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3 septembre 2026 4 03 /09 /septembre /2026 09:47

Gérard Borvon.

 

 

Christine Blondel présente la nouvelle vie pour les sites 'Ampère'

et 'Histoire de l'Électricité'.

 

 

Un remarquable exposé de Christine Blondel sur Ampère, tel qu'on peut le découvrir sur le site Histoire de l'électricité et du magnétisme dont elle a été l'initiatrice et la principale réalisatrice avec Bertrand Wolf. Un travail d'une valeur inestimable.

Voir

https://youtu.be/-vEgiXFsLwY

 

 

 

J'ai aimé sa conclusion. Un savant Romantique ?

 

https://youtu.be/-vEgiXFsLwY?t=1246

 

 

Aller sur le site

 

https://ampere-archives.fr/histoire-electricite/

 

J'ai eu le plaisir de participer à ce site par :

 

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La longue histoire des unités électriques

 

 

On y trouve même une contribution de mes élèves.

 

Quand le tire-bouchon de Maxwell rejoint le bonhomme d'Ampère.

Un remède à l'écoanxiété : l'action.

 

En conclusion de son exposé, Christine Blondel s'est interrogée. Qu'exprimerait le visage d'Ampère aujourd'hui au moment où la muse lui dévoile la marche du monde. De l'écoanxiété ? A l'évidence un message pour aujourd'hui auquel elle a répondu par l'action en tant que présidente de l’association Cachan Soleil.

 

 

Elle explique son engagement sur le site Energie Partagée.

 

"Aujourd’hui le problème majeur pour moi est le dérèglement climatique. En 2016, après la COP 21 et en fin d’une carrière professionnelle de chercheur, je me suis impliquée dans l’association qui a porté le projet de coopérative solaire citoyenne dans ma ville de Cachan. La coopérative Sud Paris Soleil est lancée début 2019 avec l’objectif d’équiper des toitures publiques de panneaux photovoltaïques dans le Sud parisien et de sensibiliser à la transition énergétique. On a commencé par équiper le toit de l’école élémentaire La Plaine, à Cachan, avec une installation d’une puissance de 100 kWc, qui produit 100 MWh par an. Cette installation a été mise en service au printemps 2021.

 

La production d’énergie renouvelable est évidemment importante pour nous mais la sensibilisation à la maîtrise de l’énergie l’est tout autant. L’enjeu crucial est de réduire individuellement et collectivement notre consommation d’énergie."

 

Merci à elle pour cette belle leçon d'optimisme.

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30 août 2026 7 30 /08 /août /2026 15:10

Gérard Borvon

 

Mon premier Poste.

 

 

Mon début dans l'enseignement a été plutôt abrupt. En ce début de septembre 1963 j'aurais dû être à Rennes au centre de formation de enseignants en collège. Le possibilité était offerte à quelques élèves des écoles normales de rejoindre ce centre dans lequel, après deux ans d'études, on obtenait le titre de professeur des collèges. Ce recrutement se faisait, en règle générale, après le baccalauréat, c'est à dire après la troisième année à l'E.N. J'étais du nombre mais notre directeur, qui pensait couver ses poussins, nous avait conseillé d'assurer nos arrières en accomplissant la quatrième année qui nous assurerait la fonction d'instituteurs au cas où. Vous pourrez rejoindre la formation des collèges plus tard nous avait-il affirmé. Sauf que en cette rentrée 1963 le ministère décidait subitement que ce n'était plus possible. Fini l'espoir des études supérieures et retour à la case instituteur avec recherche d'un poste. Tous nos collègues avaient déjà été nommés. Il y avait un classement en sortie d'E.N qui permettait aux meilleurs de choisir leur poste parmi ceux vacants. Pour nous il ne restait donc plus que les fonds de tiroir. Pour moi ce sera "classe de perfectionnement" à l'école de Traon Quizac à Brest.

 

 

L'école de Traon Quizac à Brest, je la connais. J'y ai fait ma maternelle. A l'époque elle était constituée de baraques, résultat de la guerre. Elle a été reconstruite en dur mais j'y retrouve quelques-unes de ces baraques, ajoutées avec l'afflux des enfants du "baby boom". Ma classe sera l'une d'entre elles.

 

 

"Classe de perfectionnement" ! Jamais entendu en parler pendant mes stages à l'E.N. Je me renseigne et apprends donc qu'il s'agit de classes pour "enfants en difficulté". Aujourd'hui grâce à Wikipédia j'apprends qu'une "Loi du 15 avril 1909" a créé des Classes de Perfectionnement annexées aux écoles élémentaires publiques "pour les enfants arriérés". A l'époque pas de novlangue, "enfants en difficulté" se disait "enfants arriérés" dans un autre texte je lis même "débiles". Mieux valait ne pas le savoir au moment d'affronter ces premiers élèves. Internet m'offre aujourd'hui toute une littérature très éclairante sur la question de ces classes.

 

 

J'arrive donc dans mon établissement et rencontre le directeur qui me dirige immédiatement et sans transition vers ma classe. Première récréation et rencontre dans la cour avec les vieux collègues à qui je fais part de mon ignorance totale de la question et à qui je demande des conseils. Je n'en reçois que des regards fuyants et un silence pesant. Avant que je prenne cette classe les enfants étaient dispersés dans les leurs, ils sont bien heureux que je les en débarrasse et ne craignent qu'une chose : leur retour chez eux. Quant au jeune collègue, qu'il se débrouille, à eux non plus on n'a pas fait de cadeau quand ils ont commencé. Une attitude hélas trop courante dans toute la gamme des établissements que j'ai fréquentés par la suite. Il ne me reste plus qu'à retourner sans défenses dans ma cage aux fauves.

 

 

Mes fauves sont effectivement peu domestiqués. J'en ai une quinzaine, c'est le maximum autorisé pour ces classes mais nuance : ce sont des "classes uniques". C'est à dire avec des niveaux qui vont du cours préparatoire (6 ans) où on apprend à lire jusqu'à la fin d'études (14 ans). Sont-ils "arriérés" ou même "débiles" ? La réalité est que ces enfants habitent pour la plupart dans les dernières baraques en bois du quartier du Bouguen. Ils y sont parce que leurs familles ont été jugées inaptes à intégrer les HLM construits pour la masse des autres. On les a ainsi concentrés dans un dernier ghetto que chacun s'empresse d'oublier. "Des cas sociaux" dirait-on dans le "politiquement correct" d'aujourd'hui. Pour l'essentiel ces enfants sont loin d'être "arriérés", ils se sont simplement adaptés à la vie qui leur est faite. L'école, c'est elle qui n'est pas adaptée à les recevoir. Et c'est à un jeune novice à peine sorti de l'E.N qu'on confie le soin de les y "perfectionner" !

 

 

Premier contact. Au premier rang le plus âgé, il a quatorze ans, j'en ai cinq de plus. Première provocation de sa part et première mise au point de la mienne. Réaction : il me sort un couteau à cran d'arrêt immédiatement confisqué. "Mes frères font du judo, ils vous attendront à la sortie". Cela commence bien. Précision : ce garçon a eu la main droite estropiée en manipulant un détonateur d'engin de guerre trouvé dans une poubelle (accident encore courant à cette l'époque). Plus de doigts de la main droite. On lui a ouvert la paume pour en faire une pince qui lui permet de saisir quelques objets. Manifestement très intelligent, il sait lire et écrire. Il y aurait un avenir possible pour cet enfants révolté que je récupère parce qu'il perturbait les classes de mes bons collègues. Il écrit très bien de la main gauche mais quand il décide de me provoquer il coince son porte plume dans son reste de main droite et réussit même à griffonner. Si je lui demande de changer de main la réponse fuse : "je suis droitier". C'est le caïd de la classe, il faudra en permanence négocier, mais inutile de chercher à le "perfectionner". Ma pratique de Éclaireurs de France me sera bien utile, j'ai dû aussi y apprivoiser quelques loustics dans son genre.

 

 

Cet autre élève est dyslexique à un point tel qu'il n'est même pas capable de dire correctement son nom . Il s'en énerve et parfois devient hystérique. Un jour j'ai vu son frère, qui était dans la même classe, se saisir du seau plein d'eau, destiné à arroser le plancher le soir avant de balayer, et le lui verser sur la tête. "C'est comme ça qu'on fait chez moi", m'a-t-il dit.

 

 

Je me souviens aussi de ce jour où un cirque est arrivé dans le quartier. La moitié de la classe a déserté. L'habitude était d'aller se faire embaucher par les forains pour de menus travaux qui donnaient le droit à un billet d'entrée. L'un d'entre eux a tardé à revenir et le directeur a convoqué sa mère. Je la revois encore dans ma classe : "j'en ai assez, la prochaine fois appelez les flics pour qu'ils aillent le chercher". Le problème pour elle était le risque qu'on lui supprime ses allocations familiales, peut-être était-ce le seul revenu de la famille.

 

 

Je ne gardais pas d'élève en punition, le soir, après les cours, méthode pourtant conseillée par les anciens, mais celui là avait abusé. Laissez moi partir, m'a-t-il dit quand nous avons été seuls. "Quand on rentre de l'école ma mère met tout ce qu'il y a à manger pour le soir sur la table et si je rentre plus tard mes frères auront tout pris. Ruse d'élève puni ? Je l'ai relâché et je me suis renseigné. C'était vrai.

