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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 15:50

 

 

 

19 Juin 1778.

 

Il y a moins d'une semaine, je visitais la mine de Poullaouen où j'avais eu le bonheur de rencontrer Monsieur de Lavoisier. J'y avais accompagné le Chevalier de Bouflers, colonel du régiment de Chartres, qui assurait la protection du duc, cousin du roi, en visite en ces lieux. Le Chevalier attendait la guerre avec impatience alors que je l'espérais lointaine. Nous ne savions pas encore que les dés avaient déjà été jetés. Aujourd'hui je chevauche auprès d'un convoi de charrettes où, sur des lits de paille, gémissent, hurlent de douleur, ou déjà agonisent, les marins et soldats de la Belle-Poule qui a subi les premiers coups de l'ennemi.

 

Hier, 18 Juin, peu de temps après que la cloche de l'église de Saint Houardon ait sonné les douze coups de minuit, un sergent du régiment de Chartres est venu frapper à la porte de notre domicile sur le quai du Léon. Il me fallait, me dit-il, me rendre d'urgence auprès du Chevalier de Bouflers en emportant avec moi quelques vêtements en état d'affronter les intempéries ainsi que mes instruments de chirurgie.

 

Rapidement rejoint je trouvais le Chevalier dans un inhabituel état d'excitation. Nous avons la guerre me dit-il,

 

- Un messager vient de me faire savoir que je dois me rendre d'urgence avec un fort détachement de troupes sur le rivage de Plouescat où nos navires ont engagé le combat avec la flotte anglaise. Nos équipages ont subi de lourdes pertes. Nous devrons leur porter secours et convoyer les blessés jusqu'à l'hôpital de la marine installé au Folgoët, près de Lesneven.

 

Finis les doutes. La seule chose qui comptait à présent était de soulager les souffrances et d'arracher à la mort le plus d’hommes possibles, fussent-ils nos ennemis si le hasard des combats en avait fait nos prisonniers. J'essayais surtout d'être attentif à la route empruntée afin de ne pas laisser aller mon imagination.

 

Fort heureusement le Chevalier ne me laissait pas le temps de penser. Il m'expliquait ce qu'il croyait savoir de l’événement tel que l'un de ses lieutenants, en poste à Brest, le lui avait rapporté.

 

N'étant pas marin il savait seulement qu'une frégate du nom de La Belle Poule et portant 30 canons avait été attaquée par un navire de la flotte anglaise au large de Plouescat. Il semblait qu'elle était particulièrement visée car en avril de l'année précédente elle avait déjà été prise en chasse par un navire anglais qui la soupçonnait d'être un corsaire américain, ceux-ci s'abritant parfois sous le pavillon français. A nouveau, en janvier de cette année, elle avait été interceptée par deux navires anglais de 74 canons exigeant de la visiter. On répétait à Brest la réponse de son capitaine, Charles de Bernard de Marigny : «Je suis la Belle-Poule, frégate du Roi de France. Je viens de la mer et je vais à la mer. Les bâtiments du Roi, mon maître, ne se laissent jamais visiter.»

 

Le panache de la réponse avait-il été suffisant ? Les Anglais le laissaient poursuivre sa route sans savoir qu'il avait à son bord un représentant important des insurgents qui devait s'embarquer à Brest pour un retour aux Amériques. La rumeur s'était même répandue que ce personnage était Franklin en personne. Les espions anglais n'étant pas inactifs à Brest, la nouvelle de cet échec avait dû filtrer jusqu'à Londres et tout laisse à penser que les officiers de la flotte anglaise, responsables de cet échec, avaient dû subir de sévères remontrances et que leur désir de revanche était à la mesure de l'affront subi.

 

Et voilà que, le 15 juin la Belle-Poule revient faire flotter le pavillon français dans la Manche. Le comte d'Orvilliers, commandant de l'armée navale, avait chargé le capitaine Chadeau de La Clocheterie de l'y mener pour une mission de surveillance. Elle y était accompagnée par trois autres navires de moindre puissance.

 

 Le mercredi 17 Juin, elle avait été attaquée et avait dû livrer bataille contre une frégate anglaise envoyée par l'amiral Keppel dont la flotte croisait au large. La rumeur faisait déjà état de la glorieuse victoire du navire français.

 

Quand nous avons retrouvé la frégate, elle était en réalité en pitoyable état et en très mauvaise position. De prétendus pilotes locaux, qui disaient connaître la côte, l'avaient menée dans un endroit parsemé de roches où elle avait talonné. A portée étaient mouillés quatre bâtiments anglais dont on pouvait craindre qu'ils n'envoient des chaloupes pour l'attaquer ou l'incendier. Le Chevalier de Bouflers, dont le bataillon avait reçu le soutien d'une centaine de soldats d'un autre régiment, fit immédiatement rechercher des chaloupes dans tout le pays environnant afin d'amener des troupes à bord de la frégate et s'opposer à un éventuel débarquement anglais. La nuit étant venue il fit allumer de nombreux feux tout le long de la côte pour simuler les bivouacs d'une troupe importante.

 

Au matin, les vaisseaux anglais avaient levé le siège et le Chevalier semblait déçu de voir à nouveau la guerre s'éloigner sans avoir pu échanger quelques salves. Pourtant le spectacle de la guerre était bien devant nous.

 

Nous avions rejoint M. de la Clocheterie à son bord. Il était très affecté par les pertes subies. Il avait à déplorer la mort d'une trentaine de ses hommes et en particulier celle de son capitaine en second, M. Le Grain de Saint-Marceau. Une centaine d'autres étaient sévèrement blessés. Bien que blessé lui-même, il ne pensait qu'a mobiliser tout ce qui restait de son équipage pour remettre son navire en mesure de naviguer et de combattre. Il ne lui restait plus que la moitié de ses matelots mais ceux-ci ne prenaient aucun repos, négligeant même de manger. Ils se savaient victorieux. La frégate Arethusa qui les avait attaqués avait dû rompre le combat après la perte d'un mât. Cela décuplait leurs forces.

 

Je ne pouvais détacher mes yeux des blessés couchés sur la paille des charrettes qui allaient les amener jusqu'à l'hôpital du Folgoët. L'un avait un bras arraché, l'autre une jambe. Un autre avait eu les deux jambes emportées au niveau des cuisses. Sans les premiers soins qui leur avaient été donnés par le chirurgien du bord, ils se seraient déjà vidés de leur sang. Plusieurs avaient des membres hachés par la mitraille et les éclats de bois arrachés aux gréements par les boulets ennemis. Je savais déjà que sans une amputation rapide la gangrène les emporterait dans d'atroces souffrances.

 

Devant leurs officiers chacun faisait assaut de courage, refusant de se plaindre et ne pensant qu'à partager la gloire de la victoire. Je n'ignorais pas que, le temps passant, leurs corps, pour le moment encore anesthésiés, sentiraient monter des douleurs que même le laudanum que je pourrais leur faire absorber ne calmerait pas. Je savais aussi que, pour ceux qui survivraient, le plus dur serait d'affronter la nouvelle vie qu'ils n'imaginent pas encore.

 

Le Chevalier étant resté sur place dans le but d'accompagner par la côte le retour de la Belle-Poule jusqu'à Brest, je partais seul avec le convoi de blessés vers l'hôpital du Folgoët.

 

20 juin.

 

L'hôpital est un ancien couvent d'Ursulines, vaste mais sans l'architecture qui conviendrait à un tel édifice. Destiné à y soigner les blessés de la marine, on se demande pourquoi il est si loin de Brest et pourquoi le port ne dispose pas d'un hôpital assez vaste pour y recevoir tous les malades et blessés de la flotte. Combien de matelots ne sont-ils pas morts sur les charrettes qui les amenaient au Folgoët ?

 

L'hôpital comprend treize salles, vastes et bien aérées, et environ cinq cents lits. Si l'eau y était plus abondante, ce serait un très bon établissement. Elle fait pourtant défaut en un moment où il faudrait pouvoir laver à grandes eaux les tables et les sols imprégnés d'un sang poisseux.

 

Depuis hier un étrange phénomène s'est produit. Pour sauver les hommes que l'on m'apporte je fais abstraction de la pitié qu'ils m'inspirent. Seuls les gestes techniques comptent. La science qui m'a été enseignée est devenue un rempart contre l'émotion.

 

Le combat de la Belle-Poule au large de Plouescat.

 

Ma trousse de chirurgien de marine, oeuvre du coutelier Morier de Brest.

Un cadeau de mon oncle Mazéas.

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voir en complément dans "documents" : Le combat de la Belle-Poule

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Gérard Borvon - dans Romans
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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 15:10

Fragments du journal de Sébastien le Braz trouvés dans le grenier d'une antique maison du quai du Léon à Landerneau.

 

Personnage imaginé, Sébastien le Braz est un jeune chirurgien de marine au temps de la guerre d'indépendance des Etats d'Amérique. Les évènements qu'il vit et les personnes qu'il rencontre sont par contre réels.

 

 

Le jour où j'ai rencontré Lavoisier à Poullaouen en Bretagne.

 

Le combat de la Belle-Poule.

 

Mon oncle Guillaume Mazéas.

 

Souvenirs électriques du collège de Quimper.

 

Déclaration d'indépendance des Etats Unis d'Amérique.

 

Visite de l'empereur d'Autriche Joseph II à Brest.

 

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Gérard Borvon - dans Romans
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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 13:43

Hier, préoccupé par la fièvre d'un soldat du régiment de Chartres qu'aucun de mes remèdes ne semblait vouloir guérir, j'ai porté la main sur un manuel si souvent ouvert : La pharmacopée des pauvres, accompagnée d'observations sur chaque formule par le docteur W**, membre du Collège Royal des Médecins de Londres. Ce livre, dont la reliure commençe à bailler, est un cadeau de mon oncle Guillaume. Emporté par une rapide maladie il y a trois ans, il a été le tuteur de ma jeunesse. Son absence me pèse encore.

