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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 13:32

Gérard Borvon

 

Les délégués des Etats de l'ONU, réunis à Incheon en Corée du Sud à partir du lundi 1er octobre 2018, ont eu à se pencher sur le dernier rapport des scientifiques du GIEC consacré à la montée des dérèglements climatiques et au retard pris pour les contrer.

 

On se souvient qu'à la COP21 à Paris, fin 2015, un objectif de 1,5°C avait été arraché en dernière minute par les états les plus vulnérables. L’ONU avait donc chargé le groupe des experts du Giec de produire un rapport sur cet objectif. "Il y a trois ans il n’y avait pas beaucoup de littérature scientifique sur un réchauffement à 1,5°C "devait expliquer Jim Skea, professeur à l’Imperial College de Londres et coprésident du Giec. Le manque avait été comblé et le texte, soumis à l'approbation des délégués en 2018, avait été élaboré à partir de 6.000 études scientifiques.

 

Il en résultait un rapport de 400 pages qui constatait un impact important dès une augmentation de 1,5°C de réchauffement. Le risque d'inondations fluviales pourrait augmenter de 100 % (le double de la fréquence actuelle). 46 millions de personnes seraient menacées par l'élévation du niveau de la mer qui pourrait atteindre 48cm en 2100. Avec un demi-degré de plus, deux fois plus d'hommes, de femmes et d'enfants seraient privés d'eau, y compris en Europe. De nouvelles sécheresses toucheraient environ 60 millions de personnes supplémentaires dans le monde. L'élévation de la température alliée à l'humidité de l'air rendrait invivables de larges régions de la Planète.

 

Et tout cela est peut-être pour demain.

 

L'augmentation de la température est déjà de 1°C et augmente de 0,2°C par décennie. Stabiliser à 1,5°C est donc une exigence. Pour autant, est-il encore faisable de rester à 1,5°C alors que 2017 a vu les émissions mondiales repartir à la hausse ? Cela signifierait que notre consommation d’énergie finale devra être réduite de 40% au niveau mondial. L’agriculture devrait réduire de moitié ses émissions de méthane (élevage et riziculture) et des deux tiers ses rejets de protoxyde d’azote (engrais azotés). Réaliste ? "On ne donne pas de réponse simple", prévient la climatologue Valérie Masson-Delmotte, qui a co-présidé cette session. Mais ajoute-t-elle, "on est maintenant à la croisée des chemins. Regarder 1,5 °C, c’est regarder ce qui va nous arriver, dans notre vie, pas à la génération suivante".

 

Stefan Aykut, sociologue de l'Université de Hambourg, remarque que, pour ne pas tuer l'espoir, les climatologues présentent leurs scénarios pour limiter les dégâts comme étant encore scientifiquement et techniquement faisables. Pourtant dit-il, "lorsqu'on regarde la vitesse avec laquelle les émissions doivent décroître pour maintenir le climat sous le seuil de 1,5°C, on voit que l'exercice est complètement déconnecté des réalités politiques et économiques du monde". Même constat chez le climatologue Hervé le Treut : "Si nous voulons encore stabiliser le réchauffement à 1,5 °C, nous devons immédiatement engager des efforts colossaux. Des efforts qui pourront ne pas plaire à tous les acteurs de nos sociétés".

 

Quand des scientifiques laissent parler leur cœur.

 

A l'évidence, ce dernier rapport a révélé aux scientifiques eux-mêmes l'étendue de la catastrophe prévisible. Pour ne pas décourager ou démobiliser ceux et celles qui leur font confiance, ils préfèrent taire les pensées et les émotions qu'ils ne peuvent refouler quand ils quittent leur laboratoire.

 

Plusieurs d'entre eux interrogés, par la chaîne "France Info", au moment où ils allaient publier leurs résultats, laissent pourtant parler le langage du cœur.

 

https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/video-on-a-l-impression-d-etre-annonciateur-de-mauvaises-nouvelles-des-climatologues-racontent-leur-quotidien_2956509.html

 

 

"C'est sans doute la période la plus difficile que j'ai vécue dans mon travail" constate Andrew Rosenberg, biologiste marin américain et directeur du Centre pour la science et la démocratie au sein de l'Union des scientifiques inquiets.

 

"On a l'impression d'être toujours annonciateurs de mauvaises nouvelles. En tant que citoyen, j'y crois plus trop en fait, je ne crois plus au fait qu'on va arriver à lutter contre le changement climatique et à éviter ce qu'on prédit", déplore Benjamin Sultan, directeur de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

 

"C'est quelque chose qui prend une place importante dans ma vie quotidienne. C'est quelque chose qui nous tourne dans la tête tout le temps" confie Valérie Masson-Demotte.

 

Tous déplorent un manque d'action de la part des pouvoirs publics.

 

"Depuis une trentaine d'années, rapport après rapport, les scientifiques montrent le changement climatique. A l'échelle globale, rien ne se passe", regrette Gilles Ramstein, directeur de recherche au CEA. "On n'a pas arrêté de lancer l'alerte ! Face à ça, il y a un manque d'action, d'ambition. Il y a une très grande frustration de voir qu'alors que l'on sait que le climat se dégrade, les décideurs et les citoyens n'agissent pas suffisamment", abonde Jean-Pascal Van Ypersele, professeur de climatologie belge et ancien vice-président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

 

"En tant que climatologue, on parle souvent des conséquences pour la fin du XXIe siècle et ça paraît loin. Finalement il y a peu de personnes qui s’intéressent ou qui veulent prendre des responsabilités sur un temps aussi long", explique Françoise Vimeux climatologue à l'IRD.

 

Cassandre.

 

"Nous nous approchons du bord du gouffre..."

 

Dans un discours prononcé au siège des Nations Unies à New York, en septembre 2018, António Guterres, le Secrétaire général de l’Organisation, adressait aux peuples du monde un discours d'une profonde sensibilité. "Chaque jour où nous ne parvenons pas à agir est un jour où nous rapprochons un peu plus du destin qu'aucun d'entre nous ne souhaite. Un destin qui résonnera à travers les générations dans les dommages causés à l'humanité et à la vie sur terre".