 

 

Mon plus mauvais souvenir. Le plus jeune de la classe, il a six ans et doit apprendre à lire et un peu à compter. Sa mère est venue me voir pour m'expliquer. Il a été atteint d'une tuberculose cérébrale et a pris du retard dès la maternelle. Elle met beaucoup d'espoir dans ma pédagogie. On lui a dit qu'il était dans une classe spécialement adaptée à son cas. Je sens l'affection maternelle mais je ne peux pas lui dire la vérité et j'en ai honte. Je fais de mon mieux mais que faire quand je vois cet enfant se prendre la tête à deux mains sous l'effet de la douleur et voir les larmes dans ses yeux quand l'effort dure trop longtemps. M'avoir confié cet enfant et avoir trompé cette mère est criminel.

 

 

Comment ai-je pu m'adapter, je ne le sais plus. Pour tenir cette classe j'ai dû travailler comme un forcené pour préparer des exercices adaptés à chaque niveau. Je ne pense plus qu'à la classe, même la nuit. J'habite chez mes parents qui commencent à s'inquiéter de ma fébrilité et me conseillent de voir notre médecin traitant. Pour lui c'est clair : il me propose de me mettre en congé. Mais je ne me vois pas déserter. Je décide de rencontrer l'inspecteur primaire et me pointe à son secrétariat Le voir sans rendez-vous ? La secrétaire est un peu interloquée. Quel est ce jeune chiot dans un jeu de quille. Je suis quand même reçu et mets le marché entre les mains du chef : une formation ou en congé de maladie comme le demande mon médecin.

 

 

 

Mon premier contact avec Freinet.

 

 

C'est ainsi que je me retrouve pour quinze jours dans l'école Algésiras avec un vrai enseignant de classe adaptée dans une vraie classe pour élèves en difficulté. C'est le centre ville, la plupart des élèves proviennent de familles aisées et ont un vrai handicap moteur ou intellectuel. L'enseignant fait un travail superbe adapté des méthodes Freinet. Essentiellement en ateliers avec des postes de travail aménagés sur lesquels chacun se dirige sans qu'il soit besoin de lui en donner la consigne. Les élèves semblent heureux, le maître aussi. J'apprends ce qu'enseigner veut dire et qu'il existe de tels enseignants. J'en rencontrerai quelques-autres par la suite, la plupart adeptes de Freinet.

 

 

De retour dans ma classe, j'ai compris : nous ferons des ateliers. A commencer par la menuiserie, je compte sur les conseils de mon père. D'abord il faut des outils et je propose aux élèves d'en récolter de vieux qu'on réparera. Je suis rapidement servi mais beaucoup sont neufs. Mieux vaut ne pas en demander la provenance et arrêter la collecte. Tout cela commence à se mettre en place. Bientôt arrive l'inspecteur. A l'improviste comme d'habitude. Sans doute attendait-il de moi que je le présente aux élèves en leur demandant de se lever (c'est ce qu'on nous a appris à l'E.N). Je n'en fais rien et le laisse s'installer au fond de la classe. Je continue mon travail là où j'en étais. Bientôt il se risque dans les rangs. Et fatalement cela devait arriver. "Monsieur, c'est qui celui-là qui vient voir ce que je fais". Effet réussi. Je ne dis rien, à lui de se présenter. Bientôt, sans un mot, il regagne le fond de la classe avant de s'éclipser. J'avais voulu voir son attitude face aux fauves. J'ai vu. 

 

Je me suis peu à peu près adapté à mon nouveau rôle au point que j'ai l'impression d'être devenu le chef d'une meute à laquelle je me serais intégré. C'est alors que j'apprends que notre directeur de l'E.N ne nous a pas oubliés et a obtenu que, par dérogation, nous puissions rejoindre le centre de formation des professeurs des collèges. 

 

 

Nous y arrivons alors que l'année est déjà bien entamée et avec des cours à rattraper sur la petite table de l'hôtel que nous partageons à trois en attendant mieux. Nous trouvons heureusement deux âmes secourables qui nous indiquent une piaule au dessus de chez elles. La vie de fac commence. Objectif de fin d'année : le concours de l'IPES (Institut de préparation à l'Enseignement Secondaire) qui nous vaudra un salaire pendant trois ans et un poste de professeur de physique à la sortie si tout se passe bien.

 

 

Je reviendrai pourtant à Traon Quizac. N'étant encore qu'instituteur stagiaire je dois passer mon CAP (certificat d'aptitude professionnelle). Cela se passera dans la classe d'un collègue qui me reçois pendant une semaine. On ne m'a quand même pas imposé de le passer dans la classe de perfectionnement. Dans la cour je revois mes anciens élèves mais sans les contacter. Je les ai abandonnés et leur regard me le fait savoir. Je passe ce CAP sans trop de problèmes et même, m'a-t-on dit, avec un certain succès. Ceci grâce à une séance d'apprentissage de chant aussi plaisante pour moi que pour les élèves.

 

 

Souvenirs d'années noires.

 

 

Avant de quitter cette histoire de Traon Quizac et donc des années École Normale, un souvenir me revient. Celui d'un collègue de quatre ans plus âgé que moi. Je l'ai connu à l'E.N. Il n'enseigne pas non plus depuis très longtemps car dès sa sortie de l’École il était embarqué dans la guerre d'Algérie. Chaque récréation que je passais avec lui, en allers et retours dans la cour de l'école, lui donnait l'occasion de se décharger sur moi du poids de ses souvenirs. Bombardé officier il avait été nommé dans un régiment chargé de l'entretien des véhicules. Si la fonction pouvait ne pas sembler très risquée vue de loin, la réalité était toute autre. Il me racontait ces nuits passées dans le désert en terrain hostile. Si un camion ne pouvait être réparé dans la journée son groupe devait rester sur place pour le protéger. Nuits terribles sous un harcèlement permanent. Au matin il lui est arrivé de retrouver le corps  de sentinelles horriblement mutilées. Peut-on vraiment évacuer de tels souvenirs ?

 

 

La guerre d'Algérie a été la hantise de notre promotion. Nous avions pu en mesurer directement les effets. Chaque année était organisé un "bal de l’École Normale" destiné en particulier à récolter des fonds pour un voyage de promotion à la fin de la scolarité. Le nôtre a été splendide. Nous avions invité l'orchestre de Claude Luter, saxophoniste  flamboyant à la tête du meilleur groupe de Jazz de l'époque. Un gros budget, un gros pari et une belle recette qui nous avait permis de nous payer un mois entre la Yougoslavie et Venise dont je retiens ces moments d'échanges passé dans un camp d'étudiants yougoslaves et cette amertume à la pensée de la guerre fratricide qui a divisé leur pays. 

 

 

Au premier "bal des Norms" auquel j'ai assisté, plusieurs des "ancêtres" de l'année précédente, profitant d'une permission, sont venus en uniformes militaires. Leurs récits nous ont immédiatement éclairés sur notre possible avenir.

 

 

Nous devions nous préparer à prendre leur relève. D'où préparation militaire obligatoire. Fort heureusement la marche au pas et autres joyeusetés avait été confiée à notre prof de gym qui était officier de réserve. Je n'ai pas le souvenir qu'il nous ait un jour mis à la manœuvre. Au programme nous avions démontage et remontage du fusil. Ce sacré fusil, mis à notre disposition, nous a servi à bien des farces. Plus sérieux, l'épreuve de tir. Cela se passait sous la direction d'un vrai militaire à qui nous en faisions voir de toutes les couleurs, comme de tirer tous dans la même cible. Pour clore l'ensemble il y avait le parcours du combattant. Ramper, sauter, grimper. Tout cela chronométré. J'ai participé au concours de celui qui arriverait le dernier. J'ai perdu. Le copain un peu dodu qui me suivait a réussi à faire mine de se coincer dans le trou percé dans le dernier talus à travers lequel nous devions passer. Donc : avant-dernier mais la réputation d'antimilitaristes des normaliens était sauve. 

 

 

Plus sérieusement nous avons été quelques uns à penser désertion. L'objectif était l'Angleterre où nous savions pourvoir être bien reçus. Cela s'est-il su ? Bientôt par des voies obscures on nous a fait savoir que désertion égale fin à vie de la fonction publique et surtout que nos parents auraient nos quatre années d'études à rembourser. Cruel dilemme que nous n'avons pas eu à trancher car nous n'étions qu'en troisième année quand les accords de paix ont été signés à Évian. Plus tard j'en ai côtoyé de ces enseignants à peine plus âgés que moi qui n'avaient pu se libérer du traumatisme de leurs années algériennes et j'ai pu mesurer notre chance.

 

 

 

 

 

Quelques repères sur la méthode "Freinet". 

 

 

 

 

Célestin Freinet et son mouvement.

 

 

Les principes fondamentaux de la pédagogie Freinet

 


Freinet, René Daniel et l’école de Saint-Philibert à Trégunc

 

 

 

 

 

 

 

Mes tentatives au niveau de l'enseignement secondaire.

 

La "méthode Freinet" est parfaitement adaptée à l'enseignement primaire. Comment l'adapter à l'enseignement morcelé du secondaire ? Parmi mes tentatives : 

 

Histoire des goémoniers et de la chimie des algues en Bretagne. De la soude à l'iode jusqu'aux alginates.
 

Le texte est le résultat d'une recherche à la fois historique et pédagogique menée avec des classes de seconde du lycée de Landerneau entre les années 1995 et 2000.

 

 

L'Histoire des Sciences, un outil pour la classe : quatre expériences pédagogiques.

