
« Energy Observer », le premier bateau-laboratoire propulsé à l’hydrogène et aux énergies renouvelables, a pris le large le 26 juin 2017.
Cet article est reposté depuis Plogoff. Chronique d'une lutte contre le nucléaire..
Déclaration de Emmanuel Macron à la COP23 : La France a décidé de l'absence de toute construction de nouvelles centrales thermiques. Discours du Président de la République, Emmanuel Macron, lors de la COP23 à Bonn Alors que le projet de "Direct Energie-Siemens" d'une centrale électrique à gaz à Landivisiau n'est toujours pas annulé, le Président de la République annonce qu'aucune cent
Alors que le projet de "Direct Energie-Siemens" d'une centrale électrique à gaz à Landivisiau n'est toujours pas annulé, le Président de la République annonce qu'aucune centrale thermique ne sera plus mise en chantier en France.
Extrait :
"Ainsi la France a-t-elle décidé la fermeture de toutes les centrales à charbon d’ici la fin de l’année 2021, l'absence de toute construction de nouvelles centrales thermiques, et surtout à travers un projet de loi hydrocarbure voté à l'Assemblée nationale et qui sera parachevé dans les prochaines semaines, l'interdiction de tout nouveau permis d'exploration et d'exploitation d'hydrocarbures dans notre pays. C’est la première fois qu'un pays développé décide pour son propre territoire d'une telle politique ; nous l'assumons parce que c'est celle qui est indispensable pour être au rendez-vous du climat et de la transition que nous avons actée.
Cette transformation, elle implique aussi d’accélérer la montée en puissance des énergies renouvelables. Et donc pour se faire, de pouvoir accélérer les mutations technologiques que je viens d’évoquer et ce partenariat européen. Et que personne ne se trompe ici, prétendre que nous devrions accélérer les fermetures de centrales nucléaires sans avoir répondu préalablement à cela, c'est nous condamner dans les prochaines années à rouvrir des centrales à charbon ou des centrales thermiques. Et donc faire l’inverse de ce que nous sommes en train de nous engager à faire.
La priorité, c'est la baisse des émissions, la priorité c'est de baisser les émissions de gaz à effet de serre et donc la politique CO2, c'est celle-ci dans laquelle le gouvernement est pleinement engagé et aura des résultats dans les prochaines années."
Monsieur le président, n’attendez pas le Sommet organisé par la France à Paris le 12 décembre prochain pour le deuxième anniversaire de l'accord sur le climat. C’est maintenant qu’il faut annoncer la fin du projet de centrale à gaz à Landivisiau.
La déclaration que devra faire Emmanuel Macron au " Sommet International sur la lutte contre le réchauffement climatique", le 12 décembre 2017 à Paris.
Dans un texte signé il y a 25 ans par 1.700 chercheurs, les auteurs exhortaient à réagir face à la destruction de l'environnement, craignant que « l'humanité ne pousse les écosystèmes au-delà de leurs capacités à entretenir le tissu de la vie ». Mais la situation s'est encore plus aggravée et devant l'ampleur du phénomène, plus de 15.000 scientifiques ont signé un cri d'alarme sans précédent. Si nous ne réagissons pas, nous allons droit dans le mur, expliquent-ils. Le temps presse.
En 1992, 1.700 scientifiques, dont près d'une centaine de prix Nobel, lançaient à l'occasion du Sommet de la Terre à Rio, premier du genre, le « World Scientist's Warning to Humanity ». Cet avertissement à l'humanité décrivait la destruction de l'environnement, peu conscientisée à l'époque, et soulignait combien notre espèce est « sur une trajectoire de collision avec le monde naturel », si elle ne réagit pas.
Vingt-cinq ans plus tard, les scientifiques constatent que la situation ne s'est pas améliorée. Au contraire, elle a empiré dans tous les domaines en crise, avec une exception, l'affaiblissement de la couche d'ozone, réduit grâce à une forte mobilisation internationale. Alors 15.364 scientifiques du monde entier (184 pays) ont signé un nouveau cri d'alarme, d'une ampleur sans précédent. Le texte a été publié le 13 novembre dans la revue scientifique BioScience et dans Le Monde (« Il sera bientôt trop tard » titrait en Une lundi le quotidien), alors que se déroule jusqu'au 17 novembre, la COP23, sur le climat, à Bonn.
