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3 février 2023 5 03 /02 /février /2023 14:37

Le carbone est l'incarnation du mal dans notre société moderne polluée. Pourtant, il est à l'origine de la vie et donne encore lieu à de nouvelles découvertes. Décarboner le monde, oui ! Mais à condition de ne pas oublier les facettes positives de cet élément chimique irremplaçable.

voir la vidéo.

Voir aussi :

Dérèglement climatique, fonte des glaces, cyclones, sécheresses…coupable : le dioxyde de carbone.

Pourtant sans ce gaz il n’y aurait aucune trace de vie sur Terre.

Histoire du carbone et du CO2. De l'origine de la vie au dérèglement climatique.

 

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18 janvier 2023 3 18 /01 /janvier /2023 11:17

Gérard Borvon

 

Août 2017, sur le sable de la plage de la baie des trépassés un "mandala" géant. Il a été réalisé à l'initiative de l'association "Plogoff, mémoire d'une lutte" qui, chaque année, organise une marche dans la pointe du Raz en souvenir de l'abandon du projet de centrale nucléaire à Plogoff. Cette année, la cinéaste Dominique Agniel est en cours de tournage de son film "Plogoff mon amour, mémoire d'une lutte". Elle est à l'origine de ce projet  de mandala, réalisé sous la direction de Émilie Vincent. Ses images ponctueront son film.

 

A y regarder de plus près, un message écologique est inscrit dans le sable.

Plogoff, mémoire d'une lutte.
Les quatre éléments dans le mandala de Émilie Vincent dans la baie des trépassés.

 

En opposition aux centrales nucléaires, le feu, l'air, l'eau, la terre, les quatre éléments de Empédocle, Platon, Aristote, sont mis à contribution. Chacun est associé à une énergie alternative.

 

 

- Le feu symbolise l'énergie du soleil qui trône au centre de la composition.

 

 

- L'air nous rappelle le vent qui souffle dans les éoliennes dont les premières, en Bretagne, ont été installées dans le Cap Sizun à proximité de Plogoff.

 

 

- L'eau, c'est l'énergie des fleuves mais aussi des courants marins si actifs dans la mer d'Iroise.

 

 

- La terre fournit la biomasse qui, bien exploitée, peut apporter un complément d'énergie.

 

Une renaissance des quatre éléments ?

 

A la fin du 18ème siècle le chimiste Lavoisier et ses collaborateurs ont signé l'acte de mort des quatre éléments en tant que théorie scientifique. Aucun d'entre eux ne résiste :

 

- Le feu n'est plus la substance matérielle que ses prédécesseurs immédiats ont cru pouvoir caractériser sous le nom de "phlogistique". Les combustions s'expliquent par  des réactions entre éléments chimiques.

 

- L'air est en réalité un mélange de gaz dont les principaux sont l'azote et l'oxygène.

 

- L'eau peut se décomposer en oxygène et hydrogène.

 

- La terre a depuis longtemps perdu , avec l'alchimie, son statut d'élément.

 

Du point de vue scientifique l'affaire est entendue : oublions les quatre éléments.

 

Et voilà qu'un scientifique et philosophe, Gaston Bachelard (1884-1962), les fait renaître sous une forme poétique dans "La psychanalyse du feu", "L’eau et les rêves", "L’air et les songes", "La terre et les rêveries de la volonté". La psychanalyse se définit comme une exploration de l'inconscient, les quatre éléments y seraient-ils durablement inscrits ?

 

Leur retour avec l'écologie ?

 

L'écologie ne rejette pas les enseignements de Lavoisier qui a exclu les quatre éléments de la réflexion scientifique. Elle est une des filles des sciences. Ce sont les scientifiques aujourd'hui regroupés dans le GIEC qui nous alertent, chiffres à l'appui, sur la catastrophe climatique qui s'annonce. D'autres scientifiques font le bilan de la perte de biodiversité qui menace allant même jusqu'à évoquer une sixième extinction en cours. Ce sont des agronomes qui  dénoncent les dégâts de l'agriculture productiviste et proposent d'autres alternatives. L'écologie militante se nourrit de leurs recherches.