 

Un article à classer dans la rubrique des souvenirs d'un prof de physique qui ne voulait pas s'ennuyer en classe

 

 

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28 août 2026 5 28 /08 /août /2026 14:28

Gérard Borvon

 

 

Les Ecoles Normales d'Instituteurs sont une très ancienne institution aujourd'hui oubliée. Elles correspondent cependant à un moment important de la mise en place de "l'école de la république". Puisse le témoignage personnel que je livre ici en garder une trace.

 

 


 


Miracle de la photographie. Quand je fais le tour des visages de ces camarades de promotion je me rappelle, de chacun, une attitude, une mimique, une voix, un moment partagé. Et pour certains d'une vraie amitié dont la vie a rompu les fils.

 

 

Nous avions tous une chose en commun. Si nous y étions, dans cette École Normale d'Instituteurs du Finistère, c'était pour l'avoir espéré depuis nos premières années de collège ou de lycée et, pour certains d'entre nous, avoir surmonté bien des obstacles pour y parvenir. Fils de familles modestes, faire de nous des instituteurs était le rêve de nos parents et nous nous efforcions de répondre à leur désir. Nous avions été soutenus par des enseignants qui avaient eux-mêmes suivi le même chemin. Quel modèle que ces "instits" de la vielle école ! Pour nous "bons élèves" dont la docilité nous avait épargné les coups de règle sur le bout des doigts serrés en pointe et les oreilles pincées au sang, ils étaient l'idéal de ce que nous pouvions espérer pour notre avenir.   

 

 

C'était encore plus vrai pour nos parents. L'instituteur restait l'homme du peuple ayant eu la chance d'accéder au savoir et surtout à la parole qui leur manquait face à ces petits cadres qui, au travail ou dans les administrations, le leur faisait sentir. L'instituteur était celui qui n'oubliait pas ses origines et savait écouter et dire les mots justes. N'oublie pas d'où tu viens, m'a dit ma mère quand je suis rentré à l'école normale.

 

 

A une période où la pression cléricale était encore forte, l'instituteur demeurait le premier rempart de  la laïcité. En particulier dans la "terre des prêtes" du Léon finistérien où l'école laïque était désignée comme la "skol an diaoul", l'école du diable, par les milieux cléricaux. Nous avions la conscience de la mission qui nous était confiée. Nos moments de gloire, c'était quand nous défilions avec le bagad (j'y jouais de la bombarde) ou l'harmonie, aux fêtes des écoles laïques organisées tant au nord qu'au sud du département. La présence des normaliens y était attendue.

 

 

Un peu de nostalgie à ces souvenirs. Qui ne l'aurait pas en retrouvant l'exaltation de ses quinze ans ? Mais surtout le sentiment d'avoir vécu une expérience rare dont les racines plongeaient dans ce 19ème siècle, berceau de l'école laïque et républicaine, dont il ne resterait bientôt plus que des souvenirs avec la fin de notre École une dizaine d'années après que nous l'ayons quittée. Notre génération vivait encore dans la tradition de ces "hussards noirs de la république", célébrés par Charles Péguy, même si l'uniforme sombre et la casquette des premiers normaliens avaient fait place à la blouse grise de l'instit. Avec cependant, l'accessoire obligatoire : la cravate ! 

 

 

 

 

 

 

Le bâtiment qui nous accueillait en cette année 1959 n'avait pas beaucoup changé depuis l'année 1884 qui l'avait vu sortir de terre. Il abritait toujours les salles de classe, le dortoir des premières années et, suprême honneur, la salle d'étude des quatrième année, les ancêtres, qui pouvaient veiller ainsi sur le comportement des bizuths. 

 

 

Dans ce "temple du savoir" nous allions vivre les quatre années de notre adolescence. Le bâtiment principal avait été conçu pour 80 pensionnaires mais il fallait alors loger quatre promotions de soixante élèves-maîtres chacune. Un bâtiment neuf, formant aile, avait donc été ajouté. Il était consacré aux salles d'études, aux dortoirs et à une "salle des fêtes" pour les événements rituels de l'Institution, dont la cérémonie de présentation des "bizuths" à leur "famille académique". 

 

 

Ici une pause. Comment suis-je arrivé entre ces murs ? 

 

 

Après l'école primaire à la "Communauté" à Brest-Recouvrance, examen d'entrée en sixième (qui était aussi celui des "bourses" pour les familles modestes). Et oui, il y avait une sélection à l'entrée de la 6ème. D'ailleurs les instituteurs s'en étaient déjà chargés. Pour les premiers on tentait le lycée mais ce n'était pas le lieu principal d'accueil des enfants d'ouvrier, les 'bourses" y étaient moins bien dotées. Pour les suivants, le "cours complémentaire". Pour beaucoup le certif, le certificat d'études primaires, qui n'était pas une simple formalité à l'époque, et débouchait sur les centres d'apprentissage ou directement sur les chantiers (la scolarité obligatoire c'était 14 ans et on reconstruisait Brest, le travail ne manquait pas). 

 

 

Donc pour moi la sixième au lycée de "Saint Pierre", du nom du quartier, rebaptisé depuis "Amiral Ronac'h". Précision : sixième « moderne » sans latin. Le latin c'est fait pour faire des médecins ou des avocats, avait dit mon instituteur à mes parents. Un de mes regrets aujourd'hui car mes premiers centres d'intérêt étaient l'histoire et le français. J'avalais tous ces récits de grecs, de romains et d'égyptiens et adorais les "rédactions" où on pouvait donner libre cours à son imagination. Je n'en manquais pas semble-t-il. Pour les maths, peu d'attrait jusqu'à l'arrivée dans l'établissement de "Charlot Sanquer". Double casquette : "Charlot" était mon nouveau prof de maths mais aussi le chef des Eclaireurs de France que je devais tutoyer dans le civil. Charlot était aussi rigide pour les maths en classe que pour l'entretien des gamelles pendant les camps. Vieille formation d'instituteur ayant grimpé les échelons avec le manque de profs dans la discipline il savait nous enseigner les ficelles de la matière sans nous encombrer de sa philosophie. Du coup les maths me devenaient un langage accessible J'en ai gardé cette distance avec leurs aspects théoriques qui font pourtant la beauté de la matière pour celles et ceux qui savent l’apprécier et reste cependant admiratif devant ce bel outil adapté à toutes les sciences. 

 

 

Arrivé en troisième vient le BEPC, le "brevet élémentaire" premier examen et premier bachotage. Bien réussi si je me souviens bien. L'idée avait déjà germé du concours d'entrée à L'E.N mais, à quatorze ans et  une année d'avance héritée du primaire, j'étais trop jeune pour m'y présenter. Donc passage en seconde et découverte de la physique avec une jeune professeure dont je buvais littéralement les paroles. Quelle magie que ces forces qui s'exerçaient à distances et ces vecteurs qui pouvaient les représenter ! En anglais aussi, un prof rigide mais terriblement efficace. Deux matières qui resteront mes préférées à l'E.N. 

 

 

Donc l'E.N. On pouvait en préparer le concours en classe de seconde pour les volontaires. Dans ces cours j'étais rejoint par celles et ceux issus du collège des Quatre Moulins qui avaient déjà tenté le concours et avaient eu la possibilité d'intégrer une classe M' du lycée (un seule langue et des sciences en plus). De rudes concurrents et surtout concurrentes qui, pendant toute l'année, m'ont fait douter de mes chances d'être reçu, surtout avec mon orthographe défaillante. 

 

 

Vient le concours que je passe sans trop d'illusions mais aussi sans trop de pression et suit la surprise de ma réussite à l'écrit. Vient donc l'oral. Là deux problèmes. D'abord l'épreuve de musique avec l'obligation de chanter la Marseillaise et le Chant du Départ (La victoire en chantant...). Vite apprises mais par chance l'examinateur ne semble pas un fan des chants patriotiques (je reparlerai de Jean Kerloc'h). J'ai pu lui glisser ma pratique du violon et la conversation a pris un tour plus sympathique. Plus rude : la gym et l'épreuve de montée à la corde. Indispensable m'a-t-on dit. Dans tous les préaux d'école il y a une corde et un instit se doit de montrer l'exemple. Mon problème, le reste de deux fractures sévères au bras gauche et d'un bras mal rééduqué. Je n'ai jamais été capable de monter jusqu'au haut d'une corde. Je démarre donc, les pieds bien enroulés sur la corde pour me caler et, miracle de la volonté, au bout de quatre ou cinq brasses je me retrouve haut perché. La prestation est plus que moyenne, je vois quelques solides gaillards qui montent avec les seuls bras en trois ou quatre mouvements, résultat de concours dans les préaux d'écoles mais aussi de travaux dans les fermes ou sur les bateaux de pêche de leurs communes d'origine.

 

 

Les délibérations se font à la fin des épreuves et vient le moment de l'annonce des résultats. Surprise. Je suis reçu sixième sur une liste d'une cinquantaine. L'oral s'est bien passé et ma décontraction a bien joué en mathématiques et dans le commentaire de texte (un texte de Jules Renard, le cygne, dont j'avais su relever l'ironie).

