-Finistère, en Bretagne, n’est pas particulièrement réputé pour son industrie chimique. Pourtant, depuis les premières décennies du 18e siècle, c’est à dire depuis le début de la chimie "moderne", une activité chimique y est menée, sans interruption, autour des algues.

 

L’industrie de la "soude" (carbonate de sodium) se développe d’abord. On extrait ce produit des cendres de goémons séchés. Il est indispensable à la fabrication du verre. Cette activité s’arrête à la fin du 18e siècle quand de nouveaux procédés sont découverts.

 

Elle reprend en 1829 après que le chimiste Bernard Courtois ait découvert, en 1812, un nouveau et utile produit dans les cendres d’algues : l’iode. L’iode est utilisée, en particulier, en photographie et en médecine. Sa production en Bretagne s’arrête en 1952 à cause de la concurrence de l’iode extrait des nitrates du Chili.

 

Aujourd’hui le relais est pris par l’extraction des alginates contenus dans les grandes laminaires. En 1883 Edward Stanford isole l’algine des algues, plus tard le norvégien Axel Kefting en extrait l’acide alginique. La production à grande échelle commence en 1930. La Bretagne en produit environ 2000 tonnes dans les usines de Lannilis et Landerneau. Les alginates sont des agents épaississants et stabilisateurs qui interviennent aussi bien dans l’industrie pharmaceutique que dans l’industrie alimentaire ou celle du papier, des colorants ou des produits de moulage.

 

Plus confidentiels mais tout aussi riches d’intérêt sont les usages alimentaires, pharmaceutiques et cosmétiques des algues.De nombreux laboratoires, dans le Finistère, travaillent dans ces domaines pour des produits " haut de gamme " souvent destinés à l’exportation.

 

Cette ancienneté, cette richesse et cette diversité ont nourri les activités de plusieurs classes du lycée de l’Elorn à Landerneau. Ce site leur doit beaucoup. Il s’adresse à ceux qui voudraient s’inspirer de leur expérience mais aussi à tous ceux dont la curiosité aurait été éveillée par cette curieuse et attachante industrie.

 

Voir la suite.

 

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Trois livres pour aller plus loin.


Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron. Vuibert.

 

Émanation, fluide, particule, onde… quelle est l’identité de cette chose insaisissable mais bien présente dont la quête remonte à vingt-cinq siècles
et dont la réalité nous échappe dès qu’on pense l’avoir cernée ?

JPEG Au fil d’un récit imagé – celui d’une succession de phénomènes généralement discrets qui, sous le regard d’observateurs avertis, débouchèrent sur des applications spectaculaires – nous croiserons des dizaines de savants, d’inventeurs et de chercheurs dont les noms nous sont déjà familiers : d’Ampère à Watt et de Thalès de Milet à Pierre et Marie Curie, ce sont aussi Volta et Hertz, Ohm et Joule, Franklin et Bell, Galvani et Siemens ou Edison et Marconi qui, entre autres, viennent peupler cette aventure.

On y verra l’ambre conduire au paratonnerre, les contractions d’une cuisse
de grenouille déboucher sur la pile électrique, l’action d’un courant sur une
boussole annoncer : le téléphone, les ondes hertziennes et les moteurs électriques, ou encore la lumière emplissant un tube à vide produire le rayonnement cathodique. Bien entendu, les rayons X et la radioactivité sont aussi de la partie.

De découvertes heureuses en expériences dramatiques, l’électricité reste une force naturelle qui n’a pas fini de susciter des recherches et de soulever des passions.


Professeur de lycée, Gérard Borvon a enseigné les sciences physiques tant en sections scientifiques
que technologiques et littéraires, s’appliquant toujours à utiliser les ressources de
l’histoire des sciences pour illustrer le cours. Auteur de nombreux travaux visant à diffuser
la culture scientifique, il a également préparé les enseignants à leur métier dans le cadre de
l’Institut universitaire de formation des maîtres de Bretagne.

Collection « Va savoir ! »

Illustration de couverture : La fée électricité © Christian Antonelli, 2009

Couverture : Linda Skoropad/Prescricom

www.vuibert.fr


Voir la table des matières.

 


 

Commentaires relevés.

 

 

La Recherche février 2010.

 

Histoire de l’électricité. Gérard Borvon.

Le récit clair et bien illustré de l’histoire de l’électricité et des savants qui ont marqué son évolution : Ampère, Watt, Hertz, ou encore Galvani et Siemens.

L’auteur explique comment l’ambre a conduit à l’invention des paratonnerres, et les contractions d’une cuisse de grenouille à la pile électrique

 

xxxxxxxxxx

 

Bulletin de l’union des professeurs de physique et de chimie.