 

Pourtant les connaissances scientifiques ne s'opposent pas à la rêverie poétique. Il est remarquable que c'est encore souvent autour des quatre éléments que s'organise la réflexion des écologistes dans le débat public.

 

Le feu, c'est l'énergie. L'économiser, des énergies renouvelables non polluantes pour remplacer les énergies d'origine fossile ou nucléaire. Tel est le débat.

 

L'air ? On commence à peine à mesurer les effets de la pollution de l'air sur la santé (50.000 décès prématurés par an en France). Quant à l'augmentation des gaz à effet de serre et leur action sur le climat, tout a été dit.

 

L'eau. Sa pollution est dénoncée mais aussi son partage inégal sur la planète sans parler des sécheresses qui gagnent ici et des inondations ailleurs.

 

La terre. Celle qui nous nourrit. On semble seulement découvrir  qu'elle est le résultat d'un long processus biologique que la chimie et la mécanique s'emploient à détruire.

 

 

Ainsi les quatre éléments de Empédocle, Platon, Aristote, trouvent une nouvelle jeunesse au service de la qualité de la vie sur notre Planète.

 

 

 

 

La mer a emporté vers d'autres horizons le message des quatre éléments tracé dans le sable de la Baie des Trépassés. La force poétique du feu, de l'air, de l'eau, de la terre, qui a traversé les millénaires, habite encore, et peut-être pour longtemps,  nos inconscients.

 

 

à écouter : Stivell, Beg ar van.

 

 

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17 janvier 2023 2 17 /01 /janvier /2023 10:17

Par Gérard Borvon

 

L'accord sur les unités électriques fut négocié lors du premier Congrès international d'électricité de 1881, à Paris. Ce fut un véritable évènement dans le monde scientifique et technique. On trouvera ci-dessous trois documents sur ce Congrès : tout d'abord la présentation des résultats du Congrès dans la grande revue de vulgarisation scientifique de l'époque, La Nature, puis le récit très personnel de la négociation par le chef de la délégation française au Congrès, Eleuthère Mascart, et enfin le discours de clôture du Congrès par son président, le chimiste français Jean-Baptiste Dumas, qui se termine par une prédiction que l'avenir ne démentira pas :

 

"Cet effort restera comme une date mémorable dans l'histoire ; au milieu du mouvement de la politique et des agitations de l'esprit humain, il deviendra l'expression caractéristique de notre époque. Le dix-neuvième siècle sera le siècle de l'électricité !"

 

 

Voir la suite sur le site Ampère/CNRS

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7 décembre 2022 3 07 /12 /décembre /2022 09:19

 

 

 

La presqu'île du bout du monde.

 

 

Au bout du monde il y a la Bretagne et le Finistère. Là, entre Pointe du Raz et Pointe Saint-Mathieu se niche la presqu'île de Crozon qui n'a rien à envier à ses deux voisines en matière de falaises et de courants violents. Trois pointes la couronnent. Au nord, la Pointe des Espagnols qui ferme la rade de Brest. Au sud, le Cap de la Chèvre à l'extrémité de la baie de Douarnenez. Au centre s’avance la pointe de Pen-Hir. Ses soixante trois mètres au dessus des vagues offrent le plus beau des coups d’œil sur les « Tas de Pois » et la mer d'Iroise.

 

L'Iroise. Son nom, hérité des parlers celtiques, reste un mystère. Entre Atlantique et Manche, entre Sein et Ouessant elle dresse ses écueils et fait naître, dans le Raz de Sein, le Chenal du Four ou le Passage du Fromveur, des courants dont la vigueur fait le bonheur où l'enfer des celles et ceux qui osent s'y affronter. Dauphins et phoques y ont trouvé refuge. Bars, lieus, dorades, y attirent le pêcheur audacieux. Du Fou de Bassan à la mouette tridactyle, de nombreuses familles de migrateurs nichent ou font halte dans ses falaises. Cette richesse biologique a valu aux archipels de Molène et de Ouessant le statut de « réserve de biosphère » de la part de l’Unesco. La France de son côté y a créé son premier « parc naturel marin ».