Le climat, justement. « Particulièrement troublante est la trajectoire actuelle d'un changement climatique potentiellement catastrophique »écrivent les auteurs dans le « cri d'alarme » de 2017. Le taux de CO2dans l'atmosphère terrestre, nous l'avons vu récemment, n'a jamais été aussi élevé depuis au moins 800.000 ans. Il est désormais au-dessus de 400 ppm contre 280 ppm avant l'ère industrielle.
Et cela ne devrait pas s'améliorer car les émissions de ce gaz à effet de serre lequel, rappelons-le, peut séjourner 100 ans dans l'atmosphère, sont reparties à la hausse après trois années de stabilité selon le nouveau rapport annuel du Global Carbon Project. Elles devraient être de +2 % en 2017 et atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes. « Le monde n'a donc pas atteint son pic d'émissions, affirment les auteurs de l'étude qui vient de paraître dans Nature Climate Change, Environmental Research Letters et Earth System Science Data. Cela montre qu'il faut agir plus fortement. Il faut oublier toute autosatisfaction. »
Pour Corinne Le Quéré, de l'université britannique d'East Anglia, selon des propos rapportés par l'AFP : « c'est une grande déception. Avec 41 millards de tonnes de CO2 émis estimés pour 2017 [si l'on ajoute ladéforestation, NDLR], on risque de manquer de temps pour garder la température sous 2 °C, et a fortiori 1,5 °C ». D'ailleurs, l'objectif très enthousiaste de limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C lors des accords de Paris en 2015 semble de plus en plus hors d'atteinte. Cet été, des chercheurs annonçaient même qu'il n'y aurait que 5 % de chances de le limiter à 2 °C.
Le changement climatique provoqué par une hausse des émissions de gaz à effet de serre n'est qu'un des périls qui assombrit l'avenir de l'humanité et bien sûr avec elle, de la vie sur Terre. Affectés désormais par les perturbations créées par le réchauffement global dont nous sommes responsables, les écosystèmes sont aussi violemment impactés par leur destruction frontale par l'Homme depuis plusieurs siècles : déforestation, braconnage, exploitation minière, artificialisation des sols,agriculture intensive et usages massifs de pesticides... Sans oublier les océans et la vie marine. Tous les voyants passent au rouge. « Nous avons déclenché un phénomène d'extinction de masse, le sixième en 540 millions d'années environ, au terme duquel de nombreuses formes de vie pourraient disparaître totalement », déplorent les 15.000 signataires.
Un grand nombre de vertébrés et invertébrés, terrestres et marins, sont en danger d'extinction. Nous avons appris il y a quelques semaines que la population d’insectes volants s'est effondrée de 75 % en 30 ans en Allemagne. Un chiffre que l'on peut élargir à l'Europe où les conditions sont similaires sur de nombreux territoires. Leur perte est non seulement dommageable pour la pollinisation mais aussi pour l'ensemble de lachaîne alimentaire, avec les conséquences que l'on peut craindre.
Interrogé par Le Monde, le biologiste Gilles Bœuf, ancien président duMuséum national d'histoire naturelle, rappelle une évidence : « Labiodiversité, nous en faisons partie : la nature, c'est nous. Nous ne sommes pas à côté d'elle. Dès que l'on admet cela, on comprend que détruire les écosystèmes revient à s'auto-agresser, qu'opposer la protection de la nature d'un côté à la création d'emplois et au court terme économique de l'autre est d'une totale stupidité ».
Pas plus tard qu'il y a huit jours, le célèbre physicien Stephen Hawkingdéclarait lors d'une conférence que si nous ne faisons rien, la Terre serait inhabitable dans un avenir proche, en proie à une surpopulation, des terres devenues incultivables et un épuisement croissant des ressources naturelles. Il exhortait l'humanité à préparer l’exploration interstellaire.
Depuis la signature du premier appel en 1992, la population mondiale a augmenté de 35 % (nous sommes à présent 7,6 milliards, selon les derniers chiffres des Nations Unies de juin 2017), ce qui n'est pas sansincidences sur les ressources comme l'eau douce. En effet, « le volumed'eau douce disponible par habitant a chuté de moitié » depuis les années 1960.
Tout est une question de gestion des ressources. Dans Le Monde, le démographe Hervé Le Bras rappelle que « si l'ensemble de l'humanité mangeait comme les Français, les ressources de la planète permettraient de nourrir seulement 4 milliards d'humains. A contrario, avec le régime du Bangladesh, ce serait 12 milliards ».
