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24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 07:46

"Nos jeunes collègues en électricité ignoreront toujours les vicissitudes par lesquelles nous avons passé pour leur ouvrir la voie si vaste du domaine électrique et frayer un petit sentier qui aujourd’hui encore commence à peine à devenir un grand chemin"

 

Ainsi s’exprime un ingénieur électricien se rappelant, en 1906, ses premiers pas à l’occasion de l’exposition internationale d’électricité à Paris en 1881.


Pour l’ensemble de son témoignage, voir son article "L’électricité en 1881" , dans la revue "La Nature"

 

Voir aussi :

 

Histoire de l’électricité. L’exposition Internationale d’électricité de 1881, à Paris.

 

{{{ }}}


Voir aussi :

 

Distribution de l’énergie électrique à Paris. Revue La Nature 1902.


 

Pour la suite, se reporter au site "Mémoire de l’Electricité, du Gaz et de l’Eclairage public à Paris" (MEGE).

 

Extrait :

 

En 1878 une nouvelle énergie apparaît : une petite usine assure temporairement l’éclairage électrique de l’avenue de l’Opéra avec des bougies JABLOCHKOFF.

 

Quelques installations privées, de magasins ou de théâtres, assurent leur propre production.

 

Une usine au Palais Royal, une autre au Faubourg Montmartre, ont un réseau composé de canalisations passant sur les toits des immeubles.
 

Des applications d’éclairage : Place du Carrousel en 1881, du Parc Monceau en 1882, de l’Hôtel de Ville en 1883, du Parc des Buttes Chaumont en 1884, confirment les débuts d’une production industrielle de courant électrique.
 

L’incendie de l’Opéra Comique en 1887, éclairé au gaz, a pour conséquence d’interdire ce mode d’éclairage dans les salles de spectacles.

 

En 1888, le Conseil Municipal de PARIS, avec la perspective de l’Exposition Universelle de 1889 et sous la pression de l’opinion publique, décide la création d’un réseau de distribution d’électricité.

 

1889-1907 Les six secteurs électriques de Paris

 

L’organisation retenue consiste à diviser PARIS en parties désignées sous le nom de secteurs. Les « secteurs électriques parisiens » prennent naissance, et c’est à cette époque que remontent les concessions successivement accordées par la Ville à six sociétés qui ont assuré l’exploitation de l’électricité jusqu’en 1908, date à laquelle la concession est confiée à l’Union des Secteurs (la ville exploitant de son côté un réseau dans le quartier des Halles).

 

Dans chaque secteur, le type de distribution était différent :

 

- Cie CONTINENTALE EDISON : courant continu à 2 x 110V, distribué par feeders 3 fils.

 

- Sté d’ECLAIRAGE ET DE FORCE PAR L’ELECTRICITE A PARIS : Courant continu 110V 2 fils.

 

- Cie VICTOR POPP(ultérieurement Cie PARISIENNE DE L’AIR COMPRIME) : courant continu 4x110V par réseau 5 fils.

 

- Sté d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA PLACE CLICHY : courant continu 4x110V par réseau 5 fils.

 

- Sté CHARLES MILDE FILS ET Cie (ultérieurement Cie d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DES CHAMPS-ELYSEES) : courant alternatif à haute tension (3000V), abaissée à 110V par un transformateur dans chaque immeuble.

 

- Cie ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA RIVE GAUCHE : mêmes caractéristiques que le secteur des CHAMPS-ELYSEES.

 

 

Chacun des concessionnaires produit l’énergie consommée dans sa zone, dans de nombreuses stations génératrices : une douzaine de petites usines et la centrale de Jemmapes à l’intérieur de Paris, les centrales de Levallois, Issy-les-Moulineaux, Saint-Denis et Saint-Ouen à l’extérieur.


Station VOLTAIRE, 14 av Parmentier - XI, S/S continu, Facade typique de l’architecte Paul Friésé


 

Afin de subvenir à ses besoins en électricité, la CMP (ex RATP) fait construire en 1899, une usine juste derrière son siège social, quai de Bercy. Celle ci sera designée par l’architecte Paul Friésé dont la réputation n’est plus à faire. D’une surface totale de 7000m2, la grande halle centrale atteint 145 mètres de long.

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 11:58

Les dates de l'électricité.

 

L'ambre

-40 ou 50 millions d'années, ambre, éocène.

-30 000 ans premier talisman d'ambre

-7000 ans sculptures de chevaux…

-1500 ans ambre en Grèce.

-625-547 av JC, Thalès.

 

William Gilbert. Le premier électricien.

Roger Bacon (1220-1294).

William Gilbert (1540-1603).

 

Premières machines.

Otto de Guericke (1602-1686).

Torricelli (1608-1647).

1631 massacre de Magdebourg.

1643 expérience de Torricelli.

1654 les hémisphères de Magdebourg.

Hauksbee (1666 ?- 1713).

1675 observation de la lumière barométrique.

1705 observation de la lumière de Hauksbee.

1733 premières expériences de Bose.

Bose (1710-1761) Premières machines à sphère.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739).

L’abbé Nollet (1700-1770).

Ramsden (1735-1800).

1768 première machine à plateau de Ramsden.

1784 machine de Van Marum.

1883 machine de Wimshurst.

 

Gray, Dufay, Franklin, et la conduction électrique.

Stephen Gray (1666-1736).

1729. Gray découvre conducteurs, isolants et influence électrique.

1730 expérience de l'enfant suspendu.

1731 premières publications de Gray.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739).

Benjamin Franklin (1706- 1790).

 

De Dufay à Ampère.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739),

1733 les deux fluides de Dufay

Benjamin Franklin (1706-1790)

1747 le fluide unique de Franklin

Robert Symmer (1707 - 1763)

1759 les deux fluides de Symmer

1765 les deux fluides de Bergman

Charles-Augustin Coulomb (1736-1806),

Franz Aepinus (1724-1802),

Jean-Baptiste Le Roy (1720 - 1800)

1791 le courant galvanique de Luigi Galvani

Christian Oersted (1777-1851),

1820 expérience de Oersted

Ampère (1775-1836)

Maxwell (1831-1879),

 

La bouteille de Leyde

1746 expérience de Leyde

 

A la conquête du feu céleste : le paratonnerre.

1718. M. Deslandes et le tonnerre à Landerneau

1747 premières expériences de Franklin

1749 lettre sur le paratonnerre

1752 expérience de Marly

 

 

Coulomb (1736-1806)

1785 loi de coulomb

 

La découverte de la pile électrique

Aloysius Galvani (1737–1798)

1791 premières publications de Galvani.

Alexandre Volta (1745-1827).

1800 publication de Volta sur la pile.

 

Electricité et chimie

Humphry Davy (1778-1829).