 

 

Donc rentrée à l’École Normale en septembre 1959. J'ai quinze ans et je quitte le giron familial. Ma mère a préparé le trousseau obligatoire. Des curiosités sur la liste : un caleçon long que ma mère passera aux oubliettes (Allez savoir pourquoi on appellera cela un "Gay-Lussac" du nom du chimiste et on brocardera ceux qui, bien dociles, s'en seront équipés.) Ajoutez à cela une paire de sabots qui étonnent un peu le gars des villes mais qui  seront bien utiles. Dans les couloirs de l'E.N on marche en chaussons et on met ses sabots pour sortir dans la cour. Il y a surtout le costume deux pièces. Ma mère m'amène chez le dernier couturier de Kérinou pour un costume sur mesure dont elle choisit elle-même le tissu. L'habit ne fait pas le moine mais ce costume m'aura transformé. Avec cela la chemise blanche et la cravate, fini le gamin, me voilà métamorphosé. Mon père me confie la malle qui l'a suivi dans ses années Madagascar et prêt pour la rentrée. Mes parents on tenu à m'accompagner. Pour moi c'est l'impatience de la nouveauté. Ma mère me fera part plus tard de son inquiétude. Elle a repéré dans la cour d'honneur quelques anciens qui avaient peut-être un peu trop arrosé la rentrée et se demande sur quelle galère elle m'a laissé m'embarquer. Elle se trompe. Je mesure encore la chance qui m'a été donnée de les vivre ces quatre années à l'Ecole Normale d'Instituteurs.

 

 

Je pourrais, de cette période, rapporter une foule d'anecdotes. Peut-être ailleurs et plus tard. Arrive la quatrième année, le but final. Cours de pédagogie, légers si je m'en souviens. La pédagogie, on l'apprendra sur le tas pendant les stages. Il y a aussi les revues syndicales à disposition dans la salle de lecture. Celle des instituteurs, "L'école libératrice", comprend des pages pédagogiques sous formes de fiches proposées par les lecteurs. Je découvre aussi "L'école émancipée" où je trouve les travaux des enseignants pratiquant les méthodes "Freinet". Je ne sais pas encore à l'époque que c'est aussi la revue d'un courant syndical minoritaire que je rejoindrai par la suite. Nouveaux aussi les cours de morale professionnelle. Le directeur de l'E.N officie. Objectif : les droits et devoirs du fonctionnaire. Insistance particulière sur les devoirs. Devoir de neutralité d'abord. Que dire de Jeanne d'Arc en cours d'histoire ? Qu'elle a entendu des voix ? Ce serait adopter la vision religieuse. Qu'elle "prétend" avoir entendu des voix ? Ce serait la version anticléricale. Long débat sur la question dont j'ai depuis oublié la conclusion. Tout cela était consigné dans la bible des instituteurs publiée en 1923 et que nous devions acheter : le "Code Soleil", du nom de son rédacteur, que je regrette bien d'avoir égaré (Wikipédia m'apprend qu'il en existe encore une édition datée de 2000).

 

 

Mais le devoir de l'instituteur, le subalterne dans l'ordre universitaire, c'est d'abord son rapport à l'Inspecteur de l'Enseignement Primaire. Ne pas oublier l'emploi du temps qu'il faudra lui soumettre en début d'année et le cahier de classe et les fiches de préparation des leçons qu'il faudra lui montrer quand il viendra à l'improviste nous tomber sur le poil. Sur ce dernier point les vieux collègues qui nous reçoivent en stage nous donnent la ficelle. Une belle série de fiches toutes prêtes, avec les points jugés importants marqués en rouge et d'autres soulignés, pour le jour fatidique. 

 

 

Le premier acte de l'instit nouvellement nommé c'est aussi d'aller, en priorité, présenter ses respects au maire. Question vêtement, ne pas oublier le costume et la cravate dès la sortie de la classe, seule façon de se faire respecter de la population locale. Le Code Soleil comportait une partie morale professionnelle. Présence interdite au café ou dans les bals du coin.  Était-ce écrit ou s'agissait-il d'une interprétation de notre mentor, il y avait en particulier cette injonction de ne pas répondre aux avances de la servante de l'auberge qui nous aura temporairement recueilli en attendant l'installation dans le logement de fonction situé au dessus des classes. Aux filles on conseillait de se méfier du personnage local qui ne verrait rien de mieux que d'adopter la profession de "mari de l'institutrice". Par mesure de précaution de nombreux stages communs étaient d'ailleurs organisés en quatrième année entre normaliennes et normaliens. Un mariage à la sortie de l'E.N pouvait même déboucher sur un poste double faisait-on miroiter. Nous recevions tout cela avec une joyeuse ironie. Je crois me souvenir que mes copains de 63 avaient bien de l'avance sur ceux de 68. Leur initiation ils la faisaient dans les nombreux bals du sud Finistère avec comme apothéose les "gras" de Douarnenez.  
 

 

 

Et maintenant une deuxième photo. Celle de cette classe de l'école annexe de l'école normale où j'ai fait le stage qu'il me sera impossible d'oublier.

 

 

 


 

 

Au centre Jean Kerloc'h notre "maître d'application". A gauche mon copain Rudy. Et moi-même à Droite. La classe doit être un CM1. Chacune et chacun me semble revivre quand je regarde leurs visages. 

 

 

 

Jean Kerloc'h. 

 

 

Ce n'est pas un hasard si nous sommes dans sa classe. Il est le responsable historique de Eclaireurs de France de Quimper. Depuis mes 8 ans j'ai  franchi toutes les étapes du mouvement à Brest : louveteau, éclaireur, responsable (on disait "chef"). Rudy lui même avait adhéré à Audierne. Il y avait un passage à vide de l'encadrement à Quimper, nous avons été immédiatement recrutés comme responsables de la troupe de éclaireurs. 

 

 

Jean Kerloc'h avait pour passion le chant choral. Pendant les deux premières années de nos études il occupait d'ailleurs la fonction de prof de musique à l'E.N ce qu'il a poursuivi en animant le groupe choral que nous avons constitué en quatrième année.

 

 

Cet homme discret a été un héro. Je rappellerai par ailleurs l'engagement du "clan" des éclaireurs de France de Quimper dans la résistance. Ils avaient entre 15 et 20 ans et plusieurs d'entre eux ont été tués. Ce "clan" a été le seul à être décoré de la croix de guerre en tant que tel. Plus âgé, Jean les a accompagnés. La seule chose qu'il nous a révélé de son action est d'avoir cherché à protéger et surtout apaiser ces jeunes résistants. Ils devenaient trop durs, nous disait-il, alors je les faisais chanter. C'est pour cela que j'ai écrit la chanson "Eh garçon, prend la barre". Qui sait qu'il est l'auteur de cette chanson qui a fait le tour du monde et dans quelles circonstances elle a été écrite ? 

 

 

Les enfants.

 

 

Les écoles d'applications liées aux écoles normales ont une réputation d'école d'exception. D'abord par les maîtres qui y enseignent, triés sur le volet. Ensuite par les moyens matériels qui leur sont donnés. Il arrive souvent qu'elles reçoivent des élèves issus de familles aisées ayant trouvé ce filon pour leurs enfants. L'école d'application de Quimper est située dans un quartier alors très populaire et, sauf exception, les élèves proviennent de ces quartiers. Nous ferons donc nos classes avec de vrais élèves dans une vraie école. 

 

 

La méthode Kerloc'h c'est : apprendre en chantant. Quand nous arrivons le répertoire est déjà copieux. La classe est une vraie chorale qui chante à trois ou quatre voix. Je me suis moi-même rodé avec les éclaireurs. Mon violon m'a accompagné à l'E.N et je n'ai pas oublié mon solfège. Faire chanter, parfois en tentant de nouveaux répertoires, est pour moi un vrai bonheur. L'enseignement de Jean Kerloc'h se présente de façon assez classique. Officiellement : pas de place à Freinet dans une école d'application, cela n'empêche pas de s'en inspirer. La motivation est sans cesse au rendez-vous. La phrase magique : "quand vous aurez fini cet exercice et si vous vous appliquez, on aura un moment pour chanter". Chaque demi journée est au moins ponctuée par un chant. Il y a aussi ces moments de relaxation, les mains à plat sur la table, coudes écartés et les yeux fermés pendant cinq minutes. Jamais un moment de tension. Trop discret, Jean Kerloc'h n'a écrit aucun livre de pédagogie, il aurait pu. Quand j'ai passé mon CAP d'instituteurs dans l'école de Traon Quizac, où j'avais été nommé en sortie d'E.N, j'ai naturellement choisi d'y prévoir une séance d'apprentissage d'une chanson.

 

 

Je n'ai été que très peu de temps instituteur ayant eu la chance de pouvoir poursuivre en faculté. Je raconterai peut-être cette première expérience en "classe de perfectionnement". La plupart de mes compagnons ont dû rejoindre un poste. Certains ont mal supporté cet arrêt brutal de leurs études et l'isolement dans un milieu pas toujours amical. On m'a rapporté plusieurs cas de suicides. J'ai eu la chance de poursuivre les études scientifiques qui m'ont tant apporté. Je regrette pourtant cette expérience d'enseignant qui ne peut se vivre que dans l'enseignement primaire. Il a fallu bien des mobilisations syndicales pour que le recrutement des enseignants du primaire se fasse au même niveau que celui du secondaire. Enseigner en école primaire n'empêche plus de faire des études universitaires. Simple regret : la fin du titre d'instituteur avec la longue histoire qui le porte. "Professeur des écoles" aura-t-il un jour le même contenu affectif ? Nous disions  "le maître" ou "la maîtresse" en parlant de notre instituteur ou de notre institutrice. Il semble que la tradition se perpétue. Le "maître" ou la "maîtresse" de nos classes primaires garderont une place importante dans les souvenirs de jeunesse.

 

 

A suivre : 

 

Mon premier poste d'enseignant et ma première rencontre avec Célestin Freinet.

