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18 septembre 2017 1 18 /09 /septembre /2017 14:07

2000 ans d'histoire.

Patrice Gélinet a consacré son émission de mercredi 9 décembre 2009 à l’histoire de l’électricité.

 

Invité : Gérard Borvon pour son livre publié chez Vuibert, "Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron"


 

 

 

« Il est un agent puissant, obéissant, qui se plie à tous les usages : il m’éclaire, il m’échauffe, il est l’âme de mes appareils mécaniques. Cet agent, c’est l’électricité. »

Jules Verne Vingt Mille Lieues sous les mers

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Pendant des milliers d’années, l’humanité s’est contentée d’observer sans les comprendre les manifestations de ce qui allait devenir sa première source d’énergie. Emerveillés par les aurores boréales, ou terrorisés par la foudre, qui n’était croyaient-ils que l’expression de la colère des dieux, les hommes ont mis des siècles à comprendre et à domestiquer l’électricité pour qu’elle les éclaire, les réchauffe, leur permette de se déplacer, de communiquer, et pour faire tourner leurs machines. En 1780, un savant italien, Luigi Galvani, avait même réussi à faire bouger des cadavres de grenouille en y faisant passer de l’électricité. C’était l’époque où elle n’était encore qu’un objet de curiosité dans les salons du XVIII° siècle.

 

Ecouter l’émission

 

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La marche des sciences. La fée électricité,

sur France Culture.

 

De Thalès, fasciné par l'ambre et sa force d'attraction, à l'électricité de demain, l'énergie électrique a toujours été au coeur des préoccupations humaines. Aujourd'hui, loin des craintes premières des hommes face à la foudre et aux éclairs, c'est l'avenir de la planète, et la position de l'homme dans cet environnement en souffrance, qui font progresser la place et l'image de l'électricité dans la vie de chacun. De nouvelles voies ont été explorées, des énergies renouvelables proposées. De l'hydroélectricité à l'électricité verte obtenue à partir de déchets industriels et agricoles, en passant par les panneaux photovoltaïques, les éoliennes, la géothermie, le solaire hydraulique et les énergies marines, ces filières d'énergie « propre » commencent à se faire une place au côté de l'électricité traditionnelle, sans toutefois la détrôner.

 

De l'ambre à l'électron, cette histoire de l'électricité mérite que l'on s'y attarde, car si l'électricité est devenue pour tous un droit inaliénable, et s'affiche comme l'énergie de demain, elle le doit à des hommes, amateurs ou scientifiques reconnus, à des expériences heureuses ou hasardeuses, et à des erreurs aussi, sans parler du hasard omniprésent dans l'histoire des sciences.

 

Un parcours que nous vous proposons de retracer, aujourd'hui, en direct du studio 167 de France Culture, en compagnie de Gérard Borvon, ancien professeur de physique, formateur en Histoire des sciences techniques dans les IUFM (institut universitaire de formation des maîtres), et auteur du livre « Histoire de l'électricité, de l'ambre à l'électron », paru chez Vuibert à l'automne 2009. Et avec lui, Patrice Carré, qui a signé en 1991, avec Alain Beltran, un livre intitulé « La fée et la servante », paru chez Belin. Il est spécialiste de l'histoire culturelle et sociale des réseaux.

 

 

Aurélie Luneau

 

Ecouter l'émission

 

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Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron sur "Les années lumière" de Radio Canada.

 

Gérard Borvon a publié Histoire de l'électricité, de l'ambre à l'électron aux éditions Vuibert. Il y fait le récit de l'évolution de l'électricité, curiosité de la Grèce antique devenue une ressource essentielle à notre civilisation.

 

 

Ecouter l'émission

 

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Semences de Curieux est une émission animée par Jacques Olivier sur la radio belge RTBF.

 

Par définition, les sciences sont toujours en mouvement. Semences de Curieux se propose d’en suivre la marche en les mettant en perspective, entre les acquis du passé et les questions en suspens avec leur enjeu pour demain.

 

 


 

Pour réécouter les deux émissions voir :

 

 

1ere émission

 

2eme émission

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Athena. Recherche et d é v e l o p p e m e n t

t e c h n o l o g i q u e ... ... 2010 Le mag’ scientifique

 

 

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Bulletin de l'Union des Physiciens.

 

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La Recherche

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Il était une fois l’électricité. De l’ambre à la lumière.

 

"Il y aurait bien des façons de raconter l’histoire de l’humanité ; mais il est certain que depuis le jour où l’un de nos ancêtres inconnu s’est emparé d’une flamme, l’histoire de l’humanité se confond avec celle de la domestication des énergies. Et parmi celles-ci, l’énergie électrique tient une place de premier plan.L’Histoire de l’électricité, c’est une histoire vieille comme le monde - ou presque : tout a commencé au sixième siècle avant Jésus-Christ, lorsque Thalès de Milet a découvert qu’en frottant un morceau d’ambre sur une peau de mouton, l’ambre se chargeait d’électricité statique... L’ambre : elektron en grec - l’électricité était née."

Voir la vidéo

Une recherche documentaire intéressante. Des images animées attractives.

Parfois, hélas, quelques raccourcis hasardeux (Thalès n’a pas nommé l’électricité Elektron, mot qui est simplement le nom grec de l’ambre - Nollet ne distinguait pas deux sortes d’électricité, la découverte est de Dufay).

Éclairant cependant.

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Les commentaires sur Amazon.

 
Cet ouvrage est un exemple de ce que devrait être la vulgarisation de la science au sens noble de vulgarisation: action de rendre accessible aux non spécialistes la quête inlassable et collective du génie humain pour arracher à une nature terriblement complexe ses secrets
J'ai commandé ce livre car je suis professeur des écoles et je dois réaliser une séquence sur l'électricité.
Ce livre est très intéressant et très bien fourni. Enfin un moyen de connaitre véritablement l'histoire de l'électricité !

De plus, le livre est arrivé en très bon état et très rapidement.
 
Ce livre permet d'appréhender clairement les différents concepts historiques qui ont permis d'élaborer la théorie actuelle de l’électricité.
Je le recommande particulièrement à tous ceux qui ont été rebutés au cours de leur scolarité par l'enseignement de cette matière.Vous comprendrez par exemple pourquoi la charge de l'électron est négative et non positive, d’où vient les signes + et -...et beaucoup de chose qui ne sont malheureusement pas enseignées au collège ou au lycée.
Merci à l'auteur.
L'histoire de l'électricité est très bien racontée par Gérard Borvon. Ce livre n'est pas du tout rigide et formel, il se lit très bien et c'est ce qui fait qu'on retient plus de choses ! Les anecdotes y sont très bien rapportées et on s'amuse à les lire. Ce livre casse la malheureuse idée rigide et complexe que l'on peut avoir des sciences, on apprend en s'amusant et ça réconcilie les gens avec la physique.

 

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France Culture. La Méthode Scientifique.

par Nicolas Martin.

Faut-il réhabiliter Nicolas tesla ?

 

 

J’ai lu histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron de Gérard Borvon

Un livre écrit par un passionné d’histoire, de physique et d’électricité:

Un sympathique article d'un lecteur.

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 10:02

 

 
MEGE est une association régie par loi de 1901. Elle a été créée en 1992 par des agents et anciens agents d’EDF et de Gaz de France. Elle bénéficie du soutien de EDF, de ERDF, de GrDF et de la Fondation EDF.
 
L’objet de l’Association est de promouvoir la recherche, la conservation et la présentation des matériels et documents mis en œuvre pour assurer la distribution de l’électricité et du gaz en région parisienne, la première utilisation de ces énergies ayant été l’éclairage public.
 