 

Incendies monstres, vagues de chaleur, tornades, inondations... "Le monde change sous nos yeux", nous rappelle-t-il. Le message s'adresse en particulier aux "policymakers" tel que l'ONU désigne les responsables politiques et dirigeants d’entreprises, tous ceux qui s'attribuent le titre de "décideurs" : "ce qui rend cela encore plus inquiétant, c'est que nous avons été prévenus. Les scientifiques nous le disent depuis des décennies. Encore et encore... Beaucoup trop de dirigeants refusent d'écouter."

 

Valérie Masson-Demotte, qui a co-présidé la cession du Giec d'octobre 2018 en Corée, lui répond comme en un écho :"Il y a un peu parfois l'impression d'observer une tragédie grecque. Vous savez ce qu'il va se produire et vous voyez les choses se produire"

 

Une tragédie grecque...

 

Cassandre, fille de Priam, roi de Troie, dont la beauté égalait celle d'Aphrodite, refusa les avances d'Apollon qui lui avait fait le don de prophétie. Vengeance indigne d'un dieu solaire, il la condamna à ce que personne ne la croie. Quand Troie fut assiégée, ses compatriotes refusèrent de l'entendre. Elle dut assister, impuissante, à la mort de ses proches et à la ruine de la ville.

 

"Pourquoi m’as-tu chargée de proclamer tes oracles avec une pensée clairvoyante dans une ville aveugle ? Pourquoi me fais-tu voir ce que je ne puis détourner de nous ? " lui fait dire Friedrich Schiller dans le poème qu'il lui dédie. 

 

Et maudissant le dieu qui l'a condamnée :"Rends-moi mon aveuglement ; rends-moi le bonheur de l’ignorance"

 

Les scientifiques du Giec, comme toutes celles et tous ceux qui s'engagent dans la lutte contre le dérèglement climatique, ne retrouveront plus jamais le "bonheur de l'ignorance". Il leur faudra résister au découragement, informer sans cesse, imaginer les bons gestes, saisir les dernières chances d'éviter le désastre. Et lutter contre l'aveuglement volontaire de celles et ceux qui, spéculateurs, dirigeants d'entreprises, lobbies divers et dirigeants politiques, tirent profit de cet emballement. 

 

Quelle sera la forme de cet affrontement ? Quelle en sera la conclusion ? Cassandre n'est plus là qui nous le dira.

 

 

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17 novembre 2019 7 17 /11 /novembre /2019 10:00

Il souhaitait nous quitter sur la scène, il y est presque arrivé. Et toujours, fidèle à Molière, derrière l'humour, un regard lucide sur la petitesse des "grands" du moment.  Ci-dessous, un de ses derniers messages.  

 

 

Jean Yves le Kergrist, ministre des affaires étranges

ex futur éternel président de la Région BZH, président des "Progressistes Bretons"

(ouaf ouaf ! je ne sais plus trop quoi inventer pour conserver mon fief !)

parrain de la mafia bretonne (dixit l'Emmanuel en me présentant au pape en juin 2018)

recordman international des marchands d'armes,

grand bandit de Britany ("li plou pitit, pipan pipan, marchait devant, pipan pipan !"),

mutant porçin adoubé produit à Locarn,

a annoncé à Planguenoual (22), le 14 septembre 2019 (cf photo ci-dessus),

de vigoureuses mesures destinées à contrer (par la com) le délicat problème des algues merdes.

"Beurtagne Beurtagne, cadeaux cadeaux !"

 

il était assisté de ses 2 grands experts scientifiques :

- Thierry le Burlesque, père fondateur de l'abbaye de Lantic, découvreur du célèbre "élixir de Lantic" à l'algue verte (très apprécié des riverains), et spécialiste des bulots.

-Christian Bison, conférencier agricole, spécialiste des bigorneaux, dévoreurs d'algues vertes.

(Eric Orsonna, valet de pied, serveur de potage socialo à l'algue verte, s'était excusé pour motif pécunier -cachet trop faible.)

En présence de Loïc Goret, conducteur honoraire de bétaillères à cochons du côté de Lamballe

 

Pour éclairer le contexte lire aussi : 

"Instrumentalisation d'un phénomène" 

Les algues vertes à l’assaut des plages.

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16 novembre 2019 6 16 /11 /novembre /2019 16:53

"je tiens à vous remercier pour cette rencontre, ancienne ou récente, éphémère ou profonde, tendre ou orageuse, avec vous.  “Rien ne se perd, tout se transforme”

 

Merci à toi Jean de nous quitter sur cette belle phrase et de nous laisser le souvenir de ces merveilleuses rencontres que tu as su faire naître autour de toi.

 

 

Voir aussi sur FR3 Bretagne.

Voir la vidéo

 

 

Eau et Rivières rend hommage à Jean Kergrist

Rengainez vos peurs et vos pleurs, cet envol se voudra joyeux…

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10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 11:04

Histoire à suivre…

 

 

 

 

" Qu'est-ce que l'électricité ? " Au bout de ce chemin la question a-t-elle trouvé sa réponse ?

 

L'histoire commence avec éclat quand Gilbert rencontre la propriété "magique" de l'ambre dans des matières aussi banales que le verre ou le soufre. Il franchissait ainsi les premières étapes de la construction d'une nouvelle branche du savoir : l'électricité.

 

Un nouveau pas est franchi quand la "vertu" électrique se concrétise sous la forme d'un "fluide" et quand Stephen Gray puis Dufay et Franklin établissent les notions de conducteur et d'isolant.

 

Un seul fluide comme le pensent Franklin et ses successeurs ? Deux fluides comme proposé par Dufay ? Il faudra plus d'un siècle et demi pour que l'existence de deux espèces d'électricité s'impose et que chacune trouve sa place respective dans l'atome : la négative dans les électrons, la positive dans les protons du noyau. Enfin un résultat stable !

 

Entre temps se sera posée la question de l'action externe de ce fluide. Gilbert avait sut établir la barrière entre magnétisme et électricité et voilà que ces deux propriétés se rejoignent dans les propriétés électromagnétiques des courants électriques.

