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28 août 2026 5 28 /08 /août /2026 14:28

Gérard Borvon

 

 

Les Ecoles Normales d'Instituteurs sont une très ancienne institution aujourd'hui oubliée. Elles correspondent cependant à un moment important de la mise en place de "l'école de la république". Puisse le témoignage personnel que je livre ici en garder une trace.

 

 


 


Miracle de la photographie. Quand je fais le tour des visages de ces camarades de promotion je me rappelle, de chacun, une attitude, une mimique, une voix, un moment partagé. Et pour certains d'une vraie amitié dont la vie a rompu les fils.

 

 

Nous avions tous une chose en commun. Si nous y étions, dans cette École Normale d'Instituteurs du Finistère, c'était pour l'avoir espéré depuis nos premières années de collège ou de lycée et, pour certains d'entre nous, avoir surmonté bien des obstacles pour y parvenir. Fils de familles modestes, faire de nous des instituteurs était le rêve de nos parents et nous nous efforcions de répondre à leur désir. Nous avions été soutenus par des enseignants qui avaient eux-mêmes suivi le même chemin. Quel modèle que ces "instits" de la vielle école ! Pour nous "bons élèves" dont la docilité nous avait épargné les coups de règle sur le bout des doigts serrés en pointe et les oreilles pincées au sang, ils étaient l'idéal de ce que nous pouvions espérer pour notre avenir.   

 

 

C'était encore plus vrai pour nos parents. L'instituteur restait l'homme du peuple ayant eu la chance d'accéder au savoir et surtout à la parole qui leur manquait face à ces petits cadres qui, au travail ou dans les administrations, le leur faisait sentir. L'instituteur était celui qui n'oubliait pas ses origines et savait écouter et dire les mots justes. N'oublie pas d'où tu viens, m'a dit ma mère quand je suis rentré à l'école normale.

 

 

A une période où la pression cléricale était encore forte, l'instituteur demeurait le premier rempart de  la laïcité. En particulier dans la "terre des prêtes" du Léon finistérien où l'école laïque était désignée comme la "skol an diaoul", l'école du diable, par les milieux cléricaux. Nous avions la conscience de la mission qui nous était confiée. Nos moments de gloire, c'était quand nous défilions avec le bagad (j'y jouais de la bombarde) ou l'harmonie, aux fêtes des écoles laïques organisées tant au nord qu'au sud du département. La présence des normaliens y était attendue.

 

 

Un peu de nostalgie à ces souvenirs. Qui ne l'aurait pas en retrouvant l'exaltation de ses quinze ans ? Mais surtout le sentiment d'avoir vécu une expérience rare dont les racines plongeaient dans ce 19ème siècle, berceau de l'école laïque et républicaine, dont il ne resterait bientôt plus que des souvenirs avec la fin de notre École une dizaine d'années après que nous l'ayons quittée. Notre génération vivait encore dans la tradition de ces "hussards noirs de la république", célébrés par Charles Péguy, même si l'uniforme sombre et la casquette des premiers normaliens avaient fait place à la blouse grise de l'instit. Avec cependant, l'accessoire obligatoire : la cravate ! 

 

 

 

 

 

 

Le bâtiment qui nous accueillait en cette année 1959 n'avait pas beaucoup changé depuis l'année 1884 qui l'avait vu sortir de terre. Il abritait toujours les salles de classe, le dortoir des premières années et, suprême honneur, la salle d'étude des quatrième année, les ancêtres, qui pouvaient veiller ainsi sur le comportement des bizuths. 

 

 

Dans ce "temple du savoir" nous allions vivre les quatre années de notre adolescence. Le bâtiment principal avait été conçu pour 80 pensionnaires mais il fallait alors loger quatre promotions de soixante élèves-maîtres chacune. Un bâtiment neuf, formant aile, avait donc été ajouté. Il était consacré aux salles d'études, aux dortoirs et à une "salle des fêtes" pour les événements rituels de l'Institution, dont la cérémonie de présentation des "bizuths" à leur "famille académique". 

 

 

Ici une pause. Comment suis-je arrivé entre ces murs ? 

 

 

Après l'école primaire à la "Communauté" à Brest-Recouvrance, examen d'entrée en sixième (qui était aussi celui des "bourses" pour les familles modestes). Et oui, il y avait une sélection à l'entrée de la 6ème. D'ailleurs les instituteurs s'en étaient déjà chargés. Pour les premiers on tentait le lycée mais ce n'était pas le lieu principal d'accueil des enfants d'ouvrier, les 'bourses" y étaient moins bien dotées. Pour les suivants, le "cours complémentaire". Pour beaucoup le certif, le certificat d'études primaires, qui n'était pas une simple formalité à l'époque, et débouchait sur les centres d'apprentissage ou directement sur les chantiers (la scolarité obligatoire c'était 14 ans et on reconstruisait Brest, le travail ne manquait pas). 

