Overblog Tous les blogs Top blogs Technologie & Science Tous les blogs Technologie & Science
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
5 juin 2016 7 05 /06 /juin /2016 06:33

Par Gérard Borvon

_______________________________________________________________________________

 

Science et magie semblent deux adversaires irréconciliables. A y regarder de près ils peuvent aussi s’alimenter l’un et l’autre.

 

Quoi de plus "magique" que la découverte des "lois" auxquelles semblent répondre les phénomènes "naturels" ?

 

C’est, aussi parfois, l’observation et l’analyse de pratiques "magiques" qui aboutit à des découvertes scientifiques.

 

La magie, à son tour, se colore du vocabulaire et du prestige de la science pour renforcer et étendre son territoire.

 

Ce va-et-vient est particulièrement visible dans le domaine de l’électricité et du magnétisme. Nous essaierons de le mettre en lumière à différents moments du développement de ces sciences.

 

Premier exemple : l’ambre.

 

 

 

Thalès, l’ambre et l’aimant.

 

L’Ambre, matière mythique de la Grèce antique, a été traditionnellement associée à Thalès (625-547 av JC), grec de la ville de Milet. A la fois physicien, astronome et géomètre, il est souvent désigné comme le premier électricien, voire même le premier "magnétiseur". C’est par Aristote et Hippias que nous apprenons qu’il " communiquait la vie" aux choses inanimées au moyen de l’ambre jaune désigné sous le terme grec « ήlectron », êlektron et de la "pierre de magnésie" ( μαγνήτις λιθος), l’aimant naturel.

 

Communiquer la vie aux êtres inanimés…dès sa naissance l’électricité, le magnétisme, s’entourent de mystère. Nous parlerons ici de l’ambre.

L’ambre

 

Un rapide coup d’œil sur un dictionnaire contemporain nous apprend que l’ambre est une " résine dure et cassante, dont la couleur varie du jaune pâle au rouge et dont on fait des colliers, des articles pour fumeurs, etc.… ". La photographie qui accompagne ce texte nous montre un insecte prisonnier d’une pierre blonde à la transparence de cristal.

 

L’ambre nous vient du froid.

 

Depuis des millénaires, les habitants des côtes de la Baltique recueillent ce don précieux de la mer, déposé sur le sable après chaque tempête. Son origine est-elle marine ou terrestre ? Depuis l’antiquité jusqu’à la fin du 18ème siècle, de longues controverses se succèdent avant qu’il soit admis que l’ambre est une résine fossilisée.

 

Il y a 40 à 50 millions d’années, dans une période que les géologues désignent par le nom d’Eocène, un climat tropical régnait sur l’Europe et la Scandinavie. Les pins producteurs de la résine, source de l’ambre, poussaient au milieu de palmiers dattiers, de séquoias, de thuyas, de cyprès, de cèdres et de la plupart des feuillus que nous trouvons encore dans nos contrées : chênes, hêtres, châtaigniers. Des nuées de moustiques, de mouches, de guêpes emplissaient l’air de leurs bourdonnements. Les fourmis, les scarabées, les scorpions grouillaient sous la mousse. Tout ce petit peuple venait s’engluer dans la résine encore fraîche. Au printemps, les magnolias et les rhododendrons fleurissaient au-dessus des tapis de genévriers et, même, de théiers qui poussaient là où le sol n’était pas inondé. L’eau, en effet, était partout présente. C’est elle qui a protégé la résine d’une oxydation qui l’aurait détruite. Cette eau alimentait des fleuves qui concentraient l’ambre à leurs embouchures, créant ainsi de riches dépôts.

 

Puis le climat s’est refroidi. Les glaciers qui ont recouvert l’Europe du Nord, ont transporté et déposé ces terres sédimentaires. L’ambre s’y trouve encore aujourd’hui. Quand, par chance, les gisements bordent les mers actuelles, l’érosion libère les blocs. La densité de l’ambre étant très peu supérieure à celle de l’eau de mer, les courants et les tempêtes l’amènent facilement sur les plages où il est commode de le pêcher.


Une matière attirante

 

Douce, chaude au toucher, écrin mystérieux d’insectes étranges, douée du don extraordinaire d’attraction à distance, cette pierre a certainement provoqué chez nos plus anciens ancêtres, la fascination qui est encore la nôtre.

 

Un morceau d’ambre perforé âgé de 30 000 ans, sans doute un talisman, est considéré comme le premier objet de cette matière associé à l’homme. Des ours, des chevaux sauvages, des sangliers, des élans y ont été façonnés par les hommes qui habitaient le Nord de l’Europe 7000 ans avant notre ère. Les agriculteurs du néolithique qui peuplaient les mêmes régions trois mille ans plus tard, se faisaient enterrer avec des colliers et des amulettes d’ambre. Durant les deux millénaires suivants, l’ambre se répand peu à peu dans toute l’Europe, jusqu’à la Méditerranée. Par les mêmes voies circulent le cuivre et l’étain qui feront s’épanouir les civilisations de l’âge du bronze.

A cette époque, de véritables routes commerciales sillonnent l’Europe. Depuis le Jutland, elles prennent la route de l’Elbe ou celle du Rhin et du Rhône. De la Baltique orientale elles descendent l’Oder et la Vistule pour rejoindre la Méditerranée à travers la mer Noire. Une route maritime existe également qui descend de la Mer du Nord à travers la Manche et contourne l’Espagne pour rejoindre la Méditerranée.

Les tombes sous Tumulus des princes et princesses de l’âge du bronze fouillées dans le sud de l’Angleterre et sur les rivages des côtes armoricaines nous ont transmis de fabuleux trésors. L’ambre s’y associe à l’or pour exalter la puissance de leurs propriétaires.

 

En Grèce, l’ambre de la Baltique arrive vers 1600-1500 avant J-C. Les tombes de cette époque trouvées à Mycènes en contiennent des centaines de perles qui semblent avoir été importées déjà taillées. Peu de temps après, on trouve ce même ambre en Egypte dans les tombeaux royaux. Ce commerce semble avoir été la spécialité des Phéniciens. Il a fallu attendre le 4ème siècle avant J-C pour que Pythéas, grec de la colonie de Marseille, nous donne le récit de son voyage vers les mers de la Baltique où il aurait lesté son navire par des blocs d’ambre.

 

 

 

Les routes de l’ambre. Courrier de l’Unesco. Mars 1966, p 20

_________________________________________________________________

 

L’antique magie de l’ambre.

 

Dans la mythologie grecque, l’ambre est de nature divine. Ce sont les rayons d’Hélios, dieu du soleil, pétrifiés quand l’astre s’enfonce dans les flots. Ce sont les larmes des Héliades, nymphes mortelles, qui pleurent, chaque soir, la mort de leur frère Phaéton.