1806 premières électrolyses.

 

l'aimant

-3 siècles, la boussole chez les chinois.

1269. Pierre de Maricourt. "Epistola de magnete"

 

Naissance de l'électromagnétisme

Hans Christian Œrsted (1777-1851).

1820 son expérience

Ampère (1775-1836)

 

Faraday et les Champs.

Michael Faraday (1791-1867).

1821.première publication de Faraday sur l'électromagnétisme.

1831. découverte des courants induits.

Giambattista Della Porta (1534-1615)

Maxwell (1831-1879),

1856. "On Faraday's lines of force".

1873. Traité sur la magnétisme de Maxwell

 

Maxwell et les ondes.

Christiaan Huyghens (1629–1695),

Traité de la lumière en 1678

Traité d'optique publié en 1704, Newton

Thomas Young (1773-1829).

1848 vitesse de la lumière par Fizeau

1873. Traité sur la magnétisme de Maxwell

 

Hertz.

Daniel Ruhmkorff (1803-1877).

1851-1856 mise au point de la bobine

1864. prix Volta à Ruhmkorff;

Heinrich Hertz (1857–1894)

1888-1889. publication de ses expériences.

1881 expérience de Michelson.

Marconi en 1897

 

L'exposition Internationale d’électricité de 1881

1832 première génératrice de Prixii

1838 alphabet Morse

1844 première liaison télégraphique

1876 le téléphone

Zénobe Gramme (1826-1901),

1888 prix Volta pour Gramme

1867 pile Leclanché

1860 pile secondaire Planté

1884 dirigeable moteur électrique

1886 Robur le conquérant

1889 employé électtrocuté

1890 première exécution électrique

 

 

Les unités électriques.

7 avril 1795 système décimal

1863 système BA

1875 la "Convention du mètre"

1881 congrès des électriciens. L'ampère, le volt, l'ohm, le coulomb

1882 le joule le watt

1948 le newton

1961 le système international SI

 

 

le rayonnement cathodique

Hauksbee en 1705

William Crookes (1832-1919).

1880 Crookes exécute ses expériences devant la Société française de physique

 

Röntgen et les rayons X

1895 découverte des rayons X

1925 premier congrès international de radiologie

1936 monument aux morts des rayonnements

 

le rayonnement radioactif.

1896 découvert par Becquerel

Henri Becquerel (1852-1908)

1898 Marie Curie découvre le polonium

1900 le radium

 

Vie et mort de l'électron

Joseph John Thomson (1856-1940)

1897 le corpuscule d'électricité

Ernest Rutherford (1871-1937)

Niels Bohr (1885-1962),

Louis de Broglie (1892-1987)

1900 Planck et le corps noir

1905 Einstein, relativité, photon

1911 expérience de Rutherford

1913 Niels Bohr et son modèle

1923/24 mécanique ondulatoire

1927 Davidson et Germer

1927 cinquième congrès Solvay

1982 expérience de Aspect

 

 

 

Voir aussi :

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 08:28

Les séances de l'Académie des technologies.


Séance du 15 mai : Courant continu : le retour, les perspectives.
 

Bernard Decomps fait la synthèse des débats de cette séance qui a réuni plusieurs industriels (Alstom, IFSTTAR, France Telecom, Supelec, Schneider Electric, CISCO, RRTE) autour des perspectives nouvelles pour le courant continu.
 

En effet, depuis une vingtaine d'années, la diversification des sources et du stockage, les impératifs du transport d'énergie à très grande distance ou dans des câbles coaxiaux capacitifs impropres au courant alternatif, la nécessité de relier des réseaux désynchronisés et, pour finir, de nouveaux usages de l'électricité -- éclairage, domotique, data centres, moyens de locomotion, etc. -- remettent en selle le développement du courant continu.

 

Pourquoi dès lors refuser de sauter le pas et opter pour le retour du courant continu de bout en bout ? Des raisons techniques ? L'ampleur des investissements à prévoir ? Des raisons économiques ? Des raisons culturelles quand on confronte l'allant des pays asiatiques aux petits pas de l'occident ? Parfois, une sorte de « peur du ridicule » semble expliquer la prudence des formateurs ou des chercheurs, une prudence partagée par de nombreux industriels qui se préparent sérieusement à une mutation de grande ampleur sans le reconnaître publiquement.

 

 

Voir la vidéo

 

Rappel :

Distribution de l’énergie électrique par courant continu ou alternatif ?

 

 

Bernard Decomps professeur de physique à l'université Paris XIII Villetaneuse.

 

J'ai été professeur de physique et j'ai enseigné le courant alternatif. Ce qui s'est passé c'est depuis une vingtaine d'années avec la démultiplication des sources d'énergie en courant continu et en particulier le photovoltaïque qui est un exemple majeur Mais également des nécessités de stockage qui sont portées par ce que l'on appelle les énergies fluctuantes, Les énergies intermittentes qui nécessitent des capacités de stockage, et là encore du courant continu. Donc le courant continu est appelé à avoir au niveau de la production un rôle majeur. On s'aperçoit que le courant continu devient la solution, la bonne solution, pour résoudre des problèmes inconnus jusque là.

 

Il y avait d'abord le transport de l'énergie électrique à très longue distance et je constate que, en France, la suprématie absolue du courant alternatif est arrivée avec la création d'EDF qui était un réseau national à l'échelle d'un pays de 1000 kilomètres sur 1000 kilomètres. Autrement dit parfaitement adapté au courant alternatif. C'est depuis qu'on cherche à avoir un réseau non plus national mais européen. Depuis que l'on cherche à récupérer de l'énergie du Sahara pour l'amener jusqu'à Berlin et peut-être même jusqu'à Stockholm, Et là le courant continu offre des solutions, Mais il y a un phénomène encore plus accélérateur, c'est le fait que plus personne ne veut des lignes au dessus de la tête, Là encore il faut, nécessairement, avoir du courant continu pour pouvoir faire le transfert. Donc pour le transport d'énergie le courant continu offre des solutions que le courant alternatif n'avait pas.

 

Les deux autres fonctions essentielles, je crois très importantes, c'est tout d'abord tout ce qui concerne la domotique, les bâtiments et tous les gadgets électroniques depuis le téléphone portable jusqu'à l'ordinateur en passant par tous les dispositifs que l'on peut utiliser aujourd'hui, Tout cela ne fonctionne qu'en courant continu et qu'on est alimenté par une distribution en courant alternatif on est obligés d'avoir des éléments de charge qui ne fonctionnent que sur un appareil déterminé. Donc si vous avez trois appareils vous avez trois chargeurs différents. Et donc à la fois de la perte d'énergie et de la complication du système.