 

 

Donc pour moi la sixième au lycée de "Saint Pierre", du nom du quartier, rebaptisé depuis "Amiral Ronac'h". Précision : sixième « moderne » sans latin. Le latin c'est fait pour faire des médecins ou des avocats, avait dit mon instituteur à mes parents. Un de mes regrets aujourd'hui car mes premiers centres d'intérêt étaient l'histoire et le français. J'avalais tous ces récits de grecs, de romains et d'égyptiens et adorais les "rédactions" où on pouvait donner libre cours à son imagination. Je n'en manquais pas semble-t-il. Pour les maths, peu d'attrait jusqu'à l'arrivée dans l'établissement de "Charlot Sanquer". Double casquette : "Charlot" était mon nouveau prof de maths mais aussi le chef des Eclaireurs de France que je devais tutoyer dans le civil. Charlot était aussi rigide pour les maths en classe que pour l'entretien des gamelles pendant les camps. Vieille formation d'instituteur ayant grimpé les échelons avec le manque de profs dans la discipline il savait nous enseigner les ficelles de la matière sans nous encombrer de sa philosophie. Du coup les maths me devenaient un langage accessible J'en ai gardé cette distance avec leurs aspects théoriques qui font pourtant la beauté de la matière pour celles et ceux qui savent l’apprécier et reste cependant admiratif devant ce bel outil adapté à toutes les sciences. 

 

 

Arrivé en troisième vient le BEPC, le "brevet élémentaire" premier examen et premier bachotage. Bien réussi si je me souviens bien. L'idée avait déjà germé du concours d'entrée à L'E.N mais, à quatorze ans et  une année d'avance héritée du primaire, j'étais trop jeune pour m'y présenter. Donc passage en seconde et découverte de la physique avec une jeune professeure dont je buvais littéralement les paroles. Quelle magie que ces forces qui s'exerçaient à distances et ces vecteurs qui pouvaient les représenter ! En anglais aussi, un prof rigide mais terriblement efficace. Deux matières qui resteront mes préférées à l'E.N. 

 

 

Donc l'E.N. On pouvait en préparer le concours en classe de seconde pour les volontaires. Dans ces cours j'étais rejoint par celles et ceux issus du collège des Quatre Moulins qui avaient déjà tenté le concours et avaient eu la possibilité d'intégrer une classe M' du lycée (un seule langue et des sciences en plus). De rudes concurrents et surtout concurrentes qui, pendant toute l'année, m'ont fait douter de mes chances d'être reçu, surtout avec mon orthographe défaillante. 

 

 

Vient le concours que je passe sans trop d'illusions mais aussi sans trop de pression et suit la surprise de ma réussite à l'écrit. Vient donc l'oral. Là deux problèmes. D'abord l'épreuve de musique avec l'obligation de chanter la Marseillaise et le Chant du Départ (La victoire en chantant...). Vite apprises mais par chance l'examinateur ne semble pas un fan des chants patriotiques (je reparlerai de Jean Kerloc'h). J'ai pu lui glisser ma pratique du violon et la conversation a pris un tour plus sympathique. Plus rude : la gym et l'épreuve de montée à la corde. Indispensable m'a-t-on dit. Dans tous les préaux d'école il y a une corde et un instit se doit de montrer l'exemple. Mon problème, le reste de deux fractures sévères au bras gauche et d'un bras mal rééduqué. Je n'ai jamais été capable de monter jusqu'au haut d'une corde. Je démarre donc, les pieds bien enroulés sur la corde pour me caler et, miracle de la volonté, au bout de quatre ou cinq brasses je me retrouve haut perché. La prestation est plus que moyenne, je vois quelques solides gaillards qui montent avec les seuls bras en trois ou quatre mouvements, résultat de concours dans les préaux d'écoles mais aussi de travaux dans les fermes ou sur les bateaux de pêche de leurs communes d'origine.

 

 

Les délibérations se font à la fin des épreuves et vient le moment de l'annonce des résultats. Surprise. Je suis reçu sixième sur une liste d'une cinquantaine. L'oral s'est bien passé et ma décontraction a bien joué en mathématiques et dans le commentaire de texte (un texte de Jules Renard, le cygne, dont j'avais su relever l'ironie).