 

Ici le vieux massif armoricain a livré ses derniers combats. Ses rivages déchiquetés témoignent de la lutte permanente que se livrent la terre et la mer. Dans ses falaises se lit une histoire qui s'étale sur cinq cent millions d'années. Les schistes, les grès, les quartzites, les coulées volcaniques, les dépôts sédimentaires riches en fossiles, y alternent. Au raz des flots s'ouvrent de multiples grottes marines qui offrent parfois aux visiteurs, au milieu du scintillement des quartz, la couleur éclatante des filons d'améthystes. Pour le bonheur des géologues, vingt sept sites de la presqu'île ont été déclarés « réserve géologique ».

 

Sur ces rives se sont arrêtés la longue suite des peuples qui ont suivi la course du soleil. Sur la lande de Lagatjar, trois alignements de menhirs ont, comme à Carnac, inscrit sur la Terre la course des astres. Les peuples du néolithique qui, il y a 5000 ans les ont dressés, ont laissé dans les sols ces pierres polies, haches ou herminettes, leurs outils d'agriculteurs. Au siècle dernier, pour celui qui les trouvait dans ses labours, c'étaient des « pierres de foudre » aux vertus protectrices. Les marais et zones humides y livrent parfois les magnifiques épées des populations du bronze qui leur ont succédé. A leur suite, celtes, romains, bretons venus de la grande île, vikings, y ont laissé, leur signature.

 

Une mer poissonneuse, une terre enrichie par les goémons arrachés aux rives : cet asile a été convoité. Les peuples insulaires le savent, c'est de la mer que vient le danger. La presqu'île, lieu stratégique entre la rade de Brest et la baie de Douarnenez a vu croiser bien des flottes dans ses parages. La Pointe des Espagnols a conservé le souvenir des 400 hommes du capitaine Don Thomas Praxède venus en octobre 1594 soutenir le camp de la Ligue à la demande du roi Philippe II d'Espagne. Quand Richelieu puis Colbert ont fait de Brest le siège de la première flotte de guerre royale, c'est l'adversaire anglais qui a cherché à occuper la presqu'île. Vauban qui l’a ceinturée de redoutes et de forts a lui même organisé, en juin 1694, la résistance à une tentative anglaise de débarquement, à Camaret, à partir de la tour qu’il a fait construire et qui fait aujourd’hui partie du patrimoine de la ville. Au cours des siècles suivants, les ouvrages militaires se sont multipliés. Le long des sentiers côtiers, ils s'offrent aujourd'hui à la visite des randonneurs.

 

Les guerres du vingtième siècle ont renforcé le caractère militaire de la rade de Brest. La militarisation de la presqu'île a suivi. Une base aéronavale et l’École Navale à Lanvéoc-Poulmic, un centre d’entraînement des nageurs de combat à Quélern, une caserne de gendarmes maritimes à Crozon… L’occupation progressive s’est faite dans une quasi indifférence de la population jusqu'à cette année 1965 et le projet de trop.

 

Voir :

10 ans avant Plogoff. Au cœur de la cible nucléaire. La presqu’île de Crozon entre en résistance.

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15 octobre 2022 6 15 /10 /octobre /2022 08:36

 

Risque de guerre nucléaire : faut-il en parler ou pas ?

 

Tel est le titre d'un article du journal Le Télégramme du samedi 15/10/2022 qui mérite la lecture. Il se veut réponse à la déclaration de E.Macron "moins on en parle et moins on agite la menace et plus on est crédible".

 

A l'évidence la non-réponse de E.Macron illustre la mise à mal du dogme français de la dissuasion : les arsenaux nucléaires des USA, de la France, de l'Angleterre, présents en Europe, n'ont pas dissuadé Poutine d'agresser l'Ukraine. Et ceci en menaçant les dites puissances nucléaires d'utiliser son propre arsenal nucléaire si celles-ci continuaient à armer l'Ukraine.

 

La réponse des dites puissances : nous ne répondrons pas par une frappe nucléaire mais par l'usage massif de nos armes "classiques" contre la Russie. Armes classiques ? Le bombardement d'une centrale nucléaire, "classique" ? A l'évidence quelle que soit la réponse l'escalade risque de mener au pire.

