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7 novembre 2021 7 07 /11 /novembre /2021 15:17

Gérard Borvon

(première mise en ligne,15/08/2018)

 

"C'est un fait connu, & sans doute depuis longtemps, qu'une chambre, qu'un carrosse, une couche, sont plus fortement chauffés par le soleil, lorsque ses rayons passent au travers de verre ou de châssis fermés, que quand ces mêmes rayons entrent dans les mêmes lieux ouverts & dénués de vitrage. On sait même que la chaleur est plus grande dans les chambres ou les fenêtres ont un double châssis."

 

C'est ainsi que Horace Bénédict de Saussure débutait une lettre, datée du 17 avril 1784, adressée, depuis Genève, au "Journal de Paris". Géologue et naturaliste né à Conches près de Genève, en 1740, Saussure est surtout connu pour ses excursions dans les Alpes et en particulier pour avoir été l'un des premiers à atteindre le sommet du Mont Blanc où il avait pu constater que la température d'ébullition de l'eau n'était plus que de 86° de notre échelle Celsius.

 

La chaleur est également l'un de ses premiers centres d'intérêt. C'est pourquoi ce phénomène d'élévation de la température derrière une vitre ne pouvait pas manquer d'attirer son attention.

 

"Lorsque je réfléchis pour la première fois à ces faits si connus, je fus bien étonné qu'aucun Physicien n'eût cherché à voir jusqu'où pouvait aller cette augmentation ou cette concentration de la chaleur", écrit-il.

 

Horace Bénédict de Saussure, l'héliothermomètre et l'effet de serre.

 

Il se propose donc de rendre compte d'une série de mesures qu'il à commencées dès 1767. Son dispositif expérimental, auquel il donne le nom d'Héliothermomète, est une "caisse en sapin d'un pied de longueur sur 9 pouces de largeur et de profondeur". Des études antérieures lui ont montré qu'un corps sombre absorbe mieux la chaleur, il choisit donc de tapisser l'intérieur de la boite "d'un liège noir épais d'un pouce" qui constitue par ailleurs un bon isolant thermique. Son couvercle est constitué de trois glaces "placées à un pouce et demi de distance l'une de l'autre". l'expérience demande de suivre la course de soleil de telle sorte que ses rayons entrent toujours dans la boite perpendiculairement à la vitre. Utilisant cette méthode, la plus grande température qui est atteinte est de 87,7°, "c'est à dire de plus de 8 degré au dessus de la chaleur de l'eau bouillante". L'échelle utilisée est ici celle de Réaumur qui fixe à 80 degré la température d'ébullition de l'eau. Prenant des mesures pour mieux isoler la boite, il obtiendra même des températures atteignant 128°R soit 160°C.

 

Voilà pour l'observation.

"Quant à la théorie, écrit-il, elle me paraît si simple, que je ne crois pas qu'elle ajoute beaucoup à la gloire de celui qui la développera". Il se souvient que "l'immortel Newton" a prouvé que les corps sont réchauffés par la lumière qu'ils absorbent. L'explication lui paraît donc évidente :

 

 

"Sans décider si les rayons du soleil sont eux-mêmes du feu, ou s'ils ne font qu'imprimer au feu contenu dans les corps un degré de mouvement qui produit la chaleur, c'est un fait qu'ils les réchauffent. C'est un fait tout aussi certain, que quand le corps sur lesquels ils agissent est exposé en plein air, la chaleur dont ils le pénètre lui est en partie dérobée par les courants qui règnent dans l'air, & par ceux que cette chaleur produit elle même, Mais si ce corps est situé de manière à recevoir ses rayons sans être accessible à l'air, il conserve une plus grande proportion de la chaleur qui lui est imprimée".

 

La météorologie mesure aujourd'hui l'importance des phénomènes de convection pour les échanges de chaleur dans les fluides, en particulier dans l'atmosphère ou dans les océans. Saussure les avait déjà bien analysés en constatant que dans une boite vitrée, fermée et isolée, l'air conservait sa chaleur car il ne pouvait y avoir d'échange avec l'air extérieur plus froid. Bien imaginées aussi les applications possibles de son montage expérimental.

 

"Quant aux applications, je m'en suis aussi occupé", écrit-il, Comme je ne me flattais pas de fondre des métaux, je ne pensais qu'à faire servir cette invention à des usages qui ne demandent qu'une chaleur peu supérieure à celle de l'eau bouillante. Je voulais aussi éviter l'assujettissement et la perte du temps qu'entraîne la nécessité de présenter toujours la caisse au soleil à mesure que sa position change. Dans cette intention j'ai essayé d'employer des calottes de verre hémisphériques qui s'emboîtent les unes dans les autres".

 

L'idée se justifiait, la démarche témoignait d'un réel comportement scientifique. Hélas, le résultat escompté ne fut pas au rendez-vous et l'expérimentateur constate "qu'on ne pourrait pas même se flatter de faire cuire sa soupe dans cet appareil". Il préfère donc s'en tenir à sa caisse initiale qui en plus de pouvoir servir de "thermomètre solaire" serait apte, dit-il, à pratiquer des distillations ou toute autre opération qui ne demanderait pas "un degré de chaleur fort supérieur à celui de l'eau bouillante". Pourrait-il imaginer que deux siècles et demi plus tard de telles boites, d'une plus grande surface, au fond noirci traversé par des serpentins parcourus par un liquide caloporteur, seraient disposées sur les toits des maisons pour fournir à ses occupants l'eau chaude nécessaire à leur usage domestique. Son dispositif, qui avait mis en évidence ce que nous désignons aujourd'hui comme "effet de serre", est en effet devenu, par l'usage des panneaux solaires thermiques, une utilisation économe, intelligente et non-polluante du rayonnement solaire.

 

Jean Baptiste Joseph Fourier. De l'héliothermomètre à la température du globe terrestre.

 

Fourier (1768-1830) est d'abord connu comme mathématicien pour ses "séries", outil mathématique qu'il a d'abord appliqué à l'étude de la diffusion de la chaleur. En 1827 est publié dans les Mémoires de l'Académie des Sciences de l'Institut de France son "MÉMOIRE sur les températures du globe terrestre et des espaces planétaires". S'interrogeant sur l'influence de l'atmosphère sur la température du globe il fait une référence appuyée aux travaux de Saussure. On doit, dit-il au célèbre voyageur, une expérience qui apparaît très propre à éclairer la question". Il décrit avec précision l'instrument mis au point par Saussure. Celui-ci l'intéresse particulièrement par le fait qu'il a permis à son constructeur de "comparer l'effet solaire sur une montagne très élevée à celui qui avait lieu dans une plaine inférieure", montrant ainsi le rôle de l'épaisseur de l'atmosphère dans le phénomène.

 

"La théorie de cet instrument est facile à concevoir", dit-il. Comme Saussure il considère "que la chaleur acquise se concentre parce qu'elle n'est point dissipée immédiatement par le renouvellement de l'air". Il y ajoute une seconde raison qui nous rapproche d'une vision contemporaine largement vulgarisée :

 

"la chaleur émanée du soleil a des propriétés différentes de la chaleur obscure. Les rayons de cet astre se transmettent en assez grande partie au-delà des verres dans toutes les capacités et jusqu'au fond de la boite. Ils échauffent l'air et les parois qui le contiennent : alors la chaleur ainsi communiquée cesse d'être lumineuse; elle ne conserve que les propriétés commune de la chaleur rayonnante obscure. Dans cet état, elle ne peut traverser librement les plans de verre qui couvrent le vase ; elle s'accumule de plus en plus dans une capacité enveloppée d'une matière très-peu conductrice, et la température s'élève jusqu'à ce que la chaleur affluente soit exactement compensée par celle qui se dissipe".

 

Une dizaine d'année sépare ce texte de la présentation par Fresnel de sa théorie ondulatoire de la lumière. Cette "chaleur rayonnante obscure" attendra encore quelques années avant d'être qualifiée de "rayonnement infrarouge".

 

L'analogie avec l'atmosphère s'impose alors à Fourier. Le même phénomène expliquerait la température plus élevée dans les basses couches de l'atmosphère. Si les différentes couches de l'atmosphère restaient immobiles, elles se comporteraient comme des vitres. "la chaleur arrivant à l'état de lumière jusqu'à la terre solide perdrait tout-à-coup et presque entièrement la faculté qu'elle avait de traverser les solides diaphanes ; elle s'accumulerait dans les couches inférieurs de l'atmosphère, qui acquerraient ainsi des températures élevées". Fourier n'ignore pourtant pas que l'air chaud s'élève et se mélange à l'air froid des altitudes mais il estime que ce phénomène ne doit pas altérer totalement l'effet de la lumière obscure "parce que la chaleur trouve moins d'obstacles pour pénétrer l'air, étant à l'état de lumière, qu'elle n'en trouve pour repasser dans l'air lorsqu'elle est convertie en chaleur obscure".

 

Depuis Lavoisier on sait que l'air est un mélange de gaz, que signifie alors la perméabilité de l'air au rayonnement solaire ou à la "chaleur rayonnante obscure" ? Les différents gaz qui le composent ont-ils tous le même comportement ? C'est la question que se pose John Tyndall.

 

John Tyndall (1820-1893), le découvreur des gaz à "effet de serre".