 

Et à nouveau revient la question des actions à distance qui avait opposé "newtoniens" et "cartésiens" dans le domaine de la mécanique céleste. Les premiers acceptant une action sans contact matériel. Les seconds imaginant d'invisibles engrenages sous forme de "tourbillons" de cet "éther" mystérieux dont on emplira l'espace à chaque fois qu'on voudra en exclure le vide.

 

Newton et ses successeurs avaient su imposer leur schéma d'actions à distance. Coulomb avait appliqué le modèle avec succès dans le domaine de l'électrostatique. Ampère en avait fait de même dans celui des effets électromagnétiques des courants. L'affaire semblait entendue : les actions électromagnétiques sont des actions "a distance".

 

C'est alors que Faraday vient, à nouveau, peupler l'espace d'un "éther" structuré en lignes de "champ". C'est en coupant ces lignes de champ, dit-il, et non par une action à distance qu'un conducteur est le siège d'une force électromotrice.

 

Quand Maxwell aura établi l'équation de propagation, dans ces champs, d'ondes progressant à une vitesse égale à celle de la lumière, faisant du même coup de l'onde lumineuse un cas particulier d'onde électromagnétique, quand Hertz aura produit et étudié ces ondes, il ne sera plus possible de douter de leur existence et de celle des champs. Il existe donc alors deux entités bien définies : les charges électriques portées par les atomes d'un côté, les champs électriques issus de ces charges et portés par l'éther de l'autre.

 

Et pourtant à peine validées les ondes rencontrent un problème : l'éther n'existe pas. Or une onde demande un support. C'est le mouvement successif de chaque point de ce support à partir d'une source qui est le propre d'une onde. Les ondes lumineuses, les ondes hertziennes, n'auraient donc aucun support ? Comment alors parler encore d'ondes électromagnétiques ? Faut-il abandonner ce modèle ? Il décrit si bien la réalité observée qu'il faudra plutôt faire une entorse au "réalisme" et s'accommoder d'ondes sans support matériel même si l'intuition immédiate s'y refuse.

 

Même si les ondes électromagnétiques deviennent ainsi un être sans aucun lien autre que mathématique avec les phénomènes physiques dont elles portent le nom, l'électricité peuple encore deux univers séparés : celui de la matière où se trouvent et circulent les "charges" électriques, celui de l'espace vide qui est le domaine des champs et des ondes électromagnétiques.

 

 

Et voilà que Einstein, étudiant l'effet photoélectrique, revient à un modèle corpusculaire de l'onde lumineuse et que De Broglie imagine un modèle ondulatoire des corpuscules matériels. Voilà que les ondes lumineuses se matérialisent en photons pendant que les électrons se diluent en ondes. Voilà que, avec Heisenberg, naît un être nouveau, le quanta, objet insaisissable enfanté par les concepts d'onde et de matière et doué du don d'ubiquité. Voilà l'électricité réduite à un chiffre dans une matrice.

 

Et comment ne pas imaginer que, au moment où les quanta, à leur tour, sembleront avoir livré tous leurs secrets, d'autres questions apparaîtront qui obligeront à imaginer de nouveaux modèles et à explorer de nouveaux horizons encore plus étranges que les précédents.

 

Qu'en déduire ? Que, aussi spectaculaires que soient les applications de l'électricité, aussi prodigieuse que soit la façon dont elles ont transformé notre univers, l'histoire de la science électrique ne serait donc que celle d'une succession d'erreurs ?

 

Pourtant ces "erreurs" sont encore de solides vérités pour tous ceux dont l'électricité est le quotidien, qu'ils soient professionnels ou simples utilisateurs. On n'a pas trouvé mieux que les électrons pour expliquer ce qui se passe dans un circuit électrique ou électronique. Mieux que les ondes électromagnétiques pour décrire ce qui se transmet entre les multiples émetteurs et récepteurs qui peuplent notre quotidien. Dans les énormes accélérateurs dont se dotent les modernes physiciens, ce sont bien encore des particules qu'ils nous disent vouloir accélérer.

 

L'enseignement de l'électricité lui-même ne serait donc que l'enseignement d'erreurs successives ? A-t-on le droit, à travers les programmes d'enseignement, ou dans les revues de vulgarisation, de continuer à enseigner des modèles dépassés ?

 

D'autant plus que certaines de ces "erreurs" ont laissé des traces durables. Comment, sans faire passer la science électrique pour un bricolage approximatif, expliquer, par exemple, que le sens "conventionnel" du courant dans un conducteur est inverse de celui de déplacement des électrons. Ou encore qu'un ion négatif est une particule portant plus d'électricité que l'atome correspondant.

 

Comment ? En faisant appel à Dufay, à Franklin, à Symmer. En n'oubliant pas l'histoire dans l'enseignement des sciences et la diffusion de la culture scientifique.

 

Pas de science sans son histoire.

 

Seule l'histoire des sciences peut expliquer ces "cicatrices". Seule, aussi, elle est permet de combattre le dogmatisme qui guette tout enseignement scientifique.

 

Une loi physique n'est pas une vérité "révélée", c'est une création humaine. Connaître les tâtonnements, les réussites, les avancées et les doutes des hommes et des femmes qui s'y sont investis est aussi passionnant que d'apprendre à mettre en œuvre les lois et les méthodes qu'ils nous ont transmises.

 

Etudier les sciences à travers leur histoire, c'est leur donner une place, au côté de l'art ou de la littérature dans l'aventure culturelle de l'humanité. Rimbaud ne fait pas oublier Ronsard, Einstein ne doit pas faire oublier Newton. Lire un Mémoire de Dufay sur l'électricité, c'est établir une connivence, aussi forte que celle qui passe par l'émotion poétique ou artistique, avec un homme qui nous invite à partager sa passion. Lire une communication de Marie Curie à l'Académie des Sciences c'est, à la fois, vivre au jour le jour l'éclosion d'un nouveau et fantastique domaine scientifique, y compris dans ses moments de doute, mais aussi découvrir une femme qui réussit à imposer son énergie et son intelligence dans le milieu misogyne du monde scientifique de son époque.