 

Je n'ai pas pris le troisième point qui est celui de tous les moyens de transport, de la voiture électrique au réseau ferré, au RER, au métro, même à l'avion et même aux navires qui utilisent aussi du courant continu pour tourner, pour avancer.

 

Donc on voit que la démultiplication des utilisations pousse à avoir du courant continu. Est-ce qu'on va continuer à avoir une distribution en courant alternatif. Alors qu'un nombre de plus en plus important de sources électriques est en courant continu, un nombre de plus important d'utilisation est en courant continu, on imaginerait assez bien une conjonction des deux.

 

Alors quels sont les obstacles. Il y a des obstacles technologiques très importants. Il y a un problème d'amélioration des composants. Tout n'est pas résolu. Deuxièmement le réseau maillé en courant alternatif est extraordinairement astucieux. Le troisième, je n'ai pas besoin de le dire, les investissements nécessaires pour le basculement sont considérables.

 

Je dirais il y a un dernier problème. C'est un problème presque culturel. Je constate que le courant continu a beaucoup plus de succès en Asie qu'il n'en a en Europe et dans les pays développés. Quand je me suis rendu compte de l'intérêt, à la fois de certains industriels et à la fois quand je me suis rendu compte des difficultés que certains industriels avaient pour en parler, je me suis dit : ça doit être un sujet stratégique pour les industries. J'aimerais bien que dans notre pays il y ait enfin quelqu'un qui dise:dites donc, en Chine, au Japon, en URSS et maintenant aux états unis c'est l'objet d'un travail colossal et il y a des investissements considérables, Alors en France nous avons quelques leaders incontestés et moi je dirais il faut aller vers un équipement qui soit compatible avec une distribution en courant contnu.

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11 juillet 2015 6 11 /07 /juillet /2015 07:39

 

C’est par hasard que nous avons rencontré Pierre Gane.

 

Cela s’est fait au détour d’un article publié le 26 novembre 1946 dans Ouest-France qui nous parlait d’une des premières éoliennes installées en Bretagne.

 


 

Cet article se trouvait dans les archives familiales d’amis finistériens particulièrement sensibilisés à la nécessité d’’économiser l’énergie et de mettre en œuvre des énergies renouvelables.

 

On imagine leur satisfaction en se souvenant que c’était dans la ferme de leur enfance qu’avait tourné l’une des premières éoliennes installées en Bretagne.

 

 

Quand la fée électricité vient, enfin, visiter la campagne, elle est reçue avec les honneurs dus à son rang. Le ton du journaliste est enthousiaste :

 

"Le vent soufflait dur sur le plateau de Ker-Deniel, en Landudal quand, en compagnie de Pierre Gane, nous arrivâmes à la ferme de M. Le Naour, puis de celle de M. Quintin. Une portée de fusil sépare les deux habitations. Entre-elles, ailes rabattues, l’éolienne ne s’inquiétait pas du vent qui sifflait dans son fuselage. Les 28 éléments de la batterie d’accus avaient fait leur plein d’électricité. Les moteurs tournaient dans les fermes, des lampes versaient une belle lumière blanche dans les pièces sombres et l’eau sous pression s’échappait avec force des tuyaux d’acier.

 

Voilà, nous déclara M. Quintin ce que nous devons à l’éolienne. Depuis son installation, nous possédons une nouvelle richesse.

 

Pierre Gane, l’ingénieur-constructeur, ne soufflait mot. Il enregistrait avec modestie, mais satisfaction, les propos du fermier qu’il n’avait pas provoqués."

 

 

Monsieur Quintin, Pierre Gane... et l'éolienne.

voir aussi

 

Pierre Gane, adepte du verlan, a inversé son nom pour baptiser ses éoliennes du nom de "Enag". Elles sont réputées simples, solides et faciles à monter. Les pales sont en duralumin, un alliage d’aluminium qui commence à être utilisé. La dynamo, conçue pour avoir un bon rendement à bas régime, alimente des accumulateurs au plomb.

 

Le journaliste semble en avoir rajouté dans le lyrisme. Si les enfants de M. Quintin se souviennent des lampes électriques il n’ont pas le souvenir de la longue liste de machines décrites :

 

"Les lampes ont été montées au grenier ; une pression sur un bouton, l’écrémeuse ronronne, le broyeur d’ajoncs, le coupe-racines, le hache-paille entrent en action... la scie électrique chante et crie sous la grange".

 

Ces belles machines agricoles qu’on ne trouve plus que dans les musées ne pouvaient à l’évidence pas être toutes alimentées par la modeste éolienne installée. Au moins le journaliste concède-t-il que la faiblesse de la batterie ne permettrait pas d’alimenter la cuisinière électrique qui plairait à la fermière.

 

Le fermier, lui, est sensible à l’idée d’être un maillon dans la chaîne des utilisateurs du vent :

 

"Nos grands-pères utilisaient le vent pour broyer le grain, nos pères, pour monter l’eau ; à notre stade nous en sommes à fabriquer de l’électricité avec application immédiate aux besoins de la maison et de la profession. Qu’inventerons nos fils ?"

 

Des projets d’invention, l’ingénieur Pierre Gane n’en manque pas.

 

Pierre Gane, l’ingénieur.

 

Quand Pierre Gane a-t-il commencé à s’intéresser à l’électricité et aux éoliennes ? En 1943, on le dit occupé à en construire à Quimper en faisant travailler des réfractaires au S.T.O. et en se débrouillant pour trouver les matériaux. ( Cahier d’éole n° 2 page 13). Deux mille machines, dont beaucoup exportées, auront ainsi été fabriquées par Enag dans le demi siècle qui a suivi.

 

L’éolienne qu’il installe à Landudal doit être proche de ses premiers prototypes.

 

En 1948, on sait que cinq de ses éoliennes ont été choisies pour équiper des maisons forestières à Châlons-sur-Marne.

 

"L’éloignement de la majorité de nos Maisons Forestières crée, dans les circonstances économiques actuelles, une impossibilité pratique absolue d’envisager leur électrification par l’Électricité de France.

En effet, les dépenses occasionnées par l’électrification des « écarts » se montent à un ou plusieurs millions dès que les distances sont de l’ordre de 1 à 2 km., ce qui représente cependant des éloignements courants pour des logements forestiers...

 

Notre attention fut alors attirée sur la solution éolienne, par un de nos agents qui eut l’initiative de procéder à l’installation d’une éolienne sur son logement (Maison forestière appartenant aux Hôpitaux- Unis de Châlons-sur-Marne).

 

Réalisée à l’époque pour une dépense relativement peu élevée (70.000 francs en 1946), cette installation fonctionna un an avec la plus complète régularité. Il s’agissait d’une éolienne 12 volts du type « Enag », placée au sommet d’un épicéa de 32 à 35 m. de hauteur, équipée d’une simple batterie d’auto de 12 volts.