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26 août 2026 3 26 /08 /août /2026 09:44

Gérard Borvon

 

Ma famille, réfugiée à Romorentin dans le Loir et Cher pendant la guerre, a retrouvé Brest en ruines. La maison de mes grands parents, à Kérinou, avait été épargnée. Nous nous y sommes entassés jusqu'à mes cinq ans. La tuberculose de mon grand-père a valu ensuite à notre famille d'être prioritaire pour un logement dans la "cité de la marine" à Recouvrance. Un ensemble de HLM, solides, luxueux pour l'époque, destinés aux militaires et aux ouvriers de l'arsenal. Population mélangée. Surtout des ouvriers mais aussi des officiers ou des ingénieurs en attente de mieux. La cité se dressait alors au milieu de ruines déjà recouvertes par une abondante végétation. 

 

Le déménagement avait dû se faire peu avant la rentrée scolaire. Une seule école pour les garçons à Recouvrance, celle de la "Communauté". Une autre pour les filles, de l'autre côté de la rue de la Porte, en haut de la rue Vauban. La "Communauté", c'était le nom du quartier. Une communauté de religieuses y avait laissé son souvenir. On n'en trouvait plus de trace, la guerre, sans doute, était passée par là. L'école occupait un quadrilatère fermé entourant une cour, véritable caisse de résonance au moment des récréations.

 

On entrait à l'école par un porte de bois face au porche de l'église « Saint Sauveur » où la tradition nous amenait le dimanche, y compris ceux issus des familles les plus mécréantes. Souvenir de ce curé qui nous faisait catéchisme le jeudi et que nous avions baptisé du nom de "chita", la guenon de Tarzan.

 

La lourde porte de l'école ouvrait sur un préau. A gauche dans la cour, les WC, lieu stratégique pour les pires mauvaises farces. En face, les classes. A droite, le long de la rue de l'église, les bâtiments étaient occupés par des familles. Elles offraient un lieu idéal d'observation sur la cour de récréation pour alimenter les commérages du quartier.

 

Je ne me souviens pas de jeux de ballon. La cour, par sa taille réduite, ne s'y prêtait peut-être pas. Ils auraient par ailleurs menacé les vitres proches, en particulier celles des sourcilleuses habitantes du bâtiment sud. Le jeu numéro un c'était les billes. Il y avait le tout venant, celles de terre qui perdaient vite leur couleur mais constituaient les fantassins de nos batailles rangées. En haut de la hiérarchie, Les "agates". Elles étaient façonnées dans une pierre qui pour nous ne pouvait être autre chose que cette fabuleuse "agate". Les plus belles étaient ces splendides perles de verre dont chacun faisait collection et dont le troc donnait lieu à de longues négociations. Elles servaient aussi de monnaie d'échange quand chacun avait épuisé son stock de billes de terre et qu'il fallait remplacer ses troupes. Le cours du change se discutait alors sérieusement. L'objet suprême de toutes les convoitises c'étaient les billes d'acier. Les pères bien placés à l'arsenal ou dans les garages du secteur étaient bénis quand ils rapportaient à la maison ces billes récupérées sur les roulements des roues de camions.

 

Les règles du jeu ? Le sol en terre battue se prêtait à toutes les variantes possibles. Le jeu au trou, notre golf miniature. La poursuite, la bille propulsée par la détente de l'index. Plus compliqué : la main fermée et la bille placée sur l'ongle du pouce pour un tir direct au but. La cible pouvait être cette pyramide qu'il fallait dresser avec art. Je lis dans Wikipédia que "le jeu de billes est répertorié à l'Inventaire du patrimoine culturel immatériel en France depuis 2012". Qui nous aurait dit à l'époque que nous étions les héritiers de ces écoliers qui, au XVème siècle déjà, s'étaient donné des règles. L'article est savant et seuls quelques mots de vocabulaire me reviennent à sa lecture. On trouvait probablement aussi, dans le nôtre, quelques-uns empruntés au breton. On en jouait encore dans les cours quand j'étais à l'école normale d'instituteurs. Qu'en est-il aujourd'hui ?

 

L'autre jeu c'était les osselets. Je crois me souvenir d'en avoir vus composés d'os de pied de porc. Les nôtres étaient de plastique (sans doute de la bakélite, le plastique de l'époque). Les plus beaux, qu'on enviait, étaient en aluminium. Il y en avait cinq dont l'un peint en rouge. Ce que je me rappelle du jeu. Le rouge, il fallait le lancer en l'air, ramasser un osselet puis le recevoir dans la main. Premier jeu, les osselets étaient ramassés un à un. Même chose ensuite deux par deux puis tous les quatre qu'on avait rassemblés entre deux lancers. Le grand jeu pour finir : coincer un osselet entre deux doigts, puis un suivant et ainsi jusqu'aux quatre avec réception finale de l'osselet maître sur le dos de la main. J'avais de longs doigts et il me semble que je me débrouillais assez bien. Nouveau coup d’œil sur Wikipédia. Qu'est-ce que j'apprends ? Socrate déjà jouait aux osselets ?

 

Socrate enfant a-t-il joué à la toupie ? Il aurait pu car Wikipédia, encore, nous dit que des archéologues en ont trouvé de chinoises vieilles de 4000 ans. Les nôtres étaient d'un bois de buis très dur, souvent tourné par quelque père bricoleur. Leurs pointes de fer en faisaient un projectile dangereux quand un malhabile les manipulait. Car il fallait un certain entraînement pour enrouler correctement la ficelle qui la lançait et ensuite propulser l'engin d'un geste brusque.

 

Et si maintenant on  parlait des classes, et d'abord des "maîtres" et des "maîtresses". C'est ainsi que nous désignions nos enseignants. Ma première maîtresse, je l'ai peu connue. Après quelques jours en CP (cours préparatoire) elle a considéré que je savais suffisamment lire et écrire pour passer en CE1 (cours élémentaire première année). J'ai un souvenir ensoleillé de la maîtresse qui m'y a reçu et dont j'ai pourtant perdu le nom. Moins agréable le passage au CM1 (cours moyen première année) après un CE2 dont je n'ai aucun souvenir. Le maître nous faisait entrer le calcul et la grammaire à coups de règle sur les doigts, qu'il fallait présenter rassemblés en une pointe, et d'oreilles tirées ou pincées par des doigts maculés de craie. L'élève docile que j'étais échappait à ces traitements mais je souffrais de les voir appliquer. J'ai oublié le nom de ce "pédagogue". Je me souviens seulement avoir dit à ma mère qu'il devait être espagnol car il venait de Commana (Valencia, Cordoba ... et pourquoi pas Commana ? ). L'histoire a fait le tour de la famille.

 

Les souvenirs les plus vifs viennent de mon CM2, dernière ligne droite avant le lycée. Y officiait le père Le Lay qui avait fait la guerre de 14 et nous abreuvait de ses souvenirs de tranchée. Un joyeux mélange dans cette classe et un concours permanent de mauvais coups. Le plus classique : garnir l'encrier de substances les plus infâmes. La boulette de buvard mâché n'étant pas la pire. On retirait une plume engluée prête à tous les pâtés sur le cahier et une "remontée de bretelles" de la part du père Le Lay qui faute de pouvoir connaître le coupable s'en prenait à la victime. A chacun donc de surveiller son espace vital qui comprenait aussi la tablette, au dessous de la table, où on rangeait livres et cahiers, et où la main pouvait rencontrer un obstacle gluant et indéfini quand on l'y plongeait. Entre ceux qui avaient un an d'avance et ceux qui en avaient un ou même deux de retard il y avait un fossé auquel les plus jeunes devaient savoir s'adapter. Mon voisin de table prenait un plaisir certain à faire connaître à l'entourage sa récente virilité par des démonstrations évocatrices. Bien sûr il y avait les classiques boules puantes et la poudre à éternuer qui valait de bonnes claques à quelques "brebis galeuses" pas toujours choisies au hasard.

 

Un jeu oublié : attraper de gros hannetons (il y en avait à cette époque où les pesticides n'avaient pas encore anéanti leur espèce), leur attacher une ficelle suivie d'un papier au dos et, ni vu ni connu, les lâcher dans la classe qui se remplissait subitement d'un assourdissant bourdonnement. Le faire au milieu d'un grand silence quand chacun était occupé à ses additions ou multiplications (vérifiées par la preuve par neuf), était le sommet du grand art. Parmi les plus assidus à ce genre de prestation je me rappelle de Piron, notre "Grand Meaulnes" à nous. Grand, plus âgé, et joli garçon, il n'hésitait pas à nous faire partager le récit de ses succès auprès des dames. Bon copain, aucun n'a jamais eu à subir des ses farces, mais il avait l'art de faire tourner le père Le Lay en bourrique. Son plus bel exploit : puni en fin de journée et enfermé à double tour dans la classe située au deuxième étage, il s'en échappe en descendant le long de la gouttière. Une technique, nous a-t-il dit, souvent expérimentée dans ses visites nocturnes aux belles du quartier.