 

Les sciences, à condition de ne pas occulter leur histoire, peuvent être le socle d'une culture qui franchisse les frontières. Les savoirs scientifiques, peut-être plus que d'autres, sont le résultat d'échanges permanents entre civilisations. La science "moderne" qui s'est développée dans l'espace européen, à partir du 17ème siècle, est aussi l'héritière des sciences nées en Chine, dans l'Inde ou dans le monde arabe. Le vocabulaire des sciences lui-même a emprunté à de multiples cultures. Aujourd'hui, enseignées et pratiquées dans les mêmes termes dans le monde entier, elles construisent un langage universel.

 

Ce n'est qu'un début, l'histoire continue.

 

L'électricité est une science récente. Elle donnera longtemps encore des raisons de s'émerveiller devant la complexité et la richesse du monde.

 

La résistance qu'elle offrira à la compréhension des chercheurs sera, pour eux, autant de défis à relever et d'occasions de développer leur intuition, leur intelligence et leur sensibilité. Nos successeurs des siècles à venir s'étonneront sans doute de la façon dont nous concevons ce qu'aujourd'hui nous appelons encore "électricité".

 

Puissent les quelques repères que nous avons voulu rassembler ici être utiles à nos contemporains pour comprendre le présent et à nos successeurs pour imaginer l'avenir.

 

 

 

 

 

 

 

 

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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 09:04

La Bretagne est malade, et, comme de nombreux indices le laissent à penser, le mal est contagieux. Avec 50% des captages dépassant les 50mg de nitrates par litre d’eau et le retour des algues vertes sur les plages chaque été, la cote d’alerte est largement dépassée.

Le "modèle" agricole breton se lit d’abord dans les statistiques. La Bretagne produit, aujourd’hui, sur 6% de la surface agricole française, 20% de sa production laitière, 40% de sa production de volaille, 60% de sa production porcine.

Une telle explosion ne pouvait se produire sans de profonds bouleversements.

Gérard Borvon, l’auteur du livre, alerte l’opinion publique pour que l’expérience bretonne soit utile à tous ceux qui sont menacés par le même problème. Pour aider aussi à résister à l’emprise des différents lobbies qui imposent leur stratégie de monopole et d’argent.

Dans le même temps, cet ouvrage aide à la prise de conscience d’un problème qui affecte l’ensemble de l’humanité. En effet, selon les experts réunis à l’initiative de l’ONU en février 1999 à Genève, les deux tiers de la planète pourraient rencontrer des problèmes d’approvisionnement et près d’un milliard de personnes pourraient être concernées par une crise majeure de l’eau à l’horizon 2025.

Publié en Octobre 2000, ce livre reste d'une évidente actualité.


SOMMAIRE

- 40 ans de ’"miracle" breton.

- Une brève histoire des nitrates.

- Nitrates : l’irrésistible ascension.

- Les nitrates et la santé.

- Des marées noires aux marées vertes.

- Du poison au robinet.

- Mais où sont les mythes d’antan ?

- Marchands, charlatans et gourous.

- Le lobby du cochon.

- La crise.

- Les esclaves de l’agro-alimentaire.

- La loi à l’Ouest.

- Un procès bien ordinaire.

- Les surprises de l’enquête publique.

- Les P.M.P.O.A une occasion manquée ?

- Prix de l’eau : des factures salées.

- L’eau ça peut rapporter gros.

- Le réveil.

- La relève paysanne.

- Comment va le monde ?

- Bibliographie.

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21 octobre 2019 1 21 /10 /octobre /2019 12:29

Sur la Terre au carré.

 

Réécouter

Alors que le G7 vient de se terminer à Biarritz, avec le climat et la biodiversité annoncés au cœur des discussions, Emmanuel Macron a assuré : "nous allons agir". Et ce n'est pas le premier à le dire...

En fait, si on remonte jusqu'à Pompidou, tous les présidents ont fait de grandes déclarations. Paroles, paroles ? D'Emmanuel Macron à Georges Pompidou en passant par les "jeunes" de Valéry Giscard d'Estaing, quelles sont les plus belles paroles des politiques sur l'environnement ?

 

Emmanuel Macron :

 

en 2019 : "Nous devons répondre à l'appel de l'océan et à l'appel de la forêt qui brûle, nous allons agir !"

 

en 2016 : "Make our planet great again."

 

François Hollande en 2015 :

"Le 12 décembre 2015 restera une grande date pourla planète. C'est la plus belle et la plus pacifique des révolutions qui vient d'être accomplie, la révolution pour le changement climatique. Vive les nations unies, vive la planète, vive la France."

 

Nicolas Sarkozy en 2008 :

 

"Aujourd'hui, on sait : ne rien faire ne serait rien d'autre que criminel au regard de l'avenir de la planète, quel que soit le continent."

"Le temps de l'action est venu : nous avons trop attendu, nous ne pouvons plus attendre. Ce que j'ai dit ce soir, nous le ferons."

 

Jacques Chirac :

en 2002 : "Nous devons aujourd'hui réagir : c'est vital."

en 2006 : "Il y a l'enjeu écologique et il y a l'enjeu immédiat."

 

François Mitterrand en 1989 :

 

"La détérioration de l'atmosphère est aujourd'hui certaine. Ses conséquences peuvent ruiner les possibilités même de la vie sur la planète."

 

Valéry Giscard d'Estaing en 1977 :

 

"La France va organiser à l'automne prochain les Assisses européennes de l'environnement. C'est un problème qui se pose à l'échelle de notre continent."

 

"Je crois qu'il y a dans les thèmes de l'écologie, un réservoir d'enthousiasme et d'action pour les jeunes et je compte en automne m'adresser à un grand rassemblement de jeunes sur le thème de l'écologie."

 

Et finalement Georges Pompidou au début des années 70 :

 

"Le problème c'est de travailler à faire qu'un bon environnement soit compatible avec le progrès. C'est ce que nous cherchons à faire en France. C'est pour cela en particulier que j'ai créé le ministère de l'Environnement. Mais nous ne réussirons qu'à l'échelle internationale."