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Enfin, la pression démographique s'exerce sur les milieux naturels, les fragmentant de plus en plus jusqu'à les réduire à peau de chagrin. On le voit en Amazonie ou en Indonésie, exemples les plus connus où les grandes forêts, foyers des plus riches biodiversités de la planète, sont mises en pièce — idem dans les milieux marins avec la destruction notamment des coraux en raison du réchauffement des eaux et de leur acidification — pour des monocultures (huile de palme, soja pour les animaux...), mais c'est aussi le cas dans nos campagnes où la nature laisse la place au béton (environ 236 hectares de perdus par jour en France).
« Nous mettons en péril notre avenir en refusant de modérer notre consommation matérielle intense mais géographiquement et démographiquement inégale, et de prendre conscience que la croissance démographique rapide et continue est l'un des principaux facteurs des menaces environnementales et même sociétales. »
Pour les chercheurs, nos seules chances de salut passent par un sursautcollectif et aussi individuel : « grâce à un raz-de-marée d'initiatives organisées à la base, il est possible de vaincre n'importe quelle opposition, aussi acharnée soit-elle, et d'obliger les dirigeants politiques à agir », écrivent-ils. Et cela passe aussi par nos comportements individuels « en limitant notre propre reproduction [...] et en diminuant drastiquement notre consommation par tête de combustibles fossiles, de viande et d'autres ressources ».
« Il sera bientôt trop tard pour dévier de notre trajectoire vouée à l'échec car le temps presse, conclut l'appel de 2017. Nous devons prendre conscience, aussi bien dans nos vies quotidiennes que dans nos institutions gouvernementales, que la Terre, avec toute la vie qu'elle recèle, est notre seul foyer. »

« Energy Observer », le premier bateau-laboratoire propulsé à l’hydrogène et aux énergies renouvelables, a pris le large le 26 juin 2017.
Parti de France le 26 juin 2017, le premier bateau propulsé à l’hydrogène et aux énergies renouvelables, l’Energy Observer, va parcourir les océans pendant six ans. Un tour du monde, en partenariat avec l’UNESCO, en 101 escales dans 50 pays pour sensibiliser les populations et les collectivités locales aux enjeux de la transition énergétique et du développement durable.

Présentation au public du bateau « Energy Observer », avant sa mise à l’eau à Saint-Malo (France), en avril 2017. Un projet innovant, en partenariat avec l’UNESCO.
Naviguer sans émettre ni gaz à effet de serre ni particules fines, en utilisant des énergies renouvelables : c’est le pari d’Energy Observer, le premier bateau français autonome en énergie. Parti du port de Saint-Malo, en France, le 26 juin 2017, sans une goutte d’énergie fossile à bord, il entame un tour du monde qui durera jusqu’en 2022.
Objectif : tester grandeur nature l’efficacité des énergies solaires et éoliennes, ainsi que la production d’hydrogène à partir d’eau de mer. Mais au-delà de la prouesse technique, Victorien Erussard, l’un des initiateurs du projet, officier de la marine marchande français, et son équipe, veulent rencontrer des créateurs de solutions technologiques innovantes pour « montrer qu’il existe une voie énergétique propre et durable ». Car, pour eux, face au réchauffement climatique et aux défis démographiques et environnementaux du XXIe siècle, l’heure n’est plus au constat mais à l’action. Comment allons-nous nous déplacer, nous nourrir, construire nos maisons, travailler ou nous informer : toutes ces questions doivent être aujourd’hui repensées. « Des solutions innovantes sont développées partout dans le monde. Cette expédition est l’occasion de lever une communauté au-delà des frontières en valorisant et connectant ses solutions entre elles », poursuit Jérôme Delafosse, le chef de l’expédition, scaphandrier professionnel et réalisateur de documentaires sur la nature et la biodiversité.
L’aventure démarre en 2013 lorsque le navigateur Frédéric Dahirel récupère l’un des voiliers les plus rapides de l’histoire de la course au large. En effet, en 1984, celui-ci franchit pour la première fois la barre symbolique des 500 milles en 24 heures. Et en 1994, il permet à sir Peter Blake, grand navigateur néo-zélandais, qui s’était retiré de la course pour se consacrer à des explorations environnementales, d’établir le record du tour du monde.
Le rêve de Frédéric Dahirel ? En faire le premier navire français propulsé à l’électricité d’origine éolienne. Tout un symbole.