 

John Tyndal est né en Irlande et y a vécu sa jeunesse. Autodidacte, comme Faraday dont il a été l'élève, ses travaux scientifiques lui valent une solide renommée, tant en Europe que dans les Etats d'Amérique. Excellent vulgarisateur, il donne, en 1864 à Cambridge, une conférence, sous le titre "La radiation", dans laquelle il expose ses travaux sur l'absorption des rayons lumineux par différents gaz. Sa traduction par l'Abbé Moigno est publiée en France dès l'année suivante. Son traducteur est enthousiaste : "Le motif de sa dissertation lui était imposé par par l'immense retentissement des ses admirables découvertes dans le domaine des radiations lumineuses et caloriques. Il l'a traité avec une lucidité, une sobriété, une élégance, une aisance magistrales ; et nous ne nous souvenons pas d'avoir lu avec plus de plaisir d'autres dissertations scientifiques".

 

Le texte est court (64 pages) et l'éloge justifié. Il mérite d'être lu dans sa totalité. Qui le lirait y trouverait l'essentiel de ce que nous enseignent les climatologues aujourd'hui. Son exposé s'attache d'abord à établir l'existence de lumières invisibles à l'oeil. Il est acquis, depuis Fresnel, que la lumière solaire est composée de multiples radiations. En particulier il s'intéresse à celle qu'il désigne sous le terme "d'ultra-rouge" et que nous désignons aujourd'hui comme "infra-rouge". Il expose comment son existence a été révélée par l'astronome britannique Wiliam Herschel. L'expérience est belle, elle mérite d'être rappelée.

 

"Forçant un rayon solaire à passer à travers un prisme, il le résolu dans ses éléments constituants, et le transforma en ce qu'on appelle techniquement le spectre solaire (souligné par lui). Introduisant alors un thermomètre au sein des couleurs successives, il détermina leur pouvoir calorifique, et trouva qu'il augmentait du violet, ou du rayon le plus réfracté, au rouge ou rayon le moins réfracté du spectre. Mais il ne s'arrêta pas là. Plongeant le thermomètre dans l'espace obscur au delà du rouge, il vit que, quoique la lumière eût entièrement disparu, la chaleur rayonnante qui tombait sur l'instrument était plus intense que celle que l'on avait mise en évidence à tous les points du spectre visible."

 

Mentionnant les travaux de Ritter et Stokes sur les "ultraviolets" Tyndall pouvait alors présenter le rayonnement solaire comme composé de "trois séries différentes".

  1. des rayons ultra-rouges d'une très grande puissance calorique, mais impuissants à exciter la vision.

  2. Des rayons lumineux qui déploient la succession suivante de couleurs : rouge, orangé, jaune, vert, bleu, indigo, violet

  3. des rayons ultra-violets, impropres à la vision comme les rayons rouges, dont le pouvoir calorifique est très-faible, mais qui en raison de leur énergie chimique, jouent un rôle très important dans le monde organique.

 

Suit un exposé sur la nature des radiations. Quel est le lien entre la chaleur dégagée dans un fil de platine chauffé au rouge ou au blanc par un courant électrique le traversant et la perception de cette lumière par l'oeil ? Son compatriote Maxwell a émis récemment l'hypothèse selon laquelle la lumière serait une onde électromagnétique se déplaçant dans un hypothétique éther. Sa réponse est conforme au modèle. Il existe dit-il un "éther lumineux" qui comme l'air transmet les sons, est "apte à transmettre les vibrations de la lumière et de la chaleur". Ainsi "chacun des chocs de chacun des atomes de notre fil excite en cet éther une onde qui se propage dans son sein avec la vitesse de 300 000 kilomètres par seconde". C'est cette onde, reçue par la rétine, qui provoque chez nous la sensation de lumière.

 

Le chapitre qui suit a pour titre "Absorption de la chaleur rayonnante par les gaz". Son objet concerne particulièrement notre sujet, à savoir ce que nous désignons par "effet de serre".

 

"Limitant tout d'abord nos recherches au phénomène de l'absorption, nous avons à nous figurer une succession d'ondes issues d'une source de rayonnement et passant à travers un gaz. Quelques-unes de ces ondes viennent se heurter contre des molécules gazeuses et leur cèdent leur mouvement ; d'autres glissent autour des molécules, ou passent à travers leurs espaces intermoléculaires, sans obstacle sensible. Le problème consiste à déterminer si de semblables molécules libres ont à un degré quelconque le pouvoir d'arrêter les ondes de la chaleur, et si les différentes molécules possèdent ce pouvoir à différents degrés".

 

Le montage expérimental consiste en un plaque de cuivre chauffée jusqu'à incandescence. La lumière produite est transmise à un tube fermé par deux plaques de sel gemme "seule substance solide qui offre un obstacle presque insensible au passage des ondes calorifiques". Le tube peut être rempli de gaz divers sous la même pression de 1/30 d'atmosphère. La température y est mesurée par une "pile thermo-électrique", instrument d'une invention récente.

 

Les résultats sont publiés dans un tableau qui exprime les quantités de radiations absorbées respectivement par les différents gaz, "en prenant pour unité la quantité absorbée par l'air atmosphérique".

 

 

On y retrouve la plupart des gaz dont la nuisance nous préoccupe aujourd'hui. En particulier le dioxyde de carbone (acide carbonique), le méthane, le protoxyde d'azote, l'acide nitreux.

 

Une dernière partie vient compléter ce tableau. Elle concerne l'étude "des vapeurs aqueuse de l'atmosphère dans leurs rapports avec les températures terrestres". L'importance des résultats mérite une mise en scène. Après les premières mesures effectuées sur différents gaz, "nous voici préparés à accepter un résultat qui sans ces préliminaires serait apparu complètement incroyable", annonce le conférencier.

 

Le nouveau gaz étudié n'est autre que la vapeur d'eau. C'est "un gaz parfaitement impalpable, diffusé dans toute l'atmosphère même les jours les plus clairs". La quantité de cette vapeur est infinitésimale comparée à la composition de l'air en oxygène et azote. Pourtant les mesures effectués montrent que son effet est 200 fois supérieur à celui de l'air qui la contient. Ce fait, note-t-il, "entraîne les conséquence les plus graves relativement à la vie sur notre planète".

 

Conséquences les plus graves ? C'est exactement ce que seraient tentés de dire la plupart de nos contemporains mais John Tyndall y voit en réalité une chance. La chaleur du sol échauffé par les rayons du soleil se communiquent à l'atmosphère sous formes de ces ondes de lumière "ultra-rouges" de grande puissance calorique. L'air seul serait insuffisant pour les retenir. Heureusement, constate Tyndall "les vapeur aqueuses enlèvent leur mouvement aux ondes éthérées, s'échauffent et entourent ainsi la terre comme d'un manteau qui la protège contre le froid mortel qu'elle aurait sans cela à supporter". Plus tard, dans sa conclusion, le constat prend des proportions lyriques. "La toile d'araignée tendue sur une fleur suffit à la défendre de la gelée des nuits ; de même la vapeur aqueuse de notre air, tout atténuée qu'elle soit, arrête le flux de la chaleur rayonnée par la terre, et protège la surface de notre planète contre le refroidissement qu'elle subirait infailliblement, si aucune substance n'était interposée entre elle et le vide des espaces célestes". Il en veut pour preuve que partout où l'air est sec (déserts, sommets des hautes montagnes) cela entraîne des températures diurnes extrêmes. Inversement "pendant la nuit, la terre rayonne sans aucun obstacle la chaleur vers ses espaces célestes et il en résulte un minimum de température très-basse".

 

La découverte est d'importance et il la revendique. S'il reconnaît à ses prédécesseurs, de Saussure, Fourier, Pouillet, Hopkins, d'avoir "enrichi la littérature scientifique" sur ce sujet, il fait le constat que ce n'est pas, à présent, à l'air, comme ils l'ont fait, qu'il faut s'intéresser mais à la vapeur d'eau qu'il contient.

Notons ici que, s'il cite Saussure, l'effet qu'il décrit n'a plus rien à voir avec celui d'une serre dans laquelle l'air chauffé par le soleil serait confiné. C'est donc de façon erronée que l'expression "effet de serre" continue à alimenter nos débats contemporains. D'où vient l'expression ? on la trouve utilisée par Arrhenius, dont nous verrons bientôt la contribution. "Fourier, écrit-il, le grand physicien français, admettait déjà (vers 1800) que notre atmosphère exerce un puissant effet protecteur contre la perte de chaleur par rayonnement. Ses idées furent plus tard développées par Pouillet et Tyndall. Leur théorie porte le nom de la théorie de la serre chaude (souligné par nous), parce que ces physiciens admirent que notre atmosphère jour le même rôle que le vitrage d'une serre".  Si le terme retenu par la milieu scientifique est "forçage radiatif", l'image torride d'une serre est tellement plus parlante que son succès est assuré pour longtemps encore.

 

Ainsi donc la terre est protégée par la vapeur d'eau ? Nous sommes dans la première période du développement industriel de l'Europe, comment Tyndall pourrait-il imaginer que cet équilibre qui dure depuis des milliers d'années sera rompu dans le siècle à venir. Non pas essentiellement par la vapeur d'eau mais par le CO2. Que dit-il de ce gaz ? Il a déjà mesuré que son pouvoir d'absorption des rayons lumineux est près de 1000 fois supérieur à celui de l'air. Il constate également qu'il existe un nombre de rayons "pour lesquels l'acide carbonique est impénétrable". Il en fait même un moyen de mesure du taux de CO2 dans l'air expiré par les poumons. Mais il ne percevra pas son rôle prépondérant dans le réchauffement de l'atmosphère. Ce sera la contribution de Svante Arrhenius.

 

Svante Arrhenius.