Initialement dénommée « Musée de l’Electricité, du Gaz et de l’Eclairage Public », elle a échangé en 2002 « Musée » par « Mémoire » pour indiquer clairement que l’Association se veut support de la mémoire, aussi bien de l’évolution des technologies que celle des organisations et des conditions de travail, et que l’ambition de ses membres est de maintenir un fil conducteur entre le passé et un présent bien vivant.

 

L’Association MEGE, grande conservatrice, est inlassablement à l’affût de tous les documents et matériel d’hier (et d’aujourd’hui) concernant l’éclairage public et les distributions d’électricité et de gaz en région parisienne.
 
Ces « Trésors », glanés de toutes parts, sont rassemblés sur notre site du 18ème arrondissement de Paris, au 29 rue Doudeauville. Sur environ 1 000m², est exposé ce patrimoine historique et technique où se mêlent livres, affiches, outillage et matériels. Ce site accueille des groupes de visiteurs uniquement sur rendez-vous.

 

Le site de l'association mérite la visite.

http://megedoudeau.free.fr/index.html

 

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1 février 2017 3 01 /02 /février /2017 12:33

En 1956, année du centenaire de sa naissance, le nom de Tesla, Serbe né à  Smiljan dans l'actuelle Croatie, est donné à l'unité d'induction magnétique (symbole T) à l'occasion d'un congrès international des électriciens tenu à Munich. Il rejoint ainsi le groupe prestigieux des Volta, Ampère, Faraday, Ohm, Coulomb, Joule, Watt, Henry, Weber... Cet honneur posthume, certainement ne l'imaginait-il pas au moment de sa mort, seul et oublié dans un hôtel de New York. Pourtant, la mesure des champs magnétiques ayant pris une telle importance dans le monde contemporain, qui peut, aujourd'hui, ignorer le nom de Tesla ?

Ses compatriotes ne l'ont pas oublié et le musée Tesla à Belgrade est l'un des plus fréquentés de Serbie.

Salle du musée Tesla à Belgrade.

Quel héritage retenir ?

La plupart des savants dont le nom a été retenu par l'Histoire ont eu une multitude d'intérêts et sont à l'origine de plusieurs découvertes, pourtant chacun symbolise un moment de l'histoire de sa discipline. La pile pour Volta qui était aussi un chimiste de renom. Les effets magnétiques des courants pour Ampère qui a pourtant consacré plus de son temps à des écrits de nature philosophique. La notion de résistance pour Ohm et la fameuse loi connue de tous : U=R.I, l'équivalence travail/chaleur pour Joule... deux savants qui ont abordé bien d'autres sujets.

Que retenir de Tesla ? Bien sûr Tesla s'est illustré dans le domaine des ondes électromagnétiques ouvert par Hertz. Oui, dans d'autres circonstances on aurait dû lui reconnaître le titre d'inventeur  de la transmission sans fil attribué à Marconi. Il a acquis une extraordinaire mais éphémère notoriété par la création des courants à haute fréquence et les démonstrations extraordinaires qui font encore sa célébrité.

 

La découverte qui l'a réellement révélé et que personne ne lui a jamais disputée est celle des "champs tournants" et de leur application aux moteurs fonctionnant aux courants alternatifs biphasés et triphasés. A juste titre, la superbe statue de Zénobe Gramme reçoit les visiteurs du Musée des Arts et Métiers à Paris mais n'oublions pas que ce sont les moteurs inventés par Tesla qui sont aujourd'hui les plus utilisés.

 

Se souvenir de Tesla, c'est d'abord associer son nom à cette belle et si utile découverte. Il reste aux enseignants, au moment où ils introduisent l'unité de champ magnétique dans leur programme, ou, dans les classes techniques quand ils abordent la notion de "champ tournant" et découvrent les génératrices et moteurs à courants alternatifs triphasés, de rappeler qui était Tesla et ce que notre civilisation électrique lui doit.

Alternateur polyphasé de Tesla à l'exposition de Chicago en 1893.

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Voir aussi :

Faut-il réhabiliter Nikola Tesla ?

Alternatif ou continu ? Produire et transporter l'électricité.

Textes et documents.

Document pédagogique.

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Pour aller plus loin

Émanation, fluide, particule, onde… quelle est l’identité de cette chose insaisissable mais bien présente dont la quête remonte à vingt-cinq siècles et dont la réalité nous échappe dès qu’on pense l’avoir cernée ?

 

 

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 08:07

                   Une émission de France Culture.                         La Méthode scientifique

 
"Qui était Nicolas Tesla ? Quelles ont été ses grandes inventions à l’époque ? Comment a t-il fait évoluer le contexte industriel électrique et changé radicalement l’industrie électrique ? Quelle a été la nature de sa relation avec le célèbre Thomas Edison ? "
 
Telle est la question que posait Nicolas Martin en introduction de son émission  du 26 janvier 2017 consacrée à Tesla.
 

 

" Si l’on en croit les biographies qui lui sont consacrées, il était « L’homme qui a éclairé le monde », voire carrément « l’homme qui inventa le XXème siècle ». Il est l’inventeur du courant alternatif, de l’électricité moderne, certainement des premières ondes radio, de la notion de télécommande et même d’une certaine façon de l’idée du wifi et des armes à énergie dirigées. Savant fou, perclus de TOCs, insomniaque chronique, profond humaniste, il a terminé sa vie ruiné et misérable dans une chambre d’hôtel à New York. Bref, Nikola TESLA a tout du savant maudit et un destin proprement shakespearien.

Pourquoi faut-il réhabiliter Nikola Tesla ? C’est le problème qui va occuper La Méthode scientifique dans l’heure qui vient.

Et pour effectuer cette entreprise de réhabilitation, La Méthode scientifique a le plaisir d’accueillir Ilarion Pavel, ingénieur en chef des Mines, chercheur au laboratoire de physique théorique de l’École Normale Supérieure et Gérard Borvon, enseignant en physique, vous avez publié « L’histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron » aux éditions Vuibert.

« L’homme qui a éclairé le monde », « L’homme qui inventa le XXème siècle », est-ce que, comme souvent dans des entreprises de réhabilitation, on ne va pas un peu trop loin dans le sens inverse ? Ou est-ce que Nikola Tesla est vraiment un génie de cette envergure, trop longtemps tombé dans l’oubli ? "

Voir la suite et écouter ...

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Et si nous répondions à la question : Faut-il réhabiliter Nikola Tesla ?

Y avons nous clairement répondu au cours de cette émission ?

Et tout d'abord, n'est-il pas déjà réhabilité ?

En 1956, année du centenaire de sa naissance, son nom est donné à l'unité d'induction magnétique (symbole T) à l'occasion d'un congrès international des électriciens à Munich. Il rejoint ainsi le groupe prestigieux des Volta, Ampère, Faraday, Ohm, Coulomb, Joule, Watt, Henry, Weber... La mesure des champs magnétiques ayant pris une telle importance dans le monde, qui peut ignorer le nom de Tesla ? Honneur posthume  certes mais c'est aussi le cas pour ses prédécesseurs et certainement n'imaginait-il pas, au moment de sa mort, qu'il serait ainsi distingué.

Ses compatriotes ne l'ont pas oublié et le musée Tesla à Belgrade est l'un des plus fréquentés de Serbie.

Salle du musée Tesla à Belgrade.

Quel héritage valoriser ?