 
 

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 09:03

Les manifestations physiques du changement climatique se multiplient et son impact socio‑économique s’accroît. Les concentrations record de gaz à effet de serre entraînent en effet à la hausse les températures mondiales qui atteignent des niveaux inquiétants, selon un rapport que vient de diffuser l’Organisation météorologique mondiale.

La Déclaration de l’OMM sur l’état du climat mondial, dont c’est la 25e édition, met en exergue la hausse record du niveau de la mer et les températures exceptionnellement élevées observées ces quatre dernières années à la surface des terres et des océans. Cette tendance au réchauffement ne s’est pas démentie depuis le début de ce siècle et devrait se poursuivre.

"Depuis qu’a été publiée la première Déclaration sur le climat, le savoir climatologique a atteint une rigueur sans précédent. On a pu mettre ainsi en évidence de manière irréfutable la hausse de la température moyenne et ses corollaires que sont, entre autres, l’élévation du niveau de la mer à un rythme accéléré, le recul de la banquise et des glaciers et des phénomènes extrêmes tels que les vagues de chaleur," a souligné le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas.

Ces indicateurs clefs du changement climatique sont de plus en plus révélateurs: la concentration de dioxyde de carbone, qui était de 357,0 parties par million (ppm) en 1993, première année faisant l’objet de la Déclaration sur le climat, ne cesse de croître, se chiffrant à 405,5 ppm en 2017. Pour 2018 et 2019, les valeurs devraient être encore plus hautes.

La Déclaration de l’OMM sur le climat bénéficie de la contribution des Services météorologiques et hydrologiques nationaux, d’un large éventail d’experts et de scientifiques ainsi que des organismes compétents des Nations Unies. Elle décrit les risques liés au climat et l’impact de ce dernier sur la santé humaine et les conditions de vie, les mouvements migratoires et les déplacements de populations, la sécurité alimentaire, l’environnement et les écosystèmes terrestres et marins. Enfin, elle répertorie les phénomènes extrêmes survenus dans le monde.

«Les phénomènes météorologiques extrêmes se sont poursuivis au début de 2019, comme en témoigne le cyclone tropical Idai qui a provoqué tout récemment des inondations dévastatrices et fait de très nombreuses victimes au Mozambique, au Zimbabwe et au Malawi. Ce pourrait bien être une des catastrophes d’origine météorologique les plus meurtrières qu’ait connues l’hémisphère austral», a déclaré M. Taalas.

«Idai a commencé par frapper la ville portuaire de Beira, au Mozambique, ville en pleine expansion située à faible altitude sur un littoral exposé aux ondes de tempête et subissant déjà les conséquences de la hausse du niveau de la mer. L’ampleur de la catastrophe démontre la nécessité d’agir à l’échelle internationale en faveur du développement durable, de l’adaptation au changement climatique et de la prévention des catastrophes», a ajouté M. Taalas.

L’année 2019 a débuté par une douceur record, en moyennes journalières, sur le continent européen, par un froid exceptionnel en Amérique du Nord et des vagues de chaleur extrême en Australie. Quant à l’étendue de la banquise arctique et antarctique, elle est une fois encore bien inférieure à la normale.

D’après le dernier bulletin saisonnier de l’OMM sur le climat (période mars–mai), l’anomalie positive affichée par les températures de surface de la mer, en raison notamment d’un épisode El Niño de faible intensité dans le Pacifique, devrait se traduire par des températures supérieures à la normale à la surface des terres, en particulier sous les tropiques.

Sommet sur le climat

La Déclaration de l’OMM sur l’état du climat mondial sera rendue publique à l’occasion d’une conférence de presse conjointe qui sera organisée au Siège de l’ONU, à New York, et à laquelle participeront le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, António Guterres, la Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, María Fernanda Espinosa Garcés et le Secrétaire général de l’OMM, Petteri Taalas. Cette conférence de presse coïncide avec une réunion de haut niveau sur «le climat et le développement durable pour tous».

«Les données divulguées dans le présent rapport sont très inquiétantes. Les quatre dernières années sont les plus chaudes jamais répertoriées, et la température moyenne à la surface du globe en 2018 était supérieure d’environ 1 °C aux valeurs préindustrielles», a indiqué M. Guterres dans l’introduction à la déclaration.

«Ces données confirment qu’il est urgent d’agir pour le climat, comme l’a souligné récemment le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) dans son rapport spécial sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C. Le GIEC fait valoir que pour limiter à 1,5 °C le réchauffement du climat, il faudra procéder à des transitions rapides et de grande envergure dans les domaines de l’aménagement du territoire, de l’énergie, de l’industrie, du bâtiment, du transport et de l’urbanisme; les émissions mondiales nettes de dioxyde de carbone (CO2) d’origine anthropique devront être réduites d’environ 45 % par rapport aux niveaux de 2010 d’ici à 2030, et il faudra atteindre un «bilan nul» des émissions aux alentours de 2050».

«Il n’est plus temps de tergiverser», a-t-il ajouté, après avoir précisé qu’il convoquerait le 23 septembre 2019 un sommet sur le climat au niveau des chefs d’État. La Déclaration sur le climat fera partie de la contribution de l’OMM à ce sommet, dont M. Taalas présidera le Groupe consultatif scientifique.

En ma qualité de Présidente de l’Assemblée générale des Nations Unies, j’ai particulièrement à cœur de souligner les répercussions du changement climatique sur notre aptitude à réaliser les objectifs de développement durable, ainsi que la nécessité de considérer dans leur totalité les conséquences socio-économiques des conditions météorologiques extrêmes, qui frappent de plus en plus durement les pays du monde entier. Ce rapport très actuel représente une précieuse contribution aux efforts que nous déployons pour attirer l’attention de la communauté internationale sur cette problématique," a déclaré Mme Espinosa Garcés.