 

Svante Arrhenius est né à Vik en Suède en 1859. Chimiste, Prix Nobel, les apprentis chimistes le connaissent par la loi concernant les vitesses des réactions chimiques à laquelle on a donné son nom. Les météorologues se souviennent d'abord de ses études sur l'absorption de la lumière infrarouge par la vapeur d'eau et le CO2. Son article "De l'influence de l'acide carbonique dans l'air sur la température au sol", publié en 1896, a été longtemps une référence. Même si ses calculs ont ensuite été contestés, son analyse a amené certains commentateurs à faire de Arrhenius "le père du changement climatique".

 

Utilisant des mesures faites par Frank Washington Very et Samuel Pierpont Langley sur le rayonnement lunaire, il déduit le pourcentage d'absorption du CO2 par notre atmosphère. Il prend alors conscience du fait que l'augmentation rapide de la consommation de charbon peut contribuer à augmenter cette quantité. "L'acide carbonique, écrit-il, forme une fraction si peu importante de l'atmosphère que même la consommation industrielle de charbon semble pouvoir y influer. La consommation annuelle de houille a atteint en 1907 1200 millions de tonnes et elle augmente rapidement". Il note que sa progression est régulière : 510 millions de tonnes en 1890, 550 millions de tonnes en 1894, 690 en 1899, 890 en 1904 et il estime donc que "la quantité répandue dans l'atmosphère puisse être modifiée, dans le cours des siècles, par la production industrielle" .

La combustion de ce charbon faisant augmenter le taux de CO2 dans l'atmosphère, il estime que si ce taux doublait, la température terrestre pourrait augmenter de l'ordre de 4°C.

 

Ce taux était alors de l'ordre de 300ppm et il n'imaginait pas ce doublement avant 3000 ans, c'est à dire le temps qu'il estimait nécessaire avant d'épuiser l'essentiel des ressources du sous-sol en charbon. Un siècle plus tard, ce taux a déjà dépassé 400ppm. Sans être trop pessimistes les scientifiques du Giec estiment que cette augmentation de température de 4°C pourrait être atteinte à la fin de ce siècle et nous alertent sur tous les bouleversements qui nous attendent !

 

Arrhenius, quant à lui, n'est pas inquiet. S'il pense aux générations futures c'est en considérant que cette augmentation de la température pourrait  avoir pour elles un aspect bénéfique. Il l'affirme sans hésiter dans un ouvrage publié en 1907 dans lequel il présente sa vision de l'apparition et de l'évolution de la vie sur terre sous le titre "Worlds in the making; the evolution of the universe", traduit en France sous le titre "L'évolution des mondes.

 

"Nous entendons souvent, écrit-il, des lamentations sur le fait que le charbon stocké dans la terre est gaspillé par la génération présente sans aucune pensée pour la future… Nous pouvons trouver une sorte de consolation dans la considération que ici, comme souvent, il y a un bénéfice d'un côté pour un dommage de l'autre. Par l'influence de l'accroissement du pourcentage de l'acide carbonique dans l'atmosphère, nous pouvons espérer profiter dans le futur d'un climat meilleur et plus équitable, spécialement en ce qui regarde les régions les plus froides de la terre. Dans le futur la terre produira des cultures beaucoup plus abondantes qu'actuellement, au profit de l'accroissement rapide de l'humanité."

 

 

Il a fallu moins d'un siècle pour que ce rêve d'un avenir radieux, du moins pour les habitants de l'hémisphère nord, se transforme en cauchemar pour l'ensemble de la planète Terre.

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Voir aussi :

 

 

Histoire du Carbone et du CO2. De l'origine de la vie au dérèglement climatique.

 

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Extrait :

 
CO2, fatal ou vital ?

 

« CO2 - Élixir de vie et tueur du climat » est le titre d’une exposition présentée au musée Naturama de Aarau en Suisse à la charnière des années 2012 et 2013.

 

Élixir… le mot est fort. Il a été emprunté à l’arabe médiéval « al iksīr » désignant la liqueur d’immortalité des alchimistes ou la pierre philosophale supposée transformer le plomb en or.

 

Dans une première partie nous choisirons ce côté lumineux de l’histoire.
 

Nous découvrirons la suite de tâtonnements, de réussites et aussi parfois d’échecs, qui a fait prendre conscience de l’existence et du rôle de cet « élixir », le dioxyde de carbone et de ce joyau minéral, le carbone.

 

Tueur de climat. Qui peut encore le nier ? Et qui peut refuser de voir que la dangereuse augmentation du CO2 dans l’atmosphère, loin d’être une malédiction portée par ce gaz, est le résultat de l’emballement d’un monde industriel développé qui gaspille les ressources fossiles accumulées sur la planète au cours de millions d’années et les disperse sous forme d’objets inutiles et de polluants multiples.

 

Élixir ou poison, amour ou désamour… Le carbone et le dioxyde de carbone sont symboliques de cette chimie aux deux visages qui sont aussi ceux de la science en général.

 

D’une part, une science « pour comprendre », qui enthousiasme les scientifiques comme les esprits curieux par ses extraordinaires avancées dans la connaissance des phénomènes naturels. Une science qui donne la liberté de penser le monde en dehors des dogmes et qui, en même temps, peut apporter du confort à la vie quotidienne de chacune et chacun.

 

De l’autre côté, une science au service d’une « croissance infinie », décrétée par un système économique qui impose ses choix techniques et politiques. Une science et une technique dont les bénéfices pour la société sont de plus en plus occultés par les nuisances sociales et environnementales qu’elles provoquent.

 

Qui s’intéresse à l’histoire des sciences et des techniques ne peut échapper à ce double sentiment :

 

- L’émerveillement devant l’ingéniosité de l’esprit humain et les constructions intellectuelles et matérielles qu’il met en oeuvre pour comprendre son environnement et améliorer son cadre de vie.

 

- La lucidité devant le redoutable pouvoir des sciences et des techniques entre les mains de ceux pour qui elles représentent d’abord un outil pour posséder ou dominer.

 

À travers cette histoire du carbone et du CO2, nous n’échapperons pas à ces allers et retours.

 

Depuis l’Antiquité grecque jusqu’à Lavoisier nous suivrons une science dans laquelle nous serons tentés de ne reconnaître que la curiosité de l’enfance et l’enthousiasme de l’adolescence. Cette première partie nous apprendra ce que sont le carbone et le CO2 et comment ils contribuent à la vie sur cette planète.

 

Nous verrons ensuite une accélération extraordinaire des connaissances scientifiques et une multiplication de leurs applications techniques, au cours d’un 19e siècle qui s’achève avec les ondes électromagnétiques, les rayons X, la radioactivité, les premières automobiles, etc. Viendra ensuite le 20e siècle qui exploitera ces découvertes, pour le confort des sociétés développées, en même temps que se développeront leurs usages les plus redoutables.

 

Un développement qui amène à s’interroger sur la fonction des sciences dans nos sociétés. Car les scientifiques en font eux-mêmes le constat : alors qu’elle est depuis longtemps un indiscutable synonyme de progrès, à la fois pour les connaissances et pour la vie quotidienne, un désamour s’installe entre la science et la société.

 

C’est dans ces moments de doute qu’un retour aux sources peut faire revivre, à travers les écrits des auteurs des époques antérieures, les élans et les joies des premiers succès. Peut-être trouverons-nous également, dans ces expériences passées, des aides pour imaginer un nouvel avenir des sciences dans une société qui fonctionnerait sur d’autres bases que celles d’une croissance matérielle effrénée.

 

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28 janvier 2021 4 28 /01 /janvier /2021 12:31

Un article, dont l'actualité est brûlante, publié par le Courrier de l'Unesco en 1958, à l'occasion de la remise, à Bertrand Russell, du Prix Kalinga de vulgarisation scientifique.

 

Il fut un temps où les savants considéraient avec dédain ceux qui tentaient de rendre leurs travaux accessibles à un large  public. Mais, dans le monde actuel, une telle attitude n'est plus possible. Les découvertes de la science moderne ont mis entre les mains des gouvernements une puissance sans précédent dont ils peuvent user pour le bien ou pour le mal. Si les hommes d'Etat qui détiennent cette puissance n'ont pas au moins une notion élémentaire de sa nature, il n'est guère probable qu'ils sauront l'utiliser avec sagesse. Et, dans les pays démocratiques, une certaine formation scientifique est nécessaire, non seulement aux hommes d'Etat, mais aussi au grand public.

 

Faire acquérir cette formation au plus grand nombre n'est pas chose facile. Ceux qui savent effectivement servir de trait d'union entre les techniciens et le public accomplissent une tâche qui est nécessaire non seulement pour le bien-être de l'homme, mais simplement pour sa survie. Je crois que l'on devrait faire beaucoup plus dans ce sens, pour assurer l'éducation de ceux qui ne se destinent pas à devenir des spécialistes scientifiques. Le Prix Kalinga rend un immense service à la société, en encourageant ceux qui s'attaquent à cette entreprise difficile.

 

Dans mon pays, et, à un moindre degré, dans d'autres pays de l'Occident, on considère en général par suite d'un regrettable appauvrissement de la tradition de la Renaissance que la « culture » est essentiellement littéraire, historique et artistique. Un homme n'est pas considéré comme inculte s'il ignore tout de l'euvre de Galilée, de Descartes et de leurs successeurs. Je suis convaincu que tout le programme d'enseignement général devrait comprendre un cour d'histoire de la science du xvrr siècle à nos jours, et donner un aperçu des connaissances scientifiques modernes, dans la mesure où celles-ci peuvent être exposées sans faire appel à des notions techniques. Tant que ces connaissances sont réservées aux spécialistes, il n'est guère possible aux nations de diriger leurs affaires avec sagesse.