En 2015, son compagnon de voile, Victorien Erussard le rejoint. Puis, la rencontre avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et le Laboratoire d’innovation pour les technologies des énergies nouvelles et les nanomatériaux (CEA-Liten), situés en France, donne une nouvelle orientation au projet. Plus technologique, c’est la piste de l’hydrogène, comme source d’énergie, qui est explorée.
Pour préparer le bateau, deux ans de travaux sont nécessaires. Deux moteurs électriques viennent remplacer la grand-voile et son foc. Deux éoliennes et des panneaux solaires sont installés sur ses flancs. Au centre, une voile de traction de 20 mètres de large peut être déployée. Deux hydrogénérateurs sont alors actionnés sous la coque. Équipés de turbines, ces derniers profitent de la force hydraulique générée par la navigation et produisent de l’électricité. De quoi répondre aux besoins du moteur, de la vie à bord et aux appareils de guidage et de télécommunications du bateau. Un laboratoire en forme d’éloge à la lenteur : le bateau avance à 8 ou 10 nœuds au lieu des 30 nœuds lorsqu’il était destiné à la course.
La seconde innovation réside dans la production d’hydrogène sans émission de CO2. En France, ce gaz est considéré comme une solution d’avenir pour assurer le stockage de l’électricité verte d’origine éolienne et solaire. Introuvable à l’état pur, il faut le produire. Les chercheurs d’Energy Observer ont opté pour une solution écologique : l’eau de mer. « Aujourd’hui, 95 % de l’hydrogène utilisé dans le monde est fabriqué à partir d’énergie fossile, comme le gaz naturel. C’est très polluant. Nous voulons montrer que l’hydrogène peut être produit de manière “décarbornée” », explique Nicolas Degorce, ingénieur naval qui a participé à la conception du bateau.
Pour créer cette chaîne de production capable de résister aux conditions extrêmes de la navigation, près de 30 chercheurs du CEA-Liten ont planché pendant deux ans. Ils ont été épaulés par des ingénieurs, des experts spécialisés dans les transports, des architectes navals et les nouvelles technologies, mais aussi par des entreprises privées. « Une vingtaine de prototypes a été mise à disposition. C’est une occasion formidable de les sortir des laboratoires pour les étudier et les tester », ajoute Nicolas Degorce.
Dans les cales et sur le pont, 700 capteurs électroniques enregistrent en temps réel le comportement des pièces du puzzle énergétique : éolienne, solaire, hydroélectricité, production d’hydrogène. Avec ces données, les chercheurs tenteront d’en améliorer les performances. Conçu comme un réseau intelligent (Smart grid), ce système combiné d’énergies renouvelables pourrait un jour être utilisé dans les maisons, les usines ou sur les cargos. Il pourrait aussi permettre de lutter contre l’exclusion énergétique des 1,2 milliard de personnes qui vivent encore sans accès à l’électricité dans le monde.
Un pari pour l’avenir qui ne s’arrête pas à la seule prouesse technologique. Grâce à Energy Observer, les marins veulent aussi sensibiliser le grand public à la préservation de la biodiversité et aux enjeux immédiats du réchauffement climatique. « Je suis confronté à l’impact de l’activité de l’homme sur la planète depuis 20 ans. Cette expédition est une occasion de montrer la réalité et de rassembler toutes les initiatives positives à travers le monde », affirme Jérôme Delafosse. Son ambition ? Faire d’Energy Observer un véritable média pour la planète : « Nous voulons faire rêver le public pour le sensibiliser, lui faire découvrir le monde tel qu’il ne l’a jamais vu. » Au gré du voyage, une série de huit documentaires sera réalisée pour une chaîne française. Des contenus en 3D et en réalité virtuelle seront également créés, puis diffusés sur Internet ou dans les ports où ils feront escale : des immersions au cœur d’Energy Observer mais aussi des plongées au milieu des cachalots pour mieux connaître leur manière de communiquer entre eux. Avec peut-être un jour la possibilité de montrer tous ces contenus dans les écoles à travers le monde.