 

 

Donc rentrée à l’École Normale en septembre 1959. J'ai quinze ans et je quitte le giron familial. Ma mère a préparé le trousseau obligatoire. Des curiosités sur la liste : un caleçon long que ma mère passera aux oubliettes (Allez savoir pourquoi on appellera cela un "Gay-Lussac" du nom du chimiste et on brocardera ceux qui, bien dociles, s'en seront équipés.) Ajoutez à cela une paire de sabots qui étonnent un peu le gars des villes mais qui  seront bien utiles. Dans les couloirs de l'E.N on marche en chaussons et on met ses sabots pour sortir dans la cour. Il y a surtout le costume deux pièces. Ma mère m'amène chez le dernier couturier de Kérinou pour un costume sur mesure dont elle choisit elle-même le tissu. L'habit ne fait pas le moine mais ce costume m'aura transformé. Avec cela la chemise blanche et la cravate, fini le gamin, me voilà métamorphosé. Mon père me confie la malle qui l'a suivi dans ses années Madagascar et prêt pour la rentrée. Mes parents on tenu à m'accompagner. Pour moi c'est l'impatience de la nouveauté. Ma mère me fera part plus tard de son inquiétude. Elle a repéré dans la cour d'honneur quelques anciens qui avaient peut-être un peu trop arrosé la rentrée et se demande sur quelle galère elle m'a laissé m'embarquer. Elle se trompe. Je mesure encore la chance qui m'a été donnée de les vivre ces quatre années à l'Ecole Normale d'Instituteurs.

 

 

Je pourrais, de cette période, rapporter une foule d'anecdotes. Peut-être ailleurs et plus tard. Arrive la quatrième année, le but final. Cours de pédagogie, légers si je m'en souviens. La pédagogie, on l'apprendra sur le tas pendant les stages. Il y a aussi les revues syndicales à disposition dans la salle de lecture. Celle des instituteurs, "L'école libératrice", comprend des pages pédagogiques sous formes de fiches proposées par les lecteurs. Je découvre aussi "L'école émancipée" où je trouve les travaux des enseignants pratiquant les méthodes "Freinet". Je ne sais pas encore à l'époque que c'est aussi la revue d'un courant syndical minoritaire que je rejoindrai par la suite. Nouveaux aussi les cours de morale professionnelle. Le directeur de l'E.N officie. Objectif : les droits et devoirs du fonctionnaire. Insistance particulière sur les devoirs. Devoir de neutralité d'abord. Que dire de Jeanne d'Arc en cours d'histoire ? Qu'elle a entendu des voix ? Ce serait adopter la vision religieuse. Qu'elle "prétend" avoir entendu des voix ? Ce serait la version anticléricale. Long débat sur la question dont j'ai depuis oublié la conclusion. Tout cela était consigné dans la bible des instituteurs publiée en 1923 et que nous devions acheter : le "Code Soleil", du nom de son rédacteur, que je regrette bien d'avoir égaré (Wikipédia m'apprend qu'il en existe encore une édition datée de 2000).

 

 

Mais le devoir de l'instituteur, le subalterne dans l'ordre universitaire, c'est d'abord son rapport à l'Inspecteur de l'Enseignement Primaire. Ne pas oublier l'emploi du temps qu'il faudra lui soumettre en début d'année et le cahier de classe et les fiches de préparation des leçons qu'il faudra lui montrer quand il viendra à l'improviste nous tomber sur le poil. Sur ce dernier point les vieux collègues qui nous reçoivent en stage nous donnent la ficelle. Une belle série de fiches toutes prêtes, avec les points jugés importants marqués en rouge et d'autres soulignés, pour le jour fatidique. 

 

 

Le premier acte de l'instit nouvellement nommé c'est aussi d'aller, en priorité, présenter ses respects au maire. Question vêtement, ne pas oublier le costume et la cravate dès la sortie de la classe, seule façon de se faire respecter de la population locale. Le Code Soleil comportait une partie morale professionnelle. Présence interdite au café ou dans les bals du coin.  Était-ce écrit ou s'agissait-il d'une interprétation de notre mentor, il y avait en particulier cette injonction de ne pas répondre aux avances de la servante de l'auberge qui nous aura temporairement recueilli en attendant l'installation dans le logement de fonction situé au dessus des classes. Aux filles on conseillait de se méfier du personnage local qui ne verrait rien de mieux que d'adopter la profession de "mari de l'institutrice". Par mesure de précaution de nombreux stages communs étaient d'ailleurs organisés en quatrième année entre normaliennes et normaliens. Un mariage à la sortie de l'E.N pouvait même déboucher sur un poste double faisait-on miroiter. Nous recevions tout cela avec une joyeuse ironie. Je crois me souvenir que mes copains de 63 avaient bien de l'avance sur ceux de 68. Leur initiation ils la faisaient dans les nombreux bals du sud Finistère avec comme apothéose les "gras" de Douarnenez.  
 

 

 

Et maintenant une deuxième photo. Celle de cette classe de l'école annexe de l'école normale où j'ai fait le stage qu'il me sera impossible d'oublier.

 

 

 


 

 

Au centre Jean Kerloc'h notre "maître d'application". A gauche mon copain Rudy. Et moi-même à Droite. La classe doit être un CM1. Chacune et chacun me semble revivre quand je regarde leurs visages. 