 

Phaéton, fils d’Hélios, avait obtenu la permission de conduire le char du soleil. Hélas, il ne sut pas maîtriser les chevaux ailés de l’attelage. Celui ci se rapprocha de la terre. Des montagnes commencèrent à brûler, des incendies dévastèrent les forêts, la sécheresse gagna de vastes zones qui devinrent des déserts. Zeus, dans sa colère, lança sa foudre sur Phaéton et le fit s’abîmer dans les flots du fleuve Eridan (souvent associé au Pô, l’une des voies d’entrée de l’ambre mais désignant également les mers bordées par le pays des celtes et des germains). Accourues sur les rives du grand fleuve, les Héliades, sœurs de Phaéton, restèrent inconsolables. Les dieux, par compassion, les transformèrent en peupliers pour qu’elles puissent éternellement accompagner de leurs pleurs, la disparition du soleil couchant. Leurs larmes, figées en perles dorées, deviennent la plus belle parure des femmes grecques.

 

" ήlectron ", êlektron, tel est donc le nom qui nous vient des grecs et qui a donné son nom à une nouvelle science quand le médecin anglais William Gilbert (1540-1603) a désigné par le terme d’électricité la propriété d’une multitude de matières à manifester, comme l’ambre, la propriété d’attraction à distance après avoir été frottées.

 

Mais que nous rapportent les auteurs grecs en dehors du mythe ? Peu de choses en vérité. Ils savent, au mieux, que l’ambre attire mais n’indiquent pas toujours qu’il faut d’abord le frotter.

 

Le phénomène reste donc très superficiellement étudié. Rien n’évoque le début d’une pratique ou d’une réflexion qui s’apparente à un comportement "scientifique".

L’ambre banalisé : la longue histoire du succin.

 

L’amélioration des transports, alliée à la richesse des gisements baltes, fait perdre progressivement à l’ambre sa valeur marchande. Inévitablement, son caractère "magique" s’en trouve amoindri. Il se prolonge cependant sous la forme des propriétés médicinales qui lui sont attribuées sous le nom de succin, terme dérivé de sucus (jus, sève), que les latins nous ont transmis pour désigner ce corps.

 

Présent dans la plupart des remèdes médiévaux, le siècle des lumières le regarde cependant avec un regard plus critique. Un article de l’Encyclopédie ou Dictionnaire Universel raisonné des Connaissances Humaines daté de 1770 indique encore qu’il est conseillé pour les "affections vaporeuses et hystériques", que son sel est "rangé parmi les céphaliques" et son huile "regardée comme un spécifique dans les affections hystériques". Mais, précise l’auteur de l’article, " Les vertus médicinales du succin étaient autrefois très vantées ; on les regarde aujourd’hui comme moins certaines, ou exagérées". L’auteur note cependant un intérêt pratique : "la vapeur de sel de succin fait fuir les rats" !

 

Plus radical encore est John Fothergill (1712 – 1780), du collège des médecins de Londres dans un article publié en 1744 dans les Transactions Philosophiques de la Société Royale de Londres. Considérant la résistance de l’ambre à la plupart des solvants ordinaires, il estime qu’une telle substance "ne peut probablement pas produire de grands effets sur le corps humain" et en effet, ajoute-t-il, "on a peu d’exemples de ses effets". Alors pourquoi cette longue période de succès ?

"Une imagination préoccupée peut d’abord en avoir introduit l’usage ; le préjugé l’a soutenu & a engagé des personnes qui avaient quelque autorité à le recommander à leurs successeurs".

 

Comment mieux décrire la diffusion du mythe ? Et comment le combattre ? John Fothergill plaide pour une entreprise d’assainissement de la science médicale :

" Si des personnes habiles et expérimentées voulaient consacrer leurs loisirs à nous instruire de l’inefficacité des méthodes et des remèdes semblables à celui-ci, la Médecine serait renfermée dans des bornes plus étroites ".

Dans le laboratoire du chimiste. De l’ambre à l’acide succinique.

 

Avec Lavoisier et ses contemporains le succin entre dans le laboratoire du chimiste qui y reconnaît, entre autres composés, un acide auquel il sera donné le nom d’acide succinique. Le chimiste moderne le caractérisera comme acide butane-1,4-dioïque, acide organique de structure simple et de formule développée : HOOC-CH2-CH2-COOH. Cet acide a été trouvé dans la plupart des organismes végétaux et animaux où il intervient dans de nombreux métabolismes cellulaires.

 

Le succin serait donc bien un remède ?

 

En réalité la concentration en acide succinique est bien plus forte dans la laitue vireuse, la grande chélidoine que dans le succin à partir duquel, comme le remarquait John Fothergill, il est par ailleurs difficilement assimilable.

 

Il n’y a pas de continuité médicale entre l’ambre et l’acide succinique. Synthétisé aujourd’hui à partir de produits pétroliers, cet acide est plus utilisé pour des peintures et des vernis que pour des remèdes médicaux. Parmi ces remèdes, aucun n’est d’ailleurs supposé guérir des douleurs céphaliques ou de l’hystérie.

 

Une légende se terminerait donc dans le laboratoire du chimiste ? On n’achève pas aussi facilement un ancien mythe !

Retour du vieux mythe.

 

L’aspect merveilleux de l’ambre réside avant tout dans son action à distance, un phénomène qui a, de façon régulière, alimenté les débats des scientifiques de Descartes et Newton à Einstein et qui continue à le faire. Comment s’étonner qu’il puisse encore inspirer les pratiques des mages et guérisseurs de notre époque désorientée.

 

Les colliers de perles d’ambre gardent particulièrement toute leur faveur. On trouve couramment dans la littérature académique du 18ème siècle, la mention de colliers portés pour guérir des migraines, des maladies des yeux ou de la gorge.

 

Les rives de la Baltique voyaient se prolonger cette tradition jusqu’aux périodes récentes. Un morceau d’ambre y était donné à mâcher aux enfants pour les soulager des maux de dents. On y voyait se maintenir, aussi, la coutume de faire porter des colliers d’ambre protecteurs aux enfants en bas âge au risque de provoquer de dangereux accidents par strangulation.

 

La séparation de l’Europe par le "rideau de fer" de la "guerre froide", en plaçant la Baltique à l’Est, avait tari la circulation de l’ambre. Les habitants de la Pologne se hasardant dans l’Ouest "capitaliste", étaient les premiers à le ramener avec eux comme moyen de troc. Ce temps est oublié et l’ambre de la Baltique se marie à nouveau à l’or et l’argent sur les bijoux du monde entier.

 

Sa qualité esthétique aurait pu suffire à son succès mais comment résister à l’opportunité d’enrôler les vieux mythes dans l’arsenal de la publicité commerciale ?