 

Ce livre m'est doublement important. Par son contenu d'abord mais aussi par le fait que, même si son nom ne figure pas sur l'ouvrage, le traducteur du texte, initialement écrit en anglais, est mon oncle lui-même. Il a été publié en France, il y a environ vingt ans et a inspiré depuis nombre d'ouvrages similaires. Il demeure une référence.

 

L'ouvrage, travail collectif des médecins des collèges de Londres et de Edimbourg, se propose de regrouper les remèdes les plus simples, les plus efficaces et, surtout, les moins chers, testés dans leurs hôpitaux et dans ceux des armées anglaises. Je relis toujours avec tendresse certaines phrases de l'introduction dans lesquelles je reconnais le solide pragmatisme de mon oncle allié à une permanente recherche de la rigueur scientifique  :

 

« Parmi les avantages que la Pharmacie peut retirer de cet ouvrage, il en est un sur lequel on ne saurait trop insister : c'est la simplicité qui règne dans les formules. Cette épargne judicieuse, cette économie savante, a exigé plus de lumières que n'en fournit la pesante érudition des Commentateurs d’Hippocrate. Il est en effet plus difficile de suivre les traces de la simple nature que le torrent d'un Système imaginaire ou d'une explication hasardée »

 

A les relire, ces propos me mettent toujours en joie. Tellement justifiés, mais révolutionnaires pour leur temps, ils ne pouvaient manquer de provoquer la fureur des médecins de l'Académie. D'ailleurs, habile et provocateur à la fois, mon oncle anticipait leurs réactions :

 

« sensibles au bien de l'humanité, nous recevrons avec plaisir les avis de ceux qui auront le courage de perfectionner cette méthode et nous plaindrons, sans nous en offenser, ceux qui la contrediront. »

 

Guillaume Mazéas, mon oncle, le frère de ma mère, est né à Landerneau, dans la paroisse de Saint Houardon, en 1720. Son père, mon grand-père, que j'ai peu connu, était notaire et Procureur Royal dans cette ville. Après des études au collège des jésuites à Quimper, il a rejoint le collège de Navarre à Paris où son aîné de sept ans, Jean-Mathurin, enseignait déjà les mathématiques après y avoir lui-même été élève. Le collège de Navarre… Comment oublier les années que j'y ai moi-même passées, suivant ainsi leur exemple après, je dois le reconnaître sans honte, avoir bénéficié de leur part de recommandations que je me suis efforcé d'honorer.

 

Mon oncle Jean-Mathurin, déjà célèbre auteur d'un manuel de mathématiques réputé, m'intimidais. Malgré la bienveillance qu'il me manifestait et la qualité de ses cours, je n'ai pas été déçu d'avoir pour professeur l'un de ses collègues.

 

Pendant mes années parisiennes mon oncle Guillaume était revenu en Bretagne et, plus précisément, à Vannes où il occupait la fonction de chanoine de la cathédrale. Il continuait à y être très actif dans le domaine scientifique, étant régulièrement sollicité pour des sujets concernant la région. C'est ainsi qu'il perfectionna l'usage de la soude extraite des cendres de varech où encore qu'il mit au point une méthode pour la la teinture des indiennes, ces toiles importées des Indes par le port de Lorient. Je continuais à le voir lors de ses séjours répétés à Paris et surtout j'entretenais avec lui une correspondance régulière.

 

Il partageait son extraordinaire érudition avec ceux de ses contemporains qu'il avait rencontrés à l'occasion des multiples voyages que ses fonctions avaient engendrés.

 

A sa sortie du Collège de Navarre, il fut d’abord employé comme secrétaire, à Rome, à l’ambassade française auprès du Vatican. A cette occasion il s’intéressa aux antiquités romaines et rencontra des savants étrangers ayant les mêmes curiosités que lui. En particulier il devint le correspondant de Stephen Hales, scientifique anglais de grand renom et membre de la Société Royale des Sciences d'Angleterre. Cette relation lui vaudra une bonne connaissance de l'anglais qu'il m'invita à pratiquer à mon tour. Il eut ainsi le suprême honneur, d'être nommé membre de la prestigieuse Royal Society. Il était par ailleurs membre correspondant de l'Académie des Sciences française qui publia nombre de ses mémoires. En confidence il me parla même de Voltaire, relation sulfureuse pour l'abbé qu'il était. Celui-ci le désignait sous le sobriquet "d'abbé électrisant" suite aux expériences concernant le paratonnerre auxquelles il avait participé.


 

Depuis 1751, de retour à Paris, il occupait la fonction de bibliothécaire du Duc de Noailles, amateur averti de tout ce qui touche aux sciences. C’est à ce moment qu’il vécu la période la plus exaltante de sa vie scientifique : la première expérimentation du paratonnerre imaginé par Franklin.


 

Combien de fois ne l'ai-je pas entendu me faire le récit de ces journées mémorables. J'en ai encore le détail.


 

Franklin avait déjà 40 ans, me disait-il alors, et était un autodidacte accompli qui animait une société philosophique à Philadelphie. C'est alors qu'il rencontra l’électricité. Un voyageur venu d’Angleterre avait apporté quelques livres et surtout du matériel de démonstrations électriques. On venait de découvrir le phénomène de la fameuse bouteille de Leyde que l'on charge d'électricité et qui provoque un choc violent à l'imprudent qui la manipule de façon malhabile.


 

La mode était alors de produire en public les expériences, déjà spectaculaires, que permettait l’électricité. Franklin, qui est d’une extrême habileté manuelle, avait amélioré ces expériences et fait de nouvelles observations. Parmi celles-ci, celle du pouvoir des pointes par lesquelles se décharge un corps électrisé, ce qui l’amena rapidement à imaginer la paratonnerre : une pointe conductrice dressée vers les nuages.


 

Franklin fit part de ses expériences dans une correspondance avec le citoyen britannique Peter Collinson. Celui-ci chercha à les faire publier par la "Royal Society", l’Académie des Sciences anglaise. Les scientifiques anglais ne voulurent pas reconnaître comme l’un des leurs cet amateur, qui plus est, des colonies d’Amérique. Ce fut un refus.


 

Persuadé de la valeur du contenu des lettres de Franklin, Peter Collinson ne voulut pas renoncer et les publia à son compte. Le livre arriva en France où il fut traduit et tomba entre les mains du naturaliste Buffon qui eut l’idée de faire réaliser en public les expériences de Franklin par son ami Dalibard, spécialisé dans ce domaine. Le succès fut foudroyant ! A tel point que feu notre précédent Roi désira assister à ces expériences. Une séance spéciale fut donc organisée pour Louis le Quinzième chez le Duc de Noailles à laquelle Guillaume Mazéas fut impliqué en tant que bibliothécaire.


 

Enhardi, Dalibard décida de tenter l'expérience du paratonnerre que personne, pas même Franklin, n’avait réalisée jusqu’à présent. Elle fut faite à Marly le 13 mai 1752. Une perche conductrice fut dressée au passage d’un nuage d’orage et le premier éclair fut reçu par le nommé Coiffier, un ancien dragon dont l'Histoire retiendra qu'il est le premier à avoir capté la foudre.


 

L'oncle Mazéas me décrivait avec humour la hâte du curé de Marly à tenter lui-même l'expérience avant d'en faire parvenir la narration à M. Delor. Il s'amusait de l'inquiétude du digne ecclésiastique quand on lui signala l'odeur de soufre qui le suivait depuis cette expérience : n'y aurait-il pas quelque chose de diabolique à défier ainsi le feu du ciel ?


 

Oubliant le danger, la frénésie s'empara alors des cabinets et salons parisiens. Chacun voulu tenter l’expérience. Mon Oncle Mazéas me raconte que, pris dans le feu de l'action et oubliant toute prudence, il avait dressé lui-même une tige de fer à son domicile et fait arriver un fil conducteur dans sa chambre pour pouvoir continuer ses observations, même la nuit sans quitter son lit, si un nuage arrivait. Le jeu consistait alors à approcher la main de l'extrémité du fil et à en recevoir la secousse électrique. Mon oncle se souvenait encore du jour où, les secousses étant accompagnées d'une insupportable douleur, la crainte qui s'était emparée des dames présentes l'obligea à démonter toute l'installation. Il fallait les en remercier, disait-il, car peu de temps après il devait apprendre la mort du physicien Richmann foudroyé dans des circonstances semblables.


 

Persuadé de l'importance de l'expérience, l'oncle Mazéas s'empressa d’informer la Royal Society du succès rencontré à Marly par une lettre adressée à Stephen Hales. C'est donc lui qui fera connaître à Franklin et à ses compatriotes le succès de l’expérience qu'il avait imaginée. C'est à cette occasion qu'il sera admis comme membre à part entière de la Royal Society, ce qui était une promotion inespérée pour un jeune homme de trente ans.


 

Mon oncle se plaisait à répéter que si l'idée du paratonnerre était venue d'Amérique, les premières expériences se sont faites en France. J'ai récemment trouvé à la bibliothèque de l'Académie de Marine le recueil des œuvres de Franklin publiées en France en 1773 dans une traduction de M. Barbeu Dubourg. Les lettres de mon oncle y figurent. Il les y avait certainement lues sans rien m'en dire.


