Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 19:06

Journal de l'Environnement.

 

La stabilisation du réchauffement à 1,5°C — l’un des objectifs de l’Accord de Paris — reste possible, au prix de profondes et rapides mutations de nos sociétés, avertissent les auteurs du dernier rapport du Giec, publié ce lundi 8 octobre.

 


 

Il s’en est fallu de peu que le Giec ne rende sa copie. Réunis depuis une semaine à Incheon (Corée du Sud), des centaines de climatologues et de représentants des Etats ont travaillé d’arrache-pied à la rédaction du résumé pour les décideurs (RPD) du nouveau rapport spécial du réseau international de climatologues.

Commandé par la COP 21, ce document vise à définir, aussi précisément que possible, les conséquences d’un réchauffement de 1,5°C par rapport à l’ère préindustrielle. Pesant quelques centaines de pages, le rapport, uniquement rédigé par des chercheurs à partir de la littérature scientifique, est prêt depuis le mois de juin. Le but de la réunion de la semaine passée était de finaliser la rédaction du fameux rapport pour les décideurs, synthèse d’une trentaine de pages rédigée par les climatologues et les représentants des Etats.

A 2 OU 4 MAINS

C’est là une subtilité du fonctionnement du Giec. Si les scientifiques sont les seuls à tenir le stylo pour le rapport proprement dit, le texte du résumé est élaboré à quatre mains, en quelque sorte. Les Etats pouvant demander ajouts, retraits, à condition que la formulation du RPD soit cohérente avec les données contenues dans le rapport.

Comme souvent en pareil cas, les chancelleries préparent de nombreuses demandes de corrections qui doivent faire l’objet d’un consensus pour être acceptées. Dans l’ultime phase de rédaction, le texte final est lu sur un grand écran et doit être approuvé par l’assemblée plénière, ligne par ligne.

BLUFF SAOUDIEN

Dans la nuit de vendredi à samedi, moins d’une heure avant la clôture de la réunion, l’Arabie saoudite a fait des siennes. «Son délégué voulait biffer du résumé tout ce qui avait trait au pétrole du rapport et du résumé», explique l’un des membres de la délégation française, contacté par le JDLE. Alliance politique oblige, Ryad a été rejoint par l’Égypte. «Nous avons alors craint que de nombreux délégués se joignent à eux, ce qui aurait pu empêcher la publication du rapport», poursuit le représentant tricolore. Le bluff n’a pas duré. Le SPD a été avalisé par l’assemblée plénière. La centaine d’auteurs et d’éditeurs du rapport devront adapter, à la marge, leur texte à celui rédigé à Incheon. Le dernier opus du Giec ne devrait donc pas être disponible, dans sa version définitive (1), avant plusieurs semaines. A quelques jours, sans doute, de l’ouverture de la COP 24, à Katowice.

Derrière sa rédaction très austère, le rapport spécial contient — ce n’est pas si fréquent pour une production de l’institution onusienne — quelques bombes politiques. Après avoir épluché quelque 6.000 articles et études, les rédacteurs concluent à la faisabilité de stabiliser le réchauffement à 1,5°C. «La réponse à cette interrogation était très clivante dans le milieu scientifique», indique un climatologue. C’est finalement oui. Même si cela n’est pas gagné d’avance.

RÉDUCTION DU BUDGET CARBONE

Pas gagné car nous sommes déjà très proches de la limite. Depuis la révolution industrielle de la fin du XVIIIe siècle, nous avons, collectivement, émis environ 2.000 milliards de tonnes de CO2 (GtCO2). Notre budget carbone est désormais inférieur à 600 GtCO2. Au rythme actuel d’émission, cela nous laisse 10 à 20 ans avant d’atteindre le fameux 1,5°C de réchauffement global. Et sans doute un peu moins. Pour la première fois, le Giec estime que le dégel du permafrost pourrait relâcher une centaine de GtCO2 d’ici la fin du siècle. De quoi sensiblement réduire notre budget carbone.

KILL THE COAL

Autre nouveauté, que le JDLE avait esquissé en février dernier : stabiliser le niveau du mercure à 1,5°C passe, immanquablement par des transformations rapides et de grande ampleur de nos sociétés. À commencer par le charbon. Dans ses scénarios d’atténuation, le Giec condamne à mort l’utilisation du charbon pour la production d’électricité d’ici à 2050. Une fatwa validée par les grands producteurs et consommateurs de coke : États-Unis, Chine, Inde ou Australie.

Selon que l’on s’autorise ou non un dépassement temporaire de l’objectif, les trajectoires à suivre sont impressionnantes. Entre 2010 et 2030, notre consommation d’énergie finale devra être réduite de 15 à 40%. L’agriculture pourrait devoir baisser de moitié ses émissions de méthane (élevage et riziculture) et des deux tiers ses rejets de protoxyde d’azote (engrais azotés).

LE RETOUR DE CRO-MAGNON?

Finalement, nos sociétés devront abattre de moitié leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) en deux décennies et des trois quarts d’ici à 2050. Ce que la technologie actuelle et notre organisation ne nous permettent pas: «De telles réductions [d’émission] peuvent être obtenues grâce à des combinaisons de technologies actuelles et nouvelles, de pratiques, comme l’électrification des usages, l’hydrogène, l'agriculture biologique, des produits de substitution, et le captage et stockage (ou réutilisation) du CO2. L’efficacité de ces options est techniquement prouvée à différents niveaux mais leur déploiement à grande échelle devrait être limité par les capacités financières, financières et d’acceptation sociale ainsi que par des contraintes institutionnelles et des caractéristiques inhérentes aux grands sites industriels», souligne le Giec. «Même si nous arrêtions tout, tout de suite, et vivions dès demain comme Cro-Magnon, cela ne suffira pas», résume un climatologue.

TECHNIQUES MAL MAÎTRISÉES

Condition sine qua non de la réussite de toute politique climatique ambitieuse, nous indiquait il y a quelques semaines la climatologue Valérie Masson-Delmotte, il faudra extraire du CO2 de l’atmosphère et le stabiliser dans le sol. Et pas qu’un peu : de 100 à 1.000 milliards de GtCO2 d’ici la fin du siècle, selon les trajectoires que nous suivrons. Cela nécessite la mise en œuvre, là encore, d’une batterie de techniques plus ou moins bien maîtrisées, de la reforestion à l’amélioration des sols, en passant par l’aspiration directe du CO2.

Surtout une une grande place devra être laissée à la valorisation énergétique de la biomasse avec captage et séquestration du carbone. Cette BECCS pourrait devenir l’alpha et l’oméga de nos futures politiques énergétiques. «On l’a caché jusqu’à présent, témoigne notre membre de la délégation française, mais la plupart des scénarios compatible avec un réchauffement de 2°C intègrent la BECCS.»

Incontrôlé, ce recours accru à la biomasse se heurtera à d’autres activités, agricoles notamment. Certains scénarios imposent de consacrer 300 à 800 millions d’hectares aux cultures énergétiques. À comparer aux 1.500 millions d’hectares actuellement cultivées dans le monde.

Cette confrontation annoncée plaide en faveur d’une extension du domaine de la lutte climatique. «Il ne faut plus considérer le climat comme un sujet isolé des autres. Nous devons désormais intégrer les objectifs de développement durable (ODD)», souligne un délégué européen présent à Incheon.«Bien conduites, des politiques d’adaptation qui réduisent la vulnérabilité de l’Humanité et des écosystèmes peuvent aussi contribuer à renforcer la sécurité d’approvisionnement en eau et en denrées alimentaires. Elles peuvent aussi réduire certains risques naturels, améliorer les conditions sanitaires, maintenir les services écosystémiques et diminuer la pauvreté et les inégalités»,poursuivent les rédacteurs du RPD.

«Les politiques ne seront pas tout. Il faudra aussi faire attention à l'acceptation sociale», a insisté Hoesung Lee, le président du Giec, lors de la conférence de presse de ce matin. Un conseil rarement entendu par les gouvernements.

 

(1) Les textes validés au mois de juin sont accessibles au : http://ipcc.ch/report/sr15/

----------------------------------------------------------------------------------------------

«Même si nous arrêtions tout, tout de suite, et vivions dès demain comme Cro-Magnon, cela ne suffira pas», résume un climatologue.

 

N'est-ce pas le seul moment de lucidité de ce rapport !

 

_________________________________________________________________

 

Voir aussi :

 

Budget carbone limité, stratégies de riposte difficiles à mettre en œuvre, conséquences du réchauffement qui s’accélèrent : les conclusions du rapport spécial du Giec sur les effets d’un réchauffement de 1,5 °C sont des plus inquiétantes.

Hervé Le Treut : C’est normal que cela soit plus inquiétant : nous ne cessons d’accroître les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Nous devons résoudre un problème que nous complexifions chaque jour un peu plus. Ce qui m’interpelle particulièrement dans ce rapport c’est qu’à force de réduire les marges d’action on est confronté à une situation vraiment nouvelle. Si nous voulons encore stabiliser le réchauffement à 1,5 °C, nous devons immédiatement engager des efforts colossaux. Des efforts qui pourront ne pas plaire à tous les acteurs de nos sociétés. 

_________________________________________________________________

 

 

Climat : comment expliquer une aussi criminelle apathie
face au drame annoncé ?

 

L’empreinte colossale des activités humaines a précipité la terre dans une nouvelle ère géologique, où tous les ­écosystèmes sont affectés : le « capitalocène », explique Frédéric Joignot.