Points saillants de la Déclaration de l’OMM sur l’état du climat mondial en 2018

Incidences du climat (d’après les informations fournies par les organisations partenaires du système des Nations Unies)

Dangers naturels: En 2018, la plupart des dangers naturels, dont ont été victimes près de 62 millions de personnes, étaient liés à des extrêmes météorologiques et climatiques. Comme par le passé, ce sont les inondations qui ont touché le plus de personnes – plus de 35 millions – selon une analyse portant sur 281 phénomènes répertoriés par le Centre de recherche sur l’épidémiologie des désastres (CRED) et le Bureau des Nations Unies pour la prévention des catastrophes.

Les ouragans Florence et Michael font partie des 14 catastrophes ayant entraîné des milliards de dollars de pertes aux États-Unis d’Amérique en 2018. Ils ont causé des dégâts qui se chiffrent à 49 milliards de dollars de dégâts et entraîné la mort de plus de 100 personnes. Quant au super typhonMangkhut, il a touché plus de 2,4 millions de personnes et fait au moins 134 victimes, surtout aux Philippines.

Plus de 1600 décès ont été liés aux vagues de chaleur intense et aux incendies de forêt qui ont frappé l’Europe, le Japon et les États-Unis, les dommages matériels avoisinant le chiffre record de 24 milliards de dollars dans ce dernier pays. En Inde, l’État du Kerala n’avait pas connu de pluies aussi abondantes et d’inondations aussi dévastatrices depuis presque un siècle.

Sécurité alimentaire: L’exposition du secteur agricole aux extrêmes climatiques menace de compromettre les progrès réalisés dans la lutte contre la malnutrition. Il s’avère que la faim dans le monde, qui avait reculé durablement, est repartie à la hausse, selon les données récentes recueillies par plusieurs organismes des Nations Unies, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Programme alimentaire mondial (PAM). En 2017, selon les estimations, le nombre de personnes sous-alimentées avait augmenté, atteignant 821 millions, notamment à cause des graves sécheresses liées au puissant Niño de 2015/16.

Déplacements de populations: Sur les 17,7 millions de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays recensées par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 2 millions l’étaient en raison de catastrophes liées à des phénomènes météorologiques et climatiques (situation en septembre 2018). La sécheresse, les inondations et les tempêtes (y compris les ouragans et les cyclones) sont les phénomènes qui ont entraîné le plus grand nombre de déplacements liés à des catastrophes en 2018. Dans tous les cas, les populations déplacées ont besoin de protection et sont vulnérables.

Selon le Réseau pour la surveillance des retours et des dispositifs de protection du Haut‑Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), quelque 883 000 nouveaux déplacements internes ont été enregistrés entre janvier et décembre 2018, dont 32 % étaient causés par des inondations et 29 % par la sécheresse. 

Chaleur, qualité de l’air et santé: Il existe de nombreuses interconnexions entre le climat et la qualité de l’air qui sont exacerbées par le changement climatique. On estime que le nombre de personnes exposées aux vagues de chaleur a augmenté d’environ 125 millions entre 2000 et 2016, la durée moyenne des vagues de chaleur s’étant allongée de 0,37 jour par rapport à la période 1986–2008, d’après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ces tendances sont autant de signaux d’alerte pour le secteur de la santé publique, dans la mesure où l’intensité, la fréquence et la durée des épisodes de chaleur extrême devraient continuer d’augmenter.

Conséquences pour l’environnement: On mentionnera le blanchissement des coraux et la diminution de la teneur en oxygène de l’océan, la disparition du «carbone bleu» associé aux écosystèmes côtiers comme les mangroves, les herbiers et les marais salés, et la perturbation d’écosystèmes très divers. Le réchauffement du climat devrait contribuer à la diminution de l’oxygène qui est observée en haute mer et dans les eaux côtières, y compris dans les estuaires et les mers semi-fermées. Depuis le milieu du siècle dernier, la teneur en oxygène de l’océan à l’échelle du globe aurait baissé de 1 à 2 % d’après les estimations de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO.

Le changement climatique est devenu une grave menace pour les écosystèmes des tourbières, car il exacerbe les effets du drainage et accroît le risque d’incendie, d’après le Programme des Nations Unies pour l’environnement. Les tourbières sont importantes pour les sociétés humaines du monde entier. Elles contribuent considérablement à l’atténuation du changement climatique et au processus d’adaptation grâce à la fixation et au stockage du carbone, au maintien de la biodiversité, à la régulation du flux hydrologique et de la qualité de l’eau, et à la fourniture d’autres services écosystémiques offrant des moyens de subsistance.

Indicateurs climatiques

Sea-ice cover for sept 2018

Contenu thermique de l’océan: Ce dernier a atteint de nouveaux pics en 2018 entre 0 et 700 m de profondeur (relevés remontant à 1955) et entre 0 et 2 000 m (relevés remontant à 2005), pulvérisant les records de 2017. Les océans absorbent plus de 90 % de l’énergie piégée par les gaz à effet de serre, et leur contenu thermique traduit directement cette accumulation d’énergie dans les couches marines supérieures.

Niveau de la mer: La hausse du niveau de la mer s’est poursuivie à un rythme accéléré. En 2018, le niveau moyen de la mer dépassait de quelque 3,7 mm celui de 2017 et c’était le plus haut jamais constaté. Entre janvier 1993 et décembre 2018, le rythme annuel moyen d’élévation du niveau de la mer était de 3,15 ± 0,3 mm, l’accélération étant estimée à 0,1 mm/an2. Le rythme accru de perte de masse glaciaire des inlandsis est la cause principale de l’accélération de la hausse du niveau moyen de la mer ainsi qu’il ressort des données altimétriques transmises par satellite, d’après le Groupe sur le bilan du niveau de la mer relevant du Programme mondial de recherche sur le climat.

Acidification des océans: Ces dix dernières années, les océans ont absorbé environ 30 % des émissions anthropiques de CO2. Le CO2 absorbé réagit avec l’eau de mer et modifie le pH de l’océan. Ce processus d’acidification peut influer sur l’aptitude des organismes marins, comme les mollusques et les coraux constructeurs de récifs, à fabriquer et maintenir de la coquille et du squelette. Les observations faites en haute mer ces 30 dernières années ont clairement mis en évidence la diminution du pH. Comme l’annonçaient déjà un certain nombre de rapports et de projections, le processus d’acidification des océans se poursuit, le pH de l’océan mondial continuant de baisser, d’après la COI de l’UNESCO.