 

Le destin lui a refusé le plaisir de rencontrer physiquement le savant et philosophe de Philadelphie. Le 3 décembre 1776, Benjamin Franklin débarquait du Reprisal, navire américain, dans le port de Saint-Goustan à Auray, près de Vannes. Mon oncle n'a pas eu la joie de l'y rencontrer avant qu'il rejoigne Paris pour y occuper la fonction d'ambassadeur des États d'Amériques. Une sévère maladie l'avait emporté peu de temps auparavant.


 

Alors que la guerre menace à nouveau je veux me rappeler que mon oncle considérait la collaboration entre scientifiques de différents pays comme une gage de paix. Rien, même les guerres, ne devait rompre cette chaîne. Constatant, en1755, que les relations diplomatiques entre la France et l'Angleterre étaient au plus bas il écrivait à son correspondant Stephen Hales une lettre dont il avait conservé une copie que j'ai recopiée à mon tour.


 

«Je vois avec douleur, écrivait-il, que les deux nations sont à la veille d'une guerre, mais je puis vous assurer que ce châtiment de la Providence que les hommes s'attirent par leurs crimes et leur irréligion ne diminuera jamais en moi, ni l'estime que j'ai pour votre nation, ni la reconnaissance que je dois à votre amitié. Il est triste que deux nations qui s'estiment mutuellement travaillent à leur destruction. Quoi qu'il en soit, laissons cette affaire à nos souverains respectifs et travaillons toujours au bonheur des hommes».


 

Vingt ans se sont écoulés mais aucun des mots de mon oncle Guillaume ne m'est étranger. Comme chirurgien je voudrais n'avoir qu'un seul objectif, le bonheur et la santé des hommes. Bien que chirurgien militaire je ne peux considérer le peuple anglais, dont je comprends la langue, comme un peuple ennemi. Je sais que je soignerai avec autant de compassion le marin prisonnier que le blessé de nos rangs.


 

Mais revenons à notre Pharmacopée des Pauvres. Quel remède contre la fièvre qui me préoccupe ? Pourquoi pas la décoction à base d'écorce du quinquina et de Serpentaire de Virginie additionnée de sirop d’œillet rouge. Les composants existent à la pharmacie de l'hôpital. Je lis que « ce remède se donne avec un succès étonnant aux personnes attaquées de fièvre maligne connues depuis peu sous le nom de Fièvre d'Hôpital. Elle se gagne en respirant le mauvais air qu'exhalent des personnes mal-propres rassemblées dans un lieu fort étroit, soit que ce mauvais air provienne de la mal-propreté, soit de la putréfaction des haleines ». On me conseille d'y ajouter la prise d'un très bon vin. J'imagine que nos malades ne refuseront pas ma tisane si je leur promets de la faire suivre d'une mesure de l'un de ces vins que nous recevons de Bordeaux et dont la Marie-Jeanne, la goélette de l'armateur Gillard, vient de mettre à terre plusieurs fûts sur le quai de Landerneau.

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Voir aussi :

Jean-Mathurin et Guillaume Mazéas. Deux savants Landernéens au siècle des lumières.

 

 

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Gérard Borvon - dans Romans
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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 10:30

 

 

L'Année internationale de la lumière est une initiative globale vise à sensibiliser les citoyens du monde entier sur l'importance, dans leur vie quotidienne, de la lumière et des technologies qui y sont associées tels que l'optique. La Lumière et ses technologies participent pleinement au développement de la société. C'est une occasion unique d'inspirer, d'éduquer et de connecter à l'échelle mondiale.


Le 20 décembre 2013, L'Assemblée générale des Nations Unies (ONU), à sa 68e session, a proclamé 2015 comme l'Année internationale de la lumière et des technologies fondées sur la lumière (AIL 2015).

 

Cette année internationale est le fruit de l'initiative d'un grand consortium d'organismes scientifiques en partenariat avec l'UNESCO. Ce consortium regroupe de nombreux acteurs, y compris la communauté scientifique, le monde de l'enseignement, les plates-formes technologiques, les organisations à but non lucratif et des partenaires du secteur privé.

 

En proclamant une année internationale mettant l'accent sur le thème de la lumière et de ses applications, les Nations Unies ont reconnu l'importance de la sensibilisation mondiale sur la façon dont la lumière et les technologies qui y sont fondées peuvent promouvoir le développement durable et apporter des solutions aux défis mondiaux que sont l'énergie, l'éducation,l'agriculture et la santé. La lumière joue un rôle essentiel dans notre vie quotidienne et est une discipline transversale cruciale de la science au 21e siècle. Elle a révolutionné la médecine, a ouvert la communication internationale via Internet, et continue d'être un vecteur important qui lie à la fois les aspects culturels, économiques et politiques de la société mondiale.

 

Liens: 

Année internationale de la lumière (en anglais)

Site web de l'Année internationale de la lumière 2015 (en anglais)

 

Pages thématiques: 

Les sciences au service d’un avenir durable

Investir dans les sciences, la technologie et l'innovation

Renforcement des capacités dans les sciences et l’ingénierie

Les sciences au service de la société

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Renforcement des capacités dans les sciences et l’ingénierie

Investir dans les sciences, la technologie et l'innovation

Les sciences au service de la société

 

Voir sur ce site

 

 

 

Huyghens, Young, Fresnel, Maxwell, la lumière et l'électricité.

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 09:42

 

Une série de textes pour en parler.

 

Paris 1900. Le Palais de l'électricité. Thierry Paquot.

 

Paul Morand se souvient de sa visite, il avait douze ans, « On est saisi d’un
vertige mondial ; on marche de surprise en surprise ; on tient l’univers dans
sa main ; on se trouve pris dans un réseau d’évocations mythiques, de mo-
numents impossibles, dans un maelström de progrès, dans une étreinte d’al-
liances, parmi les cacophonies de diphtongues bizarres, de mots indéchif-
frables »
 
                On y trouve tout, mais le bâtiment qui a, semble-t-il, marqué le
plus l’esprit des contemporains est le Palais de l’Électricité. Après les pa-
villons des divers pays qui rivalisent d’ingéniosité et d’excentricité, les
stands des industries ou encore les nombreuses attractions, « c’est alors, écrit
Paul Morand, que retentit un rire étrange, crépitant, condensé : celui de la
Fée Électricité ; autant que la Morphine dans les boudoirs de 1900, elle
triomphe à l’Exposition ; elle naît du ciel, comme les vrais rois. » Mais qu’est-
ce que l’Électricité (avec un « e » majuscule, s’il vous plaît !) ? « Elle est le
progrès, la poésie des humbles et des riches ; elle prodigue l’illumination ;
elle est le grand Signal ; elle écrase, aussitôt née, l’acétylène. À l’Exposition,
on la jette par les fenêtres. Les femmes sont des fleurs à ampoule. Les fleurs
à ampoule sont des femmes. » Mais encore ? « L’Électricité, on l’accumule,
on la condense, on la transforme, on la met en bouteilles, on la tend en fils,
on l’enroule en bobines, puis on la décharge sous l’eau, sur les fontaines, on
l’émancipe sur les toits, on la déchaîne dans les arbres ; c’est le fléau, c’est
la religion de 1900. » Le jeune Paul Morand est tourneboulé par tant de force,
de mystère, d’immatérialité qui se dégagent de cette si nouvelle énergie. Certes,
en 1881, se tenait à Paris, l’Exposition Internationale d’Électricité, fréquentée
par 900 000 visiteurs, mais en vingt ans les améliorations des divers procé-
dés qui produisent et diffusent de l’électricité se sont considérablement so-
phistiqués, de même que se sont démultipliés ses différents usages, et mal-
gré un climat relativement constant d’électromania, l’Exposition de 1900
va l’imposer comme symbole suprême du Progrès et de la Modernité.
 
 
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à voir au musée d'Orsay

 

Situé à l'extrémité de l'esplanade du Champ de Mars, en face de la tour Eiffel, le palais de l'Electricité était le "clou" de l'Exposition universelle de 1900. Oeuvre d'Eugène Hénard, architecte et théoricien connu pour ses projets de transformation de Paris, le palais abritait dans son hall de fer et de verre diverses applications de l'électricité. Il servait également à alimenter les autres pavillons. Dans l'Annuaire de l'Exposition de 1900, on peut d'ailleurs lire : "Que le palais de l'Electricité vienne, pour une cause ou pour une autre, à s'arrêter et, toute l'Exposition s'arrête avec lui […]. Dans le palais de l'Electricité se fabrique, en effet, toute l'énergie nécessaire à l'éclairage et à la marche des organes divers de l'Exposition".

Le gigantesque château d'eau de l'architecte Edmond Paulin faisait office de façade. Il s'agissait d'un étonnant décor découpé et aérien : "un diadème, un éventail ouvert, la queue d'un paon faisant la roue". De son centre jaillissait une immense cascade, tandis qu'au sommet dominait Le Génie de l'électricité, une statue haute de plus de six mètres. La nuit, cet ensemble scintillait de milliers de feux multicolores.

Cette étonnante construction a reçu l'approbation du ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes en 1898 par l'intermédiaire de ce dessin. Il nous transmet l'état définitif des deux palais.

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Dans la revue La Nature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Camille Saint-Saëns : cantate "Le Feu Céleste"

 

 

Une commande pour l'exposition de 1900

 

Tout est conquis dans la Nature ;

Au ciel restait à conquérir

La flamme redoutable et pure ,

Le feu qui fait vivre et mourir !

Aigle s'envolant de son aire

Volta lui ravit le tonnerre

Et l'apporte à l'Humanité.

Par lui la foudre est enchaînée

Et s'appelle Electricité.

 

(Armand Sylvestre)

 

 

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 06:42

Par Gérard Borvon.

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L'oxygène, l'azote, l'hydrogène, le carbone sont incontestablement la plus belle création de Lavoisier et des réformateurs français.