 

Il existe deux façons très différentes .d'évaluer les réalisations humaines : on peut les évaluer d'après ce que l'on considère comme leur excellence intrinsèque ; on peut aussi les évaluer en fonction de leur efficacité en tant que facteurs d'une transformation de la vie et des institutions humaines. Je ne prétends pas que l'un de ces procédés d'évaluation soit préférable à l'autre.

 

Je veux seulement faire remarquer qu'ils donnent des échelles de valeur très différentes. Si Homère et Eschyle n'avaient pas existé, si Dante et Shakespeare n'avaient pas écrit un seul vers, si Bach et Beethoven étaient restés silencieux, la vie quotidienne de la plupart de nos contemporains serait à peu près ce qu'elle est. Mais, si Pythagore, Galilée et James Watt n'avaient pas existé, la vie quotidienne, non seulement des Américains et des Européens de l'Ouest, mais aussi des paysans indiens, russes et chinois serait profondément différente. Or, ces transformations profondes ne font que commencer. Elles affecteront certainement l'avenir encore plus qu'elles n'affectent le présent.

 

Actuellement, la technique scientifique progresse à la façon d'une vague de chars d'assaut qui auraient perdu leurs conducteurs : aveuglément, impitoyablement, sans idée, ni objectif. La principale raison en est que les hommes qui se préoccupent des valeurs humaines, qui cherchent à rendre la vie digne d'être vécue, vivent encore en imagination dans le vieux monde pré-industriel, ce monde qui nous a été rendu familier et aimable par la littérature de la Grèce et par les chefs-d' que nous admirons à juste titre des poètes, des artistes et des compositeurs, de l'ère pré-industrielle.

 

Ce divorce entre la science et la « culture », est un phénomène moderne. Platon et Aristote avaient un profond respect pour ce que de leurs temps on connaissait de la science. Le Renaissance s'est autant préoccupée de rénover la science que l'art et la littérature. Léonard de Vinci a consacré plus d'énergie à la science qu'à la peinture. C'est aux architectes de la Renaissance que l'on doit la théorie géométrique de la perspective. Pendant tout le xviir siècle, de grands efforts ont été entrepris pour faire connaître au public les travaux de Newton et de ses contemporains. Mais à partir du début du xix° siècle, les concepts et les méthodes scientifiques deviennent de plus en plus abstrus, et toute tentative pour les rendre intelligibles au plus grand nombre apparaît de plus en plus illusoire. La théorie et la pratique de la physique nucléaire moderne ont révélé brutalement qu'une ignorance totale du monde de la science n'est plus compatible avec la survie de l'humanité.

 

Le texte ci-dessus reproduit dans sa presque totalité l'allocution prononcée par Bertrand Russell au cours de la cérémonie de remise du Prix Kalinga, le 28 janvier, à la Maison de l'Unesco.

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2007: "Les élites dirigeantes sont incultes. Formées en économie, en ingénierie, en politique, elles sont souvent ignorantes en sciences et quasi toujours dépourvues de la moindre notion d'écologie." (Hervé Kempf, Comment les riches détruisent: la Planète, Seuil, 2007.)

Dérèglement climatique, pollution de l'air, de l'eau, des sols... Les alertes des scientifiques se multiplient au même rythme que les colloques et Sommets internationaux, COP21, COP22, COP23... Aujourd'hui les "élites dirigeantes" savent mais elles regardent ailleurs, se contentant d'occuper les médias par des discours anesthésiants.

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2 novembre 2020 1 02 /11 /novembre /2020 12:48

10 contre arguments:

« Alors que les énergies fossiles sont devenues plus chères que la plupart des sources renouvelables et qu’elles sont responsables d’une grande partie de la pollution mondiale et des perturbations climatiques, certaines voix continuent à nier la nécessité d’une révolution énergétique et s’en prennent au solaire » constate Bertrand Piccard. À l’origine de Solar Impulse, premier avion zéro-carburant, l’explorateur juge « primordial de tordre le cou à quelques idées reçues. »

 

Solar Impulse, le premier avion zéro-carburant à l’autonomie perpétuelle. | REUTERS ARCHIVES

 

« L’électricité produite à partir du solaire coûte trop cher »

Commençons par l’argument le plus courant : c’est trop cher. C’était vrai autrefois, mais ça ne l’est plus. D’après un rapport d’IRENA, le coût de l’électricité photovoltaïque a baissé de 82 % depuis 2010, et cette tendance va s’intensifier dans le futur. L’année dernière, un record a été établi par l’entreprise française Akuo Energy (dont plusieurs technologies sont labellisées par la Fondation Solar Impulse) lors d’un appel d’offres du gouvernement portugais. Une centrale de 150 MW fournira de l’électricité solaire à un prix record de 1,5 centime / kWh. Dans de nombreux endroits du monde, le solaire est devenu la source d’énergie la plus compétitive, devant les énergies fossiles polluantes, et bien souvent devant le nucléaire.

 

 
C’est vrai qu’elles sont intermittentes. Le soleil ne nous éclaire pas la nuit, et pas tous les jours. Mais face à ce sujet, qui est d’ailleurs fondamental dans la transition écologique, de nombreuses technologies deviennent disponibles afin de stocker l’énergie produite. L’hydrogène est en une, tout comme les batteries au lithium, notamment celles des véhicules électriques lorsqu’ils ne roulent pas, l’air comprimé ou les stations de transfert d’énergie par pompage (STEP). D’autres moyens innovants existent, tels que les briques de céramique recyclées qui stockent la chaleur à des températures comprises entre 500 et 1 000 °C, ou encore Energy Vault, qui a développé une grue de 120 mètres de haut, qui hisse des blocs de béton lorsqu’il y a trop d’électricité et les laissent redescendre en générant de l’électricité lorsqu’on en a besoin.

 

C’est clair que le coût du stockage doit être intégré dans le prix final de l’électricité solaire, mais même ainsi, le photovoltaïque reste compétitif, tant ces technologies ont évolué.

 

« C’est une menace pour le monde industriel et financier traditionnel »

Ce n’est vrai que si les dinosaures s’arcboutent sur le passé. C’est pour cela qu’il faut encourager les compagnies pétrolières à prendre dès maintenant le virage écologique et à se renommer compagnies énergétiques. La diversification des majors dans la production et la distribution d’énergies renouvelables ne peut que leur être bénéfique. Sans même parler du service aux consommateurs, qui devient une source importante de revenus comme Engie le démontre chaque jour. Cet été, malgré la publication de l’un de ses pires résultats trimestriels, l’action BP a clôturé en hausse de 6,5 % après l’annonce de leur stratégie environnementale, qui annonçait une multiplication par dix de ses investissements dans les renouvelables et une neutralité carbone en 2050 ! Pourquoi ? Parce que les fonds de pension et assurances-vie savent pertinemment que les investissements dans les énergies fossiles deviennent des actifs pourris, comme les subprimes en 2008…

 
 

« Le changement climatique est un problème à très long terme »

J’entends parfois certains dire que les énergies solaires sont avant tout un moyen de lutter contre les changements climatiques, qui est un problème à long terme – quand ils ne nient pas tout simplement l’existence de cette crise – et que nous avons d’autres priorités immédiates. C’est doublement inexact. D’abord parce que les conséquences du changement climatique se font déjà ressentir partout dans le monde. Mais aussi, et surtout, parce que l’énergie solaire permet de lutter contre un autre problème catastrophique et très actuel : la pollution de l’air. D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, ce fléau touche 9 personnes sur 10 dans le monde et tue approximativement 8 millions de personnes chaque année à cause des maladies qu’elle engendre.

 

 

« Il n’y a pas suffisamment de soleil partout »

Mais là où il n’y a pas de soleil, il peut y avoir du vent, des cours d’eau, des vagues, de la géothermie… Le solaire n’est pas la panacée et doit être combiné avec d’autres sources complémentaires. Il n’y a pas une solution unique pour répondre à ce problème, mais une combinaison de technologies propres.

 

 

« Ça ne suffira pas à garantir les besoins en électricité du monde entier »

Au rythme du gaspillage actuel dans le monde, c’est vrai : environ 75 % de l’énergie produite est perdue en raison des technologies archaïques qui sont toujours en service. C’est pourquoi je me bats depuis de nombreuses années pour que l’efficience énergétique soit une priorité de l’agenda environnemental. Nous devons mettre en place des normes et réglementations beaucoup plus strictes dans ce domaine afin que nos appareils électriques, bâtiments, transports et usines soient plus efficients en énergie.

 

 

« Les panneaux solaires nécessitent trop d’énergie pour leur fabrication »

J’ai vu récemment un « expert » annoncer à une commission parlementaire qu’un panneau solaire met 30 ans à rembourser son énergie grise, c’est-à-dire l’énergie nécessaire à sa fabrication, son transport, son recyclage, etc. Or ce chiffre est totalement faux. Dans la moitié du monde, comprenant une grande partie de la France, ce chiffre se situe entre 6 mois et un an. C’est-à-dire qu’en moins de 12 mois, un panneau solaire a remboursé l’électricité qu’il a nécessitée pour sa fabrication.

 

Durant les 30 années suivantes de son exploitation, il produit une électricité décarbonée et inépuisable.

