26 décembre 2020
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Lorsque l’on visite le magnifique musée de l’électricité qui a été aménagé dans la propriété qu’André-Marie Ampère possédait à Poleymieux -aux pieds des Monts d’Or et à quelques lieues de Lyon - on remarque, dans la salle consacrée à l’illustre savant et à sa famille, une plaque sur laquelle figure la mention suivante :
« Le jeune André-Marie AMPERE n’est jamais allé à l’école : guidé par son père, il s’est instruit lui-même à Poleymieux ».
Pour en juger, le mieux est de parcourir l'autobiographie de Ampère publiée sur le site Ampère/CNRS.
André-Marie Ampère naquit à Lyon le 20 janvier 1775 de Jean-Jacques Ampère, négociant, et de
Jeanne-Antoinette de Sutières-Sarcey. Son père qui n'avait jamais cessé de cultiver la
littérature latine et française, ainsi que plusieurs branches des sciences, l'éleva lui-même
dans une campagne voisine de la ville où il était né. Jamais il n'exigea de lui d'étudier quoi
que ce soit, mais il sut lui inspirer un grand désir de savoir. Avant de pouvoir lire, le plus
grand plaisir du jeune Ampère était d'entendre des morceaux de l'Histoire naturelle de Buffon, il
demandait sans cesse qu'on lui lût l'Histoire des animaux et des oiseaux dont il avait appris
depuis longtemps tous les noms en s'amusant à en regarder les figures. La liberté qu'on lui
laissait de n'étudier que quand il lui plaisait de le faire fut cause que, quoiqu'il sût épeler
depuis longtemps, il ne lisait point encore, et c'est en s'exerçant seul à comprendre l'Histoire
des oiseaux qu'il apprit enfin à lire couramment. Bientôt la lecture des livres d'histoire et des pièces de théâtre qu'il trouvait dans la bibliothèque de son père l'attacha autant que
celle de Buffon. Il se passionnait pour les Athéniens et les Carthaginois et prenait en haine les
Lacédémoniens et les Romains, quand il les voyait subjuguer ou détruire les peuples qu'il
affectionnait. Il prenait un singulier plaisir à apprendre des scènes entières des tragédies de
Racine et de Voltaire et à les réciter en se promenant seul. Les sentiments que ces lectures
développaient en lui s'exaltaient par ce qu'il entendait raconter des évènements de la guerre que
l'Angleterre et la France se faisaient alors au sujet de l'indépendance des États-Unis.
Son père qui connaissait et parlait même la langue de Virgile aussi bien que l'aurait pu faire le
plus habile professeur lui inspira le désir de l'apprendre en lui récitant souvent des vers de cet admirable poète, dont
l'harmonie charmait le jeune Ampère. Il sut bientôt assez de latin pour comprendre les auteurs qui
ne présentent pas de grandes difficultés ; mais à treize ans, les Éléments de mathématiques de
Rivard et de Mazéas étant tombés sous sa main, toute autre étude fut oubliée (2). Il s'en
occupa uniquement, et la lecture de ces deux livres fut suivie de celle de l'algèbre de Clairaut et
des traités des sections coniques de La Chapelle et du Marquis de L'Hôpital (3). Ne connaissant
personne qui eut la moindre connaissance des mathématiques, il se mit à composer un traité des
sections coniques avec les matériaux qu'il trouvait dans ces ouvrages et des démonstrations qu'il
imaginait et croyait nouvelles. Mais quand il voulut lire les articles de mathématiques de
l'Encyclopédie, il fut arrêté par l'emploi du calcul infinitésimal dont il n'avait aucune idée.
Ayant à cette époque, pendant un séjour de quelques mois que son père fit à Lyon, eu
l'occasion de voir M. Daburon, alors professeur de théologie au Collège de la Trinité de Lyon,
aujourd'hui inspecteur général des études, qui s'était beaucoup occupé de mathématiques, il
lui raconta l'embarras où le mettaient les d qu'il trouvait dans ces articles sans qu'on y eut dit
ce que cette lettre représentait. M. Daburon fut frappé de ce que le jeune Ampère avait fait sans
autre secours que les livres qu'il avait étudiés. Il eut la bonté de lui donner quelques leçons
de calcul différentiel et de calcul intégral et lui aplanit ainsi les difficultés qui l'avaient
arrêté. Son père, pénétré de reconnaissance, se lia d'une intime amitié avec M. Daburon qui
venait parfois passer quelques jours à la campagne où il avait ramené son fils. M. Daburon
dirigea les études mathématiques du jeune Ampère et lui inspira une nouvelle émulation qui
rendit ses progrès plus rapides.
Chaque année, M. Ampère passait deux mois à Lyon ; il conduisit son fils à quelques leçons du
cours de physique de Monsieur le Professeur Mollet (4). De retour à la campagne, celui-ci lut quelques
ouvrages de physique, et quelque temps après, la lecture des Lettres de Rousseau sur la botanique
lui ayant inspiré une grande ardeur pour l'étude de cette science, il partagea son temps entre les
herborisations et les calculs.
Cependant, les troubles politiques amenaient en France des évènements aussi désastreux
qu'inattendus ; la guerre civile éclata, et Lyon fut assiégé par l'armée de la Convention. M.
Ampère laissa sa famille à la campagne et se fit un devoir de ne pas abandonner ses concitoyens.
Il refusa de sortir de la ville assiégée et lorsqu'elle succomba, il fut une de premières
victimes du tribunal révolutionnaire.
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