 

Il n'est pas nécessaire d'être un chimiste averti pour savoir que ces éléments sont à la base de cette chimie des êtres vivants que l'on nomme "organique". Carbone, hydrogène et oxygène sont les constituants uniques des glucides (les sucres) et des lipides (les graisses). L'azote s'ajoute à ces trois éléments pour former les protides (les protéines).

 

Ces quatre éléments représentent en moyenne 96% de la masse d'un corps humain. D'abord vient l'oxygène : 65%. C'est dire son importance dans notre existence. Il est suivi du carbone (18,5%), de l'hydrogène (9,5%) et de l'azote (3,5%). Les minéraux n'y représentent que 3,5% de la masse.

 

Lavoisier et le début d'une chimie organique.

 

L'étude des corps organiques est un nouveau chapitre à ajouter à l'œuvre de Lavoisier. On trouve le compte rendu des ses travaux dans plusieurs mémoires de l'Académie des Sciences ainsi que dans son traité élémentaire de Chimie (1789).

 

La lecture en est aisée. Ces textes témoignent de deux siècles de continuité entre la chimie des réformateurs français et celle que nous pratiquons encore. Ils pourraient constituer une excellente introduction à l'enseignement de la chimie organique.

 

"Les principes vraiment constitutifs des végétaux se réduisent à trois… l'hydrogène, l'oxygène et le carbone. Je les appelle constitutifs, parce qu'ils sont communs à tous les végétaux, qu'il ne peut exister de végétaux sans eux" écrit Lavoisier dans le chapitre de son Traité intitulé : "De la décomposition des Matières végétales et animales par l'action du feu".

 

Des plantes étant portées à un degré de chaleur qui "n'excède pas beaucoup celle de l'eau bouillante", il observe une combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène qui les composent pour donner de l'eau. Pendant le même temps, une partie du carbone se lie à l'hydrogène pour former ce que Lavoisier appelle une "huile volatile" (nous dirions un hydrocarbure). Le reste du carbone se retrouve dans la cornue sous forme d'un résidu solide.

 

Un feu plus vif donnera du gaz acide carbonique (du CO2) et de l'hydrogène. Ainsi, dit-il, la chaleur suffira pour renverser "l'échafaudage de combinaisons" constituant le corps initial et pour en créer de nouvelles.

 

A côté des trois éléments C, H, O qu'il désigne comme "constitutifs", Lavoisier a su voir que certaines plantes qu'il décrit comme "crucifères" contiennent de l'azote et que leur "distillation" peut mener à l'ammoniaque. Il sait aussi que les matières animales "sont composées à peu près des mêmes principes que les plantes crucifères… mais qu'elles contiennent plus d'hydrogène et plus d'azote" que celles-ci.

 

Que dire de plus ? Chacun sait, aujourd'hui, que Lavoisier avait vu juste. Oxygène, Carbone, hydrogène et azote sont biens les composants essentiels du vivant, la plus forte proportion d'azote étant la caractéristique des tissus animaux.

 

Si le feu, la chaleur, constituent une méthode radicale d'analyse des corps organiques, Lavoisier en utilise également de plus douces. En particulier certaines que les alchimistes, déjà, pratiquaient : la fermentation et la putréfaction. Celles-ci sont perçues comme des réactions purement chimiques en une époque où Pasteur n'a pas encore révélé le rôle des micro-organismes vivants.

 

Une "loi" ou un "principe" ?

 

Lavoisier étudie, en particulier, la fermentation du jus de raisin qui conduit à ce qu'il désigne par le terme d'alkool, un mot nouveau, promis, lui aussi, à un bel avenir, et qu'il dit avoir emprunté aux arabes. Cette opération, dit-il, "est une des plus frappantes et des plus extraordinaires de toutes celles que la Chimie nous présente".

 

On sait que, lors de cette fermentation, du gaz carbonique se dégage et que, simultanément, le sucre du jus de raisin se transforme en alcool éthylique, cet "esprit de vin" qu'une simple distillation permet de recueillir.

 

L'extraordinaire dans cette réaction, nous dit Lavoisier, est de constater qu'un "corps doux" comme le jus de raisin puisse se transformer "en deux substances si différentes, dont l'une est combustible (l'alcool), l'autre éminemment incombustible (le dioxyde de carbone)".

 

"D'où vient le gaz acide carbonique qui se dégage, d'où vient l'esprit inflammable qui se forme". C'est pour répondre à cette interrogation que Lavoisier énonce la fameuse phrase dont certains commentateurs ont voulu faire une "loi de Lavoisier" :

 

"On voit que pour arriver à la solution de ces deux questions, il fallait d'abord connaître l'analyse et la nature du corps susceptible de fermenter, et les produits de la fermentation ; car rien ne se crée, ni dans les opérations de l'art, ni dans celles de la nature, et l'on peut poser en principes que dans toute opération, il y a une égale quantité de matière avant et après l'opération ; que la qualité et la quantité des principes est la même, et qu'il n'y a que des changements, des modifications."

 

C'est sur ce principe qu'est fondé tout l'art de faire des expériences en Chimie : on est obligé de supposer dans toutes une véritable égalité ou équation entre les principes des corps qu'on examine, et ceux qu'on en retire par l'analyse." (traité élémentaire de chimie p 141)

 

Alors une "loi" de Lavoisier ? Non, mais le texte d'un excellent pédagogue qui sait exposer l'un des principes sur lesquels il appuie les méthodes de sa discipline.

 

Ce principe, il l'applique, en particulier, dans l'étude de ce qu'il désigne comme des "radicaux" organiques. Il analyse et il nomme les radicaux malique, citrique, oxalique, acétique, succinique, benzoïque, gallique, lactique, formique, tous issus d'organismes végétaux ou animaux. Ils sont déjà, pour la plupart, anciennement connus mais Lavoisier sera le premier à en donner la composition en mettant en œuvre tous les moyens d'analyse dont il dispose mais surtout en utilisant l'instrument essentiel : la balance.

 

Fort logiquement Lavoisier et Séguin, qui l'aide dans ses expériences, s'interrogent ensuite sur les réactions chimiques mises en œuvre au sein des êtres vivants eux-mêmes.

 

Lavoisier, Séguin et la chimie de la vie.

 

Expérience de Séguin-Lavoisier

 

Armand-Jean-François Séguin (1767-1835) est un chimiste qui fera fortune dans le tannage chimique des cuirs réalisés dans une manufacture installée sur une île de la Seine qui porte aujourd'hui son nom. Industrie d'une première importance au moment où il faut équiper les soldats de la République, puis de l'Empire, en souliers et autres articles divers.

 

Le mémoire qu'il signe avec Lavoisier et qui est publié dans les Mémoires de l'Académie des Sciences pour l'année 1789 sur "la respiration des animaux" est resté célèbre, en particulier par son caractère spectaculaire.

 

On y parle logiquement de l'oxygène sous son aspect "air vital".

 

"La respiration est une des fonctions les plus importantes de l’économie animale, et, en général, elle ne peut être quelque temps suspendue sans que la mort en soit une suite inévitable. Cependant, jusqu’à ces derniers temps, on a complètement ignoré quel est son usage, quels sont ses effets ; et tout ce qui est relatif à la respiration était au nombre de ces secrets que la nature semblait s’être réservés."

 

Lever un des plus importants secrets de la Nature ! Telle est l'ambition de ce mémoire qui s'emploie d'abord à montrer l'importance des récentes découvertes de Lavoisier.

 

Si les auteurs rappellent les travaux de leurs prédécesseurs, Boyle, Hales, Black et Priestley, c'est, surtout, pour stigmatiser ces "chimistes sectateurs de la doctrine de Stahl" dont ils sont les représentants les plus connus, et pour, encore une fois, dénoncer leur chimérique Phlogistique.

 

Lavoisier, dans un mémoire publié en 1785, avait déjà pu annoncer que la respiration les animaux libérait, à la fois, du gaz carbonique et de l'eau. L'expérimentation avait d'abord été menée sur des cochons d'Inde, premiers cobayes à faire leur entrée au laboratoire. "Ces animaux sont doux, la nature ne leur a donné aucun moyen de nuire, expliquent les auteurs. Ils sont d’une constitution robuste, faciles à nourrir ; ils supportent longtemps la faim et la soif ; enfin ils sont assez gros pour produire en très-peu de temps des altérations sensibles dans l’air qu’ils respirent.".

 

Le modèle de la respiration, dont ces animaux ont permis la description, est, pour ces deux observateurs, celui d'une combustion :

 

"Dans la respiration, comme dans la combustion, c’est l’air de l’atmosphère qui fournit l’oxygène et le calorique ; mais, comme dans la respiration c’est la substance même de l’animal, c’est le sang qui fournit le combustible, si les animaux ne réparaient pas habituellement par les aliments ce qu’ils perdent par la respiration, l’huile manquerait bientôt à la lampe, et l’animal périrait, comme une lampe s’éteint lorsqu’elle manque de nourriture."

 

Cette hypothèse inspire à ses auteurs des accents lyriques :

 

"On dirait que cette analogie qui existe entre la combustion et la respiration n’avait point échappé aux poètes, on plutôt aux philosophes de l’antiquité, dont ils étaient les interprètes et les organes. Ce feu dérobé du ciel, ce flambeau de Prométhée, ne présente pas seulement une idée ingénieuse et poétique, c’est la peinture fidèle des opérations de la nature, du moins pour les animaux qui respirent : on peut donc dire, avec les anciens, que le flambeau de la vie s’allume au moment où l’enfant respire pour la première fois, et qu’il ne s’éteint qu’à sa mort."

 

L'oxygène, aliment du flambeau de Prométhée, transmettant aux hommes à la fois la vie et le savoir… Un nouveau mythe est déjà en marche.