 

A en croire la publication d’un magasin spécialisé dans le collier d’ambre, l’ambre :

"apporte calme, force et équilibre.

améliore la circulation sanguine et son PH (le rendent plus alcalin).

régule le système nerveux, améliore les réflexes.

active le métabolisme et combat les inflammations.

freine l’oxydation des cellules et favorise leur régénération."

 

PH alcalin, métabolisme, oxydation des cellules… la publicité, qui avait déjà recruté Thalès, n’hésite pas à faire également appel à l’assaisonnement des mots de la science "moderne".

 

Les nouveaux "mages" et les marchands de minéraux qui leur sont associés connaissent le poids du prestige scientifique. On baptisera du terme de "lithothérapie" un amas de recettes, à base de cristaux minéraux, supposées ancestrales et parfois même extraites de vieux grimoires quand elles ne sont pas tout simplement inventées.

 

L’ambre est naturellement l’une des bases de leur "science" et de leur commerce. Exemple de littérature néo-magique :

 

"Des études ont permis d’utiliser l’ambre pour soulager les douleurs des articulations dues aux rhumatismes. Par exemple, l’ambre jaune produit des ions négatifs par frottements, ce qui a pour conséquence d’améliorer la circulation des énergies dans l’organisme.
L’ambre est condensateur de courant : en se chargeant lui-même, il décharge de leurs propres excès ceux qui le portent
."

 

Ions négatifs, circulation des énergies, condensateur de courants… Autant de mots entendus dans les cours de physique suivis par une majorité de celles et ceux qui ont accompli la "scolarité obligatoire" de nos sociétés modernes. Autant de mots, aussi, dont le sens réel a eu le temps de se perdre au grand désespoir du professeur de la discipline qui voit ainsi sa pédagogie mise au service d’une forme de charlatanisme.

 

Celui-ci pourrait rappeler que, dès l’an 1600, l’Anglais William Gilbert avait montré que la propriété "électrique" de l’ambre avait été trouvée, avec une bien plus forte intensité, dans des matières aussi banales que le verre et le soufre.

 

Il pourrait aussi faire constater que les tissus synthétiques, les revêtements de sol et les objets plastiques produits par la chimie moderne sont si sensibles à la production de charges électriques par simple frottement qu’il faut même en protéger les appareils électroniques. Qui n’a pas reçu une décharge électrique le soir en se déshabillant ?

 

Caresser un morceau d’ambre peut incontestablement alimenter un rêve poétique, surtout s’il enferme l’insecte auquel il a fait franchir cinquante millions d’années et qui à peut-être cohabité avec ces dinosaures objets de tous les fantasmes.

 

Le rêve a de nombreuses vertus, acceptons l’idée qu’il puisse même en avoir de thérapeutiques.

 

Par contre, concernant la production "d’ions négatifs par frottement" , le moindre morceau de plastique ferait bien mieux l’affaire à moindre prix. D’ailleurs, à y regarder de près, de prétendus colliers d’ambre sont souvent, en réalité, réalisés à base de perles synthétiques.

 

Que des adultes se laissent convaincre et achètent le bijou ou le morceau d’ambre qui les rassurera, comme le faisait la peluche ou le chiffon de leur enfance, soit ! Mais que penser du produit vedette : le collier d’ambre pour bébé supposé le soulager des douleurs de dents.

 

Le site de vente par internet, déjà cité, publie des témoignages :

 

"Je suis conquise ! Ma fille porte son collier nuit et jour depuis ses 6 mois. Les dents la font un peu souffrir (joues rouges, fesses rouges) mais jamais de pleurs, jamais trop bougon. Je ne lui ai jamais rien donné d’autre et elle a déjà 6 dents. Les deux seules fois ou on a oublié de le lui remettre elle s’est réveillée la nuit en hurlant…"

 

A lire les échanges sur internet on constate pourtant que beaucoup d’entre eux ne portent pas sur l’efficacité de tels colliers. Celle-ci semble être admise sans aucun débat. La preuve : on les vend même en pharmacie !

 

Ce qui alimente la discussion c’est leur danger éventuel : bébé ne risque-t-il pas de s’étrangler ?

 

Etonnant ! Ces parents sont bien conscients du risque qu’il font courir à leur enfant, s’inquiètent et veulent être rassurés. Certains affirment ne jamais laisser le collier pendant la nuit ou la sieste. D’autres garantissent avoir acheté celui "de marque" qui cassera au moindre effort de bébé et dont chaque perle est attachée de façon à ce qu’il ne les avale pas. A les lire il semblerait que le collier-talisman serait l’équivalent d’un vaccin anti-mal-de-dents absolument nécessaire mais non exempt de dangers. L’étranglement possible s’apparenterait alors à ce que les notices pharmaceutiques présentent comme un "effet" secondaire.

 

Argument souvent entendu : si c’était dangereux ils l’interdiraient. Ce "ils" anonyme, qui a si longtemps autorisé l’amiante ou encore récemment le fameux "médiator", médicament, dénoncé par Irène Frachon, fait souvent office de garantie.

 

 

Pas prouvé efficace contre les maux de dents mais à l’évidence dangereux au même titre que tous les colliers pour bébés.

 

Des médecins ont pourtant lancé des alertes, tel le professeur Olivier Reinberg du service de chirurgie pédiatrique de l’université de Lausanne :

 

Extrait :

"Il semble utile de rappeler que le port de collier chez les petits enfants constitue un danger permanent de strangulation. Si le collier ne se rompt pas, l’enfant peut rester accroché à une branche ou à un montant de lit par exemple. Le plus souvent, l’enfant strangulé ne peut pas appeler. S’il n’est pas immédiatement délivré, les conséquences sont très sévères, puisque si l’enfant n’est pas trouvé mort, le pronostic des réanimations
cardio-respiratoires après ce genre d’accident est mauvais, avec un taux important
de séquelles neurologiques liées à l’ischémie cérébral
e."

 

Mais pour certains fabricants pas de problème, les accidents c’est de l’histoire ancienne :

" Le collier d’ambre est régulièrement montré du doigt par ceux qui estiment qu’il comporterait un risque de strangulation, au cas où l’enfant l’accrocherait par mégarde à un objet, à une branche ou à un montant de lit… Les accidents de la sorte restent fort heureusement très rares, et sont principalement survenus il y a une vingtaine d’années. Aujourd’hui les fabricants redoublent de vigilance pour que les produits à destination des bébés soient sans danger".

 

Certains, cependant, veulent se garantir de ce risque de "strangulation" aussi "rare" soit-il : " Par précaution, retirez le collier pendant les siestes et les nuits : vous pouvez alors en profiter pour le laisser se recharger en ions négatifs, en le laissant sur une table. Autre option : le nouer à la cheville de bébé, bien au chaud dans sa turbulette"

 

Un collier qu’on achète mais qu’on ne porte pas autour du cou pendant le sommeil et qu’il vaut mieux nouer à la cheville. Des perles qui, contrairement à la célèbre pile électrique qui " ne s’use que si on s’en sert", se "rechargent en ions négatifs" quand on ne s’en sert pas !