 

LE MONDE |

 

Nous avons « parfois l’impression d’observer une tragédie grecque », dans le sens où « vous savez ce qu’il va se produire, et vous voyez les choses se produire ! », confessait, le 26 septembre, sur France Info, la paléoclimatologue Valérie Masson-Delmotte, inquiète des dernières mesures sur la dégradation du climat. Il faut dire qu’un rapport publié la veille, conjointement par l’Organi­sation de coopération et de développement ­économiques (OCDE), l’ONU Environnement et le Groupe de la Banque mondiale, n’était pas fait pour rassurer : on apprenait que, sur les 180 signataires de l’accord de Paris de 2015 (COP21), neuf pays seulement ont soumis aux ­Nations unies des programmes concrets pour limiter les émissions de gaz à effet de serre (GES).

 

En attendant que les 171 autres respectent leur engagement devant l’opinion mondiale, l’OCDE constate sombrement que « les gouvernements continuent de consacrer près de 500 milliards de dollars par an [430 milliards d’euros] pour subventionner le pétrole, le charbon et le gaz, et que la plupart d’entre eux n’ont pas su mettre fin à leur dépendance à l’égard des recettes provenant des énergies fossiles ». Ils n’ont pas non plus pris les mesures suffisantes pour placer leurs économies sur « une trajectoire “bas carbone” ». Le secrétaire général de l’organisation, Angel Gurria, prévient : « Cette inertie risque de nous faire perdre la guerre contre le réchauffement climatique », c’est-à-dire l’objectif d’un réchauffement maximal de 2 degrés.

 

Criminelle apathie

 

Comment expliquer une aussi criminelle apathie face au drame annoncé ? Depuis quelques années, des chercheurs, historiens, économistes, et non des moindres, avancent une explication radicale. Nous ne sommes pas entrés dans l’anthropocène avec la révolution industrielle et la mondialisation des économies, tant et si bien que l’empreinte colossale des activités humaines a précipité la terre dans une nouvelle ère géologique, où tous les ­écosystèmes sont affectés. Nous sommes entrés dans le « capitalocène » : l’ère du système capitaliste triomphant, incapable de contenir sa course effrénée au profit.

 

Ainsi, Andreas Malm, professeur au département d’écologie humaine à l’université de Lund (Suède), explique, dans L’Anthropocène contre l’histoire. Le réchauffement ­climatique à l’heure du capital (La Fabrique, 2017), que ce n’est pas tant une « espèce humaine » abstraite qu’il faut rendre responsable du désastre écologique, mais d’abord l’Empire britannique. Il retrace ainsi l’histoire de la ­machine, puis de la locomotive à vapeur, brevetée par l’Ecossais James Watt en 1784, et décrit la manière dont les capitalistes anglais les ont popularisées en Europe, dans leurs colonies, puis dans le monde entier, démarrant ainsi la révolution industrielle.

 

Malm rappelle ensuite comment l’exploitation des sources d’énergie a mené à la mise en place d’une « économie fondée sur la consommation croissante de combustibles fossiles », « en lien étroit avec le processus d’accumulation du capital qu’elle suppose ». C’est cette logique économique qui se perpétue aujourd’hui, générant « une croissance continue des émissions de gaz à effet de serre ». Pour Malm, « blâmer l’humanité du changement climatique revient à laisser le capitalisme se tirer d’affaire ».

 

Capitalisme mondialisé

 

De leur côté, les chimistes américain et néerlandais Will Steffen et Paul J. Crutzen (Prix Nobel 1995), inventeurs du concept d’anthropocène, rappelaient en 2008, dans le Journal of Human Environment, comment la pression destructrice des activités humaines sur l’environnement a connu une « grande accélération » à partir des années 1950 : pollution industrielle massive, sixième extinction animale, acidification des océans, désertification, ­surpêche, fonte des glaces, concentration des GES, ­réchauffement, tout s’est aggravé – mondialisé. Si bien que le sociologue américain John Bellamy Foster comme la journaliste d’investigation canadienne Naomi Klein parlent d’un capitalisme dévastateur.

 

En France, en 2016, Jean-Baptiste Fressoz, historien des sciences et des techniques, a ajouté un chapitre intitulé « Capitalocène » à la dernière édition de L’Evénement ­anthropocène. La Terre, l’histoire et nous (Seuil), livre qu’il a publié avec l’historien des sciences Christophe Bonneuil – popularisé par Thomas Piketty à l’Ecole d’économie de Paris. Ils expliquent que nous vivons aujourd’hui la confrontation violente du « système terre » et du « système monde » du capitalisme mondialisé, grand consommateur de matières premières et de ressources minérales, qui s’est « construit au moyen d’un accaparement des bienfaits de la terre et d’une externalisation des dégâts environnementaux, par le biais de phénomènes de dépossession et d’“échange inégal” ». Pour les auteurs, parler de « capitalocène » plutôt que d’anthropocène est stratégique : c’est désormais la fin du capitalisme qu’il faut penser, et non la fin du monde.

_________________________________________________________________

 

Jean Jouzel, climatologue breton, confirme l’intérêt du dernier rapport du Giec, montrant les conséquences d’un réchauffement climatique entre 1,5 °C et 2 °C.

 

Le Giec a publié ce lundi son dernier rapport sur le réchauffement climatique et ses conséquences sur les espèces et les économies. Commandé à l’issue de la COP 21, le document doit servir de base de travail pour la COP 24, qui se tiendra à la fin de l’année en Pologne. Ses conclusions, alarmantes, réclament des efforts « sans précédent ». « Nous sommes dans l’extrême urgence. À un moment, il sera trop tard », lance Jean Jouzel, le climatologue breton, ancien n° 2 du Giec.

 
 

 

image: https://www.letelegramme.fr/images/2018/10/08/climat-ce-que-change-le-rapport-du-giec_4205628_540x959p.jpg

Climat. Ce que change le rapport du Giec
(Le Télégramme)

 

« Ce rapport est complètement dans la ligne avec le précédent rapport du Giec. Après la COP 21, l’objectif était un réchauffement en dessous de 2 °C, voire 1,5 °C. Ce rapport est affreusement dans la ligne puisqu’il nous montre les conséquences sur les espèces animales, le récif corallien et les populations menacées par l’élévation du niveau de la mer », souligne Jean Jouzel, qui a participé à l’écriture de précédents rapports du Giec.

 

À LIRE SUR LE SUJET 

Hausse globale des températures, notamment nocturnes, qui influent sur les possibles épisodes caniculaires, la fonte de la calotte glaciaire, la hausse du niveau de la mer, ce sont quelques-unes des conséquences d’un réchauffement climatique non maîtrisé.

 

image: https://www.letelegramme.fr/images/2018/10/08/climat-ce-que-change-le-rapport-du-giec_4205627.jpg

Climat. Ce que change le rapport du Giec
(Le Télégramme)

Ce réchauffement, de l’ordre de 1 °C depuis le début du XXe siècle, pourrait dépasser les 3 °C d’ici 2100. Le Giec a publié ce rapport à l’attention des décideurs du monde entier, dans l’espoir que ses recommandations puissent avoir un impact sur la politique environnementale.

 

À LIRE SUR LE SUJET 


© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/france/climat-ce-que-change-le-rapport-du-giec-08-10-2018-12101206.php#VvhqAYQmZ6tgQ0UK.99

Paroles, Paroles...

 

En France on va fermer toutes les centrales thermiques. On sera le premier pays qui ferme toutes ses centrales thermiques. Et je ne veux pas réduire ma souveraineté énergétique, c'est à dire importer du gaz de pays qui ne partagent pas forcément mes valeurs ou ré-ouvrir des centrales à charbon. 

Voir la video à partir de 26'

Partager cet article
Repost0
3 octobre 2018 3 03 /10 /octobre /2018 08:50

Le combat contre le changement climatique n'est pas terminé. Nous n'avons pas baissé les bras. Nous ne pouvons pas." Une deuxième édition du One Planet Summit se tient, mercredi 26 septembre, à New York (Etats-Unis) afin de faire le point sur les engagements pris fin 2017 à Paris en faveur des financements climatiques et pour les relever. A l'approche de cet événement, organisé en marge de l'Assemblée générale des Nations unies avec notamment l'ancien maire de New York, Michael Bloomberg, et Emmanuel Macron, des climatologues tirent la sonnette d'alarme. 

Ballottés entre le manque d'action et d'écoute, et des résultats chaque jour plus inquiétants, ils témoignent d'une forte "charge émotionnelle", comme le décritL'Echo, d'un état de "frustration et d'angoisse", expose encore une climatologue au magazine The Monthly (en anglais). A quoi ressemble donc le quotidien de ces "annonciateurs de mauvaises nouvelles" ? Franceinfo leur a posé la question.

"Observer une tragédie grecque"

"Il y a un peu parfois l'impression d'observer une tragédie grecque. Vous savez ce qu'il va se produire et vous voyez les choses se produire", présente Valérie Masson-Delmotte, chercheuse en sciences du climat au laboratoire des sciences du climat et de l'environnement de Paris-Saclay. Outre-Atlantique, le sentiment trouve écho : "Il y a peu de jour où on a l'impression que les choses vont bien", confirme Andrew Rosenberg, biologiste marin américain et directeur du Centre pour la science et la démocratie au sein de l'Union des scientifiques inquiets. 

Hausse des températures, fonte des glaciers, émissions de CO2 qui ne cessent de grimper... "On a l'impression d'être toujours annonciateurs de mauvaises nouvelles", déplore Benjamin Sultan, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Face aux résultats de leurs recherches, ils décrivent parfois des situations de stress et d'épuisement dont il est difficile de s'affranchir une fois la porte du bureau claquée, le soir.