L’odyssée promet d’être riche. Au gré de 101 escales dans 50 pays, l’équipage va parcourir des îles qui cherchent l’autonomie énergétique comme celle de El Hierro, dans les Canaries en Espagne, ou des cités exemplaires à l’image de San Francisco qui veut devenir une ville zéro déchets. Une vingtaine d’étapes est planifiée dans des sites du patrimoine mondial et des réserves de biosphère de l’UNESCO d’ici 2022, comme les vasières de la mer des Wadden, aux Pays-Bas, ou l’île de Socotra, au Yémen, qui héberge une biodiversité et quelque 700 espèces uniques au monde. « Nous allons filmer les requins de l’île Cocos au large du Costa Rica, la mer blanche au Nord de la Russie, tous ces trésors peu connus mais qui sont impactés par l’activité de l’homme. Cette expédition est une formidable occasion d’en savoir plus sur notre planète », s’enthousiasme Jérôme Delafosse. « Nous voulons partager ce savoir grâce aux médias digitaux et aux rencontres que nous organiserons dans les grands ports du monde. »
UNESCO et le projet Energy Observer
Objectifs de développement durable pour les sciences naturelles

extrait.
Il existe des liens intéressants entre science et magie. Elles partagent une croyance, celle que ce qui est visible n’est qu’une réalité superficielle et non la vraie réalité sous-jacente. Toutes deux tirent leur origine du besoin fondamental, basique, de trouver un sens à un monde hostile afin de pouvoir le prévoir ou le manipuler.
La magie, tout comme la science, apporte des éclairages sur le fonctionnement du cerveau humain. Trouver des points communs entre la science et la magie dépend bien sûr de la manière dont on définit la magie. L’interprétation la plus simple des pratiques magiques est qu’il s’agit de mauvaise science. Mais qui peut vraiment dire ce qu’est la bonne science ? Nombre d’idées innovantes ont attendu des années avant de se voir acceptées par la communauté scientifique. Cela signifie-t-il qu’elles se sont tout à coup transformées, passant de la magie à la science ? Pourquoi croyons-nous en la magie et la sorcellerie ? les certitudes et les prédictions scientifiques ont des limites très réelles et de nouvelles interrogations, des mystères, des énigmes continueront à se poser aussi sûrement que des mystères d’aujourd’hui seront résolus.
Magie et religion sont des recours qui opèrent dans des situations de stress émotionnel : moments de crise, blocages dans des processus de recherche, mort, initiation à des mystères, déception amoureuse… Religion et magie offrent des moyens d’échapper à de telles situations. Si la superstition est toujours florissante aujourd’hui, c’est bien parce que de nombreux aspects de l’existence demeurent hors de contrôle. La différence entre la science et la magie se situe au niveau expérimental : la connaissance scientifique conventionnelle s’obtient par un travail pénible, aride, de longue haleine. Les éclairs de génie, les « Euréka ! » sont rares. Cela peut prendre des années pour découvrir quelque chose et en apporter la confirmation à la satisfaction générale.
La recherche n’est pas une série d’illuminations nées de la douceur du bain ou d’un moment de repos sous un pommier. C’est un travail opiniâtre, qui n’exclut toutefois pas les chemins de traverse. L’une des caractéristiques de la pensée magique et de la foi religieuse qui les différencie de la science est que aucune découverte ultérieure ne peut venir ébranler la foi ou la croyance de l’adepte, car il trouvera toujours une explication pour étayer sa foi. Quand un charme magique, un sortilège, n’opère pas, la faute en revient au magicien, non au charme lui-même. Les scientifiques aussi peuvent avancer toutes sortes d’explications pour excuser les défaillances d’une théorie fausse. Mais à la différence d’autres systèmes de croyance, le système scientifique se trouve perpétuellement passé au crible de l’expérience. La science finit toujours par abandonner une théorie ou une « vérité » si elle est infirmée par des preuves indiscutables. La science est véritablement le meilleur moyen de comprendre le fonctionnement de l’univers.
Même si l’on reprenait le cours de l’histoire et qu’elle suive une autre route, les conclusions de la science seraient les mêmes : l’ADN serait toujours la molécule de l’hérédité, l’hydrogène serait toujours l’élément le plus abondant de l’univers, les étoiles seraient encore alimentées par la fusion nucléaire. Si Newton n’avait pas fait ses découvertes mathématiques, physiques, scientifiques, un autre l’aurait fait. Si Marie Curie n’avait pas existé, on aurait tout de même découvert les éléments radioactifs du radium et du polonium. Mais si J.K. Rowling n’était pas née, nous n’aurions jamais connu Harry Potter. Voilà pourquoi ce personnage a tant de signification : la science est peut-être spéciale, mais Harry Potter, comme œuvre d’art, l’est bien davantage. Il est unique.

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