 

Parfois le père Le Lay sortait de ses gonds et se débarrassait de l'agitateur en l'envoyant chez son collègue Cuny. Le père Cuny enseignait exclusivement à ceux du certif (le certificat d'études primaires, premier sésame pour entrer dans une fonction administrative  ou tenter "le" concours, celui des "arpètes", les apprentis de l'arsenal). La classe du père Cuny était voisine. Ceux qui subissaient cette punition ne s'en plaignaient pas, c'était même une sorte de récréation. Imaginez. Octobre-Novembre, mois des châtaignes. Il fait déjà froid et le poêle de la classe a été allumé. On s'était d'ailleurs battu pour avoir le privilège de l'alimenter en charbon. Rien ne se perd, pense notre bon maître qui en profite pour se faire griller des marrons sur la plaque chauffée au rouge du dessus du  poêle pendant que ses élèves, habitués, continuent leur travail .Comment fait-il ? Je n'ai pas le souvenir de chahuts dans sa classe ; étant si proches on les aurait entendus. Un autre jour on l'a vu, occupé à un bain de pieds dans une bassine dont l'eau avait chauffé sur le poêle. Et son accoutrement ! Aux pieds des sandales, un éternel béret sur la tête et parfois beaucoup de fantaisie vestimentaire dont personne ne semble s'étonner : dans le quartier et jusqu'à "Brest même", au delà de la Penfeld, on connaît Cuny ! 

 

A vrai dire, ces maîtresses, ces maîtres, aussi exotiques soient certains, réussissaient, pendant les cinq ans passés à l'école primaire, à nous doter d'une solide base de connaissances. Avoir son "certif" à l'époque cela voulait dire quelque chose même si la liste à apprendre par cœur des départements avec leur préfecture et leurs chefs-lieux ne devait servir qu'a celles et ceux qui seraient recrutés par les PTT. Faire entrer cela dans une tête réfractaire ne devait pas être de tout repos. La pédagogie qui m'a été enseignée à l'école normale était heureusement moins "virile" et les programmes moins "utilitaires".

 

Les souvenirs d'école ce sont aussi, et plus encore, ceux du "chemin des écoliers". Le nôtre commençait au bas du boulevard Mouchotte. Les rues ne manquaient pas pour rejoindre la "communauté" mais qui aurait eu l'idée de les emprunter quand couper à travers les ruines était le début de l'aventure. Car les ruines couvraient l'essentiel du quartier de Recouvrance. Le temps les avaient recouvertes d'une jungle qui était notre domaine et dans laquelle nous avions tracé nos sentiers. On y cachait nos trésors dans une boîte de cachous ou de pastilles Valda récupérée dans la famille. Je me souviens de ces précieux morceaux de verre rouges que j'y gardais précieusement, restes de vitraux extirpés de la terre du sol de la chapelle bombardée près de l'école. On y mettait aussi la petite pièce récupérée qui serait dépensée dans le magasin de la dame aux bombons du bas de la rue de la Porte. 

 

Un trésor qu'il fallait défendre car le lieu était idéal pour les embuscades. Surtout quand tous les comptes n'avaient pas pu se régler dans la cour d'école. La bataille pouvait tourner mal quand elle se réglait à coup de galoches. Les "galoches" nous en portions tous. Le cuir manquait et le corps de la chaussure était fait de ce que mon père désignait comme du "carton bouilli". Le danger venait de la semelle de bois souvent munie de fers pour en limiter l'usure. Pourtant placide, je me souviens d'un coup dans le tibia d'un adversaire que j'ai longtemps regretté. 

 

Pour refaire notre unité nous avions notre "guerre des boutons". Nous la menions contre ceux de "l'école des curés". Pour leur malheur elle était située à une centaine de mètres de la nôtre et manifestement les "mal élevés" qui constituaient nos troupes étaient les plus agressifs. Pas de traité de paix possible. Les "curés" on dû avancer leurs heures d'entrée et de sortie de ¼ d'heure.

 

Nos chemins des écoliers nous amenaient parfois, quand nous avions réussi à glaner une pièce, au bas de la rue de la porte chez la marchande de bombons. D'abord un long moment devant la vitrine pour choisir entre : le rouleau de réglisse avec sa petite perle de sucre colorée au centre – la coquille de praire ou de "rigadell" pleine de sucre d'orge à lécher pendant des heures – le carambar ou le zigomar. Ou encore le "bois du jus", une racine de réglisse à mâcher en cachette quand le maître avait le dos tourné. Le bas de la rue de la Porte devenait même un eldorado quand arrivaient les escadres américaines et que nous harcelions les marins US pour obtenir des chewing-gums, denrées rares à l'époque. 

 

Progressivement nos chemins secrets ont disparu sous le béton et nos ruines ont été abattues. Le scénario se répétait. Soudain un coup de trompe (trompe à vache munie d'une embouchure). Il fallait ne plus bouger car bientôt des explosions suivraient, des murs tomberaient et des pierres voleraient. Pour finir plusieurs coups de trompe répétés. On pouvait se remettre en marche. Ainsi se pratiquait la sécurité quand il fallait vite reconstruire et que les "dommages collatéraux" ne faisaient pas la une des journaux. Plus tard, dans le quartier, d'autres écoles sont sorties de terre et les écoliers ont migré vers ces bâtiments neufs qui avaient perdu toute la poésie de notre "communauté".  

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25 août 2026 2 25 /08 /août /2026 12:42

 

Eté 2026.

 

Qui aurait pu imaginer une si longue canicule associée à une sécheresse généralisée amenant à une crise de l'eau potable en Bretagne. Les scientifiques du GIEC ne sont pas surpris. Les associations écologistes qui se battent depuis des dizaines d'années pour la préservation de la ressource non plus. leur combat mérite d'être rappelé.


 

 

 

 

En Bretagne, plus de 135 captages d'eau potable ont été abandonnés ou fermés depuis 2010. Ces fermetures découlent principalement de la baisse de la qualité de l'eau brute, polluée par des taux trop élevés de nitrates, de pesticides ou plus récemment par des composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS). Maintenir ces captages et les protéger a été le combat permanent des associations écologistes. Cela leur a valu des agressions à répétition des pollueurs qui refusaient toute mesure de protection des captages et poussaient à leur fermeture. (voir)

 

 

 

 

 

 

La crise de l'eau de cette année 2026 allait faire apparaître de nouvelles menaces.

 

 

 

Ce titre du journal Ouest-France avait de quoi faire bondir toutes celles et ceux qui depuis des années se mobilisent pour la protection des milieux aquatiques. Des forages n'importe où et n'importe comment pour alimenter l'irrigation de terres polluées et les élevages hors sol ? C'est assécher et polluer ce qui reste de nappe phréatique encore disponible pour l'eau potable.
 

Et ceci sans compter la multitude de forages illégaux  déjà en activité et que ce titre de Ouest-France invite à multiplier.
 

Nous nous sommes alors souvenus de la question Question écrite n° 14846 au gouvernement "Lutter contre les forages illégaux" de la députée Lisa Belluco. Dès l'introduction, son texte qui date de 2024 semble s'appliquer, mot pour mot, à la situation actuelle :

 

"Mme Lisa Belluco attire l'attention de M. le ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires sur la question des forages illégaux. En effet, le marché des forages est en plein essor : par peur de manquer d'eau, pour contourner les arrêtés, de nombreux acteurs économiques ou des particuliers installent ce type d'ouvrages sans en informer les autorités compétentes, ou dépassent les seuils de prélèvements autorisés. Est ainsi réduite la disponibilité de la ressource en eau. Mal réalisés, les forages peuvent polluer la nappe."

 

Une situation qui risque de s'aggraver face à l'activisme du lobby agro-industriel et à l'inertie des pouvoirs publics. 

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20 août 2026 4 20 /08 /août /2026 14:50

 

Une série d’articles raconte la longue marche qui a mené, depuis le tas d’ordures “au bout du quai” à Landerneau, jusqu’à la déchetterie et la recyclerie du TriPorteur. Une histoire locale qui illustre, entre autres exemples, le rôle des associations de protection de l'environnement dans la lente prise de conscience de la pollution par les déchets et de la nécessité d'y mettre fin.

 

voir : 

La saga des déchets dans le pays de Landerneau.

 

La saga des déchets.1.Zone humide de Langazel.

Une lutte exemplaire il y a trente ans.

 

La saga des déchets.2. Le scandale du Combusoc.

 

La saga des déchets.3. La longue marche vers la déchetterie.

 

La saga des déchets.4. Irvillac échappe à une décharge.

 

La saga des déchets.5. Opération composteurs.

 

La saga des déchets.6. Le TriPorteur à Landerneau.

 

 

 

 

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18 août 2026 2 18 /08 /août /2026 13:40

 

Deux rapports sur la dépollution de l'eau potable.

 

D’abord mené en commun, le travail conduit par l’inspection générale des affaires sociales (IGAS), le conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux (Cgaaer), l’inspection générale de l’environnement et du développement durable (Igedd) et l’inspection générale des finances (IGF), a débouché sur deux rapports distincts sur le même sujet – le premier endossé par l’IGF,  le second par les trois autres inspections – qui ont été remis au gouvernement, en mai, avant le vote du projet de loi d’urgence agricole, qui a fortement limité le nombre de captages d’eau potable à protéger des pollutions agricoles.

 

Si les médias ont surtout titré sur une hausse du prix de l'eau, les rapports recommandent essentiellement des mesures préventives.

 

 

 

Rapport IGF

 

 

Financement de la dépollution des eaux destinées à la consommation humaine (PFAS, pesticides, nitrates) 30 juillet 2026

 

Des pollutions multiples affectent la qualité de l’eau en France. La principale source de pollution sont les pesticides et leurs métabolites. Les PFAS sont une pollution émergente, que l’on commence (2026) à mesurer sur l’ensemble du territoire. Un faisceau d’indices porte à croire que la situation pourrait se dégrader, avec une augmentation possible des non conformités dans l’eau distribuée.