 

Les auteurs s'engagent alors dans une série d'expériences qui feront naître chez eux des réflexions d'ordre social adaptées à la période.

 

Du fonctionnement du corps humain à celui de la société, ou de l'oxygène à la révolution.

 

Le compagnon de Lavoisier est un homme résolu. "Quelque pénibles, quelque désagréables, quelque dangereuses même que fussent les expériences auxquelles il fallait se livrer, M. Seguin a désiré qu’elles se fissent toutes sur lui-même", écrit Lavoisier dans son compte-rendu.

 

Différentes situations sont testées depuis le repos absolu jusqu'à un effort soutenu en passant par les périodes de digestion. On mesure l'air consommé et le rythme cardiaque. Des lois semblent lier ces données à l'effort réalisé :

 

"ces lois sont même assez constantes, pour qu’en appliquant un homme à un exercice pénible, et en observant l’accélération qui résulte dans le cours de la circulation, on puisse en conclure à quel poids, élevé à une hauteur déterminée, répond la somme des efforts qu’il a faits pendant le temps de l’expérience".

 

On notera avec intérêt cette proposition nouvelle d'une équivalence entre "énergie biochimique" et "énergie mécanique".

 

Et voilà que l'étude de la respiration devient matière à réflexion sur la révolution sociale ! Souvenons-nous de la date de cette publication : 1789. Il n'est pas sans intérêt de suivre Lavoisier sur le chemin de traverse qu'il emprunte en marge de ses réflexions scientifiques, même s'il nous écarte pour un moment de ce qui est notre sujet principal.

 

"Tant que nous n’avons considéré dans la respiration que la seule consommation de l’air, le sort du riche et celui du pauvre était le même ; car l’air appartient également à tous et ne coûte rien à personne ; l’homme de peine qui travaille davantage jouit même plus complètement de ce bienfait de la nature. Mais maintenant que l’expérience nous apprend que la respiration est une véritable combustion, qui consume à chaque instant une portion de la substance de l’individu ; que cette consommation est d’autant plus grande que la circulation et la respiration sont plus accélérées, qu’elle augmente à proportion que l’individu mène une vie plus laborieuse et plus active, une foule de considérations morales naissent comme d’elles-mêmes de ces résultats de la physique.

 

Par quelle fatalité arrive-t-il que l’homme pauvre, qui vit du travail de ses bras, qui est obligé de déployer pour sa subsistance tout ce que la nature lui a donné de forces, consomme plus que l’homme oisif, tandis que ce dernier a moins besoin de réparer ? Pourquoi, par un contraste choquant, l’homme riche jouit-il d’une abondance qui ne lui est pas physiquement nécessaire et qui semblait destinée pour l’homme laborieux ?

 

Gardons-nous cependant de calomnier la nature, et de l’accuser des fautes qui tiennent sans doute à nos institutions sociales et qui peut-être en sont inséparables. Contentons-nous de bénir la philosophie et l’humanité, qui se réunissent pour nous promettre des institutions sages, qui tendront à rapprocher les fortunes de l’égalité, à augmenter le prix du travail, à lui assurer sa juste récompense, à présenter à toutes les classes de la société, et surtout aux classes indigentes, plus de jouissances et plus de bonheur."

 

Lavoisier, qui siège avec le Tiers-Etat à l'Assemblée de l'Orléanais, y a présenté plusieurs mémoires pour la création d'une caisse de bienfaisance en faveur des vieillards ainsi que pour celle d'ateliers de charité. Il est aussi l'auteur d'un mémoire, au ton particulièrement radical, qu'il présente devant l'Académie des sciences "sur les encouragements qu'il est nécessaire d'accorder à l'agriculture".

 

Il y dénonce "l'arbitraire de la taille, qui humilie le contribuable… les corvées plus humiliantes encore que la taille et qui réduisent les sujets du Roi à la condition de serfs… les champarts, les dîmes inféodées, les dîmes ecclésiastiques, qui enlèvent dans quelques cantons plus de moitié et quelquefois la totalité du produit net de la culture… la forme vicieuse de la plupart des perceptions établies sur les consommations… les visites domiciliaires relatives aux droits d'aides, de gabelles et de tabac ; visites qui entraînent la violation du domicile, des recherches inhumaines et indécentes, qui portent la désolation dans les familles… la banalité des moulins, qui s'oppose à la perfection de la mouture, qui met le peuple des campagnes à la merci de l'avidité et du monopole des meuniers, qui fait manger une nourriture de mauvaise qualité à plus de la moitié du royaume, enfin qui occasionne une perte d'un sixième au moins dans les farines que le mauvais moulage ne permet pas de séparer d'avec le son… le droit de parcours, qui subsiste encore dans une partie du royaume, qui s'oppose à la clôture des terres, à la destruction des jachères, qui oblige de sacrifier les regains et une partie des engrais, qui ôte aux cultivateurs tout intérêt d'améliorer, qui tend à communiquer, à répandre et à propager les maladies épizootiques, enfin qui défonce les terres par le piétinement des bestiaux".

 

Il faudrait réformer dit-il, mais, déjà, il semble savoir que "les institutions sages" qu'il souhaite ne sont probablement déjà plus à l'ordre du jour.

 

"Faisons des vœux surtout pour que l’enthousiasme et l’exagération qui s’emparent si facilement des hommes réunis en assemblées nombreuses, pour que les passions humaines qui entraînent la multitude si souvent contre son propre intérêt, et qui comprennent dans leur tourbillon le sage et le philosophe comme les autres hommes, ne renversent pas un ouvrage entrepris dans de si belles vues, et ne détruisent pas l’espérance de la patrie."

 

L'homme de la "révolution chimique", celui qu'on accusait de dragonnades intellectuelles est également le fermier général accusé de ruiner le peuple. Parmi tous ses confrères chimistes, il sera le seul à être englouti par le tourbillon de la révolution sociale. Il ne revendiquait cependant, du moins l'affirme-t-il, que de poursuivre son action dans le silence de son laboratoire.

 

"Nous terminerons ce mémoire par une réflexion consolante. Il n’est pas indispensable, pour bien mériter de l’humanité et pour payer son tribut à la patrie, d’être appelé à ces fonctions publiques et éclatantes qui concourent à l’organisation et à la régénération des empires. Le physicien peut aussi, dans le silence de son laboratoire et de son cabinet, exercer des fonctions patriotiques ; il peut espérer, par ses travaux, de diminuer la masse des maux qui affligent l’espèce humaine ; d’augmenter ses jouissances et son bonheur, et n’eût-il contribué, par les routes nouvelles qu’il s’est ouvertes, qu’à prolonger de quelques années, de quelques jours même, la vie moyenne des hommes, il pourrait aspirer aussi au titre glorieux de bienfaiteur de l’humanité."

 

Prolonger la vie des hommes ? Le propos nous ramène à l'oxygène. La découverte de son rôle essentiel, dans l'air, ne pourrait-elle y contribuer ?

 

"On conçoit comment les altérations survenues à l’air qui nous environne peuvent être la cause de maladies endémiques, des fièvres d’hôpitaux et de prisons, comment le grand air, une respiration plus libre, un changement de genre de vie sont souvent, pour ces dernières maladies, le remède le plus efficace."

 

Propos qui annoncent ces aériums, préventoriums, sanatoriums dans lesquels l'oxygène sera présenté comme le premier des remèdes contre le mal du siècle industriel à venir : la tuberculose.

 

Pour Lavoisier, incontestablement, "l'oxygène, c'est la vie". Mais la vie pouvait-elle naître sans l'hydrogène, sans l'azote sans le carbone ? La chimie et la biologie, dans leur progression, prouveront que ce sont bien ces quatre éléments qui peuvent, chacun, revendiquer une part essentielle dans la création et le fonctionnement des êtres vivants. Et d'abord le carbone.

 

A la base des êtres vivants : le carbone.

 

Si le nom de l'oxygène est indissociable de celui de Lavoisier, avoir donné son nom au carbone, en avoir montré le rôle dans la réduction des métaux, avoir décrit sa combustion, avoir découvert la nature réelle du "gaz carbonique", et surtout avoir révélé l'importance de ce corps dans les organismes vivants, est un pas qui pourrait être considéré comme encore plus important.

 

Le charbon, terreux, noir, n'est toujours rien d'autre, pour les contemporains de Lavoisier, qu'un simple combustible. Comment imaginer qu'il puisse se trouver dans ce gaz incolore, cet "air fixe" dont la propriété la plus connue était d'empêcher toute combustion. Que penser de la constatation faite par Lavoisier et Seguin que nous produisons, dans nos poumons, ce gaz que Lavoisier a baptisé du nom de "carbonique" mais qui était encore qualifié de "méphitique" à cause de sa redoutable propriété d'ôter la vie à ceux qui le respiraient.

 

Comment, par ailleurs, accepter la présence de charbon, synonyme de noirceur, dans la craie la plus blanche ?

 

Aujourd'hui encore le mot "carbonisé", synonyme d'une régression ramenant à l'état le plus vil, celui de charbon, n'a pas bonne presse.

 

Pourtant nous sommes carbone et sans cet élément essentiel nous n'existerions pas. La découverte de la photosynthèse a révélé à quel point le modique pourcentage de gaz carbonique dans l'air est le moteur de la vie terrestre. Il n'y est qu'à l'état de traces (de l'ordre de 0,02% du volume de l'atmosphère avant le début de l'aire industrielle) et même si le taux approche du double aujourd'hui, avec les problèmes que l'ont sait, ce pourcentage reste minime. Et pourtant c'est bien le cycle du carbone qui rythme la vie terrestre.