La plupart des savants dont le nom a été retenu par l'Histoire ont eu une multitude d'intérêts et sont à l'origine de plusieurs découvertes, pourtant chacun symbolise un moment de l'histoire de sa discipline. La pile pour Volta qui était aussi un chimiste de renom. Les effets magnétiques des courants pour Ampère qui a pourtant consacré plus de son temps à des écrits de nature philosophique. La notion de résistance pour Ohm et la fameuse loi connue de tous : U=R.I, l'équivalence travail/chaleur pour Joule... deux savants qui ont abordé bien d'autres sujets.

Que retenir de Tesla ? "Quelles ont été ses grandes inventions à l’époque ? Comment a t-il fait évoluer le contexte industriel électrique et changé radicalement l’industrie électrique ?" Telle était la question initiale à laquelle nous étions invités à répondre. Bien sûr Tesla s'est illustré dans le domaine des ondes électromagnétiques ouvert par Hertz. Oui, dans d'autres circonstances on aurait pu lui reconnaître le titre d'inventeur  de la transmission sans fil attribué à Marconi. Une découverte que personne ne lui a jamais disputée est celle des "champs tournants" et de leur application aux moteurs fonctionnant au courant alternatif. A juste titre, la superbe statue de Zénobe Gramme reçoit les visiteurs du Musée des Arts et Métiers à Paris mais ce sont les moteurs inventés par Tesla qui actionnent aujourd'hui les TGV qui nous font traverser la France à 300km/h. Pourquoi ne pas associer son nom à cette belle et si utile découverte.

Se souvenir de Tesla.

Il reste aux enseignants, au moment où ils introduisent l'unité de champ magnétique dans leur programme, ou, dans les classes techniques quand ils abordent la notion de "champ tournant" et découvrent les génératrices et moteurs à courants alternatifs triphasés, de rappeler qui était Tesla et ce que notre civilisation électrique lui doit.

Alternateur polyphasé de Tesla à l'exposition de Chicago en 1893.

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Voir aussi :

Alternatif ou continu ? Produire et transporter l'électricité.

Textes et documents.

Document pédagogique.

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13 juin 2016 1 13 /06 /juin /2016 15:52

Nous avons le plaisir de vous annoncer que le site Ampère s'enrichit et fait peau neuve.

La première partie du nouveau site, consacrée à André-Marie Ampère (1775-1836) et encore en phase de finition, donnera bientôt accès à l'ensemble, jusqu'ici dispersé et peu accessible, des écrits d'Ampère. Ses publications, sa correspondance et ses archives personnelles qui traitent de mathématiques, de physique, de sciences naturelles, de philosophie, de poésie, de questions d'enseignement, etc. ont été intégralement numérisées et une grande partie du corpus a été transcrite. Un outil d'annotation permettra au lecteur d'effectuer des annotations sémantiques sur l'ensemble du corpus.


La deuxième partie Histoire de l'électricité et du magnétisme est d'ores et déjà accessible en ligne.

D'où sort la pile électrique ? Ampère a-t-il vraiment inventé le télégraphe et l’électroaimant ? Comment a-t-on pu penser devant les premiers moteurs électriques, dans les années 1840, que ceux-ci n'avaient aucun avenir ?

Pour répondre à ces questions, et à bien d'autres, le Parcours historique De la boussole à la Fée électricité de la nouvelle partie Histoire de l'électricité et du magnétisme propose une cinquantaine de dossiers multimédia. Son objectif n'est pas de fournir une histoire suivie de l'électricité mais plutôt de braquer le projecteur sur une série de moments importants de cette histoire. Partant du travail de William Gilbert sur la boussole en 1600 – un début plus raisonnable que l'antiquité grecque pour l'histoire de l'électricité – le Parcours historique parvient avec l'Exposition universelle de 1900, à un moment où la science et la technique de l'électricité classique ont atteint une certaine maturité et où l'industrie électrique fait rêver à un monde nouveau, de lumière et de puissance.

De nombreuses vidéos comportant des reproductions d'expériences historiques permettent de mieux comprendre la délicate genèse des lois scientifiques et les multiples facettes de l'invention technique. Des vidéos comme celle sur les expériences de Galvani et Volta sont utilisables avec des classes de collège. D'autres, comme Faraday : créer de l'électricité avec le magnétisme ? s'adressent plutôt aux lycéens. Un enseignant peut s'appuyer sur le contenu des pages dans lesquelles les vidéos sont insérées.

La partie Histoire de l'électricité et du magnétisme du site Ampère comporte également un Laboratoire historique où sont discutées des expériences historiques qui posent encore aujourd'hui des questions à la fois aux historiens et à la science contemporaine. C'est le cas notamment de certaines des expériences les plus anciennes et les plus connues d'électrostatique.

Christine Blondel & Bertrand Wolff

Pour une présentation sur l'histoire de l'électricité s'appuyant sur le Parcours historique et ses vidéos – du collège aux classes préparatoires scientifiques en passant par les stages de formation de professeurs de sciences physiques ou les Fêtes de la science – s'adresser à wolffbe[at]wanadoo.fr.

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Christine Blondel (CNRS)
Centre Alexandre Koyré
27 rue Damesme
75013 - Paris
christine.blondel2@cnrs.fr
06 5000 7992

Bertrand Wolff
Centre Alexandre Koyré
27 rue Damesme
75013 - Paris
wolffbe@wanadoo.fr

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5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 06:33

Par Gérard Borvon

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Science et magie semblent deux adversaires irréconciliables. A y regarder de près ils peuvent aussi s’alimenter l’un et l’autre.

 

Quoi de plus "magique" que la découverte des "lois" auxquelles semblent répondre les phénomènes "naturels" ?

 

C’est, aussi parfois, l’observation et l’analyse de pratiques "magiques" qui aboutit à des découvertes scientifiques.

 

La magie, à son tour, se colore du vocabulaire et du prestige de la science pour renforcer et étendre son territoire.

 

Ce va-et-vient est particulièrement visible dans le domaine de l’électricité et du magnétisme. Nous essaierons de le mettre en lumière à différents moments du développement de ces sciences.

 

Premier exemple : l’ambre.

 

 

 

Thalès, l’ambre et l’aimant.

 

L’Ambre, matière mythique de la Grèce antique, a été traditionnellement associée à Thalès (625-547 av JC), grec de la ville de Milet. A la fois physicien, astronome et géomètre, il est souvent désigné comme le premier électricien, voire même le premier "magnétiseur". C’est par Aristote et Hippias que nous apprenons qu’il " communiquait la vie" aux choses inanimées au moyen de l’ambre jaune désigné sous le terme grec « ήlectron », êlektron et de la "pierre de magnésie" ( μαγνήτις λιθος), l’aimant naturel.

 

Communiquer la vie aux êtres inanimés…dès sa naissance l’électricité, le magnétisme, s’entourent de mystère. Nous parlerons ici de l’ambre.

 

L’ambre

 

Un rapide coup d’œil sur un dictionnaire contemporain nous apprend que l’ambre est une " résine dure et cassante, dont la couleur varie du jaune pâle au rouge et dont on fait des colliers, des articles pour fumeurs, etc.… ". La photographie qui accompagne ce texte nous montre un insecte prisonnier d’une pierre blonde à la transparence de cristal.

 

L’ambre nous vient du froid.

 

Depuis des millénaires, les habitants des côtes de la Baltique recueillent ce don précieux de la mer, déposé sur le sable après chaque tempête. Son origine est-elle marine ou terrestre ? Depuis l’antiquité jusqu’à la fin du 18ème siècle, de longues controverses se succèdent avant qu’il soit admis que l’ambre est une résine fossilisée.