 

Alors, l'arme nucléaire, il est temps d'en parler.

 

Voir : De la Bretagne à la Polynésie. Refuser l'arme nucléaire.

 

 

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4 octobre 2022 2 04 /10 /octobre /2022 11:44

 

Alors que nous luttions contre le projet de construction d’une centrale nucléaire à Plogoff, dans la pointe du Raz, certains de ses partisans nous interpellaient : « vous luttez contre une pacifique centrale électrique, mais vous oubliez que vous avez à votre porte, à L’Île Longue, une base de sous-marins nucléaires dont les missiles sont destinés à faire des millions de morts » .

 

Erreur, nous n’avions pas oublié !

 

A peine un mois après l’élection de François Mitterrand en mai 1981, qui annonçait l’arrêt du projet de Plogoff, nous étions nombreux à manifester dans la presqu’île de Crozon pour rappeler que le nucléaire c’est aussi, et d’abord, la bombe nucléaire. Nous n’avions pas attendu que le président Macron vienne au Creuzot déclarer que « Sans nucléaire civil, pas de nucléaire militaire, sans nucléaire militaire, pas de nucléaire civil », nous le savions déjà pour bien connaître l’histoire du nucléaire en France dont le premier des objectifs avait été l’arme nucléaire. La version civile ne nous avait pas encore donné la preuve de sa dangerosité avec Tchernobyl et Fukushima par contre le militaire n’avait rien à prouver depuis Hiroshima et Nagasaki. Le message que nous voulions alors adresser à nos concitoyens a pris une inquiétante actualité avec l’agression de la Russie contre l’Ukraine.

 

A partir de ce mois de Juin 1981, les occasions n’ont pas manqué de nous voir, à nouveau, manifester dans la presqu’île de Crozon : crise des euromissiles dans les années 80, reprises des essais nucléaires en Polynésie en 1995, essais de nouveaux missiles français au sud de la Bretagne, commémoration annuelle, au sommet du Menez Hom, des bombardements de Hiroshima et Nagasaki… A chacune de ces occasions revenait le souvenir de la résistance des habitants de la presqu’île quand, en l’année 1965, leur avait été faite l’annonce de la construction d’une base de sous-marins nucléaires à l’Île Longue. Dans un monde de plus en plus instable, il nous semble nécessaire de rappeler toutes ces actions qui contredisent le prétendu consensus de la population française en faveur de la force de frappe.

 

Sans même avoir été utilisée, l’arme nucléaire française a déjà fait bien des victimes. Nous voulons faire entendre le témoignage des civils et militaires exposés, en connaissance de cause, aux retombées radioactives et aux rayonnements nucléaires. Ils nous parlent du Sahara, de la Polynésie et même de l’Île Longue.

 

Comment également ne pas voir le monde qui s’annonce. La pollution généralisée de l’air, des terres et des océans, la disparition accélérée des espèces animales et végétales, la crise climatique dont les conséquences extrêmes sont de plus en plus visibles. Et à nouveau le spectacle de guerres dont les populations civiles sont les premières victimes. Nous ne pouvons pas laisser en prime à nos descendants la menace permanente de l’anéantissement par l’apocalypse nucléaire.

 

Une lueur d’espoir cependant : Le traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) qui a été adopté à l’ONU par 122 pays et est entré en vigueur le 22 janvier 2021. La fin de l’histoire n’est pas écrite. Nous pouvons agir pour que la France, donnant le signal de la mobilisation pour un monde plus apaisé, renonce à son armement nucléaire.

 

 
Table des matières.