 

Comme celle de l'oxygène, il faudrait écrire cette histoire du carbone qui le montrerait passant de l'état de simple combustible à celui de constituant essentiel des molécules "organiques", celles produites par les organes vivants mais aussi celles créées par l'homme et qui constituent la multitude des produits de synthèse qui peuplent notre univers moderne. Il faudra encore attendre pour décrire les usages, prometteurs ou inquiétants, de ses formes récemment découvertes : fullerènes, nanotubes, graphène. Il faudra y associer l'histoire des atomes de la même famille comme celle du silicium, banal composant de la silice des roches et des sables, devenu support de l'électronique moderne et base d'une forme d'intelligence artificielle ou encore matériau des panneaux photovoltaïques transformant, de façon simple et élégante, l'énergie reçue du soleil en énergie électrique.

 

Cette histoire, nous nous contentons, ici, de l'avoir évoquée comme nous pouvons le faire de celle de l'azote.

 

L'Azote, bien ou mal nommé ?

 

"Les propriétés chimiques de la partie non respirable de l'air de l'atmosphère n'étant pas encore très-bien connues, nous nous sommes contentés de déduire le nom de sa base de la propriété qu'a ce gaz de priver de la vie les animaux qui le respirent : nous l'avons donc nommé azote, de l'α privatif des Grecs, & de ζωὴ, vie, ainsi la partie non respirable de l'air sera le gaz azotique"

 

Ainsi s'exprimait Lavoisier dans le chapitre consacré aux "Noms génériques et particuliers des fluides aériformes" de son Traité élémentaire de chimie (1789).

 

"Nous ne nous sommes pas dissimulé que ce nom présentait quelque chose d'extraordinaire, ajoute-t-il, mais c'est le sort de tous les noms nouveaux ; ce n'est que par l'usage qu'on se familiarise avec eux. Nous en avons d'ailleurs cherché longtemps un meilleur, sans qu'il nous ait été possible de le rencontrer : nous avions été d'abord de le nommer gaz alkaligène, parce qu'il est prouvé, par les expériences de M Berthollet, comme on le verra dans la suite, que ce gaz entre dans la composition de l'alkali volatil ou gaz ammoniaque : mais d'un autre côté, nous n'avons point encore la preuve qu'il soit un des principes constitutifs des autres alkalis : il est d'ailleurs prouvé qu'il entre également dans la combinaison de l'acide nitrique ; on aurait donc été tout aussi fondé à le nommer principe nitrigène... nous n'avons pas risqué de nous tromper en adoptant celui d'azote et de gaz azotique, qui n'exprime qu'un fait ou plutôt qu'une propriété, celle de priver de la vie les animaux qui respirent ce gaz".

 

Priver de la vie… L'azote peut le faire de multiples façons.

 

Lavoisier qui était régisseur des poudres ne pouvait ignorer que le premier usage du nitre, le salpêtre (nitrate naturel de potassium, KNO3), a été de l'associer au soufre et au charbon pour préparer la poudre noire, ce premier explosif inventé en Chine et largement utilisé dans les guerres du continent européen. L'industrie des explosifs à base de nitrate sera l'une des plus actives du 19ème siècle avec pour aboutissement de cette recherche, la nitrocellulose ou encore la nitroglycérine synthétisée en 1846 par l'Italien Asciano Sobrero et popularisée sous forme de dynamite par l'industriel Alfred Nobel.

 

 

Privatif de vie a donc été et est encore cet azote des explosifs.

 

Mais retenons surtout que l'azote est d'abord source de vie.

 

L'azote, générateur de vie.

 

L'azote, ce sont les acides aminés, composés alliant une fonction acide (-COOH) à une fonction amine (-NH2). Ces molécules sont les constituants nécessaires de toute la machinerie organique en commençant par les muscles mais aussi les hormones et les gènes.

 

Nous ne détaillerons pas ici les mécanismes complexes du vivant décryptés par les biologistes grâce aux outils matériels et conceptuels élaborés par les chimistes, à commencer par Lavoisier. Notons pour conclure, car là est l'essentiel de notre propos, que celui-ci n'a, hélas, pas été très inspiré en donnant à l'Azote son nom de baptême. La nomenclature internationale n'est pas plus heureuse qui en a fait un "générateur de nitre".

 

Mieux aurait valu en faire un "générateur de vie".

 

L'élément universel : l'hydrogène.

 

"Générateur de l'eau", ainsi l'a nommé Lavoisier. Nous avons vu que "générateur des acides", oxygène, lui aurait mieux convenu, car telle est l'une de ses principales fonctions. Mais générateur d'eau, il l'est également. De la même façon il se lie au carbone et à l'azote pour donner l'ensemble des molécules organiques.

 

Le plus petit des atomes, simple proton lié à un électron, n'est pas le moins nécessaire à la vie. Surtout quand on sait qu'il constitue l'essentiel de la matière visible de l'Univers et que c'est le premier germe de tous les atomes qui le peuplent.

 

Mais ceci est une autre histoire.

 

                                            XXXXXXXXXXXX

 

Voir :

 

Histoire de l’oxygène. De l’alchimie à la chimie.

Suivre le parcours de l’oxygène depuis les grimoires des alchimistes jusqu’aux laboratoires des chimistes, avant qu’il n’investisse notre environnement quotidien.

 

Aujourd’hui, les formules chimiques O2, H2O, CO2,… se sont échappées des traités de chimie et des livres scolaires pour se mêler au vocabulaire de notre quotidien. Parmi eux, l’oxygène, à la fois symbole de vie et nouvel élixir de jouvence, a résolument quitté les laboratoires des chimistes pour devenir source d’inspiration poétique, picturale, musicale et objet de nouveaux mythes.

 

À travers cette histoire de l’oxygène, foisonnante de récits qui se côtoient, s’opposent et se mêlent, l’auteur présente une chimie avant les formules et les équations, et montre qu’elle n’est pas seulement affaire de laboratoires et d’industrie, mais élément à part entière de la culture humaine.

 

feuilleter les premières pages


voir aussi :

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

Un livre chez Vuibert.

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…, coupable : le dioxyde de carbone. Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone
et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une
chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?

 

Feuilleter les premières pages.

 

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Gérard Borvon - dans Chimie
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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 09:48

17

 

 

Maquette du dirigeable Trouvé-Tissandier ( La Nature , 13 août 1881, p. 169)

 

Nous avons plusieurs fois rencontré Gustave Trouvé dans nos articles sur l'histoire de l'électricité. En particulier dans celui consacré à l'exposition internationale de Paris en 1881.

 

A l'occasion du 110ème anniversaire de sa mort, l'Académie de Touraine publie, sous la plume de Jacques Cattelin, un article qui pose la question : Gustave Trouvé ne serait-il pas l'Edison Français ?

 

Voir le texte de la communication

 

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 13:02
Rosetta, Philae et le carbone, du Big-bang à l'homo-sapiens.

Fred Hoyles (1915-2001), cosmologiste Britannique, n'imaginait pas le succès de son "big-bang" quand il utilisait cette expression ironique en 1950 pour désigner la théorie qui supposait une expansion de l'univers dont l'origine se situerait à 13,7 milliards d'années de notre ère.

 

Tout aurait donc commencé par un "Big-bang". C'est-à-dire une évolution de l'univers qui débute par un état dans lequel l'espace, le temps, l'énergie seraient une seule et même chose. Même si notre imagination est incapable de nous en donner une représentation, c'est du moins ce que décrivent les équations issues des théories actuelles.

 

 

A partir de cet indicible, l'univers se dilate à une vitesse prodigieuse. Arrive l'instant où se forment les premières particules : des quarks, des électrons, des neutrinos. Elles se combinent bientôt en protons et neutrons cohabitant avec leurs jumeaux d'antimatière qui peu à peu disparaîtront dans un scénario que les chercheurs modernes n'ont pas encore fini d'écrire.

 

Nous sommes alors à quelques milliers d'années de l'origine, la température est "descendue" jusqu'à 10.000 degrés. Apparaît l'atome le plus simple dont le noyau ne comporte qu'un seul proton : l'hydrogène. Vient ensuite l'hélium dont le noyau contient deux protons et deux neutrons. Chaque noyau étant associé à son cortège d'électrons. Les nuages d’hydrogène et d’hélium se refroidissent et se contractent sous l'effet de la gravité en une multitude de grumeaux : les galaxies.

 

Deux milliards d'années se sont passées. Les galaxies elles-mêmes se sont fractionnées en nuages d'hydrogène et d'hélium qui se concentrent à leur tour sous l'action de la gravitation. Leur densité augmente, leur température atteint des millions de degrés. Bientôt les chocs disloquent les atomes d'hydrogène dont les protons se regroupent quatre par quatre pour donner des noyaux d'hélium, libérant au passage d'énormes quantités d'énergie sous la forme d'un flux de particules de lumière : les photons. Ainsi naissent et brillent les premières étoiles.

 

La réserve d'hydrogène s'épuise. Faute de réactifs, le rayonnement de l'étoile fléchit et la gravitation reprend le dessus. Le cœur d'hélium atteint la centaine de millions de degrés. Dans ce formidable "Athanor" commence le rêve des alchimistes. Les noyaux d'hélium se combinent trois par trois pour former du carbone et quatre par quatre pour donner de l'oxygène. Puis se forme l'azote et ainsi naissent les quatre éléments primordiaux, ceux qui seront à l'origine de la vie : H, C, O, N.

 

Nous ne décrirons pas ici la vie mouvementée des étoiles. L'extinction des plus petites sous forme de "naine noire", l'explosion des plus grosses dans l'éclair d'une "supernova" visible même en plein jour. De ces vies naissent tous les éléments qui s'affichent dans les cases du tableau périodique et qui, expulsés lors des feux d'artifice des explosions finales, constituent la poussière interstellaire qui engendrera les planètes.