 

Il y a 40 à 50 millions d’années, dans une période que les géologues désignent par le nom d’Eocène, un climat tropical régnait sur l’Europe et la Scandinavie. Les pins producteurs de la résine, source de l’ambre, poussaient au milieu de palmiers dattiers, de séquoias, de thuyas, de cyprès, de cèdres et de la plupart des feuillus que nous trouvons encore dans nos contrées : chênes, hêtres, châtaigniers. Des nuées de moustiques, de mouches, de guêpes emplissaient l’air de leurs bourdonnements. Les fourmis, les scarabées, les scorpions grouillaient sous la mousse. Tout ce petit peuple venait s’engluer dans la résine encore fraîche. Au printemps, les magnolias et les rhododendrons fleurissaient au-dessus des tapis de genévriers et, même, de théiers qui poussaient là où le sol n’était pas inondé. L’eau, en effet, était partout présente. C’est elle qui a protégé la résine d’une oxydation qui l’aurait détruite. Cette eau alimentait des fleuves qui concentraient l’ambre à leurs embouchures, créant ainsi de riches dépôts.

 

Puis le climat s’est refroidi. Les glaciers qui ont recouvert l’Europe du Nord, ont transporté et déposé ces terres sédimentaires. L’ambre s’y trouve encore aujourd’hui. Quand, par chance, les gisements bordent les mers actuelles, l’érosion libère les blocs. La densité de l’ambre étant très peu supérieure à celle de l’eau de mer, les courants et les tempêtes l’amènent facilement sur les plages où il est commode de le pêcher.


Une matière attirante

 

Douce, chaude au toucher, écrin mystérieux d’insectes étranges, douée du don extraordinaire d’attraction à distance, cette pierre a certainement provoqué chez nos plus anciens ancêtres, la fascination qui est encore la nôtre.

 

Un morceau d’ambre perforé âgé de 30 000 ans, sans doute un talisman, est considéré comme le premier objet de cette matière associé à l’homme. Des ours, des chevaux sauvages, des sangliers, des élans y ont été façonnés par les hommes qui habitaient le Nord de l’Europe 7000 ans avant notre ère. Les agriculteurs du néolithique qui peuplaient les mêmes régions trois mille ans plus tard, se faisaient enterrer avec des colliers et des amulettes d’ambre. Durant les deux millénaires suivants, l’ambre se répand peu à peu dans toute l’Europe, jusqu’à la Méditerranée. Par les mêmes voies circulent le cuivre et l’étain qui feront s’épanouir les civilisations de l’âge du bronze.

A cette époque, de véritables routes commerciales sillonnent l’Europe. Depuis le Jutland, elles prennent la route de l’Elbe ou celle du Rhin et du Rhône. De la Baltique orientale elles descendent l’Oder et la Vistule pour rejoindre la Méditerranée à travers la mer Noire. Une route maritime existe également qui descend de la Mer du Nord à travers la Manche et contourne l’Espagne pour rejoindre la Méditerranée.

Les tombes sous Tumulus des princes et princesses de l’âge du bronze fouillées dans le sud de l’Angleterre et sur les rivages des côtes armoricaines nous ont transmis de fabuleux trésors. L’ambre s’y associe à l’or pour exalter la puissance de leurs propriétaires.

 

En Grèce, l’ambre de la Baltique arrive vers 1600-1500 avant J-C. Les tombes de cette époque trouvées à Mycènes en contiennent des centaines de perles qui semblent avoir été importées déjà taillées. Peu de temps après, on trouve ce même ambre en Egypte dans les tombeaux royaux. Ce commerce semble avoir été la spécialité des Phéniciens. Il a fallu attendre le 4ème siècle avant J-C pour que Pythéas, grec de la colonie de Marseille, nous donne le récit de son voyage vers les mers de la Baltique où il aurait lesté son navire par des blocs d’ambre.

 

 

 

Les routes de l’ambre. Courrier de l’Unesco. Mars 1966, p 20

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L’antique magie de l’ambre.

 

Dans la mythologie grecque, l’ambre est de nature divine. Ce sont les rayons d’Hélios, dieu du soleil, pétrifiés quand l’astre s’enfonce dans les flots. Ce sont les larmes des Héliades, nymphes mortelles, qui pleurent, chaque soir, la mort de leur frère Phaéton.

 

Phaéton, fils d’Hélios, avait obtenu la permission de conduire le char du soleil. Hélas, il ne sut pas maîtriser les chevaux ailés de l’attelage. Celui ci se rapprocha de la terre. Des montagnes commencèrent à brûler, des incendies dévastèrent les forêts, la sécheresse gagna de vastes zones qui devinrent des déserts. Zeus, dans sa colère, lança sa foudre sur Phaéton et le fit s’abîmer dans les flots du fleuve Eridan (souvent associé au Pô, l’une des voies d’entrée de l’ambre mais désignant également les mers bordées par le pays des celtes et des germains). Accourues sur les rives du grand fleuve, les Héliades, sœurs de Phaéton, restèrent inconsolables. Les dieux, par compassion, les transformèrent en peupliers pour qu’elles puissent éternellement accompagner de leurs pleurs, la disparition du soleil couchant. Leurs larmes, figées en perles dorées, deviennent la plus belle parure des femmes grecques.

 

" ήlectron ", êlektron, tel est donc le nom qui nous vient des grecs et qui a donné son nom à une nouvelle science quand le médecin anglais William Gilbert (1540-1603) a désigné par le terme d’électricité la propriété d’une multitude de matières à manifester, comme l’ambre, la propriété d’attraction à distance après avoir été frottées.

 

Mais que nous rapportent les auteurs grecs en dehors du mythe ? Peu de choses en vérité. Ils savent, au mieux, que l’ambre attire mais n’indiquent pas toujours qu’il faut d’abord le frotter.

 

Le phénomène reste donc très superficiellement étudié. Rien n’évoque le début d’une pratique ou d’une réflexion qui s’apparente à un comportement "scientifique".

 

L’ambre banalisé : la longue histoire du succin.

 

L’amélioration des transports, alliée à la richesse des gisements baltes, fait perdre progressivement à l’ambre sa valeur marchande. Inévitablement, son caractère "magique" s’en trouve amoindri. Il se prolonge cependant sous la forme des propriétés médicinales qui lui sont attribuées sous le nom de succin, terme dérivé de sucus (jus, sève), que les latins nous ont transmis pour désigner ce corps.

 

Présent dans la plupart des remèdes médiévaux, le siècle des lumières le regarde cependant avec un regard plus critique. Un article de l’Encyclopédie ou Dictionnaire Universel raisonné des Connaissances Humaines daté de 1770 indique encore qu’il est conseillé pour les "affections vaporeuses et hystériques", que son sel est "rangé parmi les céphaliques" et son huile "regardée comme un spécifique dans les affections hystériques". Mais, précise l’auteur de l’article, " Les vertus médicinales du succin étaient autrefois très vantées ; on les regarde aujourd’hui comme moins certaines, ou exagérées". L’auteur note cependant un intérêt pratique : "la vapeur de sel de succin fait fuir les rats" !

 

Plus radical encore est John Fothergill (1712 – 1780), du collège des médecins de Londres dans un article publié en 1744 dans les Transactions Philosophiques de la Société Royale de Londres. Considérant la résistance de l’ambre à la plupart des solvants ordinaires, il estime qu’une telle substance "ne peut probablement pas produire de grands effets sur le corps humain" et en effet, ajoute-t-il, "on a peu d’exemples de ses effets". Alors pourquoi cette longue période de succès ?