 

« C’est une énergie pour pays riches »

Totalement faux. Comme c’est la façon de produire l’électricité la meilleure du marché, l’énergie solaire, puisqu’elle est décentralisée, en permet l’accès aux populations les plus isolées et défavorisées. Tant de pays pauvres s’appauvrissent encore davantage chaque année en dépensant leurs devises pour acheter du gaz ou du pétrole, sans avoir les moyens de tirer des lignes à haute tension, que l’énergie solaire devient la seule façon d’assurer un développement économique local et une stabilité sociale.

 

 

« Le solaire nécessite des subventions publiques »

Si son développement a effectivement démarré par une garantie de rachat de l’électricité solaire à des prix souvent élevés, c’est l’inverse qui se produit aujourd’hui un peu partout : les énergies fossiles sont subventionnées à hauteur de milliards de dollars dans le monde et ne couvrent en rien leurs externalités, c’est-à-dire les dégâts sanitaires et environnementaux qu’elles causent.

 

 

« Ce n’est pas beau »

Dites plutôt : ce n’était pas beau. Aujourd’hui, les tuiles solaires, comme celles du pavillon français de l’Exposition universelle de Dubaï, permettent de s’adapter à tous les contextes.

 

Vous l’aurez compris, je suis un fervent défenseur de l’énergie solaire. Non pas parce qu’elle m’a permis de voler nuit et jour à bord de Solar Impulse, ni même parce qu’elle permet de lutter contre les changements climatiques. Mais parce qu’elle est une alternative logique, avant même d’être écologique qui crée des emplois durables et produit une électricité moins chère que les énergies fossiles. Les demi-experts ne pourront pas l’empêcher de devenir une source d’énergie majeure dans le monde, à condition que l’on se protège de leurs contre-vérités.

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15 octobre 2020 4 15 /10 /octobre /2020 11:26

 


 

Les beaux discours sur le climat à destination des médias nationaux comme les déclarations vertueuses sur la scène internationale offrent un contraste saisissant avec la réalité vécue, ici ou là, dans les régions.

 

le tribunal administratif de Paris a rendu son jugement dans l’Affaire du Siècle : il reconnaît la responsabilité de l'État français dans la crise climatique, juge illégal le non-respect de ses engagements de réduction des émissions de gaz à effet de serre et le juge responsable de préjudice écologique.

 

L'affaire du siècle en Bretagne c'est la construction par Total, à Landivisiau, d'une centrale électrique à gaz de 450Mw subventionnée par l'Etat.

 

Gérard Borvon

 

 

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Quelle mouche avait piqué Jean-Yves Le Drian en cette année 2010 ou plutôt quel lobby était venu lui susurrer ce projet à l’oreille ? Toujours est-il qu’il a décidé qu’il fallait absolument une centrale électrique à gaz de 450Mw en Bretagne et plus précisément le plus à l’Ouest possible. Le tout enveloppé dans un “Pacte Électrique Breton” destiné à faire passer la pilule. Et pour illustrer ce programme il lui fallait une image forte, un triskell !


 

Le triskell, symbole des civilisations celtiques, n'a pas toujours eu bonne presse quand l'afficher était synonyme de revendication régionaliste. C'était le temps où le "Front de Libération de la Bretagne", le FLB, appuyait sa lutte pour l'indépendance par quelques gendarmeries plastiquées. Le temps où Gilles Servat déclenchait l'enthousiasme avec sa "blanche hermine" et son appel à faire "la guerre aux Francs". Le temps où on considérait avec suspicion ces militants qui prétendaient faire vivre la langue bretonne en la pratiquant dans les écoles Diwan.


 

Aujourd'hui, ces utopies des années 70-80 du siècle passé sont entrées dans l'Histoire et ne sentent plus le soufre. A présent la celtitude est mise au service du business. C'est à Paris que se tiennent ces "dîners celtiques" où la fine fleur bretonne du commerce, de l'industrie et de l'agro-alimentaire invite ce qui compte comme "décideurs" politiques en Bretagne.

 

Extrait de "Algues vertes l'histoire interdite" de Inès Léraud. Une excellente analyse du lobby breton. (avec le petit homme bleu : Jean-Yves Le Drian)

 

Jean Yves le Drian ou Pierre Méhaignerie peuvent y croiser Vincent Bolloré ou Loïc le Floch-Prigent. Une "mafia" gretonne avait ironisé Emmanuel Macron quand il avait été reçu par le pape en compagnie de Jean Yves le Drian.

 

Le triskell est devenu une de leur marque de fabrique. .En particulier celle de Jean-Yves le Drian qui l'affichait sur le jaune de sa cravate, une couleur prémonitoire, pendant sa campagne électorale pour les régionales de 2010. D'où ce "triskell électrique" et ses trois branches : verte pour les économies d'électricité, bleue pour les renouvelables, noire pour la "sécurisation".

 

 

Ce triskell qui cache un cadeau fait au lobby des énergies fossiles.

 

Il ne fallait pas être particulièrement attentif pour constater que dans ce triskell les branches "écolos", vertes et bleues, n'étaient pas la part essentielle du programme. Le point fort consistait en "l’implantation d’un nouveau moyen de production classique au nord-ouest de la Bretagne, de type cycle combiné gaz (CCG), à haute performance énergétique, fonctionnant dans le cadre du marché électrique, d’une puissance d'environ 450 Mw, avec une localisation la plus pertinente se situant dans l'aire de Brest".


 

La raison ? La Bretagne, déclarait-on, ne produisait alors que 8% de sa consommation électrique. Le discours n'était pas nouveau. En Bretagne on n'a pas oublié la lutte victorieuse contre le projet de centrale nucléaire à Plogoff dans la Pointe du Raz. A l'entrée de la commune le visiteur est accueilli par la statue du berger dont la fronde tendue rappelle les heures chaudes de la guerre des pierres contre les fusils si magnifiquement illustrée par le film de Nicole et Félix Le Garrec.

 

Déjà, nous disait-on, sans centrale nucléaire, pas de travail pour vos jeunes qui devront continuer à s'expatrier vers les chantiers de la capitale. Quarante ans plus tard, "la Bretagne reste au 1er rang des régions ayant le plus faible taux de chômage de la population active", se faisait gloire, en 2019, la préfecture de région, sur son site internet. Ceci alors que la population y croît de façon régulière.

 

Pourtant, depuis Plogoff, le discours n'a pas varié. Il faut culpabiliser ces Bretons qui consomment l’énergie des Français en parfaits égoïstes. A noter que, pour les besoins de la démonstration, on réduit la Bretagne à ses quatre départements administratifs, ce qui permet d'éliminer la centrale de Cordemais dans la Loire Atlantique, cinquième département de la Bretagne historique. Oublié aussi ce "plan alter breton" élaboré par un groupe de scientifiques dans les années 80 et qui détaillait la méthode pour une Bretagne, autonome en électricité, sans nucléaire ni effet de serre, dès le début de notre siècle. Oublié surtout le sabotage de toutes les expériences d'énergies alternatives menées à cette époque.

 

Plus grave nous disait-on ! Vous risquez de faire disjoncter tout le système de distribution français par vos pics de consommation en hiver. Le risque existait, en Bretagne comme ailleurs, avec l’incitation au chauffage électrique généralisé pour consommer l’électricité massivement produite par des centrales nucléaires qui, cependant, avaient l'inconvénient de répondre mal aux variations subites de consommation. C’est pourquoi avant même le début des travaux programmés à Plogoff avaient été construites, pour répondre aux pointes d'hiver, des turbines à combustion dans les communes de Brennilis et Dirinon. L'ensemble totalisant une puissance de 465Mw. Depuis cette date ces centrales ne fonctionnent que quelques journées, voire quelques heures, pour répondre à la demande. RTE, l'entreprise publique qui gère le réseau de transport de l'électricité, rappelle régulièrement que chaque hiver il y a de la marge. Comme encore dans son rapport de 2018 (page 26) :

 

"La consommation électrique ayant cessé de croître, la situation électrique de la Bretagne peut aujourd’hui être considérée comme stabilisée. Fin février 2018, pendant la période de froid, l’équilibre sur le réseau a été respecté en utilisant les outils "normaux" du système électrique (mécanisme d’ajustement), sans recours à des procédures d’alertes ou de sauvegarde."

 

Et pour mettre fin aux rumeurs lancées par le président de EDF en personne devant une commission d'enquête parlementaire : "Aucun élément objectif ne permet ainsi d’étayer la thèse selon laquelle la Bretagne aurait été dans une situation critique en février 2018."

 

Alors, on n'en parle plus de ce projet de centrale électrique à gaz en Bretagne ? C'est mal connaître l'obstination du lobby breton. Les patrons finistériens regroupés sous l'appellation " Investir en Finistère" ne s'en cachent pas. La décision du Conseil Régional et de son président est le résultat de l'efficacité de leur lobbying. Leur projet initial était d'implanter la centrale sur un site à cheval sur les communes de Guipavas et Saint-Divy, proches de Brest. cette réserve foncière avait été constituée, dans les années 1970, pour le projet avorté d'une raffinerie associée à un terminal pétrolier au port de Brest. La zone est actuellement gérée par le Syndicat mixte Brest Iroise dont les actionnaires sont le Département, la Région, la communauté urbaine de Brest et... la chambre de commerce, qui ne demandent qu'à s'en débarrasser. De plus le site est proche de la conduite de gaz naturel provenant du port de Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique).

 

L'affaire semblait donc entendue. Mais c'était sans compter sur la mobilisation des associations locales, déjà sensibilisées aux problèmes de la pollution de l'air et du dérèglement climatique. Rapidement elles ont su rassembler des milliers de personnes sur le site et remplir des salles lors de réunions d'information. La prudence électorale exigeait donc qu'un endroit moins proche de Brest et moins sujet à de telles mobilisations soit choisi. Un appel d'offre était lancé.