 

Préface

 

11. La presqu-île du bout du monde. (voir)

 

15. La presqu-île entre en résistance. (voir)

 

37. 27 juin 1981. 1500 manifestants à Crozon. (voir)

 

43. La Bretagne au cœur de la cible nucléaire.(voir)

 

53. Ne pas protéger la population. Le choix des stratèges de la dissuasion.(voir)

 

69. Du Larzac à l’Île-Longue. Résister à la menace des Pershing et des SS20.(voir)

 

81. Stop Essais !(voir)

 

87. Du Sahara à la Polynésie. Les irradiés des essais nucléaires. (voir).

 

95. Omerta sur les irradiés de Mangareva.(voir)

 

107. Les irradiés de l’Île-Longue.(voir)

 

113. Ils veillent sur la rade.(voir)

 

117. Pour l’interdiction mondiale des armes nucléaires, la France doit renoncer à sa force de frappe nucléaire. (voir)

 

Pour feuilleter les premières pages voir

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25 juillet 2022 1 25 /07 /juillet /2022 20:39

https://www.arte.tv/fr/videos/073938-000-A/l-homme-a-mange-la-terre/

De la révolution industrielle à aujourd’hui, un décryptage minutieux de la course au développement qui a marqué le point de départ de l’ère de l'anthropocène (ou l'ère de l'être humain) et de la déterioration continue de la planète.

Quelque 1 400 milliards de tonnes de CO2 sont aujourd’hui prisonnières de la basse atmosphère. Réchauffement climatique, déforestation, inondations, épuisement des ressources, pollutions, déchets radioactifs... : en deux siècles, la course au progrès et à la croissance a durablement altéré la planète, la crise environnementale se doublant d’une rupture géologique, avec l’avènement de l’ère anthropocène. Portée par l’exploitation des énergies fossiles – du charbon de la révolution industrielle en Angleterre au "tout-pétrole" de la domination économique des États-Unis –, l’industrialisation et ses corollaires, taylorisme et colonialisme, entraînent une exponentielle production de masse. Un processus qu’accélère la Première Guerre mondiale, les firmes chimiques mobilisées pour tuer l’ennemi se reconvertissant dans la destruction du vivant avec les herbicides, insecticides et fertilisants de l’agriculture intensive. Alors que l’urbanisation s’étend, la voiture, qui sonne le glas du tramway, se généralise, et l’Amérique s’inspire du modèle autoroutier nazi. La Seconde Guerre mondiale engendre une nouvelle organisation du travail, laquelle devient la norme, et annonce l’ère nucléaire de la guerre froide. Dans sa démesure, l’homme rêve déjà d’usages civils de l’atome (y compris pour l’abattement de montagnes et la dissolution des calottes glaciaires !). Le plastique et le béton deviennent les piliers de la consommation de masse, dévoreuse de matières premières et antidote à la contestation sociale, jusqu’à la révolution numérique.

Liaisons dangereuses
En balayant, avec de formidables archives issues du monde entier, deux siècles de progrès jusqu’à l’ère du big data, le film remonte aux sources de la crise écologique, en interrogeant avec précision les enjeux scientifiques, économiques et politiques qui y ont conduit. Fourmillant d’informations, il éclaire l’histoire de cette marche folle, et les liaisons dangereuses entre industries militaire et civile. Entre capitalisme et mondialisation imposés par les grandes puissances, un décryptage passionnant du basculement dans l’anthropocène, funeste asservissement de la nature par l’homme.

Réalisation : Jean-Robert Viallet

Pays : France

Année : 2019

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16 juillet 2022 6 16 /07 /juillet /2022 11:21

Dans son nouveau rapport, l'IPBES dénonce la «marchandisation» de la nature présente dans les politiques publiques.

Le dernier rapport de l'IPBES, approuvé par 139 États, dénonce la manière «marchande» dont la nature est considérée dans les décisions politiques et économiques.

 

Seulement trois jours après son rapport avertissant que la surexploitation des espèces sauvages menace le bien-être de milliards d'êtres humains, l'IPBES (Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques) publie une étude critique explorant la manière dont la nature est prise en compte dans les politiques publiques. Souvent présenté comme le «GIEC de la biodiversité», l'organisme indépendant fournit des évaluations scientifiques sur l'état de la planète depuis 2012.

 

Depuis quatre ans et avec 82 scientifiques et experts renommés, la plateforme a analysé plus de 13.000 études mondiales sur le sujet. La conclusion principale est «un message simple», selon le Professeur Unai Pascual, économiste de l'environnement du BC3 (Basque Centre for Climate Change) et co-président de la session de l'IPBES. «Ne pas tenir compte de toutes les différentes valeurs que les gens associent à la nature provoque une crise mondiale de la biodiversité», affirme-t-il. Mais quelles sont ces valeurs et comment peut-on les intégrer au processus décisionnel ?