"Une imagination préoccupée peut d’abord en avoir introduit l’usage ; le préjugé l’a soutenu & a engagé des personnes qui avaient quelque autorité à le recommander à leurs successeurs".

 

Comment mieux décrire la diffusion du mythe ? Et comment le combattre ? John Fothergill plaide pour une entreprise d’assainissement de la science médicale :

" Si des personnes habiles et expérimentées voulaient consacrer leurs loisirs à nous instruire de l’inefficacité des méthodes et des remèdes semblables à celui-ci, la Médecine serait renfermée dans des bornes plus étroites ".

 

Dans le laboratoire du chimiste. De l’ambre à l’acide succinique.

 

Avec Lavoisier et ses contemporains le succin entre dans le laboratoire du chimiste qui y reconnaît, entre autres composés, un acide auquel il sera donné le nom d’acide succinique. Le chimiste moderne le caractérisera comme acide butane-1,4-dioïque, acide organique de structure simple et de formule développée : HOOC-CH2-CH2-COOH. Cet acide a été trouvé dans la plupart des organismes végétaux et animaux où il intervient dans de nombreux métabolismes cellulaires.

 

Le succin serait donc bien un remède ?

 

En réalité la concentration en acide succinique est bien plus forte dans la laitue vireuse, la grande chélidoine que dans le succin à partir duquel, comme le remarquait John Fothergill, il est par ailleurs difficilement assimilable.

 

Il n’y a pas de continuité médicale entre l’ambre et l’acide succinique. Synthétisé aujourd’hui à partir de produits pétroliers, cet acide est plus utilisé pour des peintures et des vernis que pour des remèdes médicaux. Parmi ces remèdes, aucun n’est d’ailleurs supposé guérir des douleurs céphaliques ou de l’hystérie.

 

Une légende se terminerait donc dans le laboratoire du chimiste ? On n’achève pas aussi facilement un ancien mythe !

 

Retour du vieux mythe.

 

L’aspect merveilleux de l’ambre réside avant tout dans son action à distance, un phénomène qui a, de façon régulière, alimenté les débats des scientifiques de Descartes et Newton à Einstein et qui continue à le faire. Comment s’étonner qu’il puisse encore inspirer les pratiques des mages et guérisseurs de notre époque désorientée.

 

Les colliers de perles d’ambre gardent particulièrement toute leur faveur. On trouve couramment dans la littérature académique du 18ème siècle, la mention de colliers portés pour guérir des migraines, des maladies des yeux ou de la gorge.

 

Les rives de la Baltique voyaient se prolonger cette tradition jusqu’aux périodes récentes. Un morceau d’ambre y était donné à mâcher aux enfants pour les soulager des maux de dents. On y voyait se maintenir, aussi, la coutume de faire porter des colliers d’ambre protecteurs aux enfants en bas âge au risque de provoquer de dangereux accidents par strangulation.

 

La séparation de l’Europe par le "rideau de fer" de la "guerre froide", en plaçant la Baltique à l’Est, avait tari la circulation de l’ambre. Les habitants de la Pologne se hasardant dans l’Ouest "capitaliste", étaient les premiers à le ramener avec eux comme moyen de troc. Ce temps est oublié et l’ambre de la Baltique se marie à nouveau à l’or et l’argent sur les bijoux du monde entier.

 

Sa qualité esthétique aurait pu suffire à son succès mais comment résister à l’opportunité d’enrôler les vieux mythes dans l’arsenal de la publicité commerciale ?

 

A en croire la publication d’un magasin spécialisé dans le collier d’ambre, l’ambre :

"apporte calme, force et équilibre.

améliore la circulation sanguine et son PH (le rendent plus alcalin).

régule le système nerveux, améliore les réflexes.

active le métabolisme et combat les inflammations.

freine l’oxydation des cellules et favorise leur régénération."

 

PH alcalin, métabolisme, oxydation des cellules… la publicité, qui avait déjà recruté Thalès, n’hésite pas à faire également appel à l’assaisonnement des mots de la science "moderne".

 

Les nouveaux "mages" et les marchands de minéraux qui leur sont associés connaissent le poids du prestige scientifique. On baptisera du terme de "lithothérapie" un amas de recettes, à base de cristaux minéraux, supposées ancestrales et parfois même extraites de vieux grimoires quand elles ne sont pas tout simplement inventées.

 

L’ambre est naturellement l’une des bases de leur "science" et de leur commerce. Exemple de littérature néo-magique :

 

"Des études ont permis d’utiliser l’ambre pour soulager les douleurs des articulations dues aux rhumatismes. Par exemple, l’ambre jaune produit des ions négatifs par frottements, ce qui a pour conséquence d’améliorer la circulation des énergies dans l’organisme.
L’ambre est condensateur de courant : en se chargeant lui-même, il décharge de leurs propres excès ceux qui le portent
."

 

Ions négatifs, circulation des énergies, condensateur de courants… Autant de mots entendus dans les cours de physique suivis par une majorité de celles et ceux qui ont accompli la "scolarité obligatoire" de nos sociétés modernes. Autant de mots, aussi, dont le sens réel a eu le temps de se perdre au grand désespoir du professeur de la discipline qui voit ainsi sa pédagogie mise au service d’une forme de charlatanisme.

 

Celui-ci pourrait rappeler que, dès l’an 1600, l’Anglais William Gilbert avait montré que la propriété "électrique" de l’ambre avait été trouvée, avec une bien plus forte intensité, dans des matières aussi banales que le verre et le soufre.

 

Il pourrait aussi faire constater que les tissus synthétiques, les revêtements de sol et les objets plastiques produits par la chimie moderne sont si sensibles à la production de charges électriques par simple frottement qu’il faut même en protéger les appareils électroniques. Qui n’a pas reçu une décharge électrique le soir en se déshabillant ?

 

Caresser un morceau d’ambre peut incontestablement alimenter un rêve poétique, surtout s’il enferme l’insecte auquel il a fait franchir cinquante millions d’années et qui à peut-être cohabité avec ces dinosaures objets de tous les fantasmes.

 

Le rêve a de nombreuses vertus, acceptons l’idée qu’il puisse même en avoir de thérapeutiques.

 

Par contre, concernant la production "d’ions négatifs par frottement" , le moindre morceau de plastique ferait bien mieux l’affaire à moindre prix. D’ailleurs, à y regarder de près, de prétendus colliers d’ambre sont souvent, en réalité, réalisés à base de perles synthétiques.

 

Que des adultes se laissent convaincre et achètent le bijou ou le morceau d’ambre qui les rassurera, comme le faisait la peluche ou le chiffon de leur enfance, soit ! Mais que penser du produit vedette : le collier d’ambre pour bébé supposé le soulager des douleurs de dents.

 

Le site de vente par internet, déjà cité, publie des témoignages :

 

"Je suis conquise ! Ma fille porte son collier nuit et jour depuis ses 6 mois. Les dents la font un peu souffrir (joues rouges, fesses rouges) mais jamais de pleurs, jamais trop bougon. Je ne lui ai jamais rien donné d’autre et elle a déjà 6 dents. Les deux seules fois ou on a oublié de le lui remettre elle s’est réveillée la nuit en hurlant…"

 

A lire les échanges sur internet on constate pourtant que beaucoup d’entre eux ne portent pas sur l’efficacité de tels colliers. Celle-ci semble être admise sans aucun débat. La preuve : on les vend même en pharmacie !