 

Naissance de la Planète bleue.

 

 

Un nuage d'hydrogène et d'hélium a pris la forme d'une élégante galaxie spirale, notre voie lactée. Parmi les étoiles qui y naissent l'une, de taille raisonnable, est située aux 2/3 de son centre, notre Soleil. Un anneau de poussières stellaires l'entoure. Celles-ci s'agrègent autour des plus gros grains. Ainsi se forment les planètes solaires elles-mêmes entourées d'anneaux et de satellites.

 

Une ségrégation s'établit. Plus proches du soleil sont les planètes telluriques : Mercure, Vénus, Terre, mars. Peu massives, elles ont un sol solide dont les roches sont composées des éléments les plus lourds. Plus loin se trouvent Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune, les géantes gazeuses, essentiellement formées d'hydrogène et d'hélium.

 

La Terre, nous dit Stephen Hawking, est une suite de hasards heureux.

 

- Sa distance au soleil lui donne une température compatible avec la présence d'eau liquide.

 

- Son orbite est un cercle presque parfait, ce qui lui procure une température sensiblement constante et uniquement modulée par les saisons résultant de l'inclinaison de son axe de rotation par rapport à son plan orbital. Une orbite plus aplatie provoquerait l'ébullition des océans au moment où la Terre serait la plus proche du soleil et les ferait geler quand la Terre en serait la plus éloignée. Difficile de s'adapter !

 

- Sa masse est juste suffisante pour que la force de gravité lui conserve une atmosphère. Trop faible, elle perdrait ses gaz et aurait un ciel aussi noir que celui de la lune.

 

On sait aujourd'hui que ce hasard n'est pas unique. La traque des planètes orbitant autour de soleils étrangers a été lancée et la liste de celles tout aussi miraculeusement situées devrait s'allonger rapidement. L'hypothèse d'une vie qui pourrait s'y développer, peut-être même suivant le mode terrestre, prend corps. Et pourquoi ne pas rêver : des êtres intelligents, peut-être un jour, capteront les signaux que nous avons commencé à leur adresser.

 

Quand s'assemblent les molécules du vivant.

 

Revenons à la Terre. Vers les années 1950 on estimait son atmosphère initiale, constituée quatre milliards d'années plus tôt, comme étant composée de vapeur d'eau, d'hydrogène, de méthane et d'ammoniac. L'eau apporte l'oxygène. Le méthane apporte le carbone, l'ammoniac l'azote. L'hydrogène se présente aussi bien à l'état de simple molécule qu'associé à chacun des trois autres. Les quatre éléments constitutifs des acides aminés sont donc présents dans cette atmosphère. Est-ce suffisant pour produire ces molécules support du vivant?

 

En 1953, Le jeune chimiste Stanley Miller, encore étudiant en thèse, imaginait une expérience rappelant l'œuf de Berthelot. Dans un simple ballon de verre, un dispositif simulant le système "eau-atmosphère primitive" était soumis à l'action d'étincelles électriques reproduisant les éclairs qu'une atmosphère si chargée ne pouvait manquer de provoquer.

 

Après plusieurs jours d'exposition, les parois du ballon présentaient des traces huileuses et l'eau qu'il contenait était devenue brune. Dans cette "soupe primitive" l'étudiant trouvait trois acides aminés. La découverte faisait l'effet d'un coup de tonnerre et l'idée s'imposait : l'origine de la vie est terrestre !

 

Mais bientôt la terre quitte son statut privilégié.

 

Les astronomes ont détecté dans le gaz interstellaire une multitude de molécules composées des quatre éléments du vivant, C, H, O, N. On y trouve essentiellement des molécules de dihydrogène H2, d'eau H2O. On y trouve aussi des molécules construites sur un squelette de carbone : du monoxyde de carbone CO, du méthane CH4, de l'ammoniac NH3, toutes molécules que l'on retrouve dans l'atmosphère initiale de la terre. On y détecte surtout une bonne centaine de molécules particulièrement complexes dont des acides aminés qui se concentrent sur les météorites. Une nouvelle proposition rencontre la faveur des scientifiques : la vie est née de l'espace, la Terre n'ayant été qu'un support fertile !

 

Mais faut-il exclure totalement une origine terrestre ? La Terre, avec ses volcans ou ses sources hydrothermales enfouies dans les fonds océaniques est riche en milieux où pressions et températures peuvent provoquer des synthèses proches de celles naissant dans l'univers stellaire. Il est admis que les acides aminés, produits aussi bien sur terre que dans l'espace, ont trouvé sur notre planète, et en particulier dans ses océans, les conditions des réactions chimiques propices à la naissance de la vie. L'eau est en effet essentielle. Elle concentre les molécules qu'elle reçoit et favorise les occasions de rencontres. Elle protège les nouvelles combinaisons des rayons ultraviolets issus d'un soleil encore particulièrement actif.

 

En quelques centaines de millions d'années les molécules se complexifient, les acides aminés s'assemblent en protéines de plus en plus longues jusqu'à atteindre les millions d'atomes de l'ADN. La vie s'installe dans une atmosphère sans oxygène jusqu'à ce qu'apparaissent les premiers organismes utilisant le rayonnement solaire pour puiser leur carbone dans le gaz carbonique de l'atmosphère en y rejetant un déchet, l'oxygène, qui rend l'atmosphère toxique pour la plupart des organismes vivant alors sur terre.

 

Une autre forme de vie va naître et une longue évolution mènera à l'être humain. Un être humain qui s'interroge encore sur la nature de cette vie qui anime la matière carbonée et sur la suite de hasards qui a fait s'allumer, chez lui, cette conscience qui lui a permis d'imaginer toute cette histoire. Ailleurs, peut-être, sur d'autres planètes tournant autour d'autres soleils, d'autres êtres vivent.

 

Des êtres qui pourraient nous être proches ? Comme Jacques Monod il est difficile de l'imaginer. "L'homme sait enfin qu'il est seul dans l'immensité indifférente de l'Univers d'où il a émergé par hasard", écrivait-il en conclusion de son essai sur le "hasard et la nécessité".

 

Chacune des espèces vivant sur terre est elle-même seule dans "l'immensité indifférente de l'Univers" mais on sait, à présent, que toutes sont interdépendantes. Le hasard les a fait naître mais le hasard n'est plus nécessairement la première cause de leur disparition. Un espèce, l'espèce humaine, est devenue, en moins de deux siècles, le premier des animaux terrestres capable de modifier, profondément, les conditions de la vie sur la planète. Au point d'y menacer l'existence des autres espèces, y compris de la sienne.

 

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Le livre d'où est extrait cet article :

 

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

 

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L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.

 

Seront-ils entendus ?

 

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

feuilleter

 

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12 Novembre 2014.

 

 

14h20. Au moment où cet article, issu du livre "Histoire du Carbone et du CO2", est retranscrit sur ce site, la sonde Philaë s'approche de la comète Churyumov-Gerasimenko. Bientôt nous devrions en savoir un peu plus sur l'origine de la vie.

 

 

 

En direct du CNES.

Rosetta, Philae et le carbone, du Big-bang à l'homo-sapiens.
Philae devrait s'être posée. Attente anxieuse de son premier signal.

Philae devrait s'être posée. Attente anxieuse de son premier signal.

La tension monte.

La tension monte.

17h05. C'est gané !

17h05. C'est gané !

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 09:12

 

COPENHAGUE, le 2 novembre

 

L’influence de l’homme sur le système climatique est claire et en augmentation, avec des incidences observées sur tous les continents. Si on ne les maîtrise pas, les changements climatiques vont accroître le risque de conséquences graves, généralisées et irréversibles pour l’être humain et les écosystèmes. Nous disposons toutefois d’options pour nous adapter à ces changements et des activités rigoureuses d’atténuation peuvent limiter les conséquences de l’évolution du climat à une gamme gérable, d’où un avenir meilleur et plus viable.

 

Il s’agit là des principales conclusions du Rapport de synthèse publié dimanche par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC). Ce rapport condense et intègre les conclusions du cinquième Rapport d’évaluation du GIEC, produit par plus de 800 scientifiques et publié au cours des 13 derniers mois, qui constitue l’évaluation la plus complète des changements climatiques jamais entreprise.

 

Selon M. R. K. Pachauri, président du GIEC, « Nous avons les moyens de limiter les changements climatiques. Il existe de nombreuses solutions qui permettent un développement économique et humain continu. Nous n’avons besoin que de la volonté d’évoluer, qui, nous l’espérons, sera motivée par la connaissance et par la compréhension de la science des changements climatiques. »

 

Le Rapport de synthèse confirme que de tels changements sont observés dans le monde entier et que le réchauffement du système climatique est sans équivoque. Nombre des changements constatés depuis les années 50 sont sans précédent depuis des dizaines d’années, voire des millénaires. D’après M.Thomas Stocker, coprésident du Groupe de travail I du GIEC, « Selon notre évaluation, l’atmosphère et les océans se sont réchauffés, la quantité de neige et de glace a diminué, le niveau de la mer s’est élevé et la concentration de dioxyde de carbone a augmenté jusqu’à un niveau sans précédent depuis 800 000 ans. »

 

Le Rapport affirme avec une certitude plus grande que les évaluations précédentes que les émissions de gaz à effet de serre et d’autres facteurs anthropiques ont été la cause prédominante du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Les incidences des changements climatiques se sont faites sentir sur l’ensemble des continents et des océans au cours des dernières décennies. Plus les activités humaines perturbent le climat, plus les risques sont élevés.

 

Selon le Rapport, des émissions constantes de gaz à effet de serre vont provoquer un réchauffement supplémentaire et des altérations de longue durée de tous les éléments du système climatique, augmentant ainsi le risque de conséquences vastes et profondes qui toucheront toutes les strates de la société et le milieu naturel.