C'est quelque chose qui prend une place importante dans ma vie quotidienne. Mon travail est très prenant. C'est quelque chose qui nous tourne dans la tête tout le temps.

A l'unanimité, ils déplorent un manque d'action de la part des pouvoirs publics."Depuis une trentaine d'années, rapport après rapport, les scientifiques montrent le changement climatique. A l'échelle globale, rien ne se passe", regrette Gilles Ramstein, directeur de recherche au CEA. "On n'a pas arrêté de lancer l'alerte ! Face à ça, il y a un manque d'action, d'ambition. Il y a une très grande frustration de voir qu'alors que l'on sait que le climat se dégrade, les décideurs et les citoyens n'agissent pas suffisamment", abonde Jean-Pascal Van Ypersele, professeur de climatologie belge et ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Le sentiment de crier "dans le désert"

Il dit avoir parfois l'impression de crier "dans le désert", seul. Un sentiment qu'a ressenti Benjamin Sultan lors de la démission de Nicolas Hulot. "Même en ayant un ministre qui est très engagé, conscient de la menace, on n'est pas capable de prendre la mesure du problème. Pour moi c'était un grand moment de solitude." Françoise Vimeux, elle aussi climatologue à l’IRD, explique cette indifférence par le sujet même des recherches réalisées dans le domaine."Nous en tant que climatologue, on parle souvent des conséquences pour la fin du XXIe siècle et ça paraît loin. Finalement il y a peu de personnes qui s’intéressent ou qui veulent prendre des responsabilités sur un temps aussi long." Mais l'urgence est là. 

Les choses changent, oui. Mais ça va trop lentement. Le climat ne va pas attendre qu'on se décide.

Andrew Rosenberg

à franceinfo

"Le problème il est qu'entre le moment où vous allez prendre conscience et celui où vous allez agir, normalement vous avez le temps. Mais là, le temps nous est compté", renchérit Andrew Rosenberg.

"Le combat n'est pas terminé"

Malgré un quotidien éprouvant, aucun d'eux n'est décidé à baisser les bras et se laisser aller à un "catastrophisme total, une sinistrose", comme le dit Gilles Ramstein. Ni optimisme "béat", ni pessimisme donc. "Je pense qu'il faut être lucide sur ce qu'il reste à faire", défend Valérie Masson Delmotte. Sa solution ?"Etre curieux. On est dans une situation inédite, on entre dans un territoire inconnu avec le changement climatique. Alors cherchez à comprendre quelles peuvent être les conséquences du réchauffement climatique chez vous. Cherchez à vous approprier des solutions."

"L'amplitude du changement climatique, elle dépend de nous. Il y a des scénarios optimistes, il y a des scénarios pessimistes, c'est à nous de décider suivant la manière dont on souhaite vivre", martèle Françoise Vimeux.

 

Tribune. Quelques jours après la démission de Nicolas Hulot, nous lançons cet appel : face au plus grand défi de l’histoire de l’humanité, le pouvoir politique doitagir fermement et immédiatement. Il est temps d’être sérieux.

Nous vivons un cataclysme planétaire. Réchauffement climatique, diminution drastique des espaces de vie, effondrement de la biodiversité, pollution profonde des sols, de l’eau et de l’air, déforestation rapide : tous les indicateurs sont alarmants. Au rythme actuel, dans quelques décennies, il ne restera presque plus rien. Les humains et la plupart des espèces vivantes sont en situation critique.

Pas trop tard pour éviter le pire

Il est trop tard pour que rien ne se soit passé : l’effondrement est en cours. La sixième extinction massive se déroule à une vitesse sans précédent. Mais il n’est pas trop tard pour éviter le pire.

Nous considérons donc que toute action politique qui ne ferait pas de la lutte contre ce cataclysme sa priorité concrète, annoncée et assumée, ne serait plus crédible.

Nous considérons qu’un gouvernement qui ne ferait pas du sauvetage de ce qui peut encore l’être son objectif premier et revendiqué ne saurait être pris au sérieux.

Nous proposons le choix du politique – loin des lobbys – et des mesures potentiellement impopulaires qui en résulteront.

C’est une question de survie. Elle ne peut, par essence, pas être considérée comme secondaire.

De très nombreux autres combats sont légitimes. Mais si celui-ci est perdu, aucun ne pourra plus être mené.

 

_________________________________________________________________________

 

Partager cet article
Repost0
2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 16:23

1907. Le suédois Arrhenius a publié en France "L'évolution des mondes". Il y développe la "théorie de la serre chaude" et imagine déjà que la quantité de gaz carbonique dans l'atmosphère "puisse être modifiée, dans le cours des siècles, par la production industrielle".

 

Qui alors, dans la population, s'en soucie quand lui même y voit, d'une certaine façon, une chance pour les futures populations de l'hémisphère nord qui pourront profiter du réchauffement planétaire par un meilleure productivité agricole.

 

Qui, dans les milieux scientifiques, pourrait en faire un objet de recherche alors que dans la même période sont faites des découvertes aussi fabuleuses que les rayons X, la radioactivité, la structure des atomes et même l'équivalence matière/énergie.

 

Qui dans la population pouvait se préoccuper, dans les premières décennies du 20ème siècle, de la qualité de l'atmosphère après les millions de morts dans les tranchées de Verdun et d'ailleurs, les régions entières dévastées, toute une jeunesse décimée. Et comment sortir des horreurs de la deuxième guerre mondiale couronnées par les camps d'extermination et la mort atomique des habitants de Hiroshima et Nagasaki ….

 

Alors parler du CO2 dans l'atmosphère quand il fallait tout reconstruire et quand l'industrie de guerre allait se reconvertir dans des activités dites "civiles" qui allaient initier ces "trente glorieuses" dont on ne commencerait à mesurer l'impact sur la planète que quelques décennies plus tard. Pour le moment c'étaient le charbon et l'acier qui étaient supposés réconcilier les peuples. La fragile Union Européenne célèbre, chaque 9 mai depuis 1985, la déclaration du 9 mai 1950 de Robert Schuman, ministre français des affaires étrangères, par laquelle : "Le Gouvernement français propose de placer l'ensemble de la production franco-allemande du charbon et d'acier sous une Haute Autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays d'Europe.

 

La mise en commun des productions de charbon et d'acier assurera immédiatement l'établissement de bases communes de développement économique, première étape de la Fédération européenne, et changera le destin des régions longtemps vouées à la fabrication des armes de guerre dont elles ont été les plus constantes victimes".

 

Le charbon et l'acier des armes au service de la paix ? Cette première Europe dont le développement a été alimenté par l'industrie et les capitaux américains a d'abord été l'outil d'une "guerre froide" entre l'Ouest et l'Est. Une guerre dont le terrain principal a été l'escalade dans la fabrication de produits manufacturés et d'armes. Allez donc parler d'effet de serre quand la menace principale est celle d'un conflit nucléaire qui anéantirait en un instant des villes entières et des millions de vies humaines.

 

Quant au reste du monde... La production de charbon et d'acier européens étaient supposés être "offerte à l'ensemble du monde, sans distinction ni exclusion, pour contribuer au relèvement du niveau de vie et au progrès des œuvres de paix. L'Europe pourra, avec des moyens accrus, poursuivre la réalisation de l'une de ses tâches essentielles : le développement du continent africain". Que penser de ces pieuses paroles quand on se souvient des souffrances de la décolonisation et quand on constate la persistance des guerres pour l'accès aux ressources naturelles qui ensanglantent les populations de l'Afrique et du Moyen Orient. Parler de réchauffement climatique aux pays qui doivent se relever des années d'exploitation coloniale et des guerres qui les ont suivies ?

 

Il a fallu attendre 1979 pour qu'un groupe de neuf climatologues remettent, à la demande du président des USA, Jimmy Carter, un rapport d'une vingtaine de pages rassemblant la synthèse des connaissances du moment sur l'impact possible des activités humaines sur le climat. Le groupe à l'origine du rapport publié sous le titre "dioxyde de carbone et climat : une évaluation scientifique" était présidé par Jule Charney, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Il est généralement présenté comme le "Rapport Charney".

 

Le rapport Charney (1979).

 

Dans un avant propos, Verney E. Suomi, considéré comme le père de la météorologie par satellite et alors président du "conseil de recherche climatique" de l'Académie des Sciences, faisait le constat que "nous avons maintenant des preuves irréfutables que l’atmosphère est en train de changer et que c'est nous-mêmes qui contribuons à ce changement. Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone augmentent progressivement, et ces changements sont liés à l'utilisation par l'homme de combustibles fossiles. Étant donné que le dioxyde de carbone joue un rôle important dans le bilan thermique de l'atmosphère, il est raisonnable de supposer que des augmentations continues affecteront le climat."

 

Et déjà apparaît la préoccupation pour les générations futures. Il faut, écrit-il, "se pencher sur le monde de nos petits-enfants, le monde du XXIe siècle. D'ici là, combien de carburant sera brûlé, combien d'arbres seront abattus ? Comment un changement climatique affectera-t-il la société mondiale de la génération à naître ?"

 

Conclusion du rapport ? "si l'on suppose que la teneur en CO2 de l'atmosphère est doublée, l'équilibre thermique statistique étant atteint, les efforts de modélisation les plus réalistes prédisent un réchauffement global de la surface terrestre entre 2°C et 3,5°C, avec des augmentations plus importantes dans les hautes latitudes." 

 

Décembre 2009. Congrès d'automne de l'American Geophysical Union (AGU) à San Francisco.