Glaces de mer: L’étendue de la banquise arctique a été bien inférieure à la normale tout au long de 2018, affichant des records à la baisse en janvier et février. Le maximum annuel a été observé à la mi-mars et la superficie moyenne pour ce mois figure au troisième rang des plus faibles qui aient été constatées pour un mois de mars depuis 1979, lorsqu’ont débuté les observations par satellite. L’étendue moyenne de la banquise arctique en septembre se classe au sixième rang des plus faibles jamais observées pour un mois de septembre, et les 12 moyennes de septembre les plus faibles sont toutes postérieures à 2006. À la fin de 2018 l’étendue des glaces de mer, en moyenne journalière, était proche des plus faibles jamais observées.

L’étendue de la banquise antarctique a atteint son maximum saisonnier à la fin du mois de septembre et au début du mois d’octobre. Après son pic du début du printemps, l’étendue de la banquise antarctique a diminué rapidement, chaque valeur mensuelle, jusqu’à la fin de l’année, se classant parmi les cinq plus faibles jamais constatées.

L’inlandsis groenlandais accuse une perte de masse glaciaire presque chaque année depuis 20 ans. Le bilan de masse en surface a enregistré une hausse en raison de chutes de neige plus abondantes que la normale, en particulier sur la partie orientale du Groenland, et d’une saison de fonte proche de la normale. Cette situation s’est traduite par une augmentation globale du bilan de masse en surface mais n’a eu guère d’incidence sur la tendance générale constatée depuis deux décennies, l’inlandsis du Groenland ayant perdu environ 3 600 gigatonnes de glace depuis 2002. Une étude récente a porté sur des carottes de glace prélevées au Groenland, qui nous renseignent sur les épisodes de fonte survenus entre aujourd’hui et le milieu du XVIe siècle. Il s’avère que la nappe glaciaire du Groenland n’avait pas connu d’épisodes de fonte d’une telle intensité depuis au moins 500 ans.

Recul des glaciers:

Le Service mondial de surveillance des glaciers suit de près le bilan de masse de ces derniers en s’appuyant sur un ensemble de glaciers de référence, répartis dans 19 régions montagneuses du monde, pour lesquels on dispose de plus de 30 ans de données d’observation sur la période 1950–2018. D’après les résultats préliminaires disponibles pour 2018, qui concernent une partie de ces glaciers de référence, l’année hydrologique 2017/18 est la 31e année consécutive affichant un bilan de masse négatif.

Notes à l’intention des rédacteurs

Les informations figurant dans la Déclaration proviennent d’un grand nombre de Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) et d’organismes apparentés, ainsi que des centres climatologiques régionaux, du Programme mondial de recherche sur le climat (PMRC), de la Veille de l’atmosphère globale (VAG) et de la Veille mondiale de la cryosphère (VMC). Des renseignements ont également été fournis par d’autres organisations du système des Nations Unies, dont l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Haut‑Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et la Stratégie internationale des Nations Unies pour la prévention des catastrophes (SIPC).

Pour suivre l’évolution des températures à l’échelle du globe, l’OMM utilise les jeux de données (fondés sur les relevés climatologiques mensuels des stations d’observation) émanant de l’Administration américaine pour les océans et l’atmosphère (NOAA), du Goddard Institute for Space Studies (GISS) de l’Administration américaine pour l’aéronautique et l’espace (NASA) ainsi que du Centre Hadley du Service météorologique britannique et de la Section de recherche sur le climat de l’Université d’East Anglia (Royaume-Uni).

Elle a aussi recours aux jeux de données de réanalyse émanant du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) et de son service Copernicus de surveillance du changement climatique, ainsi que du Service météorologique japonais. Elle peut ainsi combiner des millions de données d’observation météorologique et océanique, y compris par satellite, avec les résultats de modèles de façon à obtenir une réanalyse complète de l’atmosphère. Cette méthode permet d’estimer les températures partout dans le monde et à tout moment, même dans les régions où le réseau d’observation est peu dense comme au voisinage des pôles.

Présentation en images de la Déclaration sur le climat

Phénomènes météorologiques et climatiques qui ont marqué l’année 2018: carte interactive

Voir aussi le Tableau des principaux indicateurs climatiques.

Pour de plus amples renseignements, veuillez prendre contact avec Clare Nullis, attachée de presse (courriel: cnullis@wmo.int; tél. port.: +41 (0)79 709 13 97)

 

 

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29 août 2019 4 29 /08 /août /2019 15:40

 

Il faut absolument lire cette bande dessinée de Inès Léraud et Pierre Van Hove. Enfin une journaliste qui a le courage de dénoncer un demi siècle d'omerta bretonne. Elle est accompagnée d'un dessinateur qui a l'art de la mise en scène sans oublier la dose d'humour qui rend supportable le récit d'une lâcheté généralisée ayant conduit à la mort de trois personnes et d'une quarantaine d'animaux.

 

à voir et écouter : 

 

https://information.tv5monde.com/video/algues-vertes-omerta-sur-un-scandale-sanitaire-breton

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=nPWwAd-16h8

 

 https://www.youtube.com/watch?v=_V-F2kzkPIA

 

 

Voir sur Thalassa

https://www.youtube.com/watch?v=Clz_srvOVlc

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25 août 2019 7 25 /08 /août /2019 08:05

Avec ce dossier, le Courrier entend ouvrir une piste de réflexion sur ces aspects moins connus du plus grand défi planétaire de notre époque. Car parallèlement aux questions scientifiques qui font la une de tous les médias, les questions de justice et d’équité, de respect des droits de l’homme, de solidarité et d’intégrité scientifique et politique, tout comme de responsabilité individuelle et collective, doivent être les principaux jalons de notre action à l’échelle planétaire.