 

Investir dans des interconnexions ou du traitement sera à la fois nécessaire pour respecter les limites de qualité de l’eau distribuée et coûteux. En outre, cela ne constituera pas une réponse efficace pour maitriser durablement les pollutions et réduire l’exposition. La prévention, peu mobilisée aujourd’hui, est indispensable pour garantir une eau de qualité dans la durée.

 

Une stratégie nationale, portée au plus haut niveau, combinant réglementation pour réduire les pollutions à la source, financements ciblés, principe pollueur‑payeur et pilotage interministériel est urgente. La mission estime son coût à environ 2 milliards d’euros par an à court terme, ce qui nécessitera une hausse du prix de l’eau de 25 à 30 %.

 

Notre remarque : "son coût à environ 2 milliards d’euros par an à court terme, nécessitera une hausse du prix de l’eau de 25 à 30 %.". Le texte qui fixe clairement les responsables de la pollution et qui demande l'application du principe "Pollueur payeur" est en totale contradiction avec un financement par la hausse des prix supportée par les "pollués", a savoir les consommateurs. Tout à fait d'accord avec la CLCV qui demande que "les pollutions soient réduites à la source et que les responsables en assument enfin les coûts".

 

Rapport des trois inspections.

 

 

Dépollution de l’eau potable : stratégies et pistes de financement
Publié le 30/07/2026 |

Guillaume Choisy, Céline Debrieu-Levrat (IGEDD), Johanna Buchter, Anne-Caroline Sandeau-Gruber (IGAS), Gilles Crosnier, Eric Collin (CGAAER)

 

Face à la pollution de l'eau potable par les PFAS et les pesticides, la mission inter-inspections évalue l'ampleur des coûts potentiels et propose une stratégie d'actions graduée et territorialisée. Celle-ci combine actions préventives et curatives pour assurer la protection des populations. Elle s’appuie sur une participation accrue des principaux émetteurs de PFAS et de pesticides aux coûts de la dépollution, afin de contenir l’augmentation inévitable du prix de l'eau.

 

En 2024, un peu plus de 29 % de la population française a été exposée, dans les eaux destinées à la consommation humaine, à la présence de pesticides ou de composés per- et poly-fluoroalkylés (PFAS), polluants chimiques d’origine humaine, à des niveaux de concentration dépassant les limites de qualité européennes.

 

Les situations ayant nécessité une restriction de consommation de l’eau du robinet pour des raisons sanitaires restent rares. Toutefois, la difficulté à mesurer l’ensemble des pollutions, le caractère persistant et l’usage continu de certaines molécules, ainsi que l’élargissement du périmètre des substances détectées ou réglementées, laissent craindre une hausse des non-conformités de l’eau potable dans les années à venir. 

 

Une situation préoccupante pour la santé
 

Cette situation est préoccupante pour la santé des populations (exposition chronique et effets cocktail). Outre l’impact direct des pollutions sur les personnes, elle fragilise l’accès à l’eau (fermeture de captages) et pèse, d’une part, sur les finances publiques, d’autre part, sur la confiance de la population dans l’eau potable.

 

Après avoir auditionné plus de 300 personnes, représentatives de tous les intérêts en jeux, en particulier des élus locaux et des habitants des territoires victimes de pollutions importantes, mais aussi des associations de consommateurs ou de protection de l'environnement et des professionnels du secteur de la gestion de l’eau, la mission a fondé ses conclusions sur un riche travail d'analyses de données ainsi que sur un benchmark international approfondi. Elle s'est ainsi attachée à formuler des constats contextualisés et des propositions réalistes et proportionnées.

 

Des pollutions historiques qui appellent de nouveaux investissements
 

Dans leur très grande majorité, les dépassements actuels des limites de qualité de l’eau potable proviennent de l’usage passé de substances polluantes désormais interdites. La réduction des émissions à la source et le renforcement de la protection des captages, qui demeurent indispensables pour protéger l’avenir, ne suffiront pas pour résoudre ces situations et rétablir à court-terme le respect des normes de qualité de l’eau potable. De nouvelles interconnexions et usines de traitements de l’eau vont devoir être construites pour faire face, notamment, à ces pollutions historiques. 

 

La mission constate, cependant, la grande difficulté des collectivités pour engager les investissements nécessaires. Responsables de la qualité de l’eau, elles n’atteignent le plus souvent pas la taille critique pour mobiliser les financements nécessaires. 

 

Une doctrine nationale pour anticiper, qualifier et intervenir
 

Anticipant l'accroissement des besoins en dépollution sous le double effet de l'accumulation des polluants et du durcissement du cadre réglementaire, la mission recommande de miser sur la complémentarité des leviers disponibles : réduction des émissions à la source, protection globale de la ressource en eau, sécurisation et reconquête des captages, mutualisations ou substitutions de ressource et traitements ciblés lorsque les situations le justifient.

 

La doctrine nationale d’anticipation, de qualification et d’intervention, conçue par la mission afin d’intervenir plus tôt et d’orienter les décisions des collectivités selon la nature des pollutions et la situation locale, vise à coordonner ces actions de façon plus efficace. Elle doit être accompagnée d'une aide renforcée des agences de l'eau aux collectivités en matière d'eau potable, d'une planification des investissements définie à l'échelle des bassins et d'une meilleure articulation entre politiques sanitaires et environnementales.

 

Quatre scénarios, des coût élevés et inévitables
 

Tirant les enseignements des premières évaluations des coûts réalisées en Europe et en France, le rapport propose quatre scenarios abordant la dépollution selon un périmètre croissant d'intervention. 

 

Dans tous les cas, les coûts seront élevés avec un potentiel de surcoûts allant de 1,3 à 5,7 Mds€ 2026 par an pour financer la dépollution, et ce, d'autant plus qu'il faudra parallèlement renouveler de nombreuses installations et mettre à niveau les systèmes de gestion des eaux usées. 

 

Financer la dépollution sans pénaliser les ménages fragiles
 

Le rapport propose en premier lieu de renforcer les leviers de financement fondés sur le principe pollueur-payeur (élargissement de la redevance PFAS et de la redevance pour pollution diffuse agricole, évolution de la fiscalité liée au grand cycle de l’eau), mais cela ne suffira pas. Il sera également nécessaire pour les collectivités de mutualiser les moyens pour faire face aux investissements et obtenir des prêts à long terme. 

 

Une augmentation du prix de l'eau restera toutefois incontournable. Pour en amortir l'impact, la mission propose des dispositifs de solidarité territoriale ciblés vers les services les plus exposés ainsi que des mesures sociales d'accompagnement des ménages les plus vulnérables.

 

Agir en amont, sur les émissions à la source
 

Dans une approche complémentaire au plan interministériel sur les PFAS, aux politiques de transition agricole et aux mesures de sécurité alimentaire et de santé-environnement déjà engagés, par-delà la question de l’eau potable qui ne représente qu’une part limitée de l’exposome* humain, le rapport souligne la nécessité de réduire les émissions à la source des PFAS comme des pesticides. 

 

Les initiatives européennes d’interdiction de production et d’usage de ces produits ou de limitation réglementaire des émissions doivent être soutenues autant que possible, de même que toutes les mesures de nature à prévenir la diffusion de ces substances dans l’environnement : recherche de substitution, réglementation de l’usage des produits sur certaines zones ou à proximité de populations sensibles, renforcement des technologies de filtration et destruction des rejets dans l’environnement tout au long de la chaîne de vie des produits.

 

Si cette transition imposera des coûts conséquents d’adaptation pour les acteurs économiques, il s’agit d’un investissement essentiel pour mieux protéger la santé des populations et l’environnement, ainsi que limiter les coûts futurs de dépollution, difficilement soutenables sans effort majeur de prévention dès à présent. 

 

Notre remarque : Un texte tout aussi clair sur les responsables des pollutions et la nécessité de mesures préventives. Reste le financement et la très juste remarque de la nécessité de ne pas pénaliser les ménages fragiles. L'occasion nous est donnée de réfléchir au principe appliqué en France :"L'eau paient l'eau" qui fait payer au consommateur final tous les coûts de la gestion de l'eau. 

 

Ce système n'a rien d'évident. Il existe des pays où l'eau pour les consommateurs individuels est un service public financé par les impôts locaux. Par exemple le Québec.

 

 

Au Québec. Des compteurs d’eau pour les industriels, pas pour les consommateurs domestiques.

 

 

Comment payer l’eau domestique ? Par la taxe foncière.

 

"Pour facturer les services d’eau, on peut également opter pour une taxe, celle-ci peut être fixe ou modulée en fonction de certains critères qui sont généralement liés au type d’habitation (maison unifamiliale, immeuble à logements multiples, etc.).

 

La taxe fixe ne fait aucun sens puisqu’elle ne prend en compte ni le volume consommé, ni la capacité de payer.

 

La taxe modulée comme la taxe foncière est établie en fonction de l’évaluation de la résidence. Plus les résidences valent cher, plus la taxe est élevée. Ces résidences bénéficient généralement de terrains et d’équipements qui consomment beaucoup d’eau. Selon nous, la taxe foncière est la meilleure façon de tarifer l’eau.