Encouragés par cette expérience, nous avons donc proposé et pu réaliser en 1948, 5 installations d’éolienne « Enag », en vue d’assurer l’électrification de 5 maisons forestières doubles ou simples." (REVUE FORESTIÈRE FRANÇAISE)

 

Les responsables des maisons forestières font à cette occasion mention d’une méthode de stockage de l’énergie éolienne se substituant éventuellement aux batteries :

 

"La génératrice envoie le courant dans un bac d’eau, l’électrolyse de l’eau donne : à l’anode de l’oxygène, à la cathode de l’hydrogène. Ces deux gaz sont emmagasinés automatiquement sous pression.

 

L’oxygène peut être vendu sur la base de 25 francs le mètre cube à la production ; l’hydrogène sert à actionner un moteur à gaz pauvre qui, aux heures d’accalmie, entraîne la génératrice, assurant ainsi la continuité de la production de l’électricité."

 

L’idée n’est pas irréaliste. Elle fait partie des solutions proposées par de savantes études contemporaines.

 

Voir encore :

 

 

Un lecteur nous communique que Pierre Gane avait équipé la première expédition de Paul Emile Victor en Terre Adelie d'au moins une éolienne. Par ailleurs à la fin des années 70 et au début des années 1980 il avait mis au point et réalisé une voiture électrique d'une autonomie de 400KM avec des vitesses de l'ordre de 110 à 120 km/H : il avait réussi à réduire la taille des batteries et commençait à envisager un réseau permettant de changer les batteries pour faire le plein. Il existait au moins deux voitures électriques conçues par Pierre Gane en état de marche. Une à Quimper et l'autre dans les Landes où il avait un client un général en retraite qu'il avait équipé d'une Turbine pour recharger sa voiture. 

 

 

Après Plogoff, les éoliennes, on y croyait !

 

 

Faire de la Bretagne une vitrine des énergies renouvelables, nous en avons rêvé après la victoire de Plogoff. Les éoliennes ENAG y auraient eu leur rôle pour peu que cette activité industrielle ait été encouragée.

 

La création du "Centre national d’essais éoliens de Lannion" en 1983 (voir la vidéo de son inauguration) avait suscité un véritable espoir suivi d’une vraie déception quand il a été fermé en 1989.

 

1998 :  Fondateur de la société ENAG Pierre Gane n'est plus.


le Télégramme

 

Il était malade depuis l'été dernier. Il s'est éteint dans la nuit de jeudi à vendredi à son domicile de la cité Kerguélen à Quimper. Il venait d'avoir 94 ans, puisqu'il est né le 22 janvier 1904 à Eymoutiers (Haute Vienne) près de Limoges, tout comme son épouse, née Jeanne Champeaux, disparue l'année dernière.

 

Pierre Gane était arrivé à Quimper avant-guerre. Il faisait du cinéma ambulant dans les salles de danse. A Quimper, son point de chute était l'hôtel Moderne où, finalement, en 1936, il ouvrit une vraie salle de projection qu'il baptisa le Rex, puis le Korrigan, 20 ans plus tard, à l'occasion de travaux de rénovation. Après-guerre, il créa le Cornouaille, au dernier étage duquel il installa son appartement, cité Kerguélen.

Mais Pierre Gane était plus qu'un exploitant de salle de cinéma. Inventif et infatigable, en 1946, il ouvrit un atelier d'électro-mécanique, rue de Pont-l'Abbé, à la hauteur de la rue Bourg-lès-bourgs. Cette entreprise, qu'il baptisa ENAG, anagramme de GANE, connut vite le succès et c'est une usine qu'il fallut bientôt construire. Elle employa jusqu'à plus de 80 salariés.

 

La société ENAG fournissait la Marine et l'Aviation. Celle là même que Pierre Gane céda en 1984, à 70 ans, au repreneur qui l'exploite encore aujourd'hui. Homme indépendant, épris de liberté, Pierre Gane se flattait d'être le seul patron quimpérois d'importance adhérent d'aucune organisation patronale et sans syndicat dans son entreprise.

 

Autre facette de l'industriel quimpérois, l'élevage de chevaux de course dans sa ferme de Fao Glaz à Plonéour-Lanvern. Il n'y a pas si longtemps encore il en possédait une vingtaine. Plusieurs de ses pur-sang connurent des succès flatteurs sur les champs de course. Son meilleur crack avait été baptisé Fao Glaz.

 

Toute une époque ! Mais n'est-ce pas une autre époque qui s'en va avec ce Limougeot qui aura vécu les deux tiers du siècle à Quimper ? Les obsèques de Pierre Gane seront célébrées lundi à 14 h à Saint-Corentin. Son corps sera inhumé au cimetière Saint-Louis où reposent déjà son épouse, ainsi que son fils qu'une maladie emporta dans son jeune âge. Pierre Gane, à 90 ans, continuait de cultiver sa passion pour les chevaux dans sa ferme de Fao Glaz à Plonéour-Lanvern.

 

ENAG aujourd’hui.

 

D’autres repères viendront peut-être, par la suite, nous permettre d’en savoir un peu plus sur Pierre Gane. Une chose est certaine : l’aventure ENAG s’est poursuivie.

 

"Forte de plus de 60 ans d’expérience, ENAG innove, conçoit et réalise des produits destinés à la conversion d’énergie statique et dynamique."

 

 

"Un peu d’histoire...

 

1946 Naissance d’ENAG (anagramme du nom de son fondateur, Pierre Gane).

 

2009 Déménagement des sociétés ENAG et CRISTEC dans une usine neuve, nettement plus grande et facile d’accès, en zone industrielle de Kerdroniou Est à Quimper."

 

Des éoliennes aux hydroliennes.

 

C’est une des génératrices Enag qui a équipé le premier essai d’hydrolienne dans l’Odet.

 

 

Voir encore en Juin 2015

Cet été, une partie de l’électricité de l’île d’Ouessant sera produite par l’hydrolienne Sabella D10 immergée dans le Fromveur. Une première nationale !


 

voir aussi :

 

Le jour où l’électricité est arrivée dans le Finistère.

 

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Voir encore :

Avel kentoc’h eget gaz.

 

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Décembre 2017.  Quimper. La société Enag met le train sur pile (Le Télégramme

 

L'entreprise quimpéroise Enag, spécialisée dans la conversion d'énergie, a développé un système de traction sur batterie pour locomotives.

 

Une innovation qui pourrait permettre aux trains de circuler sur des tronçons non électrifiés, sans utiliser de diesel.