Le congrès célèbre le trentième anniversaire du rapport Charney. "Rien, dans toutes les nouvelles connaissances acquises depuis trente ans, n'est venu contredire les conclusions du rapport Charney", expliquait Raymond Pierrehumbert, titulaire de la chaire de géo-sciences de l'université de Chicago, qui présidait la session. Avec une certaine amertume il constatait que ce qui était débattu actuellement dans le domaine du réchauffement climatique: "aurait pu commencer à être discuté il y a trente ans".

Qui pourrait affirmer que nous n'entendrons pas les mêmes propos dans trente ans  comme avaient déjà été oubliés, en 1979, les principes énoncés sept ans plus tôt lors de la conférence des Nations Unies sur l'Environnement réunie à Stockholm en juin1972 :

"Principe 5 : Les ressources non renouvelables du globe doivent être exploitées de telle façon qu'elles ne risquent pas de s'épuiser et que les avantages retirés de leur utilisation soient partagés par toute l'humanité.

Principe 6 : Les rejets de matières toxiques ou d'autres matières et les dégagement de chaleur en des quantités ou des concentrations telles que l'environnement ne puisse plus en neutraliser les effets doivent être interrompus de façon à éviter que les écosystèmes ne subissent des dommages graves ou irréversibles. La lutte légitime des peuples de tous les pays contre la pollution doit être encouragée. "

Il faudra attendre vingt ans après Stockholm pour que l'effet de serre et le réchauffement climatique commencent enfin à émerger à la conscience publique.

1992. Le sommet de la terre de Rio.

J'ai conservé ce numéro de la revue "La Recherche" de mai 1992. Un numéro spécial avec un seul titre en couverture "L'effet de Serre". L'éditorial est de Pierre Thuillier, le philosophe et historien des sciences dont le "Petit Savant Illustré", publié en 1980 avait fait les délices de toute une jeune génération de scientifiques en rupture avec un dogmatisme ambiant. Aujourd'hui, écrit-t-il, les climatologues lancent de sérieux avertissement.

Le ton reste prudent : "il se pourrait" écrit-il "que les hommes, à force de brûler des combustibles fossiles, de détruire les forêts et de développer des industries polluantes, dégradent dangereusement l'atmosphère". L'époque n'est pas encore aux affirmations : "Les activités humaines n'entraînent-elles pas un réchauffement excessif de la Terre ? Notre survie n'est-elle pas compromise ? Même des esprits plutôt pondérés sont amenés à envisager sinon le risque ultime, du moins des scénarios très pessimistes". Faisant suite au sommaire, sur une double page au dessus d'un paysage de cheminées d'usines fumantes, ce titre : "Un dossier scientifique épineux".

Pourtant, à relire ce numéro spécial, un quart de siècle plus tard, on constate à quel point beaucoup de ce qui n'était qu'interrogation s'est transformé en certitude. Des cartes du monde avaient été publiées qui illustraient ce que deviendrait le climat dans l'hypothèse d'un doublement du taux atmosphérique de gaz carbonique. Elles indiquent un réchauffement moyen qui pourrait atteindre 5°C et jusqu'à 8°C dans l'hémisphère Nord. Elles semblent l'exacte réplique de celles publiées vingt ans plus tard.

Ce numéro de "Le Recherche" annonce la "conférence des Nations Unies sur l'environnement et le développement" qui va se tenir à Rio de Janeiro, au Brésil, pendant le mois de juin. Resté dans les mémoires comme le "Sommet de la Terre de Rio", la conférence a été un réel succès médiatique : 178 pays représentés, 110 chefs d'Etats et de gouvernements présents, 2000 représentants d'organisations non gouvernementales (ONG) et surtout des milliers de personnes au forum organisé en parallèle par les ONG. La conférence se revendiquait comme le prolongement de la conférence internationale sur l’environnement humain (un premier " Sommet de la Terre" organisé en 1972 à Stockholm). Elle s'est conclue par une "Déclaration de Rio sur l’environnement et le développement" énonçant 27 principes parmi lesquels était introduite la notion de "développement durable" dont l'interprétation et l'application ont donné lieu par la suite à de nombreuses controverses. Plus concrètement était adopté par les chefs d'Etat présents un "Agenda 21", plan d'action pour le 21ème siècle énumérant 2500 principes pour l'application de la déclaration.

Si cet "Agenda 21" est régulièrement cité depuis comme une référence il demeure, à y regarder de près, bien timide en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Dans on chapitre 9 consacré à la "Protection de l'atmosphère" il se contente de constater "Les préoccupations suscitées par le changement climatique et la variabilité climatique, la pollution atmosphérique et l'appauvrissement de la couche d'ozone ont suscité de nouvelles demandes d'informations scientifiques, économiques et sociales en vue de réduire les incertitudes qui subsistent dans ces domaines." Afin de "mieux comprendre et prévoir les diverses propriétés de l'atmosphère et des écosystèmes touchés, ainsi que leurs effets sur la santé et leurs interactions avec les facteurs socio-économiques" il se contente de que demander la mise en œuvre de moyens afin de "dissiper les incertitudes" et pour cela d'améliorer "la base scientifique nécessaire à la prise de décisions".

Cette insistance sur les "incertitudes", qui ne pouvait qu'alimenter le clan des "climato-sceptiques" déjà très actif, omettait ainsi les premières alertes du "Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution de climat (GIEC)" qui fonctionnait déjà depuis 1988 et dont c'étaient fait écho les rédacteurs du numéro de "La Recherche" de 1992.

1988 : Le GIEC.

Le GIEC a été créé en novembre 1988 par deux organismes de l’ONU : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et leProgramme des Nations unies pour l'environnement (PNUE). A son origine, une demande du G7, le groupement des 7 plus grandes puissances économiques mondiales. Dès 1990 il rendait public son premier rapport. Et déjà des certitudes :

"Nous avons la certitude que : Les émissions dues aux activités humaines accroissent sensiblement la concentration dans l'atmosphère des gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, méthane, chlorofluorocarbones (CFC) et oxyde nitreux. Cette augmentation renforcera l'effet de serre, intensifiant le réchauffement général de la surface terrestre. Le principal gaz à effet de serre, c'est-à-dire la vapeur d'eau, deviendra plus abondant sous l'effet du réchauffement planétaire ce qui accentuera encore ce dernier. Les calculs nous donnent la conviction que certains gaz peuvent plus efficacement que d'autres modifier le climat et que leur efficacité relative peut être évaluée. Le dioxyde de carbone a causé dans le passé plus de la moitié du surcroît d'effet de serre, et il est probable qu'il en sera de même à l'avenir."

Après les certitudes les prévisions :

"En nous fondant sur les résultats que donnent les modèles actuels, nous prévoyons ce qui suit : La température globale moyenne augmentera en moyenne au cours du siècle à venir de 0,3 °C environ par décennie (avec une marge d'incertitude de 0,2 à 0,5 °C par décennie) si les émissions de gaz à effet de serre correspondent au scénario A du GIEC (poursuite des activités); c'est là une valeur supérieure à celle que l'on a observée au cours des 10 000 dernières années. Cela aura probablement pour conséquence que la température globale moyenne dépassera de 1 °C environ la valeur actuelle en 2025 (environ 2 °C de plus que pendant la période pré-industrielle) et de 3 °C avant la fin du siècle à venir (environ 4 °C de plus que pendant la période pré-industrielle). Cette augmentation ne se fera pas à un rythme régulier, en raison de l'incidence d'autres facteurs.

Dans le cas des autres scénarios du GIEC, qui supposent une réglementation progressivement plus stricte, le rythme d'augmentation de la température globale moyenne serait de 0,2 °C environ par décennie (scénario B), juste supérieur à 0,1 °C par décennie (scénario C) et de 0,1 °C environ par décennie (scénario D)."

Après les prévisions, le constat :

2014. Le cinquième rapport du Giec confirme que : "Chacune des trois dernières décennies a été successivement plus chaude à la surface de la Terre que toutes les décennies précédentes depuis 1850. Les années 1983 à 2012 constituent probablement la période de 30 ans la plus chaude qu’ait connue l’hémisphère Nord depuis 1 400 ans. La tendance linéaire de la moyenne globale des données de température de surface combinant les terres émergées et les océans indique un réchauffement de 0,85 [0,65 à 1,06] °C au cours de la période 1880–2012".

2017 en France.

Le ministère de la transition écologique et solidaire publie les "Indicateurs nationaux de suivi de la transition écologique vers un développement durable (2015-2020)". Il ne s'agit plus d'hypothèses mais de constats. On peut y lire que :

"La décennie 2001-2010 a été plus chaude de 0,2°C que la décennie 1991-2000 et se situe 1°C au-dessus de la moyenne 1961- 1990.

Le réchauffement de la température en France métropolitaine est très net. Les dix années les plus chaudes ont été observées durant les deux dernières décennies dont la température moyenne est supérieure de 1°C à la moyenne 1961-1990."

 

Une augmentation de 0,2°C par décennie, c'était ce que prévoyait, dès 1990, le scénario B du Giec.

 

La maison brûle mais aucun pompier ne répond à l'appel des sirènes.

 

 

Partager cet article
Repost0
16 septembre 2018 7 16 /09 /septembre /2018 08:34

Un trésor scientifique redécouvert, tel est le nom du nouvel ouvrage venant de paraître et recensant la collection d’instruments scientifiques de la faculté des sciences de Rennes (1840-1900).

Histoire des instruments scientifiques 

La sortie du livre Un trésor scientifique redécouvert arrive à point nommé tandis que les Journées Européennes du Patrimoine auront lieu à Rennes les 15 et 16 septembre prochains. Mais quel est donc ce fameux trésor ?