 

 

 

Jean Kerloc'h. 

 

 

Ce n'est pas un hasard si nous sommes dans sa classe. Il est le responsable historique de Eclaireurs de France de Quimper. Depuis mes 8 ans j'ai  franchi toutes les étapes du mouvement à Brest : louveteau, éclaireur, responsable (on disait "chef"). Rudy lui même avait adhéré à Audierne. Il y avait un passage à vide de l'encadrement à Quimper, nous avons été immédiatement recrutés comme responsables de la troupe de éclaireurs. 

 

 

Jean Kerloc'h avait pour passion le chant choral. Pendant les deux premières années de nos études il occupait d'ailleurs la fonction de prof de musique à l'E.N ce qu'il a poursuivi en animant le groupe choral que nous avons constitué en quatrième année.

 

 

Cet homme discret a été un héro. Je rappellerai par ailleurs l'engagement du "clan" des éclaireurs de France de Quimper dans la résistance. Ils avaient entre 15 et 20 ans et plusieurs d'entre eux ont été tués. Ce "clan" a été le seul à être décoré de la croix de guerre en tant que tel. Plus âgé, Jean les a accompagnés. La seule chose qu'il nous a révélé de son action est d'avoir cherché à protéger et surtout apaiser ces jeunes résistants. Ils devenaient trop durs, nous disait-il, alors je les faisais chanter. C'est pour cela que j'ai écrit la chanson "Eh garçon, prend la barre". Qui sait qu'il est l'auteur de cette chanson qui a fait le tour du monde et dans quelles circonstances elle a été écrite ? 

 

 

Les enfants.

 

 

Les écoles d'applications liées aux écoles normales ont une réputation d'école d'exception. D'abord par les maîtres qui y enseignent, triés sur le volet. Ensuite par les moyens matériels qui leur sont donnés. Il arrive souvent qu'elles reçoivent des élèves issus de familles aisées ayant trouvé ce filon pour leurs enfants. L'école d'application de Quimper est située dans un quartier alors très populaire et, sauf exception, les élèves proviennent de ces quartiers. Nous ferons donc nos classes avec de vrais élèves dans une vraie école. 

 

 

La méthode Kerloc'h c'est : apprendre en chantant. Quand nous arrivons le répertoire est déjà copieux. La classe est une vraie chorale qui chante à trois ou quatre voix. Je me suis moi-même rodé avec les éclaireurs. Mon violon m'a accompagné à l'E.N et je n'ai pas oublié mon solfège. Faire chanter, parfois en tentant de nouveaux répertoires, est pour moi un vrai bonheur. L'enseignement de Jean Kerloc'h se présente de façon assez classique. Officiellement : pas de place à Freinet dans une école d'application, cela n'empêche pas de s'en inspirer. La motivation est sans cesse au rendez-vous. La phrase magique : "quand vous aurez fini cet exercice et si vous vous appliquez, on aura un moment pour chanter". Chaque demi journée est au moins ponctuée par un chant. Il y a aussi ces moments de relaxation, les mains à plat sur la table, coudes écartés et les yeux fermés pendant cinq minutes. Jamais un moment de tension. Trop discret, Jean Kerloc'h n'a écrit aucun livre de pédagogie, il aurait pu. Quand j'ai passé mon CAP d'instituteurs dans l'école de Traon Quizac, où j'avais été nommé en sortie d'E.N, j'ai naturellement choisi d'y prévoir une séance d'apprentissage d'une chanson.

 

 

Je n'ai été que très peu de temps instituteur ayant eu la chance de pouvoir poursuivre en faculté. Je raconterai peut-être cette première expérience en "classe de perfectionnement". La plupart de mes compagnons ont dû rejoindre un poste. Certains ont mal supporté cet arrêt brutal de leurs études et l'isolement dans un milieu pas toujours amical. On m'a rapporté plusieurs cas de suicides. J'ai eu la chance de poursuivre les études scientifiques qui m'ont tant apporté. Je regrette pourtant cette expérience d'enseignant qui ne peut se vivre que dans l'enseignement primaire. Il a fallu bien des mobilisations syndicales pour que le recrutement des enseignants du primaire se fasse au même niveau que celui du secondaire. Enseigner en école primaire n'empêche plus de faire des études universitaires. Simple regret : la fin du titre d'instituteur avec la longue histoire qui le porte. "Professeur des écoles" aura-t-il un jour le même contenu affectif ? Nous disions  "le maître" ou "la maîtresse" en parlant de notre instituteur ou de notre institutrice. Il semble que la tradition se perpétue. Le "maître" ou la "maîtresse" de nos classes primaires garderont une place importante dans les souvenirs de jeunesse.

 

 

A suivre : 

 

Mon premier poste d'enseignant et ma première rencontre avec Célestin Freinet.

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