 

 

 

Imaginons un train, qui, sur une portion du réseau non électrifiée, pourrait circuler sans faire tourner son moteur diesel, sans bruit ni pollution. L'entreprise quimpéroise Enag, pionnière, depuis 1946, dans la conversion d'énergie l'a fait. En moins d'un an, elle a mis au point un système de traction alimenté par batterie pour les locomotives diesel. « Un opérateur qui réalise des travaux sur les voies, dont je ne peux pas encore dévoiler le nom, nous a commandé un train de travaux à propulsion hybride », annonce Henri Le Gallais, le président d'Enag.

 

Pour l'instant, une seule unité est sortie des ateliers de fabrication, situés zone de Kerdroniou à Quimper (29), pour un montant « inférieur au million d'euros ». Elle débutera, lundi, sa deuxième session de certification pour une mise en service en janvier prochain. Le système, composé d'une batterie lithium ion, d'une armoire de commande, d'un moteur électrique et d'une prise à quai, équipe une locomotive de travaux, destinée à tracter les trains contenant le matériel : grues, ballasts, rails, traverses... « Lors d'un chantier sur voie, les caténaires sont coupées, la locomotive est donc obligée d'utiliser la traction au diesel. Cela pose des problèmes, notamment dans les tunnels, à cause des émissions de gaz, et dans les zones urbaines où le moteur produit des nuisances sonores », poursuit celui qui a pris la direction de la société en 2014.

 

 

 

 

 

Expérience en milieu hostile

Avec ce système, les locomotives pourront circuler une heure, à une vitesse d'environ 10 km/h, le moteur électrique délivrant une puissance de deux fois 250 kW. Suffisant pour passer tous les types de pentes et « arracher » le train, terme utilisé pour désigner sa mise en mouvement. Quatre procédés sont utilisés pour charger la batterie : le branchement électrique à quai, le freinage, l'alternateur du moteur diesel et un groupe électrogène. « Le système est parfaitement autonome, le conducteur ne doit pas avoir à le gérer, c'est tout l'intérêt ».

 

Pour cette quasi-innovation - « à ma connaissance il y a déjà eu quelques trains hybrides, fabriqués par des géants comme Alsthom » - la « petite » entreprise de 90 salariés a pu s'appuyer sur une solide expérience dans la conversion d'énergie en milieu sévère. Déjà, en 1950, Enag fournissait une éolienne à l'explorateur français Paul-Émile Victor pour son expédition polaire au Groënland. Depuis les innovations se sont succédé dans le monde ferroviaire, maritime ou de la défense. « Nous avons réalisé la propulsion hybride des deux nouveaux patrouilleurs commandés par l'État pour la Guyane ». Au moment d'imaginer l'avenir de la batterie pour train, Henri Le Gallais avoue « ne pas avoir encore étudié le marché », mais une société suisse pourrait déjà être intéressée.


 

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 07:30

 

Créé en 1928 dans la maison située à Poleymieux, près de Lyon, où André-Marie Ampère (1775-1836) passa sa jeunesse, le musée de l'électricité regroupe des documents sur sa vie et celle de sa famille ainsi qu'une importante collection de tous objets ayant rapport à l'invention de l'électricité et son histoire.

 

La maison d'Ampère.

 

 

La maison et le musée.

 

 

Bouteilles de Leyde.

 

 

Machine de Ramsden.

 

Voir aussi :

 

De l'aimant à l'électroaimant

L'ampère et l'histoire des unités électriques.

 

Un portrait de Ampère par Edgard Maxence

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 08:39

Le soir du 8 novembre 1895, Röntgen place divers objets entre une plaque photographique et la source de rayonnement et il se rend compte qu'ils ont une transparence variable. Il expérimente ensuite avec la main de son épouse placée sur le parcours des rayons. Au développement, il s'aperçoit que l'image est l'ombre des os de la main de son épouse, son alliance y étant visible. Les os sont entourés d'une pénombre qui représente la chair de la main, la chair est donc plus perméable aux rayons. C'est le premier « Röntgenogram ». À la suite d'autres expériences, Röntgen constate que les nouveaux rayons sont produits par l'impact des rayons cathodiques sur un objet matériel. Parce que leur nature est encore inconnue, il leur donne le nom de « rayons X».

 

France Inter. Les oubliettes du temps.

 

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 09:42

 

Une série de textes pour en parler.

 

Paris 1900. Le Palais de l'électricité. Thierry Paquot.

 

Paul Morand se souvient de sa visite, il avait douze ans, « On est saisi d’un
vertige mondial ; on marche de surprise en surprise ; on tient l’univers dans
sa main ; on se trouve pris dans un réseau d’évocations mythiques, de mo-
numents impossibles, dans un maelström de progrès, dans une étreinte d’al-
liances, parmi les cacophonies de diphtongues bizarres, de mots indéchif-
frables »
 
                On y trouve tout, mais le bâtiment qui a, semble-t-il, marqué le
plus l’esprit des contemporains est le Palais de l’Électricité. Après les pa-
villons des divers pays qui rivalisent d’ingéniosité et d’excentricité, les
stands des industries ou encore les nombreuses attractions, « c’est alors, écrit
Paul Morand, que retentit un rire étrange, crépitant, condensé : celui de la
Fée Électricité ; autant que la Morphine dans les boudoirs de 1900, elle
triomphe à l’Exposition ; elle naît du ciel, comme les vrais rois. » Mais qu’est-
ce que l’Électricité (avec un « e » majuscule, s’il vous plaît !) ? « Elle est le
progrès, la poésie des humbles et des riches ; elle prodigue l’illumination ;
elle est le grand Signal ; elle écrase, aussitôt née, l’acétylène. À l’Exposition,
on la jette par les fenêtres. Les femmes sont des fleurs à ampoule. Les fleurs
à ampoule sont des femmes. » Mais encore ? « L’Électricité, on l’accumule,
on la condense, on la transforme, on la met en bouteilles, on la tend en fils,
on l’enroule en bobines, puis on la décharge sous l’eau, sur les fontaines, on
l’émancipe sur les toits, on la déchaîne dans les arbres ; c’est le fléau, c’est
la religion de 1900. » Le jeune Paul Morand est tourneboulé par tant de force,
de mystère, d’immatérialité qui se dégagent de cette si nouvelle énergie. Certes,
en 1881, se tenait à Paris, l’Exposition Internationale d’Électricité, fréquentée
par 900 000 visiteurs, mais en vingt ans les améliorations des divers procé-
dés qui produisent et diffusent de l’électricité se sont considérablement so-
phistiqués, de même que se sont démultipliés ses différents usages, et mal-
gré un climat relativement constant d’électromania, l’Exposition de 1900
va l’imposer comme symbole suprême du Progrès et de la Modernité.
 