Il s’agit de la collection d’instruments scientifiques de la faculté des sciences de Rennes (1840-1900), un travail de recensement historique effectué durant une vingtaine d’années par le physicien Dominique Bernard. Une démarche qui allie l’aspect scientifique et patrimonial et qui a valu à son auteur différentes reconnaissances prestigieuses, à savoir :

  • Un second prix (UMAC Award 2017 à Helsinki) attribué par la fédération internationale des universités  possédant des collections et des musées,
  • Une invitation à présenter la reconstitution de l’expérience de Curie et ce livre au dernier congrès international de la Scientific Instrument Commission à Leyden (septembre 2018)
  • La rédaction de l’introduction à ce livre par deux experts internationaux, MM. Paolo Brenni et Marta Lourenço.

Ainsi, Un trésor scientifique redécouvert confère à ses lecteurs une double approche, historique et scientifique, des instruments présentés. Une collection qui symbolise par ailleurs une partie de la richesse patrimoniale de Rennes.

Un millier d’instruments en 250 pages

À travers cet ouvrage, le lecteur découvrira l’histoire d’un millier d’instruments scientifiques conservés à l’université de Rennes 1. Et, avec eux, croisera les noms de scientifiques célèbres tels Héron d’Alexandrie, Léon Foucault, Pierre, Marie et Jacques Curie ou encore Pierre Weiss. Dominique Bernard présente ainsi leurs inventions en insistant sur le génie des grands constructeurs français d’instruments scientifiques qui les ont conçues.

Toutefois, des personnages locaux et plus confidentiels sont aussi mis en avant par l’auteur. C’est le cas du zoologiste Dujardin, du chimiste Malaguti, mais aussi des professeurs de physique Morren et Gripon.

Enfin, le physicien Dominique Bernard jette un regard neuf sur ces instruments d’une autre époque, montre leur intérêt à la fois historique et pédagogique et analyse les concepts parfois très modernes qui accompagnent leur fabrication. Au final, 250 pages à découvrir, illustrées par 150 photos en couleur.

Trésor scientifique
Source : ©Rennes en Sciences

Édité par l’association Rennes en SciencesUn trésor scientifique redécouvert est disponible sur commande au prix de 30 euros (prix public : 23 euros + 7 euros de frais de port).

Contacts : 

Rennes en sciences, 6 allée du champ Garnier, 35135 Chantepie – France
06 76 29 76 21
www.rennesensciences.fr
rennesenseciences@orange.fr
Twitter : @RennesSciences

Crédit photo : Wikimedia Commons (CC BY SA 2.0/Rama)
[cc] Breizh-info.com, 2018, dépêches libres de copie et de diffusion sous réserve de mention et de lien vers la source d’origine

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 16:40

Le monde a deux ans pour agir contre le changement climatique sinon il affrontera des « conséquences désastreuses », a averti l’ONU, en appelant la société civile à réclamer « des comptes » aux dirigeants de la planète.

C’est un compte à rebours qu’il a lancé. Et qui sonne comme une annonce de fin du monde.

Lundi, le chef de l’ONU, Antonio Guterres, a prononcé un discours particulièrement alarmiste, autour de la question climatique. « Nous sommes confrontés à une menace existentielle directe », dit-il. « Le changement climatique est la question déterminante de notre époque – et nous sommes à un moment décisif. Le changement climatique évolue plus vite que nous et sa rapidité a provoqué un séisme à travers le monde. »

Pour lui, c’est clair : « Si nous ne changeons pas de cap d’ici 2020, nous risquons de manquer le moment où nous pouvons éviter un changement climatique incontrôlé, avec des conséquences désastreuses pour les humains et tous les systèmes naturels qui nous soutiennent. »

Le secrétaire général de l’ONU dresse un bilan particulièrement inquiétant de l’état de la planète : « Nous connaissons des températures record dans le monde entier », dit-il. « Selon l’Organisation météorologique mondiale, au cours des deux dernières décennies, 18 des années les plus chaudes depuis 1850 ont été enregistrées et cette année s’annonce comme la quatrième plus chaude.  Les vagues de chaleur extrêmes, les incendies, les tempêtes et les inondations laissent une trace de mort et de dévastation. »

 

Trop de dirigeants ont refusé d’écouter

 

Il estime encore que « nous avons été prévenus. Les scientifiques nous le disent depuis des décennies », mais que « beaucoup trop de dirigeants ont refusé d’écouter. » Et selon lui, les résultats sont déjà visibles. « Dans certaines situations, ils ressemblent aux pires scénarios des scientifiques. »

Le chef des Nations unies cite ainsi la banquise arctique qui « disparaît plus vite que nous ne l’avions imaginé » ; le fait que cette année, pour la première fois, des glaces de mer épaisses et permanentes au nord du Groenland ont commencé à se fragmenter ; un réchauffement « spectaculaire dans l’Arctique qui affecte les conditions météorologiques dans l’hémisphère nord » ; ou encore des feux de forêt durent plus longtemps et se propagent davantage.

Autre conséquence qu’il décrit : « Les océans deviennent de plus en plus acides, et menacent les fondements des chaînes alimentaires qui soutiennent la vie. Et, sur terre, le niveau élevé de dioxyde de carbone dans l’atmosphère rend les cultures de riz moins nutritives, menaçant le bien-être et la sécurité alimentaire de milliards de personnes. »

 

La société doit interpeller les dirigeants

 

Face à ce désastre annoncé, Antonio Guterres estime qu’il est encore possible d’agir. Même si manque selon lui la volonté politique des dirigeants. « Nous savons ce que nous devons faire. Et nous savons même comment le faire. Nous avons les outils pour rendre nos actions efficaces. »

L’Accord de Paris , signé il y a trois ans, qui qui prévoit de contenir d’ici à 2100 le réchauffement climatique « bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels », était « vraiment le strict minimum pour éviter les pires impacts du changement climatique ». Mais même ces objectifs ne seront pas tenus. « Ce qui nous manque encore, même après l’Accord de Paris, c’est le leadership et l’ambition de faire ce qui est nécessaire. »

Antonio Guterres en appelle aux dirigeants, et appelle chacun à se mobiliser. « Il est impératif que la société civile -jeunes, groupes de femmes, secteur privé, communautés religieuses, scientifiques et mouvements écologiques dans le monde– demande des comptes aux dirigeants », a insisté le secrétaire général des Nations unies. Dans son discours, il cite plusieurs pistes : « Nous devons arrêter la déforestation, restaurer les forêts détériorées et changer notre manière de cultiver ». Il faut aussi revoir « la manière de chauffer, de refroidir et d’éclairer nos bâtiments pour gaspiller moins d’énergie ».

 

Antonio Guterres brandit aussi

l’argument du porte-monnaie

« Des avantages énormes attendent l’humanité si nous pouvons relever le défi climatique. Un grand nombre de ces avantages sont économiques. » Selon lui, l’action climatique et le progrès socio-économique se renforcent mutuellement : des terres dégradées restaurées signifient de meilleurs niveaux de vie pour des agriculteurs qui ne migrent plus vers les villes, l’assainissement de l’eau sauverait la vie de 360.000 bébés, l’air pur qui a un impact sur la santé publique… Il estime que ce combat produirait « des gains de 26 trillions de dollars d’ici 2030 par rapport au statu quo ». Sera-t-il entendu ? Son discours survient en tout cas deux jours avant un sommet mondial inédit pour l’action climatique qui doit réunir à San Francisco des milliers d’élus, de maires, de responsables d’ONG et d’entreprises.

Sources – Agences

 

 

Partager cet article
Repost0
14 septembre 2018 5 14 /09 /septembre /2018 07:47

L'Union européenne ne protège pas suffisamment la santé de ses habitants contre la pollution de l'air, dénonce la Cour des comptes européenne, dans un rapport publié ce 11 septembre. 

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), la pollution atmosphérique serait responsable de 400 000 décès prématurés chaque année ; ce serait même plus de 500 000 décès selon l'Agence européenne pour l'environnement. « Un coût humain et économique qui n'a pas suscité d'action appropriée à l'échelle de l'UE », jugent les auditeurs de la Cour des comptes. 

Celle-ci incrimine d'abord la législation, qui repose sur la directive sur la qualité de l'air ambiant, adoptée en 2008, il y a 20 ans. Ses normes sont« nettement moins strictes que les lignes directrices de l'OMS », elles autorisent les dépassements fréquents des seuils, ne comportent pas de limite d'exposition journalière pour les particules fines (PM2,5) et sont« trop peu contraignantes au regard des dernières données scientifiques » sur les effets sanitaires de la pollution, lit-on.

Certes, la directive a contribué à faire diminuer les émissions de polluants atmosphériques : - 89 % pour les émissions de d'oxyde de soufre entre 1990 et 2015, - 56 % d'émissions dioxyde d'azote, et - 26 % d'émissions de particules fines (PM2,5) depuis 2000. Mais cela ne se traduit pas par des réductions d'ampleur similaire au niveau des concentrations en polluants atmosphériques. La pollution atmosphérique serait même sous-estimée faute d'avoir été mesurée dans des endroits stratégiques (à proximité des axes routiers ou des sites industriels), souligne la Cour.

Ces conclusions rejoignent celles de la Cour des comptes française qui soulignait, en janvier 2016 qu'une quarantaine de zones dépassaient les seuils réglementaires européens en matière de dioxyde d'azote ou de PM2,5 malgré deux décennies de réduction des émissions de polluants. Elles font aussi écho à l'appel de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'environnement (ANSES) pour que la France se dote de normes plus protectrices. 