 

Ce qui alimente la discussion c’est leur danger éventuel : bébé ne risque-t-il pas de s’étrangler ?

 

Etonnant ! Ces parents sont bien conscients du risque qu’il font courir à leur enfant, s’inquiètent et veulent être rassurés. Certains affirment ne jamais laisser le collier pendant la nuit ou la sieste. D’autres garantissent avoir acheté celui "de marque" qui cassera au moindre effort de bébé et dont chaque perle est attachée de façon à ce qu’il ne les avale pas. A les lire il semblerait que le collier-talisman serait l’équivalent d’un vaccin anti-mal-de-dents absolument nécessaire mais non exempt de dangers. L’étranglement possible s’apparenterait alors à ce que les notices pharmaceutiques présentent comme un "effet" secondaire.

 

Argument souvent entendu : si c’était dangereux ils l’interdiraient. Ce "ils" anonyme, qui a si longtemps autorisé l’amiante ou encore récemment le fameux "médiator", médicament, dénoncé par Irène Frachon, fait souvent office de garantie.

 

 

Pas prouvé efficace contre les maux de dents mais à l’évidence dangereux au même titre que tous les colliers pour bébés.

 

Des médecins ont pourtant lancé des alertes, tel le professeur Olivier Reinberg du service de chirurgie pédiatrique de l’université de Lausanne :

 

Extrait :

"Il semble utile de rappeler que le port de collier chez les petits enfants constitue un danger permanent de strangulation. Si le collier ne se rompt pas, l’enfant peut rester accroché à une branche ou à un montant de lit par exemple. Le plus souvent, l’enfant strangulé ne peut pas appeler. S’il n’est pas immédiatement délivré, les conséquences sont très sévères, puisque si l’enfant n’est pas trouvé mort, le pronostic des réanimations
cardio-respiratoires après ce genre d’accident est mauvais, avec un taux important
de séquelles neurologiques liées à l’ischémie cérébral
e."

 

Mais pour certains fabricants pas de problème, les accidents c’est de l’histoire ancienne :

" Le collier d’ambre est régulièrement montré du doigt par ceux qui estiment qu’il comporterait un risque de strangulation, au cas où l’enfant l’accrocherait par mégarde à un objet, à une branche ou à un montant de lit… Les accidents de la sorte restent fort heureusement très rares, et sont principalement survenus il y a une vingtaine d’années. Aujourd’hui les fabricants redoublent de vigilance pour que les produits à destination des bébés soient sans danger".

 

Certains, cependant, veulent se garantir de ce risque de "strangulation" aussi "rare" soit-il : " Par précaution, retirez le collier pendant les siestes et les nuits : vous pouvez alors en profiter pour le laisser se recharger en ions négatifs, en le laissant sur une table. Autre option : le nouer à la cheville de bébé, bien au chaud dans sa turbulette"

 

Un collier qu’on achète mais qu’on ne porte pas autour du cou pendant le sommeil et qu’il vaut mieux nouer à la cheville. Des perles qui, contrairement à la célèbre pile électrique qui " ne s’use que si on s’en sert", se "rechargent en ions négatifs" quand on ne s’en sert pas !

 

Ces invitations aux "précautions" d’usage, dont on mesure le peu de sérieux, sont-elles suffisantes pour blanchir les diffuseurs de tels produits ?

 

On assiste à juste titre à la mise en cause de fabricants de médicaments ou de pesticides qui empoisonnent les humains et leur environnement. A lire la multitude de sites internet consacrés aux colliers d’ambre il ne serait pas étonnant, dans l’avenir, de voir instruire des procès en publicité mensongère voire même en mise en danger de la vie d’autrui à l’encontre de ceux qui font la promotion de cette médecine dont l’efficacité est largement contestable et les dangers loin d’être négligeables.

 

Contrairement à ce qu’imaginent ses utilisatrices et utilisateurs, la "médecine" de l’ambre peut se révéler, elle aussi, une médecine dure.

 

__________________________________________________________________

 

Pour aller plus loin :

 

Histoire de l’électricité. De l’ambre à l’électron. Chez Vuibert.

 

 

Cet ouvrage retrace l’histoire de l’électricité et des savants qui ont marqué son évolution.

 

L’électricité paraît être une énergie évidente et n’étonne aujourd’hui plus grand monde ; son utilisation est très banale, et pourtant un nombre incalculable de nos actes et modes de vie ne sauraient se passer de son indispensable compagnie. L’électricité est une science récente… mais, des Grecs de l’Antiquité qui, en frottant l’ambre, s’émerveillaient de ses propriétés électrostatiques aux Curie étudiant la radioactivité, de découvertes heureuses en expériences dramatiques, portés par des hommes et des femmes qui ont tout sacrifié à la compréhension des phénomènes électriques, plus de vingt-cinq siècles ont défilé avant que l’on perçoive, peut-être, l’essence de cette force naturelle.

 

Au fil d’un récit imagé - celui d’une succession de phénomènes généralement discrets qui, sous le regard d’observateurs avertis, débouchèrent sur des applications spectaculaires - nous croiserons des dizaines de savants, d’inventeurs et de chercheurs dont les noms nous sont déjà familiers : d’Ampère à Watt et de Thalès de Milet à Pierre et Marie Curie, ce sont aussi Volta et Hertz, Ohm et Joule, Franklin et Bell, Galvani et Siemens ou Edison et Marconi qui, entre autres, viennent peupler cette aventure. On y verra l’ambre conduire au paratonnerre, les contractions d’une cuisse de grenouille déboucher sur la pile électrique, l’action d’un courant sur une boussole annoncer : le téléphone, les ondes hertziennes et les moteurs électriques, ou encore la lumière emplissant un tube à vide produire le rayonnement cathodique. Bien entendu, les rayons X et la radioactivité sont aussi de la partie.

 

De découvertes heureuses en expériences dramatiques, l’électricité reste une force naturelle qui n’a pas fini de susciter des recherches et de soulever des passions.

 

 

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2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 19:24

Un film sur RMC Découverte.

 

"Il y aurait bien des façons de raconter l’histoire de l’humanité ; mais il est certain que depuis le jour où l’un de nos ancêtres inconnu s’est emparé d’une flamme, l’histoire de l’humanité se confond avec celle de la domestication des énergies. Et parmi celles-ci, l’énergie électrique tient une place de premier plan.L’Histoire de l’électricité, c’est une histoire vieille comme le monde - ou presque : tout a commencé au sixième siècle avant Jésus-Christ, lorsque Thalès de Milet a découvert qu’en frottant un morceau d’ambre sur une peau de mouton, l’ambre se chargeait d’électricité statique... L’ambre : elektron en grec - l’électricité était née."

 

 

Voir la vidéo

 

Une recherche documentaire intéressante. Des images animées attractives.

Parfois, hélas, quelques raccourcis hasardeux (Thalès n’a pas nommé l’électricité Elektron, mot qui est simplement le nom grec de l’ambre - Nollet ne distinguait pas deux sortes d’électricité, la découverte est de Dufay).

Éclairant cependant.

__________________________________________________________________________

Pour aller plus loin :

Histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron. Gérard Borvon,Vuibert.

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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 07:46

"Nos jeunes collègues en électricité ignoreront toujours les vicissitudes par lesquelles nous avons passé pour leur ouvrir la voie si vaste du domaine électrique et frayer un petit sentier qui aujourd’hui encore commence à peine à devenir un grand chemin"

 

Ainsi s’exprime un ingénieur électricien se rappelant, en 1906, ses premiers pas à l’occasion de l’exposition internationale d’électricité à Paris en 1881.