 
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à voir au musée d'Orsay

 

Situé à l'extrémité de l'esplanade du Champ de Mars, en face de la tour Eiffel, le palais de l'Electricité était le "clou" de l'Exposition universelle de 1900. Oeuvre d'Eugène Hénard, architecte et théoricien connu pour ses projets de transformation de Paris, le palais abritait dans son hall de fer et de verre diverses applications de l'électricité. Il servait également à alimenter les autres pavillons. Dans l'Annuaire de l'Exposition de 1900, on peut d'ailleurs lire : "Que le palais de l'Electricité vienne, pour une cause ou pour une autre, à s'arrêter et, toute l'Exposition s'arrête avec lui […]. Dans le palais de l'Electricité se fabrique, en effet, toute l'énergie nécessaire à l'éclairage et à la marche des organes divers de l'Exposition".

Le gigantesque château d'eau de l'architecte Edmond Paulin faisait office de façade. Il s'agissait d'un étonnant décor découpé et aérien : "un diadème, un éventail ouvert, la queue d'un paon faisant la roue". De son centre jaillissait une immense cascade, tandis qu'au sommet dominait Le Génie de l'électricité, une statue haute de plus de six mètres. La nuit, cet ensemble scintillait de milliers de feux multicolores.

Cette étonnante construction a reçu l'approbation du ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes en 1898 par l'intermédiaire de ce dessin. Il nous transmet l'état définitif des deux palais.

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Dans la revue La Nature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Camille Saint-Saëns : cantate "Le Feu Céleste"

 

 

Une commande pour l'exposition de 1900

 

Tout est conquis dans la Nature ;

Au ciel restait à conquérir

La flamme redoutable et pure ,

Le feu qui fait vivre et mourir !

Aigle s'envolant de son aire

Volta lui ravit le tonnerre

Et l'apporte à l'Humanité.

Par lui la foudre est enchaînée

Et s'appelle Electricité.

 

(Armand Sylvestre)

 

 

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 09:48

17

 

 

Maquette du dirigeable Trouvé-Tissandier ( La Nature , 13 août 1881, p. 169)

 

Nous avons plusieurs fois rencontré Gustave Trouvé dans nos articles sur l'histoire de l'électricité. En particulier dans celui consacré à l'exposition internationale de Paris en 1881.

 

A l'occasion du 110ème anniversaire de sa mort, l'Académie de Touraine publie, sous la plume de Jacques Cattelin, un article qui pose la question : Gustave Trouvé ne serait-il pas l'Edison Français ?

 

Voir le texte de la communication

 

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6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 08:35

Salon de l'automobile, octobre 2014. Ségolène Royal, ministre de l'écologie, est venue y faire la publicité de la voiture électrique. "J'avais un temps d'avance" affirme-t-elle, parlant de son expérimentation en Poitou-Charentes.

 

Un temps d'avance ? Vraiment ? Retour en 1881.

 


Les expositions internationales constituent ces grands rendez-vous du 19ème siècle entre les états du monde "développé". Chacun y expose sa puissance technique et économique dans une rivalité qui s’affirme vouloir n’être que "pacifique". L’électricité y prend naturellement toute sa place. C’est le cas à Londres en 1862, à Paris en 1867 et 1878, à Vienne en 1875 et à Philadelphie en 1876. Mais l’exposition de 1881, à Paris, est une innovation.

 

Initiée par Adolphe Cochery (1819-1900), ministre des Postes et Télégraphes, c’est la première fois qu’une exposition internationale est entièrement consacrée à l’électricité et à ses applications. Cette rencontre prendra une importance particulière avec l’organisation, pendant l’exposition, du premier congrès international des électriciens.


Les moteurs électriques y sont spectaculairement illustrés par leur application à la locomotion. Le premier Tramway électrique fait ainsi son apparition à Paris. Il circule entre la place de la Concorde et le Palais de l’Industrie. Avec le téléphone et les lampes à incandescence c’est la plus belle attraction de l’exposition.

 


 

Premier tramway électrique à Paris

 

Visionnaire, Edouard Hospitalier imagine dans la revue La Nature (1882, premier semestre)  l’usage à venir des accumulateurs dans des véhicules électriques individuels :

 

"Les études sont dirigées aujourd’hui du côté des accumulateurs, et l’on peut espérer que, on sera arrivé à les construire assez légers pour pouvoir faire fonctionner des véhicules pendant quelques heures à l’aide de l’électricité emmagasinée. Il sera facile alors d’établir en certains points de la capitale de véritables relais où l’on viendra recharger les accumulateurs en les branchant sur la canalisation générale de la distribution. On aura ainsi réalisé le cheval de fiacre électrique et la nourriture électrique.

 

Nous n’en sommes pas encore là au point de vue de la pratique, mais combien d’années encore cette utopie mettra-t-elle à devenir une réalité."

 

Combien d’années ? E. Hospitalier, comme ses contemporains, était certain que l’électricité était l’énergie de leur avenir et avec elle la locomotion électrique. (voir l'histoire des voitures électriques)

 

C’était compter sans le pétrole dont on commençait seulement à imaginer l’usage possible dans ces moteurs à explosion dont le premier brevet avait été déposé par les frères Niépce en 1807 à un moment où ils qui ne disposaient pas encore du combustible idéal (leur prototype fonctionnait à la poudre de lycopode, spores d’un champignon). Un siècle plus tard, effet de serre et épuisement des ressources combinés, l’idée de la voiture électrique intéresse à nouveau pouvoirs publics et industriels.

 

Encore faut-il que la production d'électricité ne soit pas elle même source de pollution. Or dans le même temps où la ministre de l'écologie faisait la promotion de la voiture électrique, elle déclarait son attachement aux centrales nucléaires qu'elle considérait comme "un acquis et un atout" considérant par ailleurs que "le nucléaire est le socle de la politique énergétique de notre pays".

 

La voiture électrique ne serait-elle alors qu'un alibi pour la poursuite de la politique nucléaire de la France ?

 

 

 

Au siècle de l'avant pétrole, la "transition énergétique" vers l'électricité signifiait la sortie du tout-charbon et le recours aux énergies issues de la "Nature", celles qu'aujourd'hui, dans notre époque marchande, nous désignons comme "renouvelables".

 

Louis Figuier, rendant compte de l’exposition de 1881 dans L’année Scientifique de 1882, expose ses propositions : utiliser les énergies des chutes d’eau, des marées, des fleuves.

 

"Créer de l’électricité par la force primitive, transporter cette électricité à distance au moyen d’un fil, et à cette distance changer de nouveau cette électricité en mouvement… des forces naturelles aujourd’hui perdues pourraient être utilisées en les transportant à une distance plus ou moins grande.

 

Il y a par exemple, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les Apennins, dans les Andes, d’immenses chutes d’eau qui pourraient produire de grands effets mécaniques, et qui sont perdues parce que l’on n’a pas le moyen de les utiliser sur place. Transportez cette force du pied des Alpes, par exemple, jusque dans une usine située à 20 ou 30 kilomètres, et vous disposerez ainsi d’une puissance qui était perdue, qui ne sera pas assurément gratuite, mais qui sera un accroissement de votre énergie mécanique.