 

Enjeux philosophiques et éthiques du changement climatique 

Bernard Feltz
 

Crimes climatiques

Catriona McKinnon
 

Le climat, nouveau sujet du droit

Anne-Sophie Novel
 

Climat et justice sociale

Thiagarajan Jayaraman répond aux questions de Shiraz Sidhva
 

Le Pakistan retrouve sa parure verte

Zofeen T. Ebrahim
 

L’énergie solaire change la vie des villageois au Kenya

Victor Bwire
 

Zéro carbone, à commencer par les villes !

Manuel Guzmán Hennessey
 

Les villes africaines passent à l’action

Niels Boel et Finn Rasmussen, avec Hadra Ahmed
 

La solidarité internationale en question

Johan Hattingh
 

Changement climatique et éducation

Laura Ortiz-Hernández
 

Colonel : il faut faire vite !

Colonel répond aux questions de Niels Boel
 

Le piquet solitaire d’Arshak Makichyan

Propos recueillis par Jasmina Šopova

 

Voir : https://mailchi.mp/unesco/dfis-climatiques-dfis-thiques?e=22873ed1c4

 

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16 août 2019 5 16 /08 /août /2019 11:17

Alors que la militante suédoise Greta Thunberg est venue défiler à Paris avec quelques milliers d’étudiants français, la grogne contre le laxisme climatique percole dans la population française (journal de l'environnement).

 

Quentidi 5 ventose, an 227[1]. La République de France est agitée, comme rarement elle l’a été. Chaque nonidi, depuis 4 décades, le peuple, tout de jaune vêtu, bloque les routes et envahit le centre des villes et des bourgades. Les heurts sont fréquents et parfois violents avec les forces de gendarmerie. Le but de ce mouvement est confus. Mais son origine a pris corps avec la hausse du prix des énergies fossiles, attribuée à tort à cet impôt du carbone.

D’ailleurs les Gilets jaunes, comme les appellent les publicistes, ne sont pas opposés à cette taxation ni à la transition énergétique votée en fructidor 223[2] qu’elle est censée financer. Non, ils exigent simplement que le produit de cette gabelle pétrolière soit effectivement affecté à cette transition et non au budget de la République.

DES VILLES POURRAIENT DISPARAÎTRE

Est-ce une manifestation du dérèglement climatique? La France connaît, en ce début de ventose, des températures que l’on déguste habituellement en germinal, voire en floréal. Ce qui n’est pas sans inquiéter. Voilà des années que les scientifiques du climat alertent les gouvernements du monde entier sur un réchauffement planétaire, dont les conséquences pour l’Humanité et la nature pourraient être catastrophiques. L’on évoque la fonte à un rythme effarant des glaciers et des glaces des mers. Ces mers dont le niveau ne cesse de monter, grignotant les continents et empoisonnant les nappes d’eau douce. Des villes comme Marseille ou la Nouvelle York pourraient même disparaître sous les eaux.

A terre, c’est la terreur annoncée. Le nombre et la puissance des tempêtes sont appelés à augmenter, nous dit-on. Les cultures pourraient être dévastées par des pluies assassines ou des canicules à n’en plus finir. Sous l’effet d’hivers qui s’adoucissent, des insectes exogènes ravagent les plantations. Rien de tout cela n’est, hélas, inconnu. Ces nouvelles sont d’ailleurs remontées jusqu’à Paris. Dans leur sagesse, monarchies et républiques mènent, avec entrain, et depuis trois décennies déjà, des négociations avec les pays du monde entier sur les us et coutumes à adopter pour vivre harmonieusement avec ce climat déréglé.

LES PROFESSEURS AUSSI

Mais cela ne semble plus suffire. Sensible à la harangue d’une écolière suédoise convaincue, lajeunesse de l’Europe délaisse, chaque fin de décade, ses études. Dans la rue, ce sont des milliers d’écoliers, de lycéens et d’étudiants qui se regroupent et chantent, sans trêve, ce curieux refrain: «On est plus chauds, plus chauds, plus chauds que le climat Sans être physiquement présents dans leur cortège, certains de leurs professeurs les soutiennent, pétitionnent même. Ils ne sont pas les seuls agents de la République à s’agiter sous les effets du réchauffement.

Certaines factions du ministère de la transition écologique et solidaire prient la secrétaire d’Etat Brune Poirson de leur accorder la journée du sextidi 26 ventose[3] (on fête pourtant le pissenlit, ce jour-là!) pour se joindre aux Incroyables et aux Merveilleuses du réchauffement.

Dans des gazettes, helvète, française et belge, 260 scientifiques du climat tiennent de véhéments propos à l’égard des gouvernants, tous accusés de laxisme climatique: «Nous avons sensibilisé les décideurs. Nous nous sommes parfois faits conseillers du prince. Nous avons construit des ponts avec les forces organisées dans la société civile, sensibles à la cause écologique. Nous avons alerté mille fois l’opinion publique et les citoyens. Nous avons nourri le débat public, ouvert la science à l’expertise citoyenne. Nous avons tout essayé», se désolent-ils. Et d’appeler, eux aussi, à participer à ces cortèges du 26 ventose. Une journée dont on dit déjà qu’elle remuera les peuples du monde entier.

TERRIBLE TRAGÉDIE

Les acteurs ne sont pas en reste. Dans un bulletin du soir, Philippe Torreton endosse l’habit de Cassandre: «La tragédie humaine a commencé et promet d’être terrible», annonce-t-il. Chaque soir, le théâtre parisien de Monfort fait salle comble avec Kyoto Forever 2, une comédie teintée d’amertume où l’on conte l’incapacité des gouvernements à restreindre leur appétit pour l’or noir, le charbon et le gaz.

Le peuple, ses enfants, leurs professeurs, les hommes et les femmes de la science du climat, les artistes grondent désormais. Est-ce une révolte? L’Etat est déjà la cible d’attaques. Après l’édile deGrand-Scynthe, 4 associations de salut public vont ester en justice. Les membres de curieux attelage reprochent à nos gouvernants de ne point agir contre le réchauffement, quand bien même ils s’y seraient engagés. Serait-ce possible?

 

[1] Vendredi 22 février 2017.

[2] Août 2015.

[3] 15 mars.

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