Pour l’ensemble de son témoignage, voir son article "L’électricité en 1881" , dans la revue "La Nature"

 

Voir aussi :

 

Histoire de l’électricité. L’exposition Internationale d’électricité de 1881, à Paris.

 

{{{ }}}


Voir aussi :

 

Distribution de l’énergie électrique à Paris. Revue La Nature 1902.


 

Pour la suite, se reporter au site "Mémoire de l’Electricité, du Gaz et de l’Eclairage public à Paris" (MEGE).

 

Extrait :

 

En 1878 une nouvelle énergie apparaît : une petite usine assure temporairement l’éclairage électrique de l’avenue de l’Opéra avec des bougies JABLOCHKOFF.

 

Quelques installations privées, de magasins ou de théâtres, assurent leur propre production.

 

Une usine au Palais Royal, une autre au Faubourg Montmartre, ont un réseau composé de canalisations passant sur les toits des immeubles.
 

Des applications d’éclairage : Place du Carrousel en 1881, du Parc Monceau en 1882, de l’Hôtel de Ville en 1883, du Parc des Buttes Chaumont en 1884, confirment les débuts d’une production industrielle de courant électrique.
 

L’incendie de l’Opéra Comique en 1887, éclairé au gaz, a pour conséquence d’interdire ce mode d’éclairage dans les salles de spectacles.

 

En 1888, le Conseil Municipal de PARIS, avec la perspective de l’Exposition Universelle de 1889 et sous la pression de l’opinion publique, décide la création d’un réseau de distribution d’électricité.

 

1889-1907 Les six secteurs électriques de Paris

 

L’organisation retenue consiste à diviser PARIS en parties désignées sous le nom de secteurs. Les « secteurs électriques parisiens » prennent naissance, et c’est à cette époque que remontent les concessions successivement accordées par la Ville à six sociétés qui ont assuré l’exploitation de l’électricité jusqu’en 1908, date à laquelle la concession est confiée à l’Union des Secteurs (la ville exploitant de son côté un réseau dans le quartier des Halles).

 

Dans chaque secteur, le type de distribution était différent :

 

- Cie CONTINENTALE EDISON : courant continu à 2 x 110V, distribué par feeders 3 fils.

 

- Sté d’ECLAIRAGE ET DE FORCE PAR L’ELECTRICITE A PARIS : Courant continu 110V 2 fils.

 

- Cie VICTOR POPP(ultérieurement Cie PARISIENNE DE L’AIR COMPRIME) : courant continu 4x110V par réseau 5 fils.

 

- Sté d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA PLACE CLICHY : courant continu 4x110V par réseau 5 fils.

 

- Sté CHARLES MILDE FILS ET Cie (ultérieurement Cie d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DES CHAMPS-ELYSEES) : courant alternatif à haute tension (3000V), abaissée à 110V par un transformateur dans chaque immeuble.

 

- Cie ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA RIVE GAUCHE : mêmes caractéristiques que le secteur des CHAMPS-ELYSEES.

 

 

Chacun des concessionnaires produit l’énergie consommée dans sa zone, dans de nombreuses stations génératrices : une douzaine de petites usines et la centrale de Jemmapes à l’intérieur de Paris, les centrales de Levallois, Issy-les-Moulineaux, Saint-Denis et Saint-Ouen à l’extérieur.


Station VOLTAIRE, 14 av Parmentier - XI, S/S continu, Facade typique de l’architecte Paul Friésé


 

Afin de subvenir à ses besoins en électricité, la CMP (ex RATP) fait construire en 1899, une usine juste derrière son siège social, quai de Bercy. Celle ci sera designée par l’architecte Paul Friésé dont la réputation n’est plus à faire. D’une surface totale de 7000m2, la grande halle centrale atteint 145 mètres de long.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 11:58

Les dates de l'électricité.

 

L'ambre

-40 ou 50 millions d'années, ambre, éocène.

-30 000 ans premier talisman d'ambre

-7000 ans sculptures de chevaux…

-1500 ans ambre en Grèce.

-625-547 av JC, Thalès.

 

William Gilbert. Le premier électricien.

Roger Bacon (1220-1294).

William Gilbert (1540-1603).

 

Premières machines.

Otto de Guericke (1602-1686).

Torricelli (1608-1647).

1631 massacre de Magdebourg.

1643 expérience de Torricelli.

1654 les hémisphères de Magdebourg.

Hauksbee (1666 ?- 1713).

1675 observation de la lumière barométrique.

1705 observation de la lumière de Hauksbee.

1733 premières expériences de Bose.

Bose (1710-1761) Premières machines à sphère.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739).

L’abbé Nollet (1700-1770).

Ramsden (1735-1800).

1768 première machine à plateau de Ramsden.

1784 machine de Van Marum.

1883 machine de Wimshurst.

 

Gray, Dufay, Franklin, et la conduction électrique.

Stephen Gray (1666-1736).

1729. Gray découvre conducteurs, isolants et influence électrique.

1730 expérience de l'enfant suspendu.

1731 premières publications de Gray.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739).

Benjamin Franklin (1706- 1790).

 

De Dufay à Ampère.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739),

1733 les deux fluides de Dufay

Benjamin Franklin (1706-1790)

1747 le fluide unique de Franklin

Robert Symmer (1707 - 1763)

1759 les deux fluides de Symmer

1765 les deux fluides de Bergman

Charles-Augustin Coulomb (1736-1806),

Franz Aepinus (1724-1802),

Jean-Baptiste Le Roy (1720 - 1800)

1791 le courant galvanique de Luigi Galvani

Christian Oersted (1777-1851),

1820 expérience de Oersted

Ampère (1775-1836)

Maxwell (1831-1879),

 

La bouteille de Leyde

1746 expérience de Leyde

 

A la conquête du feu céleste : le paratonnerre.

1718. M. Deslandes et le tonnerre à Landerneau

1747 premières expériences de Franklin

1749 lettre sur le paratonnerre

1752 expérience de Marly

 

 

Coulomb (1736-1806)

1785 loi de coulomb

 

La découverte de la pile électrique

Aloysius Galvani (1737–1798)

1791 premières publications de Galvani.

Alexandre Volta (1745-1827).

1800 publication de Volta sur la pile.

 

Electricité et chimie

Humphry Davy (1778-1829).

1806 premières électrolyses.

 

l'aimant

-3 siècles, la boussole chez les chinois.

1269. Pierre de Maricourt. "Epistola de magnete"

 

Naissance de l'électromagnétisme

Hans Christian Œrsted (1777-1851).

1820 son expérience

Ampère (1775-1836)

 

Faraday et les Champs.

Michael Faraday (1791-1867).

1821.première publication de Faraday sur l'électromagnétisme.

1831. découverte des courants induits.

Giambattista Della Porta (1534-1615)

Maxwell (1831-1879),

1856. "On Faraday's lines of force".

1873. Traité sur la magnétisme de Maxwell

 

Maxwell et les ondes.

Christiaan Huyghens (1629–1695),

Traité de la lumière en 1678

Traité d'optique publié en 1704, Newton

Thomas Young (1773-1829).

1848 vitesse de la lumière par Fizeau

1873. Traité sur la magnétisme de Maxwell

 

Hertz.

Daniel Ruhmkorff (1803-1877).

1851-1856 mise au point de la bobine

1864. prix Volta à Ruhmkorff;

Heinrich Hertz (1857–1894)

1888-1889. publication de ses expériences.

1881 expérience de Michelson.