Sanctions sans effets

Autre grief : les États membres ne mettent pas en œuvre cette directive. En 2016, 13 États membres dépassaient les valeurs limites pour les particules fines, et 19 pour le dioxyde d'azote. La France faisait partie des deux listes. 

Les mesures coercitives prises par la Commission européenne semblent peu dissuasives. Voire inefficaces, tant les délais s'étirent. La France a ainsi été renvoyée devant la justice en mai dernier pour non-respect des seuils relatifs au dioxyde d'azote, après des mises en garde infructueuses depuis... 2005.

Plus largement, les pays ne prennent pas suffisamment en compte la nécessité de réduire la pollution atmosphérique dans leurs politiques publiques (transports, énergie, industrie, agriculture, etc.) regrette la Cour. 

Seul point positif : les citoyens, notamment via les associations qui vont jusqu'à porter le combat devant les tribunaux, comme en France, commencent à être mieux sensibilisés, souligne l'instance européenne.   

Actualisation de la directive européenne 

Les Sages recommandent une action plus efficace de la part de la commission, grâce au partage de bonnes pratiques des États membres ou à des procédures d'infraction plus courtes. Elle invite la commission à réviser la directive sur la qualité de l'air ambiant, en l'alignant sur les lignes directrices de l'OMS, et à améliorer l'emplacement des stations de mesure de la pollution. La Cour des comptes demande enfin que les politiques de l'UE intègrent la qualité de l'air comme priorité et que les pays améliorent la sensibilisation et l'information au public, avec l'aide des professionnels de santé. 

Source : Lequotidiendumedecin.fr
_____________________________________________________________________________________________________________
Pour aller plus loin :
Partager cet article
Repost0
2 septembre 2018 7 02 /09 /septembre /2018 08:28

Mercredi 13 décembre, la mission d’information commune sur les produits phytopharmaceutiques a auditionné le professeur Robert Barouki, praticien hospitalier et directeur de l’unité de recherche de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM).

L’institut, qui emploie 5 000 permanents, est composé de plus de 300 équipes, dont certaines s’intéressent à la thématique santé-environnement, notamment à l’impact des pesticides sur la santé, depuis 20 ans, à travers des études épidémiologiques (cohortes) ou expérimentales. L’INSERM a ainsi publié une expertise collective en 2013 sur les effets sanitaires de l’exposition aux produits phytosanitaires.

Le professeur a indiqué que les différentes résultats démontrent de « fortes présomptions, à 80 % » de liens de causalité entre l’exposition aux produits phytopharmaceutiques et l’apparition de certains cancers et de certaines pathologies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson. Ce lien est particulièrement bien avéré en ce qui concerne les professionnels utilisateurs (agriculteurs) ou fabricants. D’autres résultats, moins nombreux, démontrent aussi des effets sur la population générale, notamment des problèmes de fertilité ou de malformations congénitales. (voir)

En entendant la présentation du professeur, la présidente de la mission Elisabeth Toutut-Picard a noté que c’était « la première fois qu’un expert scientifique a le courage de se positionner » sur cette question du lien de causalité, depuis le début des travaux de la mission.

https://youtu.be/ZxFKMIvjdII?t=701

Ecouter aussi sur France Culture : Respirer est-ce encore bien vivre ? 

Partager cet article
Repost0
6 août 2018 1 06 /08 /août /2018 20:04

L’électricité est une énergie qui ne se stocke pas

Si la majorité des énergies primaires (gaz, pétrole ou charbon) se stocke facilement, il est en revanche très difficile de stocker l’électricité en grande quantité. Cependant, il est possible de la convertir en d’autres formes d’énergies intermédiaires et stockables (potentielle, cinétique, chimique ou thermique).

Jusque dans les années 1980, les moyens de conversion permettant le stockage du courant alternatif étaient excessivement coûteux, voire très peu fiables ou inexistants. Cela a évolué avec l’arrivée de l’électronique de puissance plus performante et dont les puissances traitées sont maintenant quasiment illimitées. Aujourd’hui, les recherches sur le sujet du stockage sont légion. En témoignent les nombreux travaux lancés tant à l’échelon français qu’à échelon européen.

Le stockage, cause énergétique internationale

En effet, dans un de ses rapports publiés en 2009, l’Agence internationale de l’énergie estime les besoins de stockage supplémentaires pour l’Europe occidentale entre 0 et 90 GW d’ici 2050, en fonction des progrès des techniques de prévision météorologique (en particulier concernant l’énergie éolienne) et du développement des réseaux électriques intelligents. Ces estimations sont fondées sur l’hypothèse d’une production électrique assurée à 30 % par des énergies renouvelables (Blue Map Scenario 2050).

La Commission européenne a fait du stockage de l’électricité un de ses chantiers prioritaires et a souligné à plusieurs reprises le rôle primordial du stockage : communication du 10 novembre 2010 « Énergie 2020 – Stratégie pour une énergie compétitive, durable et sûre », demande de réalisation d’une analyse des capacités de stockage nécessaires en Europe dans un schéma d’ensemble de toutes les infrastructures prioritaires pour 2020-2030, etc. En outre, le 20 juillet 2010, l’Union européenne a lancé un nouvel appel à projets dans le domaine de l’énergie qui englobe, entre autres, la thématique du stockage de l’électricité. Pour la Commission européenne, l’objectif est de retenir un ou deux projets collaboratifs de démonstrateurs améliorant la « gestion de l’énergie sur différents aspects pour élargir le recours à la production d’électricité par les énergies renouvelables, y compris en termes de qualité du courant ». L’enveloppe d’aide budgétaire prévue se situera entre 20 et 50 millions d’euros.

En France, le stockage est également considéré comme un élément clef à prendre en compte dans les années à venir : la DGEC parle d’un « vecteur énergétique très prometteur dans la décarbonisation des usages énergétiques » et de nouvelles solutions de stockage sont expérimentées dans les différents démonstrateurs : Millener, Nice Grid, Pégase, etc.

Quatre enjeux prioritaires ont été identifiés :

  • les systèmes de stockage doivent prendre en compte tous les enjeux environnementaux (analyse de type cycle de vie) ;
  • la valorisation économique du dispositif de stockage doit être intégré dès la conception ;
  • le développement de procédés industriels doit être accompagné (d’où l’idée de lancer des démonstrateurs) ;
  • le cadre institutionnel et réglementaire propice au déploiement du stockage doit être défini.

Voir le site de la Commission de régulation de l'énergie.

Partager cet article
Repost0
28 juillet 2018 6 28 /07 /juillet /2018 13:22

 

Paru en septembre 2016.

Lemieux éditeur. 144 pages, 12€.

"Quand une seule maladie atteint un grand nombre d'individus au même moment, il faut en attribuer la cause à ce qui est le plus commun ; à ce que nous utilisons tous le plus ; or c'est ce que nous respirons." (Hippocrate, Nature de l'Homme)

On peut commander l'ouvrage chez l'auteur (15€ port compris) : gerard.borvon@wanadoo.fr.

 

 

_________________________________________________________________

avant-propos

L’ère du méchant air.

Fin novembre 2014, Conférence environnementale, discours télévisé de François Hollande, depuis l’Élysée. Sujet principal : la « Conférence mondiale pour le climat » qui sera organisée à Paris en décembre 2015.

 

 

 

Sous les ors de la République, le cadre est majestueux, le discours se veut impérial :

"C’est la troisième conférence environnementale, c’est la première fois qu’elle se tient ici à l’Élysée.

Elle marque donc la volonté qui est la mienne, qui est celle de l’État, de faire de l’environnement non pas simplement une cause nationale, mais un enjeu européen et mondial.

C’est la tradition de la France de porter un message universel. Longtemps, elle a pensé que c’était sur les droits de l’Homme et les droits économiques qu’elle pouvait faire entendre sa voix. Aujourd’hui, consciente des risques et des menaces, la France veut être exemplaire."

 

Dans ce flot de paroles convenues, une petite phrase retient toute mon attention :

 

"Sur la pollution de l’air, nous sommes conscients que nous devons diminuer le taux des particules, aller plus loin dans l’identification des véhicules polluants, des mesures à prendre en cas de pic…"

 

J’écoute et plus le propos est lyrique et plus je mesure le gouffre qui sépare le discours de la pratique. On continue à recouvrir de bitume des terres agricoles et des espaces naturels pour en faire les parkings de supermarchés. On éventre des espaces boisés pour faire passer les voies rapides qui amèneront encore plus de voitures dans les centres-villes déjà saturés. On continue à épandre sur les sols les engrais industriels, les lisiers et les pesticides qui empoisonnent l’eau des rivières et rendent insalubre l’air que nous respirons.

 

Militant, en Bretagne, au sein d’une association environnementale plus particulièrement attachée à la préservation de la qualité de l’eau et des milieux aquatiques, j’ai siégé à ce titre au Comité de bassin Loire-Bretagne et au Comité national de l’Eau, organe consultatif où j’ai vu passer cinq ministres en l’espace d’une dizaine d’années. J’y ai constaté la faiblesse des administrations, et particulièrement celle des ministres, incapables de résister à la pression permanente des lobbies de l’industrie, de l’agriculture et des distributeurs d’eau. J’y ai mesuré l’importance de la société civile lorsqu’il s’agit de défendre un espace de vie démocratique.

 

Dans ces institutions opaques, une poignée de militants associatifs sont noyés dans un océan de représentants de l’industrie, de l’agriculture et des administrations. Ils s’efforcent d’y faire entendre la petite voix de leurs concitoyens attachés à la défense de l’environnement naturel et de leur cadre de vie.