 

Quatre types de valeurs

Selon le Pr. Unai Pascual, «la nature est perçue comme une usine fournissant de la nourriture, de l'eau et de l'énergie, le tout gratuitement. Mais elle entretient aussi notre santé, notre identité, et nous y sommes liés de plusieurs manières». Cette perception déshumanisée est à la source du problème puisqu'elle est «marchande» : impossible de refléter nos besoins non-économiques à l'intérieur. En motivant la croissance économique et en se reposant uniquement sur l'indicateur du PIB (Produit intérieur brut), les gouvernements entretiennent une vision incomplète de la nature et «c'est pourquoi nous sommes dans ce pétrin», explique-t-il.

 

Pour faire simple, l'IPBES classe les valeurs en quatre catégories : vivre «de», «avec», «dans» et «comme» son environnement. Sans objectif commun, ces visions peuvent entrer en conflit et mener à de mauvais choix politiques et économiques. Le Pr. Pascual nous donne un exemple concret : lors de la création de «zones naturelles protégées», les décideurs valorisent la nature seulement pour ses atouts matériels, sans considérer l'attachement émotionnel des communautés locales. Souvent, leur point de vue nuancé est exclu du processus décisionnel, ce qui empêche la conservation optimale de l'espace naturel.

 

Quatre points de levier

Au-delà de l'explication, le rapport de l'IPBES propose des solutions clés en main aux États en «quatre points à actionner ensemble d'une manière intelligente». D'abord, «le plus basique, reconnaître la diversité des valeurs». Ensuite, «inclure cette diversité dans les décisions», puis «transformer les politiques existantes». Le dernier, et sans doute «le plus profond et qui prendra le plus de temps : changer le modèle social, nos objectifs communs de vie». Le document est donc adressé à tous les acteurs de la société, même les citoyens.

 

Quant à l'efficacité des mesures, bien qu'il n'existe pas de solution miracle, l'avancée est déjà considérable : «139 États ont reconnu qu'ils devaient changer, et nous nous en assurerons». C'est au travers de cette légitimité que l'IPBES compte se distinguer : «chaque mot, chaque phrase a été approuvée». Dès sa publication, de nombreux membres de la communauté internationale n'ont pas manqué de soutenir le rapport. En tête de liste la directrice générale de l'UNESCO Audrey Azoulay, le directeur général de l'UNEP Inger Andersen, ou encore l'administrateur de l'UNDP Achim Steiner.

 

 

Le rapport de l'IPBES paraît à un moment critique, quelques mois seulement avant la COP15 sur la biodiversité qui se tiendra en décembre à Montréal. Selon le Pr. Pascual, de nombreux collaborateurs ont d'ores et déjà annoncé vouloir l'utiliser pour défendre leurs positions, décisives pour fixer les objectifs de développement durable à l'horizon 2050. «Il y aura forcément un impact, nous verrons dans quelle mesure», affirme-t-il.

 


 

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30 juin 2022 4 30 /06 /juin /2022 15:27

 

 

https://www.brut.media/fr/nature/le-discours-de-revolte-des-jeunes-diplomes-de-polytechnique-fc1e73b2-369f-4f75-8ab5-e28edc69dda5

 

“Il est urgent d’entamer un virage radical, de sortir des rails sur lesquels nous installent insidieusement notre diplôme et notre réseau.” À peine diplômés, des élèves de l’école Polytechnique à Paris ont profité de leur cérémonie pour alerter sur les dangers, notamment écologiques, de leur futur métier. “Tenter de résoudre à la marge des problèmes sans jamais remettre en cause les postulats de base du système dans lequel nous vivons ne suffira plus”, explique Jean-Baptiste, diplômé de l’École. Le message de Toni Morrison aux diplômées du Wellesley College