 

Ces invitations aux "précautions" d’usage, dont on mesure le peu de sérieux, sont-elles suffisantes pour blanchir les diffuseurs de tels produits ?

 

On assiste à juste titre à la mise en cause de fabricants de médicaments ou de pesticides qui empoisonnent les humains et leur environnement. A lire la multitude de sites internet consacrés aux colliers d’ambre il ne serait pas étonnant, dans l’avenir, de voir instruire des procès en publicité mensongère voire même en mise en danger de la vie d’autrui à l’encontre de ceux qui font la promotion de cette médecine dont l’efficacité est largement contestable et les dangers loin d’être négligeables.

 

Contrairement à ce qu’imaginent ses utilisatrices et utilisateurs, la "médecine" de l’ambre peut se révéler, elle aussi, une médecine dure.

 

__________________________________________________________________

 

Pour aller plus loin :

 

 

 

Cet ouvrage retrace l’histoire de l’électricité et des savants qui ont marqué son évolution.

 

L’électricité paraît être une énergie évidente et n’étonne aujourd’hui plus grand monde ; son utilisation est très banale, et pourtant un nombre incalculable de nos actes et modes de vie ne sauraient se passer de son indispensable compagnie. L’électricité est une science récente… mais, des Grecs de l’Antiquité qui, en frottant l’ambre, s’émerveillaient de ses propriétés électrostatiques aux Curie étudiant la radioactivité, de découvertes heureuses en expériences dramatiques, portés par des hommes et des femmes qui ont tout sacrifié à la compréhension des phénomènes électriques, plus de vingt-cinq siècles ont défilé avant que l’on perçoive, peut-être, l’essence de cette force naturelle.

 

Au fil d’un récit imagé - celui d’une succession de phénomènes généralement discrets qui, sous le regard d’observateurs avertis, débouchèrent sur des applications spectaculaires - nous croiserons des dizaines de savants, d’inventeurs et de chercheurs dont les noms nous sont déjà familiers : d’Ampère à Watt et de Thalès de Milet à Pierre et Marie Curie, ce sont aussi Volta et Hertz, Ohm et Joule, Franklin et Bell, Galvani et Siemens ou Edison et Marconi qui, entre autres, viennent peupler cette aventure. On y verra l’ambre conduire au paratonnerre, les contractions d’une cuisse de grenouille déboucher sur la pile électrique, l’action d’un courant sur une boussole annoncer : le téléphone, les ondes hertziennes et les moteurs électriques, ou encore la lumière emplissant un tube à vide produire le rayonnement cathodique. Bien entendu, les rayons X et la radioactivité sont aussi de la partie.

 

De découvertes heureuses en expériences dramatiques, l’électricité reste une force naturelle qui n’a pas fini de susciter des recherches et de soulever des passions.

 

 

Partager cet article
Repost0
2 juin 2016 4 02 /06 /juin /2016 19:24
"Il y aurait bien des façons de raconter l’histoire de l’humanité ; mais il est certain que depuis le jour où l’un de nos ancêtres inconnu s’est emparé d’une flamme, l’histoire de l’humanité se confond avec celle de la domestication des énergies. Et parmi celles-ci, l’énergie électrique tient une place de premier plan.L’Histoire de l’électricité, c’est une histoire vieille comme le monde - ou presque : tout a commencé au sixième siècle avant Jésus-Christ, lorsque Thalès de Milet a découvert qu’en frottant un morceau d’ambre sur une peau de mouton, l’ambre se chargeait d’électricité statique... L’ambre : elektron en grec - l’électricité était née."

 

 

Une recherche documentaire intéressante. Des images animées attractives.
Parfois, hélas, quelques raccourcis hasardeux (Thalès n’a pas nommé l’électricité Elektron, mot qui est simplement le nom grec de l’ambre - Nollet ne distinguait pas deux sortes d’électricité, la découverte est de Dufay).
Éclairant cependant.
__________________________________________________________________________
Pour aller plus loin :

Partager cet article
Repost0
24 novembre 2015 2 24 /11 /novembre /2015 07:46

"Nos jeunes collègues en électricité ignoreront toujours les vicissitudes par lesquelles nous avons passé pour leur ouvrir la voie si vaste du domaine électrique et frayer un petit sentier qui aujourd’hui encore commence à peine à devenir un grand chemin"

 

Ainsi s’exprime un ingénieur électricien se rappelant, en 1906, ses premiers pas à l’occasion de l’exposition internationale d’électricité à Paris en 1881.


Pour l’ensemble de son témoignage, voir son article "L’électricité en 1881" , dans la revue "La Nature"

 

Voir aussi :

 

Histoire de l’électricité. L’exposition Internationale d’électricité de 1881, à Paris.

 

{{{ }}}


Voir aussi :

 

Distribution de l’énergie électrique à Paris. Revue La Nature 1902.


 

Pour la suite, se reporter au site "Mémoire de l’Electricité, du Gaz et de l’Eclairage public à Paris" (MEGE).

 

Extrait :

 

En 1878 une nouvelle énergie apparaît : une petite usine assure temporairement l’éclairage électrique de l’avenue de l’Opéra avec des bougies JABLOCHKOFF.

 

Quelques installations privées, de magasins ou de théâtres, assurent leur propre production.

 

Une usine au Palais Royal, une autre au Faubourg Montmartre, ont un réseau composé de canalisations passant sur les toits des immeubles.
 

Des applications d’éclairage : Place du Carrousel en 1881, du Parc Monceau en 1882, de l’Hôtel de Ville en 1883, du Parc des Buttes Chaumont en 1884, confirment les débuts d’une production industrielle de courant électrique.
 

L’incendie de l’Opéra Comique en 1887, éclairé au gaz, a pour conséquence d’interdire ce mode d’éclairage dans les salles de spectacles.

 

En 1888, le Conseil Municipal de PARIS, avec la perspective de l’Exposition Universelle de 1889 et sous la pression de l’opinion publique, décide la création d’un réseau de distribution d’électricité.

 

1889-1907 Les six secteurs électriques de Paris

 

L’organisation retenue consiste à diviser PARIS en parties désignées sous le nom de secteurs. Les « secteurs électriques parisiens » prennent naissance, et c’est à cette époque que remontent les concessions successivement accordées par la Ville à six sociétés qui ont assuré l’exploitation de l’électricité jusqu’en 1908, date à laquelle la concession est confiée à l’Union des Secteurs (la ville exploitant de son côté un réseau dans le quartier des Halles).