 

À l’écoute des militants d’autres régions, j’ai pu constater que, malgré sa mauvaise réputation, la Bretagne n’est pas nécessairement la plus polluée des régions françaises. Les grandes plaines céréalières, les régions productrices de fruits, les vignobles, lui disputent plusieurs records. En vérité, la pollution est chez nous plus visible. Le réseau serré des ruisseaux et rivières qui maillent notre territoire apporte, sans délai, les excès de nitrates sur les côtes où se développent les algues vertes. Leur putréfaction émet les gaz nocifs dont tout laisse à penser qu’ils ont déjà provoqué la mort de deux personnes en plus de celle de nombreux animaux sauvages ou domestiques.

 

Si le cas breton est l’un des mieux connus, on le doit d’abord aux associations de protection de l’environnement et de consommateurs qui y sont particulièrement actives et donnent de la Bretagne l’image d’ « une région qui se bat pour son environnement ».

 

Jusqu’à présent, la pollution de l’eau a été leur cible principale. Mais peu à peu la conscience d’une source de pollution encore plus inquiétante s’est fait jour, celle du dangereux cocktail que l’air transporte jusqu’à nos poumons, en Bretagne comme sur tout le territoire : pesticides, oxydes d’azote, ozone, particules fines…

 

Si on s’en tenait aux informations délivrées par la plupart des grands médias, la pollution de l’air ne concernerait que les grandes villes. Il a fallu le hasard d’une campagne de mesures dans une commune proche du lieu où j’habite pour que je découvre une tout autre réalité.

 

SIMULACRES DÉMOCRATIQUES

Landivisiau est une petite ville du Finistère de 9 000 habitants. Début 2012 sous les derniers hoquets du quinquennat Sarkozy, ceux-ci ont eu la surprise d’apprendre que le président du Conseil régional, le futur ministre de la guerre Jean-Yves Le Drian, en accord avec le ministre de l’énergie de l’époque, Éric Besson, avaient choisi leur commune pour y implanter une centrale électrique de 450 mégawatts fonctionnant au gaz fossile. Les habitants, subissant déjà les nuisances d’une base aéronavale et d’une quatre-voies toutes proches découvraient ainsi un projet qui allait s’inscrire à proximité immédiate de leur ville. Dans cette commune prospère peu habituée aux mouvements sociaux, allait commencer une guérilla entre un collectif d’opposants très déterminés et l’habituel réseau des notables locaux, chambres de commerce et élus confondus.

 

Cela fait partie du rituel : une enquête publique dite « pour la protection de l’environnement », assortie de dossiers aussi épais que volontairement obscurs, s’est tenue en mairie. Pour qui savait lire, il était évident que les milliers de tonnes de CO2 libérées par la centrale et les pollutions multiples qui viendraient s’ajouter à celle déjà existantes, allaient à l’encontre de toutes les déclarations vertueuses des dirigeants politiques concernant la protection de l’environnement et celle de l’air en particulier.

 

Les habitants de Landivisau savent lire. Par milliers, ils ont témoigné contre le projet, rejoints par les associations environnementalistes les plus représentatives en Bretagne. Résultat ? Un avis favorable des commissaires enquêteurs et du préfet sans prise en compte d’une seule de leurs remarques. Ils s’y attendaient, on leur avait déjà refusé l’organisation d’un débat public et une longue habitude de ce genre d’enquête leur avait appris que, de Flamanville à Notre-Dame-des-Landes en passant par Sivens, elles n’étaient qu’un simulacre dans une partie où les jeux étaient faits d’avance.

 

Balayées les remarques solidement argumentées et en particulier celles concernant la pollution de l’air. Ayant commencé à s’informer sur ce que savent déjà sur le sujet les scientifiques et les organismes engagés dans la protection de la santé publique, les habitants de Landivisiau n’ont pu qu’être effarés en constatant l’inertie des pouvoirs politiques, administratifs et judiciaires face à l’énormité du problème.

 

UNE POLLUTION SOUS-ESTIMÉE

La 21e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP 21), à défaut d’apporter de réelles réponses, a eu au moins un mérite : le problème du dérèglement climatique, provoqué essentiellement par l’excès de CO2 dans l’atmosphère, ne peut plus être occulté. Sécheresses ici, inondations là, tornades, raz de marée, îles et côtes englouties… sans compter l’apparition de nouvelles maladies et le bouleversement des équilibres biologiques affectant tout le monde vivant : le sombre tableau décrit par les différents intervenants avait des allures d’apocalypse.

 

Pourtant la pollution de l’air provoquée par le gaspillage inconsidéré des réserves d’énergie fossile (charbon, pétrole, gaz) ne se limite pas à celle du CO2.

 

On commence seulement à mesurer les concentrations en poisons divers (pesticides, composés benzéniques, particules fines…) dans l’atmosphère et à en observer les effets sur la santé humaine. En témoigne le rapport de novembre 2015 de l’Agence européenne de l’environnement (AEE). Il constate que la pollution atmosphérique constitue le premier risque sanitaire d’origine environnementale en Europe. « Elle raccourcit l’espérance de vie des personnes affectées et contribue à l’apparition de maladies graves, telles que des maladies cardiaques, des troubles respiratoires et des cancers… » Elle est responsable « de plus de 430 000 décès prématurés en Europe par an » ! Un constat accablant dont les auteurs sont pourtant loin d’évoquer le profil des habituels lanceurs d’alertes des associations écologistes.

 

En nous appuyant sur les rapports issus des organismes officiels et des centres de recherche scientifique internationalement reconnus, nous montrerons que la connaissance de l’extrême gravité de la pollution de l’air est déjà bien établie. Nous évoquerons la détresse de celles et ceux dont la santé est déjà gravement atteinte. Nous ferons le constat de l’extrême faiblesse des réponses politiques face à ce scandale sanitaire.

 

Quand, en France, des études, reprises par le ministèrede la Santé, estiment que 42 000 morts par an sont imputables à la pollution de l’air pour un coût annuel pouvant atteindre 100 milliards d’euros, comment ne pas être révolté face au peu de mesures envisagées ?

 

Puisse ce court ouvrage apporter une information utile à toutes celles et tous ceux qui, au-delà de l’indignation, ont décidé que le moment de l’action est venu.

 

Il y a urgence : lorsque j’ai commencé la rédaction du livre, les décès prématurés étaient estimés à 42 000, alors que je relis ce jeu d’épreuves on nous apprend que la comptabilité macabre due à la pollution de l’air en France est désormais responsable directement de 48 000 personnes.

 

Qui aurait pu imaginer que respirer tue ?

__________________________________________________________________

 

Table des matières

avant-propos
L’ère du méchant air. 7
Simulacres démocratiques. 10
Une pollution sous-estimée .12

chapitre I
Ces pesticides que l’on respire. 15 (voir)
Pas de normes pour l’air.18
Des pesticides à pleins poumons.19
En Bretagne et plus encore ailleurs. 20
Une prise en comptetardive. 25

chapitre II
Quand les politiques publiques se bouchent le nez. 27 (voir)
Surveiller. 28
Des crédits insuffisants. 31
Un fiasco français. 34

chapitre III
Dealers de glyphosate. 37 (voir)
Ça suffit ! 39
Une inertie criminelle. 47

chapitre IV
Particules fines, gros dégât sanitaire. 51 (voir)
Les particules fines, définition. 53
Cancer du poumon : l’inquiétant bilan.56
Particules fines et mortalité à court terme en France. 57
Bébés, les premiers menacés. 58
« La dose ne fait pas le poison ». 60
Europe : un état des lieux. 63

chapitre V
Aux Antilles : silence, on empoisonne. 69 (voir)
Les épandages aériens, à quand la fin ? 70
Le scandale du chlordécone. 72
Aux Antilles, la justice coûte cher. 74
L’affaire Belpomme. 77
L’après-Belpomme. 82

chapitre VI
Les enfants, premières victimes. 87 (voir)
Pélagie : grossesse et atrazine en Bretagne. 90
Interdire les épandages ? 93

chapitre VII
Savoir ! 101 (voir)
Quand la démocratie se perd dans les bureaux d’en haut. 103
Aux Antilles : savoir, et après ? 105
En Bretagne : savoir, et après ? 112
Glyphosate : à quand les mesures de sa présence dans l’air ? 114
Vouloir ? Le Grenelle ou l’échec en spectacle. 117
Guerre chimique. 120

chapitre VIII

Utopies ? villes, routes, champs, jardins sans pesticides. 121 (voir)
Le bio, une agriculture savante d’avant la chimie. 126
Le temps du retour à l’agronomie. 130
Effet de serre, pollution de l’air le temps presse.133 (voir)
Le CO2 et le reste.136

Références documentaires.

(voir)

_________________________________________________________________

 

Respirer tue. Lu, vu, entendu, dans la presse et ailleurs.

Partager cet article
Repost0
20 juillet 2018 5 20 /07 /juillet /2018 12:46

Si le contrôle et le maintien de la qualité de l'eau en France a fait l'objet de la "grande" loi de 1964, il a fallu attendre 1996 pour que soit votée une "loi sur l'Air et l'Utilisation Rationnelle de l’Énergie (LAURE)". Respirer un air sain serait-il moins important que de boire une eau potable ?


 

L'air, la santé et la loi.