 

Des trois concurrents en lice, l'entreprise Direct Énergie, depuis rachetée par Total, était retenue pour une centrale qui serait construite à Landivisiau. Le choix de la commune ne pouvait qu'étonner. Pour alimenter la centrale il faudrait construire 130km d'un gazoduc la reliant au site de Montoir de Bretagne dans la Loire Atlantique ainsi qu'une ligne à haute tension pour l'évacuation du courant. A l'évidence, le choix était plus politique que technique ou économique. Le député UMP de la circonscription, Jacques le Guen ne cachait pas s’être "personnellement engagé dans ce dossier" pour que la commune soit finalement choisie par le ministre de l'énergie, Eric Besson, ancien élu socialiste rallié au sarkozisme. L'annonce de ce choix était faite le 29 février en présence de jean Yves le Drian et conclue par une chaleureuse poignée de main entre anciens camarades.

 

 

Pourquoi Direct Énergie ? D'une part cela correspondait à la volonté politique d'ouvrir le marché de l'électricité aux entreprises privées. Officiellement, cependant, ce choix était justifié par le montant de la prime demandée par l'entreprise pour cette opération. Car l'appel d'offre était assorti d'une carotte offerte à l'éventuel candidat. Pour l'attirer dans ce lointain Finistère il lui était proposé une subvention dont il devait fixer lui même le montant. Direct Énergie, devenu Total par la suite, était retenu comme étant le moins gourmand.

 

Subventionner le pollueur.

 

Cette prime constitue le côté le plus scandaleux de la transaction. Alors qu'une taxe sur le carburant, touchant tout un chacun, a été instaurée pour remplacer la défunte "Taxe poids lourds", Direct-Énergie recevrait une prime de 40 millions d'euros par an pendant 20 ans pour émettre un million de tonnes de CO2 chaque année dans l'atmosphère soit l'équivalent de la pollution annuelle de plus de 400 000 voitures parcourant en moyenne 20 000km par an.

 

 

Financement d'autant plus scandaleux qu'il serait prélevé sur la contribution au service public de l'électricité (CSPE). Cette taxe prélevée sur chaque usager ne devrait être utilisée que pour le développement des énergies renouvelables, le soutien aux zones non raccordées au réseau métropolitain continental (Corse, départements d'outre-mer, Saint-Pierre et Miquelon, îles bretonnes de Molène, Ouessant et Sein), ainsi que l'aide sociale aux personnes de faible revenu.

 

7 ans de lutte.

 

Dès l'annonce du projet une forte opposition s'organisait dans la commune de Landivisiau et le Nord-Finistère. Elle s'exprimait massivement pendant l'enquête publique qui précède ce genre de projet, dénonçant en particulier une somme de contre vérités dans l'étude d'impact. On sait ce qu'il en est de ce type d'enquête. L'avis classiquement favorable des commissaires enquêteurs y est suivi, inévitablement, de celui tout aussi favorable du préfet. Restent les tribunaux administratifs. De recours en appels allant jusqu'au Conseil d’État et au Conseil Constitutionnel, la lutte entre le pot de terre et le pot de fer n'est pas encore arrivée à sa conclusion mais sept ans ont été gagnés.

 

 

Sept ans qui ont totalement changé la donne en Bretagne, ce qu'ont fait valoir 17 associations parmi les plus représentatives dans une lettre adressée au président de région, au ministre de l'écologie et au président de la république. Le Pacte électrique breton signé en 2010 envisageait une augmentation régulière de la consommation électrique or depuis cette date elle s'était stabilisée et se révèle de 10% inférieure à celle envisagée dans le scénario initial.

 

 

Quant au risque de black out, plus personne ne peut sérieusement l'évoquer. Un "filet de sécurité" (une ligne souterraine de 225 000 volts) a été établi par une liaison rejoignant Lorient et Saint-Brieuc. S'y ajoute le "celtic interconnector", un projet bien engagé de liaison électrique par câble sous-marin entre l'Irlande et le Finistère. Sans compter la production locale d'énergie renouvelable en constante augmentation et les projets d'éoliennes offshore en voie de finalisation. Une évidence s'impose : cette centrale électrique à gaz fossile serait à la fois polluante, coûteuse et totalement inutile.

 

 

Du local au global.

 

 Depuis 2010, date de signature du "pacte", bien des choses ont changé en France et dans le Monde. Les rapports du GIEC sur l'urgence climatique se sont faits à la fois plus précis et plus alarmistes. Plus personne ne peut ignorer l'avenir qui menace la Planète. Les États sont poussés à réagir par leur opinion publique. La France, organisatrice de la COP 21 en 2015, s'est particulièrement illustrée en s'affichant devant le monde entier comme un phare dans la lutte contre le changement climatique. Cet engagement a été repris avec éclat sur le plan international par le président de la république, Emmanuel Macron. Celui-ci s'est engagé à ce que son "make our planet great again" passe en France par l'arrêt de la construction de toute nouvelle centrale thermique. Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, ayant même précisé "donc centrales à gaz". Tous ces éléments ne peuvent conduire qu'à une certitude : le projet de Landivisiau sera abandonné.

 

 

Est-ce cette évidence qui a incité Total à engager un coup de force ?

 

Du coup de force de Total à la répression policière.

 

Depuis juillet 2018, Direct Énergie a été rachetée par Total. La multinationale, qui peut annoncer un bénéficie de 13,6 milliards de dollars pour l'année, a décidé de concurrencer EDF et Engie (ex GDF) dans le domaine de l'électricité et du gaz. Le projet de Landivisiau est un beau coup à jouer. Les centrales électriques au gaz ont du plomb dans l'aile. Nombreuses sont celles qui sont déjà à l'arrêt. Siemens, le partenaire de Direct-Énergie dans l'opération, a commencé à licencier dans son secteur turbines électriques. Alstom, devenu General Electric, se prépare à le faire à son tour. Pour Total, pas de problème. L’état à travers les factures des consommateurs, s'est engagé à lui verser 40 millions d'euros par an pendant 20 ans. Même si la centrale ne devait jamais fournir d'électricité, en 10 ans son coût estimé à 400 millions d'euros serait remboursé. Les dix années restantes seraient tout bénéfice. Difficile de renoncer à ce pactole.

 

Mais il faut aller vite, les opposants ne lâchent rien. Ils ne manquent pas de rappeler la promesse de Emmanuel Macron de ne plus construire de centrale thermique et font valoir les 46 000 signatures sur la pétition pour l'arrêt du projet qui lui a été adressée. Alors que pendant 7 ans aucun travaux n'ont été entrepris, début janvier 2019 des engins de chantier arrivent sur le site et commencent à ravager tout ce qui peut y rester d'espace naturel. Les militantes et militants, qui ont fait le choix de l'action non violente, réussissent avec succès à retarder les travaux en se plaçant devant les tractopelles. Ceci jusqu'à ce qu'ils découvrent que pendant la nuit l'espace a été ceinturé d'un grillage et occupé par des vigiles. Cela ne les dissuade pas et ils maintiennent leur présence journalière à l'entrée du chantier.

 

 

Une manifestation est appelée pour le 23 février. Une colonne de plus de mille manifestants rejoint le site depuis Landivisiau. L'ambiance est bon enfant, beaucoup d'humour sur les pancartes et dans les costumes. Les barrières métalliques sont le signe fort de la provocation mise en scène par Total. Elles ne sont pas fixées au sol et ne demandent qu'à être renversées. Bientôt plusieurs centaines de manifestantes et de manifestants réoccupent le site et y improvisent quelques danses bretonnes avant de rejoindre le centre ville dans le calme. Ce qui n'empêche pas les gendarmes de tenter d'appréhender un manifestant bien pacifique en fin de manifestation.

 

 

Une chasse à l'opposant était en effet à leur programme. En arrivant sur les lieux le vendredi 25 janvier pour entraver les travaux, la poignée de militants présents avaient été accueillis par des forces de gendarmerie qui leur remettaient une missive de la part du procureur de la république de Brest.

 

A en croire le procureur, la région de Landivisiau était menacée d'actes qui nécessitaient des mesures relevant au minimum de "l'urgence attentat", le niveau 3 du plan Vigipirate. Le procureur invitait donc les forces de gendarmerie à des contrôles d'identité, des visites de véhicules, des inspections visuelles et des fouilles de bagages, afin, précisait-il "de rechercher les personnes susceptibles de commettre les infractions suivantes":

 

  1. actes de terrorisme.

  2. Infraction en matière de prolifération d'armes de destruction massive...

  3. infraction en matière d'armes...

  4. infraction en matière d'explosifs...

  5. infraction de vol

  6. infraction de recel

  7. faits de trafic de stupéfiants

 

La loi anticasseurs suscitée en réponse à la mobilisation des gilets jaunes était alors en débat à l'Assemblée. Manifestement elle avait inspiré le procureur ! Dès lors, carte blanche était donnée aux forces de gendarmerie pour un harcèlement bien ciblé des opposants. Ils étaient des centaines à avoir occupé le terrain après le renversement des grilles le 23 février mais les gendarmes ont sélectionné quelques prétendus "auteurs des faits" qui seront perquisitionnés à domicile et convoqués au commissariat. On inflige des PV pour klaxon abusif, pour distribution de tract sur la voie publique. On convoque au commissariat pour des prises ADN, ce qui donnera l'occasion d'inculper ceux qui les refusent. La visite sur le site de Damien Carême, maire de Grande-Synthe et candidat aux européennes, est qualifiée de "manifestation non déclarée". Le président de l'association "Force 5" qui porte le dossier judiciaire de l'affaire est sur place car invité par le candidat. Il est désigné par les gendarmes comme l'organisateur du rassemblement et inculpé. Ce n'est qu'un début. Présent dans un groupe pratiquant un "sit-in" à l'entrée du site, il est arraché du groupe, menotté et gardé plusieurs heures en gendarmerie. Début juillet, ils était parmi les 21 convoqués au tribunal à Brest pour un procès finalement reporté à novembre.