 

Tarification équitable : OUI

 

La tarification par une taxe foncière, ou impôt foncier, permet de répartir les charges
en fonction de la capacité de payer des individus, en fonction du bénéfice reçu
(le branchement au réseau d’aqueduc et d’égout). De plus, elle est dans la plupart des cas proportionnelle à la consommation d’eau. En effet, le niveau de taxe foncière est généralement en fonction de la superficie du terrain, de la présence d’une piscine et de la superficie de la résidence (plus d’habitants), trois paramètres associés à une plus grande consommation d’eau. On parle alors d’équité horizontale, parce que les contribuables bénéficient également des mêmes avantages au même coût, et d’équité verticale combinée parce que les contribuables paient en fonction de leur capacité de payer.

 

Inclure le coût de l’eau dans une taxe foncière de cette nature, c’est en faire une taxe progressive et équitable. C’est d’ailleurs le mode de financement utilisé partout au Québec, à quelques exceptions près."

 

Au Québec, l'eau du robinet n'est toujours pas facturée aux consommateurs domestiques. Son coût de traitement et de gestion est inclus directement dans les taxes foncières municipales.

 

 

Alors, en France, compteurs ou pas compteurs ?

 

Chacun conviendra que des compteurs industriels pour faire payer l’eau qui génère des bénéfices à un juste prix est une excellente idée. En France où ces compteurs existent, il faudrait déjà obtenir que l’eau industrielle ne soit plus payée, pour l'essentiel, par le consommateur domestique. Les consommateurs industriels bénéficiant de façon générale de tarifs extrêmement bas.

 

L’eau domestique payée par la taxe ou l’impôt ? C’est certainement une des solutions pour conserver une gestion publique et surtout solidaire de l’eau.


Faut-il donc bannir les compteurs individuels ? La question se pose, en France, au moment où la loi impose le compteur individuel dans chaque appartement des immeubles collectifs.

 

Il est évident que l’objectif visé est une plus forte facturation et des gains supplémentaires pour les distributeurs en particulier en individualisant la part fixe (sans compter le bénéfice sur la pose et la gestion des compteurs). C’est pourquoi des associations s’opposent à cette mesure.

 

Cependant, un compteur installé, au libre choix de chacun, permet de contrôler sa consommation dans un simple objectif civique. 

 

Le compteur ne doit pas être l’instrument d’une privatisation et d’une "marchandisation de l’eau" et la réflexion de nos amis québécois mérite qu’on s’y attarde.

 

L’eau paie l’eau ?

 

La réflexion de nos amis québécois doit nous amener à remettre en question ce qui est devenu un dogme de la gestion de l’eau en France, à savoir "L’eau paie l’eau".

 

C’est en vertu de ce dogme qu’il est impossible de financer une véritable politique sociale de l’eau par la contribution collective que constitue l’impôt.


C’est donc à un changement complet de notre conception de la gestion de l’eau que nous invitent nos amis du Québec au moment où nous vivons une véritable crise de l'eau.

 

Autre exemple.

 

"A Dublin, [.]l’eau n’est pas facturée aux individus ! Depuis le milieu du XIXe siècle, le choix politique a été de livrer gratuitement de l’eau à tous les citoyens, qui payent ce service via l’impôt municipal." (Thierry Ruff)

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16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 15:47

Qui aurait pu imaginer une si longue canicule associée à une sécheresse généralisée amenant à une crise de l'eau potable en Bretagne. Les scientifiques du GIEC ne sont pas surpris. Les associations écologistes qui se battent depuis des dizaines d'années pour la préservation de la ressource non plus. leur combat mérite d'être rappelé.

En Bretagne, plus de 135 captages d'eau potable ont été abandonnés ou fermés depuis 2010. Ces fermetures découlent principalement de la baisse de la qualité de l'eau brute, polluée par des taux trop élevés de nitrates, de pesticides ou plus récemment par des composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS). Maintenir ces captages et les protéger a été le combat permanent des associations écologistes. Cela leur a valu des agressions à répétition des pollueurs qui refusaient toute mesure de protection des captages et poussaient à leur fermeture.

 

 

 

 

Qui est responsable ?

 

Protection des captages et Guerre de l’eau en Bretagne :

quand la chasse à « l’écol-eau » était ouverte.

 

http://seaus.free.fr/spip.php?article1911=

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16 août 2026 7 16 /08 /août /2026 14:21

Eté 2026.

Qui aurait pu imaginer une si longue canicule associée à une sécheresse généralisée amenant à une crise de l'eau potable en Bretagne. Les scientifiques du GIEC ne sont pas surpris. Les associations écologistes qui se battent depuis des dizaines d'années pour la préservation de la ressource non plus. leur combat mérite d'être rappelé.

En Bretagne, plus de 135 captages d'eau potable ont été abandonnés ou fermés depuis 2010. Ces fermetures découlent principalement de la baisse de la qualité de l'eau brute, polluée par des taux trop élevés de nitrates, de pesticides ou plus récemment par des composés per- et polyfluoroalkylés (PFAS). Maintenir ces captages et les protéger a été le combat permanent des associations écologistes. Cela leur a valu des agressions à répétition des pollueurs qui refusaient toute mesure de protection des captages et poussaient à leur fermeture.
 
Pour échapper à l’amende européenne pour pollution de l’eau en Bretagne les ministres de l’agriculture et de l’environnement ont décidé de fermer un certain nombre de captages dont celui de l’Horn dans le Nord-Finistère. Où aller chercher l’eau ?
Chez le voisin de Landivisiau qui a abandonné ses propres captages pollués et qui pompe l’eau de l’Elorn à un endroit où elle est encore relativement propre.Celui-ci est prêt à leur en vendre les quantités nécessaires à condition de. pouvoir augmenter son prélèvement d’eau des 2/3. C’est à dire passer de 6000 mètres cubes par jour à 11000 mètres cubes par jour.
Encore une fois, les associations écologistes qui veulent le maintien et la protection des captages et refusent la marchandisation de l’eau, bien public, seront prises pour cibles.
 

 

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9 août 2026 7 09 /08 /août /2026 18:26

 Directrice de recherche au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives, membre du Haut Conseil pour le climat, longtemps coprésidente d’un groupe de travail du Giec, la climatologue est une pédagogue inlassable. Démonstration sous la coupole de l’Institut de France.

Edwy Plenel

 

Juste après la canicule de l’été 2022, Valérie Masson-Delmotte fut invitée à expliquer le changement climatique lors d’un séminaire gouvernemental, en présence du président de la République. Quatre ans plus tard, au sortir d’une nouvelle « fournaise », comme elle appelle ces épisodes de chaleur extrême, elle réitère dans ce numéro de « L’échappée » ce travail pédagogique à l’attention du plus large public, alors que n’a cessé de se creuser « un écart monumental entre l’urgence et l’action publique ».

Cette pédagogie est d’autant plus nécessaire dans une époque où la science doit faire face à de nouveaux obscurantismes dont Donald Trump est le porte-parole mondial, n’hésitant pas, dans son discours à l’ONU de septembre 2025, à nier le changement climatique, « une escroquerie » forgée par des « personnes stupides ». Un « scienticide », affirme Valérie Masson-Delmotte à propos d’un autre négationniste, le président argentin Javier Milei, qui qualifie les dérèglements climatiques de « mensonge socialiste ».

« C’est bien la solidité des travaux scientifiques permettant d’établir les relations de responsabilité entre émissions, réchauffement, fréquence et intensité d’événements extrêmes, et coût des dommages, qui est perçue comme la plus grande menace pour certains intérêts », écrit la climatologue en préface à un ouvrage collectif récemment paru au Seuil sur ce « moment orwellien », où une coalition de pétro-États, de multinationales et d’oligarques, relayés par les médias qu’ils contrôlent et manipulent, s’efforce de tuer la vérité.

Ils sont « le dos au mur, donc très dangereux », affirme Valérie Masson-Delmotte, faisant écho au propos du livre récent de Stefan C. Aykut et Amy Dahan, La Mutation climatique. La guerre de désinformation climatique et la croisade contre les institutions démocratiques et scientifiques s’expliquent, selon les deux auteurs, par le « double choc qu’ont subi les autocraties fossiles dans les années 2010 : d’un côté, les revendications démocratiques résonnant du Maïdan à la place Tahrir ; de l’autre, l’impératif de décarbonation émanant de la COP21 de Paris ». D’où ce « backlash [ou retour de bâton] démocratique et écologique », qu’il nous faut collectivement et résolument affronter.

C’est la raison d’être de cette rencontre. Sous la coupole parisienne de l’Institut de France, qui accueille les assemblées des cinq académies, dont l’Académie des sciences, Valérie Masson-Delmotte, qui en est membre depuis 2025, explique avec autant de clarté que de fermeté et de tranquillité les enjeux vitaux, aussi bien démocratiques que sociétaux, portés par nos réponses à un changement climatique dont l’activité humaine est la première responsable.

Cet entretien s’est tenu alors qu’avec ses collègues du Haut Conseil pour le climat, elle finalisait leur rapport annuel, qui est rendu public le 6 juillet.

  

https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/030726/valerie-masson-delmotte-explique-le-changement-climatique?utm_source=video-20260809-172005&utm_medium=email&utm_campaign=ALL&utm_content=&utm_term=&xtor=EREC-83-[ALL]-video-20260809-172005&M_BT=63798956524

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  • : Comme l'art ou la littérature,les sciences sont un élément à part entière de la culture humaine. Leur histoire nous éclaire sur le monde contemporain à un moment où les techniques qui en sont issues semblent échapper à la maîtrise humaine. La connaissance de son histoire est aussi la meilleure des façons d'inviter une nouvelle génération à s'engager dans l'aventure de la recherche scientifique.
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