 

Histoire de l’électricité de l’ambre à l’électron par Gérard Borvon

Éditeur : vuibert - 2009 - 266 pages - 26 € - ISSn/ISBn : 978.2.7117.2492.5

Public visé : Enseignant, lycéen, licence.

 

Voici un ouvrage à mettre entre toutes les mains, celles de nos élèves dès les classes de premières S et STI de nos lycées, et entre les mains de tous les futurs enseignants de sciences physiques et de physique appliquée (tant qu’il en reste encore !). L’auteur est un collègue professeur de sciences physiques, formé à l’histoire des sciences, et formateur des enseignants en sciences dans l’académie de Rennes. Bref quelqu’un qui a réfléchi tant à l’histoire de sa discipline qu’à son enseignement et sa didactique, et cela se sent. Le style est fluide et imagé, bref plaisant au possible.

 

Le découpage de l’ouvrage est classique sans l’être tout à fait puisque l’auteur pose des questions inhabituelles dans ce genre d’ouvrage écrit habituellement par des personnes peu au courant des problématiques de l’histoire des sciences : les relations entre sciences « pures » et sciences pour l’ingénieur, l’électricité et les changements de modes de vie qu’elle implique, c’est-à-dire, une interrogation sur les relations entre sciences et société.

 

L’ouvrage est découpé en vingt-deux chapitres non numérotés, de longueurs inégales, suivis d’une bibliographie comportant des références Internet pour trouver les revues essentielles, numérisées par le CnAM (Conservatoire national des arts et métiers) et la BnF (Bibliothèque nationale
de France) : La nature, La lumière électrique ou L’année scientifique et industrielle de Louis Figuier, constituant autant de sources iconographiques pour illustrer les cours de physique et d’électricité.

 

Les chapitres sont organisés de manière chronologique examinant les développements successifs de l’électricité, du magnétisme et de l’électromagnétisme. À mon sens, le chapitre sur les relations entre électricité et chimie aurait pu être davantage développé puisque l’irruption des techniques de l’électricité dans l’analyse chimique marque le début d’une nouvelle discipline, – la chimie physique (physikalische chemie au sens d’ostwald et de van’t Hoff) ou la chimie générale comme on l’a longtemps pudiquement appelée en France, bouleversant ainsi les pratiques des chimistes.

 

Mais l’on trouve avec plaisir un chapitre sur le rôle des ingénieurs et des expositions universelles à la fin du xIxe siècle, suivi d’un chapitre sur le rôle de l’électricité dans la quête d’une harmonisation des unités en physique à la fin du xIxe siècle, qui déboucha sur le système MKSA. Les applications industrielles de l’électricité auraient pu ici trouver une place plus importante : machines, production d’électricité, mais aussi éclairages et machines dédiées au théâtre et qui en modifient les pratiques par exemple.

 

L’ouvrage s’achève sur une réflexion sur ce que peut apporter l’histoire des sciences dans la compréhension du fonctionnement de la science et dans l’établissement des lois physiques. Celles-ci ne sont pas des « vérités révélées », mais sont construites le plus souvent à la suite de succession d’essais et d’erreurs.

 

Voici donc un bon ouvrage permettant de se construire une culture scientifique sans l’âpreté des équations de la physique.

 

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Histoire de la chimie. L’oxygène, de l’alchimie à la chimie.

Suivre le parcours de l’oxygène depuis les grimoires des alchimistes jusqu’aux laboratoires des chimistes, avant qu’il n’investisse notre environnement quotidien.

Un livre chez Vuibert

 

Histoire de l’oxygène

De l’alchimie à la chimie

 

Aujourd’hui, les formules chimiques O2, H2O, CO2,… se sont échappées des traités de chimie et des livres scolaires pour se mêler au vocabulaire de notre quotidien. Parmi eux, l’oxygène, à la fois symbole de vie et nouvel élixir de jouvence, a résolument quitté les laboratoires des chimistes pour devenir source d’inspiration poétique, picturale, musicale et objet de nouveaux mythes.

À travers cette histoire de l’oxygène, foisonnante de récits qui se côtoient, s’opposent et se mêlent, l’auteur présente une chimie avant les formules et les équations, et montre qu’elle n’est pas seulement affaire de laboratoires et d’industrie, mais élément à part entière de la culture humaine.

feuilleter les premières pages.

 

XXXXXXXXXX


Histoire du carbone et du CO2.

 

JPEG - 77.7 ko

Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…,
coupable : le dioxyde de carbone. Pourtant sans ce gaz
il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

Histoire du carbone et du CO2.

Un livre chez Vuibert.

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les
philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et
biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès
mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?


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