 

 

Et pendant ce temps la propagande continue. En Bretagne le Conseil Régional annonce sa COP 21 locale. Ce sera la "Breizh COP". Thème de sa réunion de clôture : "La Bretagne s'engage pour le climat". Naturellement les associations écologistes rappellent à Loïg chesnais-Girard, le président de la Région, que pour la moment il s'engage, avec Total, à financer la destruction du dit climat. Peine perdue, le successeur de Jean-Yves le Drian n'ira pas s'opposer à la marotte de son mentor. Les futures régionales sont déjà dans le collimateur et celui-ci est pour le moment très présent dans la région, occupé à débaucher ses ex amis socialistes pour les amener dans le giron macroniste aux prochaines élections.

 

Sur le terrain, les opposants historiques sont maintenant rejoints par toute une jeunesse qui a répondu, en particulier, à l'appel de Greta Thunberg, cette jeune suédoise qui fait grincer les dents des climato-sceptiques de tout poil. Collégiens, lycéens, étudiants formaient la base des 4000 participants de la marche du climat à Brest le 15 mars 2019. Plusieurs d'entre eux seront ensuite parmi les organisateurs des rassemblements à Landivisiau. Quelle est leur motivation ? Le dérèglement climatique n'est plus, pour eux, une hypothèse à long terme. Ils en constatent chaque jour les effets. Ils mesurent les défis qui les attendent. Le mensonge les révolte. Celui de ces dirigeants économiques, de ces responsables politiques, qui agissent dans le sens inverse de leurs tonitruantes déclarations. Si au moins ils se taisaient !

C'est une nouvelle génération qui s'emploie, dans une action de résistance non violente, à rompre l'omerta qui pèse sur le projet. On ne compte plus les mémoires et les lettres adressées à ce tout ce qui compte dans la sphère politico-médiatique. Combien d'appels au secours restés sans réponse vers les scientifiques qui régulièrement se font lanceurs d'alertes(*). Faudra-t-il attendre que la centrale soit construite et que les premiers chèques soient encaissés par Total pour que le scandale leur saute aux yeux ?

 

Personne ici n'imagine que l'affaire puisse se terminer ainsi et qu'un jour Jean Yves le Drian vienne, à Landivisiau, inaugurer en grandes pompes la dernière des centrales thermiques à énergies fossiles construite en France.

 

 

(*) 20 février 2020, 1000 scientifiques appellent à la désobéissance civile, seront-ils enfin entendus ?

 

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Qui pourrait s'en étonner ?

 

Des ventes d'armes au pétrole, il n'y a qu'un pas.

 

Jean-Claude Mallet, conseiller spécial du chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, et son plus proche collaborateur, a rejoint lundi 3 juin le géant pétrolier français Total après 43 années au service de l'Etat comme spécialiste des questions stratégiques et de défense. "Jean-Claude Mallet est arrivé aujourd'hui chez Total en tant que directeur des Affaires publiques", a annoncé un porte-parole de la compagnie à l'AFP.

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28 mai 2020 4 28 /05 /mai /2020 12:43

Notre collectif AIR-SANTE-CLIMAT composé de médecins, de chercheurs et de responsables associatifs a pour objectif d’alerter sur l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé et de proposer des solutions pour améliorer la qualité́ de l’air.  Notre combat est celui de la vérité scientifique.

Cette tribune a été adressée à tous les Préfets et aux Ministères de l’Intérieur, de la Santé, de l’Agriculture, de la Transition écologique et au Premier Ministre.

https://www.asef-asso.fr/actualite/tribune-du-collectif-air-sante-climat-la-pollution-de-lair-comme-vecteur-du-covid-19/

Dans le contexte sanitaire lié à l’épidémie Covid-19 que nous traversons, notre collectif AIR-SANTE-CLIMAT se doit de vous alerter rapidement sur la nécessité  de  limiter drastiquement  les épandages agricoles  afin de tout mettre en œuvre pour limiter la propagation du virus.

La pollution de l’air, en plus de fragiliser notre système immunitaire et de nous rendre plus sensibles aux infections notamment virales,permet également une meilleure diffusion et donc une meilleure transmission des agents pathogènes tels que le coronavirus

Cela est connu depuis longtemps pour le SARS et les virus de la bronchiolite mais a également été récemment démontré pour le coronavirus en Italie avec davantage de transmission et de propagation du virus en fonction des taux de particules fines. Les particules fines servent donc de vecteur, de transporteur au virus qui se déplace d’autant plus facilement lorsque l’air est chargé de particules fines. 

Fort heureusement les mesures de confinement font coup double à la fois en limitant le risque de transmission entre les individus mais également en diminuant la pollution notamment aux particules fines du trafic routier et ainsi les effets sanitaires associés.

Néanmoins, comme on le voit actuellement dans de nombreux départements français le printemps est la période d’épandage agricole, grand pourvoyeur de particules fines.

En effet, lors des épandages, le gaz ammoniac (NH3) va, en passant dans l’atmosphère, réagir avec les oxyde d’azote (NOx) pour former des particules de nitrate d’ammonium et de sulfate d’ammonium

Tous les ans, à la même période, les épandages agricoles sont responsables de pics de pollution printaniers durant les mois de mars à mai

Ces particules printanières sont, de par leur composition, moins toxiques que des particules de combustion issues par exemple du trafic routier néanmoins elles vont également servir de vecteur de transmission au virus.

Ces particules peuvent voyager sur plusieurs kilomètres et donc transporter également le virus sur de longues distances!

On ne choisit pas l’air que l’on respire, et il est possible dans chaque département de protéger les populations de ce risque supplémentaire de contamination au Covid-19 en limitant drastiquement les épandages agricoles, et en imposant des alternatives moins émettrices de NH3 dans l’air (technique d’enfouissement de l’engrais).

 

Professeur Isabella Annesi-Maesano, Directrice de recherche INSERM  / Directrice d’équipe labellisée INSERM et Sorbonne Université EPAR ; 

Docteur Mallory Guyon, Collectif Environnement Santé 74 ;

Docteur Thomas Bourdrel, Collectif Strasbourg Respire 

Docteur Gilles Dixsaut, Fondation du souffle contre les maladies respiratoires 

Docteur Pierre Souvet, Association Santé Environnement France (ASEF) ;

Docteur Jean-Baptiste Renard, Directeur de recherche LPC2E-CNRS 

Guillaume Muller, association Val-de-Marne en Transition.

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13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 08:54

https://youtu.be/w3qbkV-SdxQ

Nous y voilà, nous y sommes.

Depuis cinquante ans que cette tourmente menace dans les hauts-fourneaux de l’incurie de l’humanité, nous y sommes. Dans le mur, au bord du gouffre, comme seul l’homme sait le faire avec brio, qui ne perçoit la réalité que lorsqu’elle lui fait mal. Telle notre bonne vieille cigale à qui nous prêtons nos qualités d’insouciance. Nous avons chanté, dansé.

Quand je dis « nous », entendons un quart de l’humanité tandis que le reste était à la peine. Nous avons construit la vie meilleure, nous avons jeté nos pesticides à l’eau, nos fumées dans l’air, nous avons conduit trois voitures, nous avons vidé les mines, nous avons mangé des fraises du bout monde, nous avons voyagé en tous sens, nous avons éclairé les nuits, nous avons chaussé des tennis qui clignotent quand on marche, nous avons grossi, nous avons mouillé le désert, acidifié la pluie, créé des clones, franchement on peut dire qu’on s’est bien amusés.

On a réussi des trucs carrément épatants, très difficiles, comme faire fondre la banquise, glisser des bestioles génétiquement modifiées sous la terre, déplacer le Gulf Stream, détruire un tiers des espèces vivantes, faire péter l’atome, enfoncer des déchets radioactifs dans le sol, ni vu ni connu. Franchement on s’est marrés. Franchement on a bien profité. Et on aimerait bien continuer, tant il va de soi qu’il est plus rigolo de sauter dans un avion avec des tennis lumineuses que de biner des pommes de terre.Certes.

Mais nous y sommes. A la Troisième Révolution.

Qui a ceci de très différent des deux premières (la Révolution néolithique et la Révolution industrielle, pour mémoire) qu’on ne l’a pas choisie. « On est obligés de la faire, la Troisième Révolution ? » demanderont quelques esprits réticents et chagrins. Oui. On n’a pas le choix, elle a déjà commencé, elle ne nous a pas demandé notre avis. C’est la mère Nature qui l’a décidé, après nous avoir aimablement laissés jouer avec elle depuis des décennies.La mère Nature, épuisée, souillée, exsangue, nous ferme les robinets. De pétrole, de gaz, d’uranium, d’air, d’eau.

Son ultimatum est clair et sans pitié : Sauvez-moi, ou crevez avec moi (à l’exception des fourmis et des araignées qui nous survivront, car très résistantes, et d’ailleurs peu portées sur la danse).

Sauvez-moi, ou crevez avec moi.