 

Dans chaque secteur, le type de distribution était différent :

 

- Cie CONTINENTALE EDISON : courant continu à 2 x 110V, distribué par feeders 3 fils.

 

- Sté d’ECLAIRAGE ET DE FORCE PAR L’ELECTRICITE A PARIS : Courant continu 110V 2 fils.

 

- Cie VICTOR POPP(ultérieurement Cie PARISIENNE DE L’AIR COMPRIME) : courant continu 4x110V par réseau 5 fils.

 

- Sté d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA PLACE CLICHY : courant continu 4x110V par réseau 5 fils.

 

- Sté CHARLES MILDE FILS ET Cie (ultérieurement Cie d’ECLAIRAGE ELECTRIQUE DU SECTEUR DES CHAMPS-ELYSEES) : courant alternatif à haute tension (3000V), abaissée à 110V par un transformateur dans chaque immeuble.

 

- Cie ELECTRIQUE DU SECTEUR DE LA RIVE GAUCHE : mêmes caractéristiques que le secteur des CHAMPS-ELYSEES.

 

 

Chacun des concessionnaires produit l’énergie consommée dans sa zone, dans de nombreuses stations génératrices : une douzaine de petites usines et la centrale de Jemmapes à l’intérieur de Paris, les centrales de Levallois, Issy-les-Moulineaux, Saint-Denis et Saint-Ouen à l’extérieur.


Station VOLTAIRE, 14 av Parmentier - XI, S/S continu, Facade typique de l’architecte Paul Friésé


 

Afin de subvenir à ses besoins en électricité, la CMP (ex RATP) fait construire en 1899, une usine juste derrière son siège social, quai de Bercy. Celle ci sera designée par l’architecte Paul Friésé dont la réputation n’est plus à faire. D’une surface totale de 7000m2, la grande halle centrale atteint 145 mètres de long.

Partager cet article
Repost0
29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 11:58

Les dates de l'électricité.

 

L'ambre

-40 ou 50 millions d'années, ambre, éocène.

-30 000 ans premier talisman d'ambre

-7000 ans sculptures de chevaux…

-1500 ans ambre en Grèce.

-625-547 av JC, Thalès.

 

William Gilbert. Le premier électricien.

Roger Bacon (1220-1294).

William Gilbert (1540-1603).

 

Premières machines.

Otto de Guericke (1602-1686).

Torricelli (1608-1647).

1631 massacre de Magdebourg.

1643 expérience de Torricelli.

1654 les hémisphères de Magdebourg.

Hauksbee (1666 ?- 1713).

1675 observation de la lumière barométrique.

1705 observation de la lumière de Hauksbee.

1733 premières expériences de Bose.

Bose (1710-1761) Premières machines à sphère.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739).

L’abbé Nollet (1700-1770).

Ramsden (1735-1800).

1768 première machine à plateau de Ramsden.

1784 machine de Van Marum.

1883 machine de Wimshurst.

 

Gray, Dufay, Franklin, et la conduction électrique.

Stephen Gray (1666-1736).

1729. Gray découvre conducteurs, isolants et influence électrique.

1730 expérience de l'enfant suspendu.

1731 premières publications de Gray.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739).

Benjamin Franklin (1706- 1790).

 

De Dufay à Ampère.

Charles-François de Cisternay Dufay (1698-1739),

1733 les deux fluides de Dufay

Benjamin Franklin (1706-1790)

1747 le fluide unique de Franklin

Robert Symmer (1707 - 1763)

1759 les deux fluides de Symmer

1765 les deux fluides de Bergman

Charles-Augustin Coulomb (1736-1806),

Franz Aepinus (1724-1802),

Jean-Baptiste Le Roy (1720 - 1800)

1791 le courant galvanique de Luigi Galvani

Christian Oersted (1777-1851),

1820 expérience de Oersted

Ampère (1775-1836)

Maxwell (1831-1879),

 

La bouteille de Leyde

1746 expérience de Leyde

 

A la conquête du feu céleste : le paratonnerre.

1718. M. Deslandes et le tonnerre à Landerneau

1747 premières expériences de Franklin

1749 lettre sur le paratonnerre

1752 expérience de Marly

 

 

Coulomb (1736-1806)

1785 loi de coulomb

 

La découverte de la pile électrique

Aloysius Galvani (1737–1798)

1791 premières publications de Galvani.

Alexandre Volta (1745-1827).

1800 publication de Volta sur la pile.

 

Electricité et chimie

Humphry Davy (1778-1829).

1806 premières électrolyses.

 

l'aimant

-3 siècles, la boussole chez les chinois.

1269. Pierre de Maricourt. "Epistola de magnete"

 

Naissance de l'électromagnétisme

Hans Christian Œrsted (1777-1851).

1820 son expérience

Ampère (1775-1836)

 

Faraday et les Champs.

Michael Faraday (1791-1867).

1821.première publication de Faraday sur l'électromagnétisme.

1831. découverte des courants induits.

Giambattista Della Porta (1534-1615)

Maxwell (1831-1879),

1856. "On Faraday's lines of force".

1873. Traité sur la magnétisme de Maxwell

 

Maxwell et les ondes.

Christiaan Huyghens (1629–1695),

Traité de la lumière en 1678

Traité d'optique publié en 1704, Newton

Thomas Young (1773-1829).

1848 vitesse de la lumière par Fizeau

1873. Traité sur la magnétisme de Maxwell

 

Hertz.

Daniel Ruhmkorff (1803-1877).

1851-1856 mise au point de la bobine

1864. prix Volta à Ruhmkorff;

Heinrich Hertz (1857–1894)

1888-1889. publication de ses expériences.

1881 expérience de Michelson.

Marconi en 1897

 

L'exposition Internationale d’électricité de 1881

1832 première génératrice de Prixii

1838 alphabet Morse

1844 première liaison télégraphique

1876 le téléphone

Zénobe Gramme (1826-1901),

1888 prix Volta pour Gramme

1867 pile Leclanché

1860 pile secondaire Planté

1884 dirigeable moteur électrique

1886 Robur le conquérant

1889 employé électtrocuté

1890 première exécution électrique

 

 

Les unités électriques.

7 avril 1795 système décimal

1863 système BA

1875 la "Convention du mètre"

1881 congrès des électriciens. L'ampère, le volt, l'ohm, le coulomb

1882 le joule le watt

1948 le newton

1961 le système international SI

 

 

le rayonnement cathodique

Hauksbee en 1705

William Crookes (1832-1919).

1880 Crookes exécute ses expériences devant la Société française de physique

 

Röntgen et les rayons X

1895 découverte des rayons X

1925 premier congrès international de radiologie

1936 monument aux morts des rayonnements

 

le rayonnement radioactif.