 

Le Rapport de synthèse indique clairement que de nombreux risques représentent des problèmes particuliers pour les pays les moins développés et les collectivités vulnérables, vu leur capacité limitée d’y faire face.

 

Les personnes marginalisées sur le plan social, économique, culturel, politique, institutionnel ou autre sont particulièrement vulnérables aux changements climatiques. La limitation des effets des changements climatiques pose des problèmes d’équité et de justice, mais elle est nécessaire pour aboutir à un développement durable et à l’élimination de la pauvreté.

 

Selon M.Pachauri, « Nombre des personnes les plus vulnérables aux changements climatiques ont contribué et contribuent le moins aux émissions de gaz à effet de serre. Il ne sera pas possible de faire face à ces changements si des organismes particuliers mettent en avant leurs propres intérêts de façon indépendante. On ne pourra lutter contre les changements climatiques que grâce à des réponses coopératives et notamment à une coopération internationale. »

 

D’après M.Vicente Barros, coprésident du Groupe de travail II du GIEC, « L’adaptation est très importante du fait qu’elle peut être intégrée à la poursuite du développement et qu’elle peut contribuer à nous préparer aux risques, ce à quoi nous nous sommes déjà engagés du point de vue des émissions passées et de l’infrastructure actuelle. »

 

Toutefois, l’adaptation ne suffit pas en elle-même. Des réductions importantes et soutenues des émissions des gaz à effet de serre sont primordiales pour limiter les risques dus aux changements climatiques. Et comme l’atténuation réduit le rythme et l’ampleur du réchauffement, elle accroît, possiblement de plusieurs dizaines d’années, le temps dont nous disposons pour nous adapter à un niveau donné d’évolution du climat. Il existe de nombeux ’atténuation permettant d’aboutir, au cours des décennies à venir, aux réductions importantes des émissions nécessaires pour limiter, avec une probabilité de plus de 66%, le réchauffement à 2°C, objectif fixé par les gouvernements. Cependant, selon le Rapport, si l’on retarde une nouvelle atténuation à 2030, cela accroîtra sensiblement les problèmes techniques, économiques, sociaux et institutionnels que pose la limitation du réchauffement à moins de 2°C au-dessus des niveaux préindustriels d’ici la fin du XXIe siècle.

 

D’après M.Youba Sokona, coprésident du Groupe de travail III du GIEC, « Il est possible, sur le plan technique, de passer à une économie à faible teneur en carbone. Mais ce qui manque, ce sont des politiques et des institutions appropriées. Plus nous attendrons pour prendre des dispositions, plus l’adaptation aux changements climatiques et l’atténuation de ceux-ci coûteront cher. »

 

Selon le Rapport de synthèse, les évaluations quant au prix de l’atténuation varient, mais la croissance économique mondiale n’en serait pas affectée outre mesure. Dans les scénarios prévoyant une situation inchangée, la consommation – indicateur indirect de la croissance économique – continuera d’augmenter de 1,6 à 3 % par an au cours du XXIe siècle. Une atténuation ambitieuse permettrait de réduire ce taux de 0,06 point de pourcentage.

 

D’après M.Sokona, « Par comparaison avec le risque imminent d’une évolution irréversible due aux changements climatiques, les risques de l’atténuation sont gérables. »

 

Ces évaluations économiques du prix de l’atténuation ne tiennent compte ni des avantages d’une réduction des changements climatiques, ni des nombreux bénéfices secondaires en matière de santé, de conditions de vie et de développement.

 

Selon M.Pachauri, « La justification scientifique de la priorité à accorder aux mesures de lutte contre l’évolution du climat est plus claire que jamais. Nous disposons de peu de temps avant que la conjoncture permettant de limiter le réchauffement à 2°C ne prenne fin. Pour que nous ayons une bonne chance de rester au-dessous de 2°C à un prix gérable, nos émissions, sur le plan mondial, devraient diminuer de 40 à 70% entre 2010 et 2050, et tomber à zéro ou moins d’ici 2100. Nous avons cette possibilité, et le choix nous incombe. »

 

Une évaluation globale.

 

Le Rapport de synthèse, rédigé sous la direction de M.R.K.Pachauri, président du GIEC, forme la pierre angulaire du cinquième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts. Les trois premiers volumes, fondés sur les grandes lignes approuvées en octobre 2009 par les 195 gouvernements membres du GIEC, ont été publiés au cours des 14 derniers mois : The Physical Science Basis (Les bases scientifiques physiques) en septembre 2013, Impacts, Adaptation and Vulnerability (Conséquences, adaptation et vulnérabilité) en mars 2014, et Mitigation of Climate Change (L’atténuation des changements climatiques) en avril 2014.

 

Les rapports du GIEC sont le fruit des nombreuses années de labeur de toute la communauté scientifique qui fait des recherches sur les changements climatiques. Plus de 830auteurs coordonnateurs principaux, auteurs principaux et réviseurs représentant plus de 80 pays et ayant diverses opinions et compétences scientifiques, techniques et socio-économiques ont produit l’apport des trois groupes de travail, soutenus par plus de 1000 contributeurs et par plus de 2000 réviseurs experts, lors d’un processus répétitif d’examen et de révision. Les auteurs ont évalué plus de 30 000 documents scientifiques pour produire le cinquième Rapport d’évaluation. Une soixantaine d’auteurs et d’éditeurs appartenant au Bureau du GIEC et aux équipes d’auteurs des groupes de travail ont participé à la rédaction du Rapport de synthèse. Ils ont pu accomplir leur œuvre grâce à l’apport et au dévouement du Service d’appui technique au Rapport de synthèse.

 

M.Pachauri a déclaré : « Je tiens à remercier les centaines d’experts de la communauté scientifique mondiale qui ont fait don de leur temps et de leur compétence pour produire l’évaluation la plus exhaustive de l’évolution du climat produite à ce jour. J’espère que ce rapport va répondre aux besoins des gouvernements du monde entier et servir de base scientifique aux négociateurs qui s’efforceront de conclure un nouvel accord mondial sur le climat. »

 

 

 

 

On parle du changement climatique dans :

 

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

 

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L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.

 

Seront-ils entendus ?

 

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

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29 octobre 2014 3 29 /10 /octobre /2014 15:59

Les produits contenant des nanoparticules envahissent de plus en plus vite notre quotidien. Rappelons qu’1 nanomètre est 1000 millions de fois plus petit qu’un mètre. Ces nouvelles nano molécules hightech sont développées dans de nombreux domaines. En métallurgie, en chimie comme en biologie et ainsi, aussi, dans leurs utilisations médicales. C’est à ces dernières que nous nous intéressons. Souvent, les ingénieurs en recherche et développement qui inventent de nouvelles applications des Nanos sont commercialisés sans le moindre contrôle, au mépris de la réglementation qui les oblige à tester la toxicité des substances avant de les vendre. Or, il s’avère que ces nanoparticules sont souvent redoutables – elles sont si petites que certaines peuvent traverser tous les organes, jouer avec notre ADN et provoquer de nombreux dégâts. Or on peut dire, sans exagération, que cette opération « nano », menée à l’échelle planétaire, souvent avec le pire cynisme, continue de se déployer pour capter des profits mirobolants au détriment de notre santé.

 

Continent sciences par Stéphane Deligeorges

 

Invité : Roger Lenglet, Philosophe, journaliste

 

Ecouter l’émission

 

 

http://www.franceculture.fr/emission-continent-sciences-quand-le-nocif-se-fait-nanometrique-2014-10-27


Le livre :

 

Les produits contenant des nanoparticules envahissent notre quotidien. Invisibles à l’oeil nu, ces nouvelles molécules hightech laissent parfois deviner leur présence par les accroches publicitaires : aliments aux “saveurs inédites”, “cosmétiques agissant plus en profondeur”, “sous-vêtements antibactériens”, fours et réfrigérateurs “autonettoyants”, articles de sports “plus performants”, et armes plus destructrices…

 

Sans cesse, les ingénieurs en recherche et développement inventent de nouvelles applications des nanos qui sont commercialisées sans le moindre contrôle, au mépris de la réglementation les obligeant à tester la toxicité des substances avant de les vendre. Or, il s’avère que ces nanoparticules sont souvent redoutables – elles sont si petites que certaines peuvent traverser tous les organes, jouer avec notre ADN et provoquer de nombreux dégâts.

 

Grâce à son enquête aussi rigoureuse qu’explosive, Roger Lenglet a retrouvé les principaux acteurs des nanotechnologies. Il livre ici leurs secrets et les dessous de cette opération menée à l’échelle planétaire qui, avec le pire cynisme, continue de se déployer pour capter des profits mirobolants au détriment de notre santé.

 

Avec ce premier livre en français sur la toxicité des nanoparticules, Roger Lenglet tente de prévenir un nouveau scandale sanitaire d’une ampleur inimaginable.

 

Pour voir des extraits.


La vidéo :

http://www.youtube.com/watch?v=TM8wumsICxI

 

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Ecouter sur France Culture :

 

Terre à terre par Ruth Stégassy. Les Nanotoxiques

 

Avec Roger Lenglet, philosophe et journaliste d’investigation auteur de "Nanotoxiques.

 

 

 

 


On parle aussi des nanoparticules dans :

 

Histoire du carbone et du CO2. De l’origine de la vie jusqu’au dérèglement climatique.

 

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Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses...

 

Coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

Histoire du carbone et du CO2.

 

Un livre chez Vuibert.

 

feuilleter

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole. Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux

scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.

Seront-ils entendus ?

 

Voir l’introduction et la table des matières

 

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