Marconi en 1897

 

L'exposition Internationale d’électricité de 1881

1832 première génératrice de Prixii

1838 alphabet Morse

1844 première liaison télégraphique

1876 le téléphone

Zénobe Gramme (1826-1901),

1888 prix Volta pour Gramme

1867 pile Leclanché

1860 pile secondaire Planté

1884 dirigeable moteur électrique

1886 Robur le conquérant

1889 employé électtrocuté

1890 première exécution électrique

 

 

Les unités électriques.

7 avril 1795 système décimal

1863 système BA

1875 la "Convention du mètre"

1881 congrès des électriciens. L'ampère, le volt, l'ohm, le coulomb

1882 le joule le watt

1948 le newton

1961 le système international SI

 

 

le rayonnement cathodique

Hauksbee en 1705

William Crookes (1832-1919).

1880 Crookes exécute ses expériences devant la Société française de physique

 

Röntgen et les rayons X

1895 découverte des rayons X

1925 premier congrès international de radiologie

1936 monument aux morts des rayonnements

 

le rayonnement radioactif.

1896 découvert par Becquerel

Henri Becquerel (1852-1908)

1898 Marie Curie découvre le polonium

1900 le radium

 

Vie et mort de l'électron

Joseph John Thomson (1856-1940)

1897 le corpuscule d'électricité

Ernest Rutherford (1871-1937)

Niels Bohr (1885-1962),

Louis de Broglie (1892-1987)

1900 Planck et le corps noir

1905 Einstein, relativité, photon

1911 expérience de Rutherford

1913 Niels Bohr et son modèle

1923/24 mécanique ondulatoire

1927 Davidson et Germer

1927 cinquième congrès Solvay

1982 expérience de Aspect

 

 

 

Voir aussi :

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 08:28

Les séances de l'Académie des technologies.


Séance du 15 mai : Courant continu : le retour, les perspectives.
 

Bernard Decomps fait la synthèse des débats de cette séance qui a réuni plusieurs industriels (Alstom, IFSTTAR, France Telecom, Supelec, Schneider Electric, CISCO, RRTE) autour des perspectives nouvelles pour le courant continu.
 

En effet, depuis une vingtaine d'années, la diversification des sources et du stockage, les impératifs du transport d'énergie à très grande distance ou dans des câbles coaxiaux capacitifs impropres au courant alternatif, la nécessité de relier des réseaux désynchronisés et, pour finir, de nouveaux usages de l'électricité -- éclairage, domotique, data centres, moyens de locomotion, etc. -- remettent en selle le développement du courant continu.

 

Pourquoi dès lors refuser de sauter le pas et opter pour le retour du courant continu de bout en bout ? Des raisons techniques ? L'ampleur des investissements à prévoir ? Des raisons économiques ? Des raisons culturelles quand on confronte l'allant des pays asiatiques aux petits pas de l'occident ? Parfois, une sorte de « peur du ridicule » semble expliquer la prudence des formateurs ou des chercheurs, une prudence partagée par de nombreux industriels qui se préparent sérieusement à une mutation de grande ampleur sans le reconnaître publiquement.

 

 

Voir la vidéo

 

Rappel :

Distribution de l’énergie électrique par courant continu ou alternatif ?

 

 

Bernard Decomps professeur de physique à l'université Paris XIII Villetaneuse.

 

J'ai été professeur de physique et j'ai enseigné le courant alternatif. Ce qui s'est passé c'est depuis une vingtaine d'années avec la démultiplication des sources d'énergie en courant continu et en particulier le photovoltaïque qui est un exemple majeur Mais également des nécessités de stockage qui sont portées par ce que l'on appelle les énergies fluctuantes, Les énergies intermittentes qui nécessitent des capacités de stockage, et là encore du courant continu. Donc le courant continu est appelé à avoir au niveau de la production un rôle majeur. On s'aperçoit que le courant continu devient la solution, la bonne solution, pour résoudre des problèmes inconnus jusque là.

 

Il y avait d'abord le transport de l'énergie électrique à très longue distance et je constate que, en France, la suprématie absolue du courant alternatif est arrivée avec la création d'EDF qui était un réseau national à l'échelle d'un pays de 1000 kilomètres sur 1000 kilomètres. Autrement dit parfaitement adapté au courant alternatif. C'est depuis qu'on cherche à avoir un réseau non plus national mais européen. Depuis que l'on cherche à récupérer de l'énergie du Sahara pour l'amener jusqu'à Berlin et peut-être même jusqu'à Stockholm, Et là le courant continu offre des solutions, Mais il y a un phénomène encore plus accélérateur, c'est le fait que plus personne ne veut des lignes au dessus de la tête, Là encore il faut, nécessairement, avoir du courant continu pour pouvoir faire le transfert. Donc pour le transport d'énergie le courant continu offre des solutions que le courant alternatif n'avait pas.

 

Les deux autres fonctions essentielles, je crois très importantes, c'est tout d'abord tout ce qui concerne la domotique, les bâtiments et tous les gadgets électroniques depuis le téléphone portable jusqu'à l'ordinateur en passant par tous les dispositifs que l'on peut utiliser aujourd'hui, Tout cela ne fonctionne qu'en courant continu et qu'on est alimenté par une distribution en courant alternatif on est obligés d'avoir des éléments de charge qui ne fonctionnent que sur un appareil déterminé. Donc si vous avez trois appareils vous avez trois chargeurs différents. Et donc à la fois de la perte d'énergie et de la complication du système.

 

Je n'ai pas pris le troisième point qui est celui de tous les moyens de transport, de la voiture électrique au réseau ferré, au RER, au métro, même à l'avion et même aux navires qui utilisent aussi du courant continu pour tourner, pour avancer.

 

Donc on voit que la démultiplication des utilisations pousse à avoir du courant continu. Est-ce qu'on va continuer à avoir une distribution en courant alternatif. Alors qu'un nombre de plus en plus important de sources électriques est en courant continu, un nombre de plus important d'utilisation est en courant continu, on imaginerait assez bien une conjonction des deux.

 

Alors quels sont les obstacles. Il y a des obstacles technologiques très importants. Il y a un problème d'amélioration des composants. Tout n'est pas résolu. Deuxièmement le réseau maillé en courant alternatif est extraordinairement astucieux. Le troisième, je n'ai pas besoin de le dire, les investissements nécessaires pour le basculement sont considérables.

 

Je dirais il y a un dernier problème. C'est un problème presque culturel. Je constate que le courant continu a beaucoup plus de succès en Asie qu'il n'en a en Europe et dans les pays développés. Quand je me suis rendu compte de l'intérêt, à la fois de certains industriels et à la fois quand je me suis rendu compte des difficultés que certains industriels avaient pour en parler, je me suis dit : ça doit être un sujet stratégique pour les industries. J'aimerais bien que dans notre pays il y ait enfin quelqu'un qui dise:dites donc, en Chine, au Japon, en URSS et maintenant aux états unis c'est l'objet d'un travail colossal et il y a des investissements considérables, Alors en France nous avons quelques leaders incontestés et moi je dirais il faut aller vers un équipement qui soit compatible avec une distribution en courant contnu.

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  • : Le blog d'histoire des sciences
  • : Comme l'art ou la littérature,les sciences sont un élément à part entière de la culture humaine. Leur histoire nous éclaire sur le monde contemporain à un moment où les techniques qui en sont issues semblent échapper à la maîtrise humaine. La connaissance de son histoire est aussi la meilleure des façons d'inviter une nouvelle génération à s'engager dans l'aventure de la recherche scientifique.
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