1896 découvert par Becquerel

Henri Becquerel (1852-1908)

1898 Marie Curie découvre le polonium

1900 le radium

 

Vie et mort de l'électron

Joseph John Thomson (1856-1940)

1897 le corpuscule d'électricité

Ernest Rutherford (1871-1937)

Niels Bohr (1885-1962),

Louis de Broglie (1892-1987)

1900 Planck et le corps noir

1905 Einstein, relativité, photon

1911 expérience de Rutherford

1913 Niels Bohr et son modèle

1923/24 mécanique ondulatoire

1927 Davidson et Germer

1927 cinquième congrès Solvay

1982 expérience de Aspect

 

 

 

Voir aussi :

Partager cet article
Repost0
16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 08:28

Les séances de l'Académie des technologies.


Séance du 15 mai : Courant continu : le retour, les perspectives.
 

Bernard Decomps fait la synthèse des débats de cette séance qui a réuni plusieurs industriels (Alstom, IFSTTAR, France Telecom, Supelec, Schneider Electric, CISCO, RRTE) autour des perspectives nouvelles pour le courant continu.
 

En effet, depuis une vingtaine d'années, la diversification des sources et du stockage, les impératifs du transport d'énergie à très grande distance ou dans des câbles coaxiaux capacitifs impropres au courant alternatif, la nécessité de relier des réseaux désynchronisés et, pour finir, de nouveaux usages de l'électricité -- éclairage, domotique, data centres, moyens de locomotion, etc. -- remettent en selle le développement du courant continu.

 

Pourquoi dès lors refuser de sauter le pas et opter pour le retour du courant continu de bout en bout ? Des raisons techniques ? L'ampleur des investissements à prévoir ? Des raisons économiques ? Des raisons culturelles quand on confronte l'allant des pays asiatiques aux petits pas de l'occident ? Parfois, une sorte de « peur du ridicule » semble expliquer la prudence des formateurs ou des chercheurs, une prudence partagée par de nombreux industriels qui se préparent sérieusement à une mutation de grande ampleur sans le reconnaître publiquement.

 

 

Voir la vidéo

 

Rappel :

Distribution de l’énergie électrique par courant continu ou alternatif ?

 

 

Bernard Decomps professeur de physique à l'université Paris XIII Villetaneuse.

 

J'ai été professeur de physique et j'ai enseigné le courant alternatif. Ce qui s'est passé c'est depuis une vingtaine d'années avec la démultiplication des sources d'énergie en courant continu et en particulier le photovoltaïque qui est un exemple majeur Mais également des nécessités de stockage qui sont portées par ce que l'on appelle les énergies fluctuantes, Les énergies intermittentes qui nécessitent des capacités de stockage, et là encore du courant continu. Donc le courant continu est appelé à avoir au niveau de la production un rôle majeur. On s'aperçoit que le courant continu devient la solution, la bonne solution, pour résoudre des problèmes inconnus jusque là.

 

Il y avait d'abord le transport de l'énergie électrique à très longue distance et je constate que, en France, la suprématie absolue du courant alternatif est arrivée avec la création d'EDF qui était un réseau national à l'échelle d'un pays de 1000 kilomètres sur 1000 kilomètres. Autrement dit parfaitement adapté au courant alternatif. C'est depuis qu'on cherche à avoir un réseau non plus national mais européen. Depuis que l'on cherche à récupérer de l'énergie du Sahara pour l'amener jusqu'à Berlin et peut-être même jusqu'à Stockholm, Et là le courant continu offre des solutions, Mais il y a un phénomène encore plus accélérateur, c'est le fait que plus personne ne veut des lignes au dessus de la tête, Là encore il faut, nécessairement, avoir du courant continu pour pouvoir faire le transfert. Donc pour le transport d'énergie le courant continu offre des solutions que le courant alternatif n'avait pas.

 

Les deux autres fonctions essentielles, je crois très importantes, c'est tout d'abord tout ce qui concerne la domotique, les bâtiments et tous les gadgets électroniques depuis le téléphone portable jusqu'à l'ordinateur en passant par tous les dispositifs que l'on peut utiliser aujourd'hui, Tout cela ne fonctionne qu'en courant continu et qu'on est alimenté par une distribution en courant alternatif on est obligés d'avoir des éléments de charge qui ne fonctionnent que sur un appareil déterminé. Donc si vous avez trois appareils vous avez trois chargeurs différents. Et donc à la fois de la perte d'énergie et de la complication du système.

 

Je n'ai pas pris le troisième point qui est celui de tous les moyens de transport, de la voiture électrique au réseau ferré, au RER, au métro, même à l'avion et même aux navires qui utilisent aussi du courant continu pour tourner, pour avancer.

 

Donc on voit que la démultiplication des utilisations pousse à avoir du courant continu. Est-ce qu'on va continuer à avoir une distribution en courant alternatif. Alors qu'un nombre de plus en plus important de sources électriques est en courant continu, un nombre de plus important d'utilisation est en courant continu, on imaginerait assez bien une conjonction des deux.

 

Alors quels sont les obstacles. Il y a des obstacles technologiques très importants. Il y a un problème d'amélioration des composants. Tout n'est pas résolu. Deuxièmement le réseau maillé en courant alternatif est extraordinairement astucieux. Le troisième, je n'ai pas besoin de le dire, les investissements nécessaires pour le basculement sont considérables.

 

Je dirais il y a un dernier problème. C'est un problème presque culturel. Je constate que le courant continu a beaucoup plus de succès en Asie qu'il n'en a en Europe et dans les pays développés. Quand je me suis rendu compte de l'intérêt, à la fois de certains industriels et à la fois quand je me suis rendu compte des difficultés que certains industriels avaient pour en parler, je me suis dit : ça doit être un sujet stratégique pour les industries. J'aimerais bien que dans notre pays il y ait enfin quelqu'un qui dise:dites donc, en Chine, au Japon, en URSS et maintenant aux états unis c'est l'objet d'un travail colossal et il y a des investissements considérables, Alors en France nous avons quelques leaders incontestés et moi je dirais il faut aller vers un équipement qui soit compatible avec une distribution en courant contnu.

Partager cet article
Repost0
7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 07:30

 

Créé en 1928 dans la maison située à Poleymieux, près de Lyon, où André-Marie Ampère (1775-1836) passa sa jeunesse, le musée de l'électricité regroupe des documents sur sa vie et celle de sa famille ainsi qu'une importante collection de tous objets ayant rapport à l'invention de l'électricité et son histoire.

 

La maison d'Ampère.

 

 

La maison et le musée.

 

 

Bouteilles de Leyde.

 

 

Machine de Ramsden.

 

Voir aussi :

 

De l'aimant à l'électroaimant

L'ampère et l'histoire des unités électriques.

