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22 mai 2026 5 22 /05 /mai /2026 14:15

Gérard Borvon. Première mise en ligne août 2017.

 

Nous proposons ici un texte de Paul Langevin qu'il faudrait  présenter à tout futur enseignant en sciences pendant sa formation.

 

1926.

 

"Le sujet de cette conférence est quelque peu abstrait, et je m'en excuse, mais son choix a été dicté par le désir de vous communiquer quelques réflexions personnelles et de provoquer des observations sur l'enseignement des sciences {en particulier des sciences expérimentales qui sont spécialement de mon domaine), sur le rôle que peut et doit y jouer le point de vue historique et de son importance dans la préparation de ceux qui sont appelés à enseigner les sciences.

 

Il faut reconnaître tout d'abord que, dans cet enseignement, on néglige à peu près entièrement le point de vue historique, alors qu'il en est tenu grand compte dans d'autres branches comme la littérature et la philosophie. L'enseignement de la musique lui-même vient de voir son programme augmenté, dans les établissements secondaires, d'un aperçu des « grandes étapes » et des « grandes figures » de l'histoire de cet art. Or, dans l'enseignement des sciences, on ne saurait que gagner à introduire de même le point de vue historique." 

 

Ainsi s'exprimait Paul Langevin en introduction de sa conférence sur "la valeur éducative de l'histoire des sciences", en 1926. 

 

Extrait :  "Ce que nous proposerons ici sera de mettre en évidence tout ce que l'enseignement scientifique perd à être uniquement dogmatique, à négliger le point de vue historique.

 

En premier lieu il perd de l'intérêt. L'enseignement dogmatique est froid, statique, et aboutit à cette impression absolument fausse que la science est une chose morte et définitive. Personnellement, si j'en étais resté aux impressions éprouvées à la suite des premières leçons de sciences de mes professeurs - à qui je garde cependant le souvenir le plus reconnaissant - si je n'avais pris un contact ultérieur ou différent avec la réalité, j'aurais pu penser que la science était faite, qu'il ne restait plus rien à découvrir, alors que nous en sommes à peine aux premiers balbutiements dans la connaissance du monde extérieur. Croire qu'il n'y a plus que des conséquences à tirer de principes définitivement acquis est une idée absolument erronée et qui risque de faire perdre toute valeur éducative à l'Enseignement scientifique.

 

Ce défaut, général dans tous les pays, est encore plus sensible en France où, par une coquetterie déplacée, on hésite à introduire dans l'enseignement les notions nouvelles qui, à un degré plus ou moins grand, sont encore en état de développement. Seules les théories ayant fait, au moins en apparence, leurs preuves ont droit de cité dans nos livres classiques ; il en résulte qu'en réalité celles qui sont déjà périmées sont presque les seules qu'on puisse y rencontrer, tant est rapide encore le changement continuel de nos idées les plus fondamentales.

 

Or pour contribuer à la culture générale et tirer de l'enseignement des sciences tout ce qu'il peut donner pour la formation de l'esprit, rien ne saurait remplacer l'histoire des efforts passés, rendue vivante par le contact avec la vie des grands savants et la lente évolution des idées. Par ce moyen seulement on peut préparer ceux qui continueront "

 

Ce texte, constamment rappelé est resté une référence qu'il est intéressant de suivre dans le siècle qui a suivi avec chaque fois le même constat : l'histoire des sciences est absente de la formation des enseignants en sciences comme de celle des étudiants malgré son indéniable intérêt.

 

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1960.

 

La revue "La Nature" fait le compte rendu d'un colloque réuni à l'initiative de l'Association Paul Langevin" consacré à l'histoire des sciences dans l'enseignement et l'éducation.

 

 

 

 

Extrait : "Une discussion présidée par René Lucas, président de l'association, révéla le plein accord des nombreux spécialistes et enseignants en faveur de l'introduction de l'histoire des sciences dans l'enseignement secondaire et aussi, sous une forme anecdotique, dans l'enseignement primaire. Des professeurs d'histoire et de philosophie sont intervenus pour montrer combien leur enseignement gagnerait en intérêt et en profondeur si, en enseignant les sciences, on montrait non seulement l'évolution interne des idées, mais aussi l'influence des techniques et conditions historiques sur l'évolution de la pensée scientifique"

 

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1989...1994.  Les journées Langevin à Brest.

 

De 1989 à 1994 sont organisées à la faculté des sciences à Brest, à l'initiative de Jean Rosmorduc professeur d'histoire des sciences à l'Université, des "Journées Langevin" consacrées à l'enseignement de l'histoire des sciences. Lors des deuxièmes journées Langevin en 1990. Enseignant au lycée de l'Elorn à Landerneau, j'ai eu l'occasion d'y exposer les "Exercices historiques en classe de sciences" que je m'efforçais de pratiquer dans mes cours et qui m'ont amené par la suite à occuper la fonction de formateur en histoire des sciences à l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres (IUFM) de Bretagne.

 

" rien ne vaut d'aller aux sources, de se mettre en contact aussi fréquent et complet que possible avec ceux qui ont fait la science et qui en ont le mieux représenté l'aspect vivant "  écrivait Langevin.

 

Ces sources sont souvent facilement accessibles (ce qui est encore plus vrai avec le développement d'internet et leur numérisation)) il est donc possible de les utiliser en classe.

 

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Tentatives de mise en oeuvre.

 

L'Histoire des Sciences, un outil pour la classe : quatre expériences pédagogiques.

 

L’histoire des sciences ne doit pas être un simple ornement. Utilisée comme un outil pour faire progresser le cours elle évite le piège du dogmatisme qui est à l’opposé de la démarche scientifique dans le même temps qu’elle inscrit les sciences comme une part entière de la culture humaine. On trouvera ici quelques expériences tentant de mettre en oeuvre cette conception.

 

 

Par exemple : des rayons X à la photographie et au cinéma.

 

 

 

 

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2005.

 

Le thème est repris par Bernadette Bensaude-Vincent, historienne des sciences, dans la revue d'histoire des sciences sous le titre : Paul Langevin : L'histoire des sciences comme remède à tout dogmatisme

 

Le texte, extrêmement riche, s'appuie sur la conférence de Paul Langevin "L'esprit de l'enseignement scientifique" de 1904. Il se conclut par une citation de Langevin extraite de sa conférence sur "La pensée et l'action" datée de 1946.

"S'il devait arriver que seuls quelques initiés puissent participer à la joie de comprendre et à la possibilité d'agir, notre humanité courrait un grand danger"

 

 
Un siècle après le discours de Paul Langevin.
 
L'humanité se trouve face à un nouveau défi : le dérèglement climatique et l'effondrement de la biodiversité. Alors que les scientifiques s'efforcent d'en informer l'ensemble de leurs concitoyennes et concitoyens et de leur proposer des solutions pour enrayer le phénomène, les puissances politiques et économiques qui règnent sur la Planète s'emploient à censurer ou dénaturer leurs propos dans des campagnes de désinformation mondialement organisées. Un regard sur l'histoire de leurs découvertes ne pourrait-il pas avoir une certaine utilité pour y répondre . 
 
 
 
 
 
 
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