Evidemment, dit comme ça, on comprend qu’on n’a pas le choix, on s’exécute illico et, même, si on a le temps, on s’excuse, affolés et honteux. D’aucuns, un brin rêveurs, tentent d’obtenir un délai, de s’amuser encore avec la croissance. Peine perdue.

Il y a du boulot, plus que l’humanité n’en eut jamais.

Nettoyer le ciel, laver l’eau, décrasser la terre, abandonner sa voiture, figer le nucléaire, ramasser les ours blancs, éteindre en partant, veiller à la paix, contenir l’avidité, trouver des fraises à côté de chez soi, ne pas sortir la nuit pour les cueillir toutes, en laisser au voisin, relancer la marine à voile, laisser le charbon là où il est –attention, ne nous laissons pas tenter, laissons ce charbon tranquille- récupérer le crottin, pisser dans les champs (pour le phosphore, on n’en a plus, on a tout pris dans les mines, on s’est quand même bien marrés). S’efforcer. Réfléchir, même. Et, sans vouloir offenser avec un terme tombé en désuétude, être solidaire. Avec le voisin, avec l’Europe, avec le monde.

Colossal programme que celui de la Troisième Révolution. Pas d’échappatoire, allons-y. Encore qu’il faut noter que récupérer du crottin, et tous ceux qui l’ont fait le savent, est une activité foncièrement satisfaisante. Qui n’empêche en rien de danser le soir venu, ce n’est pas incompatible. A condition que la paix soit là, à condition que nous contenions le retour de la barbarie –une autre des grandes spécialités de l’homme, sa plus aboutie peut-être. A ce prix, nous réussirons la Troisième révolution.

A ce prix nous danserons, autrement sans doute, mais nous danserons encore.

Fred Vargas

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9 avril 2020 4 09 /04 /avril /2020 14:37
 

© Étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes

 

Les étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes analysent, dans une web-série, les impacts du changement climatique en Bretagne. Au centre des préoccupations: le probable manque d’eau. Sécheresse, pollution... L'inquiétude enfle à mesure que le climat se réchauffe.

Par les étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes (avec T.P.)


Avec sa réputation de région pluvieuse, difficile d’imaginer que la Bretagne pourrait se retrouver à court d’eau d’ici à 2040. Pourtant, le réchauffement climatique s’accompagnera de son lot de sécheresses, fortes pluies et montée du niveau de la mer. Ces phénomènes auront pour conséquence la mise en péril des réserves d’eau de la région.

Les Bretons auront-ils assez d’eau en 2040 ? La réponse dans « En quête d’eau », une web-série de quatre épisodes réalisée par les étudiants en journalisme de Sciences Po Rennes.

 

Les réserves d'eau potable menacées


Le premier épisode d’ « En quête d’eau » explique les phénomènes qui toucheront la Bretagne dans quelques années.

" Il y a fort à parier qu’à l’avenir, dans les années 2040-2050, on soit en situation de sécheresse tous les deux ou trois ans " , alerte le météorologue Franck Baraer.

Cette hausse des températures aura un impact direct sur nos cours d’eau, qui verront leur taux d’évaporation augmenter de façon non négligeable. Pour la Bretagne, cela pourrait être désastreux, car la région tire 75 % de son eau potable à partir des cours d’eau, rivières et retenues, appelées « eaux de surface ». Si rien n'est fait pour trouver de nouvelles sources d'eau, nos réserves diminueront.

 



Des besoins en eau accrus


Le deuxième épisode aborde la question de la ressource. Avec une activité économique plus importante et des Bretons plus nombreux dans les années à venir, la demande va grimper. Si la tendance se poursuit, la Bretagne aura besoin de 320 millions de mètres cubes d’eau annuels en 2040, contre 284 millions en 2017.

Dans le même temps, à cause du changement climatique, la quantité d’eau disponible en Bretagne sera, elle, sur une tendance à la baisse. Pour gérer ce décalage, chacun devra y mette du sien, de l’initiative locale aux changements globaux :

" Tout le monde est concerné, explique Jean Jouzel, climatologue et ancien vice-président du Giec. Il n'y a pas un seul secteur d'activité qui puisse se dire 'Le réchauffement climatique n'est pas mon affaire' ", prévient-il.
 



La Bretagne en quête de cours d'eau de qualité


Cette ressource en eau potable menacée par les sécheresses, il va en outre falloir se la partager entre de plus en plus d’habitants… Le constat dressé dans les deux premiers épisodes d’ « En quête d’eau » est sans appel : la gestion de l’eau sera un enjeu central en Bretagne dans les années à venir face aux effets du réchauffement climatique. Pourtant, ce dernier n’est pas le seul à mettre en péril notre approvisionnement.

Ce troisième épisode nous place face à un constat inquiétant : en Bretagne, près de 60 % des cours d’eau et rivières sont en mauvais état écologique ou chimique. Et la dépollution de ces cours d’eau demande du temps.

" À l’échelle de la Bretagne, on n’y arrivera pas, on part de trop bas. "

Thierry Burlot, vice-président de la région Bretagne, est catégorique : dépolluer la totalité des rivières bretonnes avant 2027, comme l’impose la directive-cadre européenne sur l’eau, sera impossible.
 



Des pratiques agricoles à repenser


Parmi les substances présentes dans les cours d'eaux bretons, on retrouve notamment des produits issus des activités agricoles : nitrates, phosphore, résidus de pesticides... Selon les associations de protection de l’environnement, la préservation des rivières dans lesquelles la Bretagne puise son eau potable doit passer par un changement des pratiques de l’agriculture conventionnelle. Mais pour beaucoup d’agriculteurs, une inflexion brutale de leurs modes de production est difficilement envisageable.

" C’est d’autant plus injuste de simplement pointer du doigt les agriculteurs que ça correspond à des choix politiques et économiques " , nuance Yannick Nadesan, président de la Collectivité Eau du Bassin Rennais.

Pour savoir quels changements sont possibles, et qui doit les impulser, rendez-vous dans le dernier épisode de la web-série « En quête d’eau ».
 


Cette web-série s'insère dans une grande enquête sur l’impact du réchauffement climatique en Bretagne à l'horizon 2040.

« +1,5°C », la Bretagne dans l'urgence climatique

+1,5°C à la surface de la terre à l’horizon 2040. Ce degré supplémentaire pourrait bien changer notre mode de vie.

Nous sommes quatorze étudiant·e·s en journalisme à Sciences Po Rennes et, pendant trois mois, nous avons mené l’enquête. Nous avons sillonné la Bretagne, de Guipry-Messac à Brest, de l’Île-Tudy à Saint-Malo, nous vous avons rencontré·e·s pour comprendre comment l’on vit l’impact du réchauffement climatique aujourd’hui, et comment on le vivra demain.

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2 avril 2020 4 02 /04 /avril /2020 13:57

Dominique Agniel nous fait le cadeau de proposer son film en lecture libre pendant cette période de confinement coronavirus.

https://www.youtube.com/watch?v=38OjYPAXxL8

 

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9 février 2020 7 09 /02 /février /2020 09:57

J’avais trente ans et je n’ai rien oublié nous dit le journaliste Théo Le Diouron dans un article de Ouest-France.

cliquer sur les images pour agrandir

 

 

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 13:00

Par Gérard Borvon

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Lors de la COP 21 le public à retenu le nom de plusieurs intervenants à juste titre médiatisés. On a peu parlé de celui qui a été véritablement le pionnier de la prise de conscience des causes du dérèglement climatique : Claude Lorius.

 

"On recherche jeunes chercheurs pour participer aux campagnes organisées pour l’Année géophysique internationale".

 

C'est cette annonce, lue un jour de 1955 sur les murs de la Faculté de Besançon, qui allait fixer son goût pour le Grand Sud, nous renseigne sa biographie sur le site du CNRS.

 

C'est lui qui a le premier l'idée d'étudier l'évolution du climat en analysant les bulles d'air enfermées dans des carottes de glace.

 

En 2015, un film lui est consacré par Luc Jacquet dont le journal du CNRS rend compte. Son titre : 'La glace et le ciel".

 

 

Voir la vidéo.

 

 

Nous invitons chacune et chacun à consulter ces sites ainsi que celui de Claude Lorius lui-même.

 

Nous en retiendrons cette parole d'un scientifique engagé :

 

"Il est urgent de répondre à l’alerte lancée, il y a trente ans, en déchiffrant l’histoire de notre environnement dans les glaces de l’Antarctique : l’Homme est devenu un acteur majeur dans l’évolution du climat, liée à la hausse incontrôlée des émissions de gaz à effet de serre détériorant les conditions de vie sur notre planète. Agissons dès maintenant tous ensemble pour relever ce défi.


Pour rendre vivable notre planète, les actions à entreprendre au niveau international sont nombreuses tout comme les choix à faire : par exemple privilégier les sources d’énergies peu polluantes, une agriculture plus respectueuse de l’environnement, des transports avec le train qui remplace la voiture.


Et puis il y a des nécessités plus ambitieuses : réduire les inégalités et pourvoir aux besoins des plus pauvres, faire que tous aient accès à l’éducation mais aussi que chacun d’entre nous s’engage.


Et moi, comme vous, qu’allons-nous faire ?"

 

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En janvier 2011, Claude Lorius était l'invité de Ruth Stégassy sur Terre à Terre.

Après de la publication de son livre : Voyage dans l'anthropocène.

 

Un livre sans concession, à lire absolument.

 

 

Un mot :

Crépuscule : lueur atmosphérique due à la diffusion de la lumière solaire lorsque le soleil vient de se coucher ( crépuscule du soir) ou va se lever (crépuscule du matin). Larousse.

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