 

Un portrait de Ampère par Edgard Maxence

Partager cet article
Repost0
12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 08:39

Le soir du 8 novembre 1895, Röntgen place divers objets entre une plaque photographique et la source de rayonnement et il se rend compte qu'ils ont une transparence variable. Il expérimente ensuite avec la main de son épouse placée sur le parcours des rayons. Au développement, il s'aperçoit que l'image est l'ombre des os de la main de son épouse, son alliance y étant visible. Les os sont entourés d'une pénombre qui représente la chair de la main, la chair est donc plus perméable aux rayons. C'est le premier « Röntgenogram ». À la suite d'autres expériences, Röntgen constate que les nouveaux rayons sont produits par l'impact des rayons cathodiques sur un objet matériel. Parce que leur nature est encore inconnue, il leur donne le nom de « rayons X».

 

France Inter. Les oubliettes du temps.

 

___________________________________________________________________________

 

Partager cet article
Repost0
15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 09:42

 

Une série de textes pour en parler.

 

Paris 1900. Le Palais de l'électricité. Thierry Paquot.

 

Paul Morand se souvient de sa visite, il avait douze ans, « On est saisi d’un
vertige mondial ; on marche de surprise en surprise ; on tient l’univers dans
sa main ; on se trouve pris dans un réseau d’évocations mythiques, de mo-
numents impossibles, dans un maelström de progrès, dans une étreinte d’al-
liances, parmi les cacophonies de diphtongues bizarres, de mots indéchif-
frables »
 
                On y trouve tout, mais le bâtiment qui a, semble-t-il, marqué le
plus l’esprit des contemporains est le Palais de l’Électricité. Après les pa-
villons des divers pays qui rivalisent d’ingéniosité et d’excentricité, les
stands des industries ou encore les nombreuses attractions, « c’est alors, écrit
Paul Morand, que retentit un rire étrange, crépitant, condensé : celui de la
Fée Électricité ; autant que la Morphine dans les boudoirs de 1900, elle
triomphe à l’Exposition ; elle naît du ciel, comme les vrais rois. » Mais qu’est-
ce que l’Électricité (avec un « e » majuscule, s’il vous plaît !) ? « Elle est le
progrès, la poésie des humbles et des riches ; elle prodigue l’illumination ;
elle est le grand Signal ; elle écrase, aussitôt née, l’acétylène. À l’Exposition,
on la jette par les fenêtres. Les femmes sont des fleurs à ampoule. Les fleurs
à ampoule sont des femmes. » Mais encore ? « L’Électricité, on l’accumule,
on la condense, on la transforme, on la met en bouteilles, on la tend en fils,
on l’enroule en bobines, puis on la décharge sous l’eau, sur les fontaines, on
l’émancipe sur les toits, on la déchaîne dans les arbres ; c’est le fléau, c’est
la religion de 1900. » Le jeune Paul Morand est tourneboulé par tant de force,
de mystère, d’immatérialité qui se dégagent de cette si nouvelle énergie. Certes,
en 1881, se tenait à Paris, l’Exposition Internationale d’Électricité, fréquentée
par 900 000 visiteurs, mais en vingt ans les améliorations des divers procé-
dés qui produisent et diffusent de l’électricité se sont considérablement so-
phistiqués, de même que se sont démultipliés ses différents usages, et mal-
gré un climat relativement constant d’électromania, l’Exposition de 1900
va l’imposer comme symbole suprême du Progrès et de la Modernité.
 
 
____________________________________________________________

 

 

 

 

 

Situé à l'extrémité de l'esplanade du Champ de Mars, en face de la tour Eiffel, le palais de l'Electricité était le "clou" de l'Exposition universelle de 1900. Oeuvre d'Eugène Hénard, architecte et théoricien connu pour ses projets de transformation de Paris, le palais abritait dans son hall de fer et de verre diverses applications de l'électricité. Il servait également à alimenter les autres pavillons. Dans l'Annuaire de l'Exposition de 1900, on peut d'ailleurs lire : "Que le palais de l'Electricité vienne, pour une cause ou pour une autre, à s'arrêter et, toute l'Exposition s'arrête avec lui […]. Dans le palais de l'Electricité se fabrique, en effet, toute l'énergie nécessaire à l'éclairage et à la marche des organes divers de l'Exposition".

Le gigantesque château d'eau de l'architecte Edmond Paulin faisait office de façade. Il s'agissait d'un étonnant décor découpé et aérien : "un diadème, un éventail ouvert, la queue d'un paon faisant la roue". De son centre jaillissait une immense cascade, tandis qu'au sommet dominait Le Génie de l'électricité, une statue haute de plus de six mètres. La nuit, cet ensemble scintillait de milliers de feux multicolores.

Cette étonnante construction a reçu l'approbation du ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et des Télégraphes en 1898 par l'intermédiaire de ce dessin. Il nous transmet l'état définitif des deux palais.

______________________________________________________________________

 

Dans la revue La Nature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

______________________________________________________________________

 

Camille Saint-Saëns : cantate "Le Feu Céleste"

 

 

Une commande pour l'exposition de 1900

 

Tout est conquis dans la Nature ;

Au ciel restait à conquérir

La flamme redoutable et pure ,

Le feu qui fait vivre et mourir !

Aigle s'envolant de son aire

Volta lui ravit le tonnerre

Et l'apporte à l'Humanité.

Par lui la foudre est enchaînée

Et s'appelle Electricité.

 

(Armand Sylvestre)

 

 

_____________________________________________________________________

 

 

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 09:48

17

 

 

Maquette du dirigeable Trouvé-Tissandier ( La Nature , 13 août 1881, p. 169)

 

Nous avons plusieurs fois rencontré Gustave Trouvé dans nos articles sur l'histoire de l'électricité. En particulier dans celui consacré à l'exposition internationale de Paris en 1881.

 

A l'occasion du 110ème anniversaire de sa mort, l'Académie de Touraine publie, sous la plume de Jacques Cattelin, un article qui pose la question : Gustave Trouvé ne serait-il pas l'Edison Français ?

 

Voir le texte de la communication

 

_____________________________________________________________________

 

Partager cet article
Repost0
6 octobre 2014 1 06 /10 /octobre /2014 08:35

Salon de l'automobile, octobre 2014. Ségolène Royal, ministre de l'écologie, est venue y faire la publicité de la voiture électrique. "J'avais un temps d'avance" affirme-t-elle, parlant de son expérimentation en Poitou-Charentes.

 

Un temps d'avance ? Vraiment ? Retour en 1881.

 


Les expositions internationales constituent ces grands rendez-vous du 19ème siècle entre les états du monde "développé". Chacun y expose sa puissance technique et économique dans une rivalité qui s’affirme vouloir n’être que "pacifique". L’électricité y prend naturellement toute sa place. C’est le cas à Londres en 1862, à Paris en 1867 et 1878, à Vienne en 1875 et à Philadelphie en 1876. Mais l’exposition de 1881, à Paris, est une innovation.