 

Les marées sont une force naturelle immense, mais dont on ne peut tirer parti sur les rivages de l’océan. Transformez en électricité, au moyen d’une machine dynamo-électrique, la force mécanique de l’influx marin recueilli sur les côtes, et transportez au loin cette électricité… et vous aurez tiré parti d’une force naturelle qui jusqu’ici n’a jamais pu être utilisée sérieusement…

 

La roue d’un modeste moulin peut même être employée à produire de l’électricité, et cette électricité transporter au loin l’énergie mécanique de la chute d’eau"

 

Nous trouvons dans cette énumération une grande partie des énergies renouvelables que nous exploitons aujourd’hui ou que nous souhaitons exploiter dans l’avenir. En y ajoutant l’énergie du vent et surtout l’énergie solaire on aura complété la panoplie des alternatives aux énergies fossiles qui constitueront une part essentielle de notre futur.


 

Mais pour en revenir à la locomotion, plutôt que de développer un nouveau moyen de déplacement individuel à coup de subventions publiques (1), sans doute faudrait-il consacrer celles-ci en priorité à l'amélioration et au développement des transports collectifs moins coûteux en énergie et à l'isolation de l'habitat.

 

(1) Voir de Hervé Kempf : Loi sur l’énergie : un cadeau de 40 milliards d’euros au lobby de l’auto électrique.

 

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On parle des premières voitures électriques, du règne du tout pétrole et de transition énergétique dans :

 

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

JPEG - 77.7 ko

Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…
 

Coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole.

 

Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?

 

 

 

 

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12 août 2014 2 12 /08 /août /2014 18:27

Volta a réservé la primeur de sa découverte de la pile électrique à la Royal Society.

 

Sa lettre du 20 mars 1800 adressée à Joseph Banks parvient à Londres dans les premiers jours d’avril et, avant même sa publication officielle en juin, est communiquée aux membres de la compagnie. Dès lors chacun s’emploie à reproduire les expériences décrites et à en imaginer de nouvelles.


Parmi les premiers auditeurs, un chirurgien, Anthony Carlisle est très attentif à l’invitation expresse de Volta : rechercher tout ce que la pile, "organe électrique artificiel" comparable à celui des poissons torpilles, peut apporter à la médecine et à la physiologie.

 

Des monnaies d’argent, des rondelles de zinc et des rondelles de carton imprégnées d’eau salée lui permettent de monter une colonne de 17 couples. Avec son ami Nicholson, physicien averti, il se propose d’abord de vérifier la polarité de son montage à l’aide d’un électroscope et du condensateur à plateau de Volta. Voulant améliorer le contact entre le fil relié à l’un des pôles de la pile et le plateau du condensateur de l’électroscope, il dépose sur celui-ci une goutte d’eau dans laquelle il plonge le fil.

 

Bons observateurs, les deux amis ne manquent pas de remarquer, autour du fil, un dégagement de fines bulles d’un gaz dont l’odeur leur fait soupçonner qu’il s’agit d’hydrogène. L’eau serait-elle décomposée par le fluide électrique ? Le 2 mai de l’année 1800, ils le vérifient en reliant les deux pôles de la pile à un tube de verre de 30 centimètres de longueur et de quinze millimètres de diamètre, rempli d’eau de source et fermé par deux bouchons de liège traversés par un fil de cuivre.

 

Le tube est vertical, son électrode inférieure est reliée à la plaque d’argent, l’autre à la plaque de zinc. Dans un premier temps rien ne se passe. On rapproche les fils de cuivre et quand ils ne sont plus distants que de cinq centimètres :

 

"une longue traînée de bulles excessivement fines, s’éleva de la pointe du fil inférieur de cuivre qui communiquait avec le disque d’argent, tandis que la pointe du fil de cuivre opposé devenait terne, puis jaune orangé, puis noire".

 

Après deux heures et demie de ce fonctionnement, le sommet du tube contenait environ un demi-centimètre cube d’un gaz qui, en détonnant avec un mélange d’air, se révélait être de l’hydrogène. La base du tube recevait pour sa part un dépôt filamenteux tombant du fil supérieur et qui se révélait être de l’oxyde de cuivre. On pouvait soupçonner que ce composé était le résultat d’une combinaison du métal avec l’oxygène issu de la décomposition de l’eau. Pour le vérifier il suffisait de remplacer le cuivre par deux fils d’un métal inoxydable comme le platine. Ce qui fut fait.

 

Comme espéré, un dégagement de gaz se développa, alors, sur chaque électrode. En modifiant le montage il était possible de les recueillir séparément et de constater que le premier était de l’hydrogène et le second de l’oxygène. Possible aussi de mesurer leur volume et de retrouver les proportions établies par Lavoisier pour la composition de l’eau.

 

Par le moyen de l’étincelle électrique, Lavoisier avait provoqué la synthèse de l’eau. Par l’usage de la pile électrique Nicholson et Carlisle en avaient donc réalisé la décomposition.

 

Etait-ce si simple ? L’expérience reprise dans toute l’Europe scientifique donnait lieu à débat. L’eau était-elle réellement le corps décomposé ? Les problèmes soulevés sont nombreux :

 

- A l’évidence une eau additionnée de certains acides ou de certains composés alcalins donne de bien meilleurs résultats que l’eau pure. Le corps dissout ne pourrait-il pas être l’agent essentiel de l’apparente décomposition ?

 

- De l’eau soigneusement distillée continue à être décomposée mais le phénomène n’est-il pas lié à la dissolution, dans cette eau, de l’air ou même de la matière du récipient qui sert à l’expérience ?

 

Rapidement, l’interprétation de l’électrolyse d’une solution aqueuse apparaît comme étant extrêmement complexe. Mais cette complexité est plutôt stimulante pour la nouvelle génération de chimistes européens formée à l’école des Priestley, Cavendish ou Lavoisier. Parmi ceux-ci Humphry Davy.

 

Humphry Davy (1778-1829).

 

Davy a vingt deux ans quand il prend connaissance des travaux de Volta. Il est alors le collaborateur du docteur Beddoès qui dans "l’institution pneumatique" qu’il a fondée à Boston, étudie les propriétés anesthésiantes du protoxyde d’azote identifié par Priestley vers 1774.

 

Chimiste dans un établissement qui se livre à des recherches médicales, c’est donc en chimiste qu’il aborde le problème de l’électricité "galvanique". Dès sa première publication du 26 octobre 1800, avec la hardiesse propre à la jeunesse, il met à mal la théorie de Volta. Le phénomène, dit-il, n’est pas le résultat d’une différence dans la "tension électrique" propre à chaque métal. Ayant constaté l’oxydation du zinc pendant le fonctionnement de la pile, il en déduit que "le galvanisme est un procédé purement chimique" qui "dépend entièrement de l’oxydation de surfaces métalliques".