 

Comme souvent en France lorsqu'il s'agit d'environnement, la loi répondait, avec des années de retard, à des directives cadres issus des institutions européennes : la directive du 15 juillet 1980, concernant des valeurs limites et des valeurs guides de qualité atmosphérique pour l'anhydride sulfureux et les particules en suspension, la directive du 3 décembre 1982, concernant une valeur limite pour le plomb contenu dans l'atmosphère, la directive du 7 mars 1985, concernant les normes de qualité de l'air pour le dioxyde d'azote et la directive du 21 septembre 1992, concernant la pollution de l'air par l'ozone. Ces directives européennes s'inscrivant elles-mêmes dans le cadre des lignes directrices de l'organisation mondiale de la santé (OMS) dont le préambule déclarait que "le fait de respirer de l’air pur est considéré comme une condition essentielle de la santé et du bien-être de l’homme".


 

Dans son article premier la loi française définissait son objet : "L’État et ses établissements publics, les collectivités territoriales et leurs établissements publics ainsi que les personnes privées concourent, chacun dans le domaine de sa compétence et dans les limites de sa responsabilité, à une politique dont l'objectif est la mise en œuvre du droit reconnu à chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé."


 

"Un air qui ne nuise pas à sa santé...". L'air, reconnu sur le plan international comme une "condition essentielle de la santé et du bien-être de l’homme" , serait donc devenu, dans la loi française, une menace dont il faille se protéger ? C'est hélas ce que l'on découvre à la lecture des mesures effectuées par les 29 associations agréées par le Ministère de l'Environnement pour la surveillance de la qualité de l'air en France : respirer peut, effectivement, nuire à notre santé !


 

La qualité de l'air surveillée.


 

Étonnante histoire que celle de ces associations de surveillance de la qualité de l'air. Rappelons que la loi sur l'eau de 1964 avait eu, entre autres mérites, de définir six Agences de Bassin. Établissements publics dépendant du ministère de L'Environnement, ces agences sont chargées de mettre en œuvre la politique de l’État en matière de qualité de l'eau. Rien de cela pour la protection de l'air, les associations auxquelles on en a confié sa surveillance sont des associations régies par la loi de 1901 qui, pour plusieurs, existaient bien avant que soit votée la loi sur l'air et, donc, relevaient d'une initiative, non pas publique mais associative.


 

En Bretagne, par exemple, l'association "Air Breizh" est issue d'une association loi 1901 nommée ASQAR ( association pour la surveillance de la qualité de l’air de l’agglomération rennaise) créée en 1987. Airparif, en Île-de-France, a été créée en 1979.


 

Le mouvement s'est accéléré à la suite du décret n° 90-389 du 11 mai 1990 instituant "une taxe parafiscale sur les émissions de polluants dans l'atmosphère affectée au financement de la lutte contre la pollution de l'air et perçue par l'Agence pour la qualité de l'air". La discrète "Agence pour la Qualité de l’Air" (AQA), créée par une loi du 7 juillet 1980, était un établissement public à caractère industriel et commercial, sous tutelle du ministre délégué à l’Environnement. En 1990-1991, la fusion de l’AQA, de l’Agence française pour la maîtrise de l’énergie et de l’Agence nationale pour la récupération et l’élimination des déchets a donné naissance à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME). Depuis 1999 la taxe perçue par l'ADEME est incluse dans la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). Sont visées les installations émettant des oxydes de soufre et d'azote, des vapeurs organiques, des particules fines.


 

Une partie de cette taxe étant affectée au financement de la surveillance de la qualité de l'air, un arrêté du 9 mai 1995 établissait la liste de la trentaine d'associations agrées par le ministère de l'environnement et autorisées à la percevoir. La loi de 1996 formalisait ce fonctionnement en précisant que "Dans chaque région, et dans la collectivité territoriale de Corse, l’État confie la mise en œuvre de cette surveillance à un ou des organismes agréés. Ceux-ci associent, de façon équilibrée, des représentants de l’État et de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, des collectivités territoriales, des représentants des diverses activités contribuant à l'émission des substances surveillées, des associations agréées de protection de l'environnement, des associations agréées de consommateurs et, le cas échéant, faisant partie du même collège que les associations, des personnalités qualifiées".


 

Depuis cette date des associations agréées existent dans chaque région de métropole et d'outre-mer et sont regroupées au sein de la "Fédération des Associations de Surveillance de la qualité de l'air (ATMO France)". En sont membres les représentants des organismes de l’État (Préfectures, DREAL, ADEME, ARS, DRAF ...), les collectivités territoriales ( Conseil généraux, communautés urbaines, grandes villes... ), les principaux industriels concernés ( chambres de commerce et d'industrie, chambres d'agriculture, EDF, grosses unités industrielles...), des personnes qualifiées (scientifiques, structures médicales, associations... ).


 

Des crédits insuffisants.


 

Leur financement ? Les Agences de l'eau fonctionnent avec le pactole des redevances pollutions payées par chaque consommateur et figurant sur sa facture d'eau potable. Mais il n'y a pas encore de facture pour l'air qu'on respire ! le budget des associations membres de l'ATMO repose donc essentiellement sur les dotations de l’État, sur une partie de la taxe payée par les installations polluantes (TGAP) et sur les subventions volontaires des collectivités territoriales. Résultat : un budget insuffisant et qui se restreint de plus en plus d'où un nombre limité de mesures effectuées et des points de mesure trop peu nombreux. Huit points de mesure, par exemple en Bretagne dont 3 seulement bénéficiant de mesures complètes permettant d'établir l'indice de qualité de l'air ATMO. Pour les agglomérations de plus de 100 000 habitants cet indice est calculé à partir des concentrations de quatre polluants : le dioxyde soufre (SO2), le dioxyde d'azote (NO2), l'ozone (O3) et les particules en suspension de diamètre inférieur à 10 micromètres (PM10). Ces mesures limitées aux grandes agglomérations sont à l'évidence très insuffisantes quand on constate que c'est sur l'ensemble du territoire que les habitants respirent un cocktail de pollutions diverses générées par l'industrie,l'agriculture, le chauffage urbain et les transports.


 

Dans un interview rapporté par la revue Actu-Environnement de septembre 2013, la présidente d'ATMO-France, plaidait pour une rallonge des crédits attribués aux associations membres. Avec l'élaboration des schémas régionaux climat-air-énergie, la révision des plans de protection de l'atmosphère incluant la mesure des concentrations de pesticides dans l'air et des polluants atmosphériques à proximité du trafic en milieu urbain, les associations agréées croulent sous les nouvelles missions. Leur présidente revendiquait qu'elles perçoivent une partie des taxes qui seraient prélevées sur les transports. C'était le temps où la redevance "poids-lourds" était encore dans les projets gouvernementaux.


 

Il est vrai que avec 50 millions d'euros par an partagés entre 27 associations à comparer aux 2 milliards d'euros à la disposition des six Agences de l'eau, il semblait impossible de répondre à l'urgence de l'heure, d'autant plus que la situation semblait s'aggraver. Les finances publiques étant "étriquées", la part de l'État et celle des collectivités locales pouvaient difficilement augmenter. Pire, certaines collectivités réduisaient leur contribution volontaire, allant jusqu'à la supprimer. Finalement, le financement des associations agréées de surveillance de la qualité de l'air dépendait du "bon vouloir des collectivités", regrettait Régine Lange, rappelant que le suivi de la qualité de l'air constitue pourtant un outil d'aide à la prise de décision pour ces mêmes collectivités.


 

Pour étayer son argumentation la présidente faisait valoir les 42.000 décès par an résultant de la pollution atmosphérique par les particules fines, "un chiffre issu de l'étude Cafe (Clean Air for Europe, Air pur pour l'Europe) de 2000 et qui n'est pas contesté".


 

Par ailleurs, rappelait-elle, le coût annuel associé à la mortalité précoce liée à la pollution atmosphérique est évalué entre 20 et 30 milliards d'euros par an, selon une étude récente réalisée par les services du ministère de l’Écologie. Un rapport du Sénat, publié en juillet 2015 sous le titre "Pollution de l'air : le coût de l'inaction", estimait quant à lui ce coût à 100 milliard d'euros.


 

Ne pas oublier, le contentieux ouvert par la Commission européenne à l'encontre de la France pour non-respect des valeurs limites applicables aux particules PM10 qui pourrait aboutir à une condamnation assortie d'une amende et d'astreintes financières, à savoir : onze millions d'euros d'amende et 240.000 euros par jour de dépassement du seuil réglementaire, soit plus de 100 millions d'euros pour la première année et 85 millions pour les années suivante. Nous parlerons de ces particules fines, PM10, PM2,5, dont l'extrême dangerosité se révèle chaque jour un peu plus.


 

En conclusion la présidente de ATMO-France rappelait que, si la santé publique doit être le soucis premier des autorités, une autre évidence s'imposait : "agir pour la qualité de l'air, c'est agir pour les finances publiques" .


 

Propos entendus ? En Avril 2015, alors que Paris venait de subir des pics de pollution particulièrement graves, la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal décidait de réduire de 15% la subvention de l'Etat à Airparif !


 

L'état n'est pas le seul à se désengager. Sur 64 départements adhérents à ATMO-France une vingtaine ont annoncé leur départ pour 2016, ou risquent de baisser leurs apports. La région parisienne est particulièrement touchée : les Yvelines viennent de se retirer d’Airparif pour 2016, après la Seine-et-Marne en 2015 et les Hauts-de-Seine en 2012. Et cela dans la plus totale indifférence !


 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog d'histoire des sciences
  • : Comme l'art ou la littérature,les sciences sont un élément à part entière de la culture humaine. Leur histoire nous éclaire sur le monde contemporain à un moment où les techniques qui en sont issues semblent échapper à la maîtrise humaine. La connaissance de son histoire est aussi la meilleure des façons d'inviter une nouvelle génération à s'engager dans l'aventure de la recherche scientifique.
  • Contact

Recherche

Pages

Liens