 

Initiée par Adolphe Cochery (1819-1900), ministre des Postes et Télégraphes, c’est la première fois qu’une exposition internationale est entièrement consacrée à l’électricité et à ses applications. Cette rencontre prendra une importance particulière avec l’organisation, pendant l’exposition, du premier congrès international des électriciens.


Les moteurs électriques y sont spectaculairement illustrés par leur application à la locomotion. Le premier Tramway électrique fait ainsi son apparition à Paris. Il circule entre la place de la Concorde et le Palais de l’Industrie. Avec le téléphone et les lampes à incandescence c’est la plus belle attraction de l’exposition.

 


 

Premier tramway électrique à Paris

 

Visionnaire, Edouard Hospitalier imagine dans la revue La Nature (1882, premier semestre)  l’usage à venir des accumulateurs dans des véhicules électriques individuels :

 

"Les études sont dirigées aujourd’hui du côté des accumulateurs, et l’on peut espérer que, on sera arrivé à les construire assez légers pour pouvoir faire fonctionner des véhicules pendant quelques heures à l’aide de l’électricité emmagasinée. Il sera facile alors d’établir en certains points de la capitale de véritables relais où l’on viendra recharger les accumulateurs en les branchant sur la canalisation générale de la distribution. On aura ainsi réalisé le cheval de fiacre électrique et la nourriture électrique.

 

Nous n’en sommes pas encore là au point de vue de la pratique, mais combien d’années encore cette utopie mettra-t-elle à devenir une réalité."

 

Combien d’années ? E. Hospitalier, comme ses contemporains, était certain que l’électricité était l’énergie de leur avenir et avec elle la locomotion électrique. (voir l'histoire des voitures électriques)

 

C’était compter sans le pétrole dont on commençait seulement à imaginer l’usage possible dans ces moteurs à explosion dont le premier brevet avait été déposé par les frères Niépce en 1807 à un moment où ils qui ne disposaient pas encore du combustible idéal (leur prototype fonctionnait à la poudre de lycopode, spores d’un champignon). Un siècle plus tard, effet de serre et épuisement des ressources combinés, l’idée de la voiture électrique intéresse à nouveau pouvoirs publics et industriels.

 

Encore faut-il que la production d'électricité ne soit pas elle même source de pollution. Or dans le même temps où la ministre de l'écologie faisait la promotion de la voiture électrique, elle déclarait son attachement aux centrales nucléaires qu'elle considérait comme "un acquis et un atout" considérant par ailleurs que "le nucléaire est le socle de la politique énergétique de notre pays".

 

La voiture électrique ne serait-elle alors qu'un alibi pour la poursuite de la politique nucléaire de la France ?

 

 

 

Au siècle de l'avant pétrole, la "transition énergétique" vers l'électricité signifiait la sortie du tout-charbon et le recours aux énergies issues de la "Nature", celles qu'aujourd'hui, dans notre époque marchande, nous désignons comme "renouvelables".

 

Louis Figuier, rendant compte de l’exposition de 1881 dans L’année Scientifique de 1882, expose ses propositions : utiliser les énergies des chutes d’eau, des marées, des fleuves.

 

"Créer de l’électricité par la force primitive, transporter cette électricité à distance au moyen d’un fil, et à cette distance changer de nouveau cette électricité en mouvement… des forces naturelles aujourd’hui perdues pourraient être utilisées en les transportant à une distance plus ou moins grande.

 

Il y a par exemple, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les Apennins, dans les Andes, d’immenses chutes d’eau qui pourraient produire de grands effets mécaniques, et qui sont perdues parce que l’on n’a pas le moyen de les utiliser sur place. Transportez cette force du pied des Alpes, par exemple, jusque dans une usine située à 20 ou 30 kilomètres, et vous disposerez ainsi d’une puissance qui était perdue, qui ne sera pas assurément gratuite, mais qui sera un accroissement de votre énergie mécanique.

 

Les marées sont une force naturelle immense, mais dont on ne peut tirer parti sur les rivages de l’océan. Transformez en électricité, au moyen d’une machine dynamo-électrique, la force mécanique de l’influx marin recueilli sur les côtes, et transportez au loin cette électricité… et vous aurez tiré parti d’une force naturelle qui jusqu’ici n’a jamais pu être utilisée sérieusement…

 

La roue d’un modeste moulin peut même être employée à produire de l’électricité, et cette électricité transporter au loin l’énergie mécanique de la chute d’eau"

 

Nous trouvons dans cette énumération une grande partie des énergies renouvelables que nous exploitons aujourd’hui ou que nous souhaitons exploiter dans l’avenir. En y ajoutant l’énergie du vent et surtout l’énergie solaire on aura complété la panoplie des alternatives aux énergies fossiles qui constitueront une part essentielle de notre futur.


 

Mais pour en revenir à la locomotion, plutôt que de développer un nouveau moyen de déplacement individuel à coup de subventions publiques (1), sans doute faudrait-il consacrer celles-ci en priorité à l'amélioration et au développement des transports collectifs moins coûteux en énergie et à l'isolation de l'habitat.

 

(1) Voir de Hervé Kempf : Loi sur l’énergie : un cadeau de 40 milliards d’euros au lobby de l’auto électrique.

 

_________________________________________________________

 

On parle des premières voitures électriques, du règne du tout pétrole et de transition énergétique dans :

 

 

 

Un livre chez Vuibert.

 

JPEG - 77.7 ko

Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…
 

Coupable : le dioxyde de carbone.

 

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

 

 

L’auteur nous fait suivre la longue quête qui, depuis les philosophes de la Grèce antique jusqu’aux chimistes et biologistes du XVIIIe siècle, nous a appris l’importance du carbone et celle du CO2.

 

L’ouvrage décrit ensuite la naissance d’une chimie des essences végétales qui était déjà bien élaborée avant qu’elle ne s’applique au charbon et au pétrole.

 

Vient le temps de la « révolution industrielle ». La chimie en partage les succès mais aussi les excès.

 

Entre pénurie et pollutions, le « carbone fossile » se retrouve aujourd’hui au centre de nos préoccupations. De nombreux scientifiques tentent maintenant d’alerter l’opinion publique.
 

Seront-ils entendus ?

 

 

 

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Le blog d'histoire des sciences
  • : Comme l'art ou la littérature,les sciences sont un élément à part entière de la culture humaine. Leur histoire nous éclaire sur le monde contemporain à un moment où les techniques qui en sont issues semblent échapper à la maîtrise humaine. La connaissance de son histoire est aussi la meilleure des façons d'inviter une nouvelle génération à s'engager dans l'aventure de la recherche scientifique.
  • Contact

Recherche

Pages

Liens