 

Il constate ensuite que "si les plaques de zinc sont humectées avec de l’eau pure, la pile n’agit pas" mais que l’action de la pile est infiniment plus puissante quand on emploie de l’acide nitrique :

 

" Cinq couples avec de l’acide nitrique donnent des étincelles égales à celles de la pile ordinaire ; avec vingt couples la secousse est insupportable."

 

Volta n’avait attribué, au liquide imbibant ses rondelles de carton, que le rôle modeste d’un conducteur. Il lui faudra à présent admettre que le moteur de sa découverte se trouvait dans ce "détail" expérimental. C’est, en réalité, l’action chimique du liquide employé qui est essentielle. Après une suite d’observations heureuses mais d’interprétations erronées était venu le temps de "l’électrochimie".

 

De cette nouvelle conception allaient sortir d’autres modes de construction des appareils "électromoteurs". Cruikshank, collaborateur de Carlisle et Nicholson choisit de rendre horizontale la pile verticale. Dans une boîte de bois recouverte d’un vernis isolant, il place des plaques rectangulaires de cuivre et de zinc glissées dans des rainures aménagées dans la boîte et scellées au mastic. Les couples délimitent ainsi des cases régulières dans lesquelles est versée la solution conductrice choisie. On peut ainsi associer un nombre important de plaques de grande surface.

 

Certainement aurait-il été plus judicieux de conserver pour ce nouveau montage le terme "d’électromoteur" proposé par Volta, mais on continuera, comme aujourd’hui encore, à nommer "pile" cette construction qui n’en est plus une.

 

Ces piles d’un nouveau style ont des effets prodigieux. Celle de Pepys construite en 1802 comporte soixante paires de plaques carrées, zinc-cuivre, de six pouces de côté, plongeant dans une solution d’acide nitrique. Le courant obtenu fait fondre des fils de fer ayant jusqu’à trois millimètres de diamètre. La même année Davy en fait construire une qui exigeait d’être manipulée avec de nombreuses précautions. Elle se compose de quatre cents paires métalliques de cinq pouces carrés associées à quarante paires de un pied carré. Ce sont plusieurs centaines de volts qui sont ainsi disponibles entre ses pôles !

 

Son appareil construit, Davy se met au travail et livre ses premiers résultats le 29 décembre 1806 lors d’une lecture faite devant la "Royal Society". Après avoir étudié dans le détail l’expérience dite de "décomposition de l’eau", il s’attaque à l’action de la pile sur les solutions acides, alcalines ou salines.

 

Cherchant à décomposer la potasse et voulant éliminer l’influence de l’eau, il parvient à électrolyser le corps en fusion. Il voit alors apparaître, au pôle négatif, de petits globules, semblables à du mercure, et qui, très oxydables se recouvrent rapidement d’une couche terne.

 

Une course aux nouveaux éléments.

 

Davy vient de découvrir un métal nouveau auquel sera donné le nom de potassium. Il donne ainsi le départ d’une course à la recherche de nouveaux éléments. Lui-même découvre rapidement le sodium, le baryum, le strontium et le calcium.

 


Le laboratoire de Davy (Louis Figuer, Les Merveilles de la Science)


 

La renommée de Davy gagne le continent et, en 1808, l’Institut français des Sciences trouve enfin le successeur de Franklin et Volta et lui attribue le prix fondé par le Premier Consul et qui n’avait, jusqu’à présent, pu être attribué faute de candidat sérieux.

 

Cette réussite anglaise incite aussi Napoléon à faire construire au sein de l’école polytechnique une pile gigantesque de 600 couples cuivre/zinc de neuf décimètres carrés pour chaque plaque. L’ensemble avait 54 mètres carrés de surface et fut mis à la disposition des chimistes Gay-Lussac et Thénard.

 


La grande pile de l’Ecole Polytechnique (1813) (Louis Figuier, Les Merveilles de la Science)


 

Les Anglais ne voulant pas être en reste, une souscription permettait de construire, pour Davy, une nouvelle pile encore plus puissante. D’un type imaginé par Wollaston, elle associait deux cents éléments de dix plaques chacun associés en batterie soit un total de deux mille plaques. Trois fois plus que la pile de l’école polytechnique.

 


La pile de Wollaston construite en 1807 et utilisée par Davy (Louis Figuier, Les Merveilles de la Science)


 

Avec ce dispositif Davy découvrait l’arc électrique. En reliant les pôles de la pile par des charbons taillés en pointe, il observe la naissance d’une étincelle à l’éclat incomparable quand on approche ces deux pointes de quelques millimètres. En écartant ensuite les charbons on obtient un "arc" de plusieurs centimètres. La lumière obtenue peut, la nuit, éclairer, d’une lumière de plein jour, une pièce obscure. La chaleur de l’étincelle est suffisante pour volatiliser toute matière, aussi réfractaire soit-elle. Et ne parlons pas de la certitude d’être foudroyé si par inconscience on touchait, à la fois, les deux pôles de cette batterie.

 

La pile de Volta et ses premières applications ont totalement bouleversé la science électrique. La voie ouverte n’a rien à voir avec les approches passées. Finis les tubes et les sphères que l’on frotte pour observer des phénomènes que seuls les meilleurs manipulateurs sont capables d’obtenir. Il suffit d’une solution de sel ou d’acide et de plaques de métal réunies dans un montage à la portée de chacun pour obtenir des effets prodigieux.

 

Il est difficile d’imaginer que l’électricité n’a, pourtant, encore révélé qu’une modeste partie de son pouvoir. Et pourtant…


On peut trouver un développement de cet article dans ouvrage paru en septembre 2009 chez Vuibert : "Une histoire de l’électricité, de l’ambre à l’électron"

 

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Voici un ouvrage à mettre entre toutes les mains, celles de nos élèves dès les classes de premières S et STI de nos lycées, et entre les mains de tous les futurs enseignants de sciences physiques et de physique appliquée (tant qu’il en reste encore !).

 

L’auteur est un collègue professeur de sciences physiques, formé à l’histoire des sciences, et formateur des enseignants en sciences dans l’académie de rennes. Bref quelqu’un qui a réfléchi tant à l’histoire de sa discipline qu’à son enseignement et sa didactique, et cela se sent.  Le style est fluide et imagé, bref plaisant au possible...

 

...voici donc un bon ouvrage permettant de se construire une culture scientifique sans l’âpreté des équations de la physique.

 

extrait du commentaire paru dans le Bulletin de l’Union des Physiciens.

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