“Face à l’urgence écologique, que doit-on faire ? Déserter, comme l’ont proposé des camarades d’Agro, ou agir de l’intérieur ?”, se questionne Angel. Il y a quelques mois, des étudiants d’AgroParisTech essayaient eux aussi d'alerter sur l’impact écologique de leur industrie. Aujourd’hui, les élèves de Polytechnique s'adressent directement aux anciens membres de l’école. Ils les encouragent notamment à prendre davantage position sur les questions environnementales et sociales. “Nous ne pourrons relever le défi écologique qu’avec l’implication active des décideurs économiques et politiques. Alumnis de l’École polytechnique, nous nous tournons vers vous. Engagez-vous, faites véritablement vôtre cette posture d’humilité et de remise en question. Rappelez-vous-en : notre objectif doit être de servir l’intérêt général. Cette responsabilité, c’est aussi la vôtre.”

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29 juin 2022 3 29 /06 /juin /2022 14:33

 

Arte

 

Depuis 1990, la population d’insectes aurait chuté de 75 % en Europe. Aussi captivante qu’alarmante, cette enquête internationale pointe le rôle des néonicotinoïdes, des insecticides neurotoxiques, dans le désastre écologique en cours. 

 

Il y a trente ans, les automobilistes devaient s’arrêter régulièrement pour nettoyer les impacts sur leur pare-brise. Depuis, 75 % des insectes auraient disparu en Europe, menaçant la survie de nombreux écosystèmes. "C’est la pire extinction de masse que la planète ait vécue", alerte l’entomologiste américain Jonathan Lundgren. Mais comment expliquer cet effondrement ? Le principal coupable serait à chercher du côté des néonicotinoïdes. Apparus au Japon dans les années 1990, ces insecticides dits "systémiques", souvent utilisés en traitement préventif des semences, se propagent dans toute la plante pour la protéger des ravageurs. Plus efficaces que les pesticides pulvérisés, ils ont été massivement adoptés par les agriculteurs. Leur marché, détenu par une poignée de multinationales (Syngenta, Bayer-Monsanto, BASF), pèserait ainsi entre 3 et 4 milliards de dollars à l’échelle planétaire. Dans le même temps, les études scientifiques s’accumulent pour dénoncer les ravages de ces neurotoxiques. Pollinisateurs ou rouages essentiels de la chaîne alimentaire, les insectes s'éteignent à une vitesse record, affectant en cascade les populations d’oiseaux, de poissons et d'amphibiens. La santé humaine serait elle aussi menacée : perturbateurs endocriniens potentiels, les néonicotinoïdes, dont on retrouve des résidus sur les aliments d’origine végétale, sont soupçonnés de causer certains cancers et d’altérer le neurodéveloppement dès le stade fœtal. Pressions sur les chercheurs, les décideurs politiques et les autorités de régulation, financement d'études favorables à leurs produits, tests d'homologation biaisés : de leur côté, les lobbies de l'agrochimie brouillent les pistes pour entretenir l'immobilisme. Après les avoir interdits en 2018, la France a réautorisé provisoirement les néonicotinoïdes pour le traitement des betteraves sucrières. 

 

Alternatives convaincantes
 

De la Somme aux États-Unis en passant par l’Allemagne, la Belgique ou le Japon, ce documentaire, fondé sur l’enquête de Stéphane Foucart Et le monde devint silencieux – Comment l’agrochimie a détruit les insectes (Éditions du Seuil, 2019), retrace l’histoire des néonicotinoïdes et décrypte leurs effets en compagnie d’une foule de spécialistes : chercheurs, journalistes, représentants d’ONG environnementales, eurodéputé, agriculteur et apicultrice… Étayé de chiffres alarmants, le film met également en lumière les stratégies des industriels pour préserver leurs profits, tout en s’arrêtant sur des alternatives convaincantes : dans la plaine du Pô, en Italie, l’ingénieur agronome Lorenzo Furlan a mis en place un fonds mutuel permettant de compenser les éventuelles – et très rares – pertes de rendement causées par la réduction des pesticides. Ponctuée de fascinantes images d’insectes observés au microscope, cette enquête s’affirme aussi comme une ode à la splendeur du vivant menacé. 

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